Coucou, me revoilou ! Un grand merci à mes quelques fidèles lecteurs.
MrsElizabeth : oui pauvre LIsbon, en même tps qch me dit qu'elle ne va pas si mal se débrouiller que cela notre brunette au caractère bien trempé. Et m'est avis également qu'elle se vengera dans un ultime chapitre de cette taquinerie de Jane qui consiste à la jeter en pâture devant le public, hihi. Merci d'être tjs avec moi et grobiz.
Tournesol : coucou ! ne t'inquiète pas on sera ce que Jane a inscrit sur le papier mais ce sera dans le chapitre 5…j'espère que la suite te plaira tjs, en tout cas merci pour ton adorable review. Biz
Guest : Guten tag, wie gehts ? Alors comme ça tu n'aimes pas mon suspens pourri? Hahah ! Alors pour ce qui est de la danse Jane/Lisbon, ne t'inquiète pas, le blondinet n'y coupera pas.. ! Merci d'être avec moi sur cette fic, j'espère que tu aimeras jusqu'au bout. grobiz
Donc comme promis, je vous poste le chapitre 4, j'ai aimé l'écrire celui-là aussi, surtout le début où nous retrouvons notre équipe, et notamment le duo Cho/Rigsby ! Bonne lecture et encore merci à vous.
Chapitre 4 : tension, attention et confession…
A l'intérieur de la grande salle de l'Auditorium, chaque invité avait désormais rejoint sa place. Près de la porte E, en retrait se tenait posté l'agent Cho, stoïque et concentré, occupé à observer la salle. Il avait été rejoint quelques minutes plus tôt par Van Pelt et Rigsby qui s'extasiaient de la beauté des lieux.
« C'est quand même chouette ici, je n'étais jamais entré, chuchota le grand brun.
- C'est vrai, acquiesça Grace. L'orchestre est lui aussi très beau. Qu'en penses-tu Cho ?
- Rien, se contenta de répondre le concerné.
- Au fait, d'autres nouvelles de Jane et Lisbon ? demanda Rigsby, qui arrangeait son oreillette.
- Non, répondit Cho.
- Tu crois vraiment que c'était une bonne idée de suivre Jane ?
- Non.
- Mais on le fait quand-même ! commenta la rouquine en souriant, comme si cela allait de soi.
- En tout cas, j'ai hâte de voir le patron marcher volontairement sur les pieds de Jane, se moqua gentiment Wayne. Ça va être drôle ! »
Mais alors que Van Pelt laissa échapper un petit rire, Cho demeura quant à lui imperturbable, ce qui commença à agacer un peu son équipier, désarmé devant tant d'impassibilité.
« Bon sang depuis que tu es le boss, tu es encore pire que d'habitude, ironisa Rigsby tandis que son équipier se tourna vers lui pour lui lancer un de ses habituels regards blasés. C'est vrai, tu pourrais te montrer un peu plus expressif, dire ce que tu ressens.
- Pourquoi faire ?
- Eh bien, ce n'est pas tous les jours qu'on effectue notre job dans un si joli cadre, ni même qu'on s'apprête à voir le patron danser avec Jane, ou même…
- Rigsby ? l'interrompit son équipier, toujours immobile et concentré sur la foule.
- Oui ?
- Tu me soûles ! »
Cho avait parlé sans méchanceté, juste de ce ton monocorde qui était le sien : il se tourna alors vers son grand voisin qui l'observait d'un air ahuri.
« Tu m'as demandé d'être expressif et de dire ce que je ressentais, justifia l'agent asiatique en haussant les épaules, comme si cela suffisait.
- Tu voulais savoir, t'as eu la réponse, Wayne, rétorqua Grace amusée de cet échange tellement typique de ses deux collègues.
- Haha, très drôle ! » bougonna le grand brun tandis que Cho esquissa la timide ébauche d'un éventuel petit sourire…Puis il reporta son regard sur l'assistance, notamment sur le Maire qui ne cessait de s'esclaffer depuis un long moment avec ses voisins.
Quand la sonnerie qui annonçait le début de la compétition retentit, l'effervescence s'estompa peu à peu tandis que les lumières commençaient à se tamiser. Des applaudissements retentirent alors pour accueillir le maître de cérémonie qui était apparu sur la scène, devant le rideau qui demeurait obstinément fermé pour l'instant. Soudain, le portable de Cho vibra et l'agent y découvrit un texto de Jane :
« Plan en marche. Rends-toi dans cinq minutes dans la loge n°3. »
Cho montra le message à ses deux collègues auxquels il demanda de rester en faction tandis qu'il rejoindrait les coulisses. Rigsby et Van Pelt firent tous deux une signe vers leurs oreillettes, montrant qu'ils restaient à l'écoute.
« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir et bienvenue à la dix-huitième édition de notre grand concours annuel de danse de salon. Nous avons la chance une fois encore de bénéficier de ce splendide Auditorium qui, grâce à la ténacité et à l'implication de Monsieur le Maire ici présent, demeure toujours aussi fastueux. »
De nouveaux applaudissements s'élevèrent pour saluer le Maire qu'une poursuite se mit à éclairer dans la salle avant de revenir au présentateur.
« Laissez-moi vous présenter les dix membres honorables de notre jury de ce soir, qui auront la délicate mission d'évaluer les artistes… »
Derrière le rideau, pendant que le maître de cérémonie débitait son discours d'accueil, les danseurs participant à la démonstration d'ouverture s'étaient rangés en colonne, prêts à entrer sur scène au moment propice. Parmi eux se trouvait Lisbon, accompagnée de Pierre Dulaine. La jeune femme sentait peser sur ses épaules une pression incommensurable, à la fois à cause de sa future prestation au bras du grand maître mais surtout à cause de la révélation que Jane venait de lui faire dans son message. Peu à peu les rouages du plan du consultant avaient paru plus clairs à la flic expérimentée qu'était Lisbon. Mais pour cela, elle devait offrir à son consultant la diversion nécessaire. Sentant sa partenaire tendue à ses côtés, Pierre Dulaine voulut la rassurer.
« Ne vous laissez pas impressionnée par ma prétendue notoriété. Ici je ne suis plus un célèbre professeur de danse mais votre partenaire de salsa, lui dit-il d'une voix apaisante.
- Cela est plus facile à dire qu'à faire, avoua-t-elle dans un sourire crispé.
- Allons, je suis certain que vous avez connu des situations bien pires que celle-là dans votre métier.
- Pas sûre…, murmura-t-elle en se demandant si finalement elle ne préfèrerait pas courser un dealer dans une rue lugubre.
- Et n'oubliez pas, faites-vous plaisir car le plaisir est…
- …plus important que la performance technique, finit-elle d'un air taquin, en resongeant au sous-entendu que Jane avait fait plus tôt à l'écoute de ce conseil.
- Tout à fait, sans compter que ce serait là une bonne occasion de clouer le bec à votre impossible équipier qui s'amuse à vous mettre dans l'embarras, lui fit remarquer Dulaine. Montrez-lui de quoi vous êtes capable ! »
Ces derniers mots procurèrent à Lisbon un sentiment de défi qu'elle aimerait plus que tout relever : aussi se tourna-t-elle vers son partenaire du moment qui lui tendit la main.
« Et maintenant, place à la salsa… » entendit-elle la voix du présentateur conclure sous un tonnerre d'applaudissements.
Lisbon saisit la main de Dulaine et porta son autre main sur sa hanche droite tandis que les lumières de la scène s'allumaient. Les premières mesures de musique cubaine s'élevèrent de l'orchestre et les danseurs entrèrent en piste en marquant le rythme tout en avançant en alternant les pas. Une fois arrivés à la place convenue, les couples se tournèrent vers le public : les femmes contournèrent leurs partenaires masculins en faisant virevolter leurs robes au son de la salsa. Lisbon connaissait cette chorégraphie par cœur pour l'avoir répétée incessamment avec Jane. La différence était qu'elle évoluait aujourd'hui aux bras du plus prestigieux des mentors. Les figures se succédaient avec fulgurance et très vite Térésa trouva le bon rythme, épaulée par Dulaine qui appréciait de voir sa partenaire totalement absorbée par la magie de la danse.
Un peu en contrebas, dans la salle, deux paires d'yeux totalement incrédules regardaient évoluer la jeune femme à la robe carmin.
« Euh…je rêve ou c'est le patron là sur la droite ? murmura Rigsby, la bouche entrouverte.
- Non, non, tu ne rêves pas, lui confirma la belle rousse à ses côtés, elle aussi plus que surprise du niveau de sa patronne.
- Pffff….eh beh….wahou… !
- Quelle éloquence, dis-moi » le taquina Van Pelt, amusée de voir son équipier sous le choc…et sous le charme !
Rigsby ne répondit pas, trop absorbé par le spectacle qui se jouait sous ses yeux, ne croyant pas ce qu'il voyait. L'amusement laissant la place à l'agacement, Grace lui frappa assez fortement le bras, ce qui eut pour effet de sortir Rigsby de sa transe.
« Eh, si le patron apprend que tu l'a regardée comme s'il s'agissait d'une glace à la vanille, elle te fera muter en Alaska, le réprimanda Van Pelt.
- Mais non, c'est pas ça…ce sont les robes. Ça hypnotise quand ça tourne » tenta maladroitement de se justifier Rigsby qui se frottait le bras où l'avait cogné son équipière.
Celle-ci, dépitée, leva les yeux au ciel en signe d'exaspération puis reporta son attention sur le spectacle aux mille couleurs.
Pendant ce temps là, une autre femme conservait les yeux rivés sur la scène, ou plus précisément sur un couple en particulier qui dominait très largement les autres. Un sentiment de frustration mais aussi de profond malaise s'insinua dans tout son corps quand, au son des notes ensoleillées, elle voyait le grand Pierre Dulaine passionné par la danse qu'il partageait avec son élève à la robe carmin et noire. Chaque figure effectuée, chaque mouvement à la fois précis et tellement gracieux trahissait une ivresse partagée entre les deux partenaires, au parfait diapason. Les regards échangés, la jupe virevoltante, les caresses fugaces entre ces deux corps qui se mouvaient avec tant de distinction au rythme endiablé étaient autant d'insultes insupportables pour la spectatrice impuissante. Elle savait pourtant qu'il ne s'agissait que d'un moment de grâce que les deux danseurs partageaient sans ambiguïté mais elle ne pouvait endurer la connivence que Dulaine semblait avoir tissé avec cette jeune femme à la beauté énigmatique et au talent bien trop dangereux. Et que dire de cette robe ? Pourquoi donc fallait-il que Térésa porte en plus cette robe-là ? Ce vestige d'un passé bien lointain, à jamais hors de portée ? En regardant la jeune danseuse que faisait tournoyer Dulaine, c'était une autre image qui se superposait dans l'esprit de l'inconnue. Aussi ne put-elle demeurer là et éprouva-t-elle un besoin irrépressible de s'éloigner, de réfléchir et peut-être de trouver un moyen de mettre fin à ces tourments incessants qui la pourchassaient.
A vive allure, elle se dirigea vers sa loge, pouvant difficilement contenir les larmes de désarroi qui menaçaient de couler sur son beau visage basané. Quand elle ouvrit la porte pour entrer dans la pièce, cet antre privé où elle pourrait quelques instants tomber le masque, elle était bien trop troublée pour apercevoir la silhouette familière qui se tenait dans le coin opposé de la loge. Ce ne fut qu'en relevant la tête que la femme prit brusquement conscience de la présence de l'intrus. Elle poussa un petit cri de frayeur, accompagné d'un geste de recul.
« Vous ? Que faites-vous là ? s'écria-t-elle d'une voix éraillée mais néanmoins distincte.
- Je pense que vous devinez la raison de ma présence…Anna ! » répondit Jane d'un ton calme.
Au même moment, sur la scène, la démonstration de salsa arrivait à son terme : les dernières notes permirent aux participants de conclure en beauté, chaque couple finissant sur une figure différente. Malgré une prestation parfaite, Lisbon n'avait guère le cœur léger lorsqu'elle termina, le dos appuyé sur le torse de son partenaire, qui la tenait étroitement enlacée. Le moment de grâce était terminé et la dure réalité revint au galop lorsque les applaudissements retentirent dans la grande salle : de toute évidence le public avait été conquis par ces premiers pas de danse endiablée. Pierre Dulaine libéra Térésa de sa chaste étreinte en lui adressant un sourire radieux avant de se tourner avec elle face à l'assistance qu'ils saluèrent. Lisbon sentit la main de Dulaine serrer un peu plus fortement la sienne pour la féliciter d'avoir été à la hauteur. Mais la jeune femme n'avait guère l'esprit à l'autocongratulation car elle savait que dans quelques instants elle allait devoir blesser cet homme qu'elle estimait grandement. Pour l'instant inconscient du drame qui n'allait pas tarder à se jouer, Pierre se tourna vers ses élèves pour les applaudir, avec toujours à cœur d'encourager ses jeunes recrues.
« Mesdames, Messieurs, s'éleva de nouveau la voix du présentateur, je vous demande d'applaudir bien fort ces jeunes talents qui nous ont ravis, accompagnés ce soir des quatre plus grands prestigieux mentors qui existent à ce jour dans cette discipline. Veuillez faire une ovation pour Madame Martha Keller, de Chicago ! »
Une grande femme blonde, d'un âge certain mais d'une allure sans pareille, s'avança pour saluer le public avant de reculer à sa place initiale.
« Monsieur James Molina, de Boston » poursuivit le maître de cérémonie pendant qu'un individu élégant s'avança à son tour avec de grands gestes ostentatoires.
- Dis-donc, celui-là a l'air d'un prétentieux, murmura Van Pelt, toujours vers la porte E, à son voisin Rigsby qui se contenta d'hausser les épaules
- Monsieur Pierre Dulaine, de Sacramento. »
A l'annonce de son nom, celui-ci se tourna vers Térésa et lui reprit la main pour qu'elle l'accompagne.
« Venez avec moi, ma partenaire salue toujours à mes côtés » justifia-t-il sans laisser à Lisbon le temps de protester. Ils s'avancèrent donc tous deux, très gracieux et reçurent une véritable ovation : de toute évidence, Pierre Dulaine demeurait le plus grand…Malgré sa gêne d'être une fois encore sous les projecteurs, Lisbon ne put qu'esquisser un sourire en pensant à la noblesse d'âme de cet homme qui fut le seul enseignant à demander à sa partenaire de partager cet instant de reconnaissance publique, sans vouloir conserver toute la gloire pour lui. Après une jolie révérence, la jeune femme à la robe carmin aperçut sur le flanc droit de la salle, près de la porte, ses deux agents l'applaudir et la siffler avec enthousiasme. Ses joues ne tardèrent pas à virer au rouge : heureusement que Jane n'était pas dans les parages, car il n'aurait pas fini de la taquiner à ce sujet ! Repenser à son consultant détruisit la magie de l'instant et l'apprentie artiste retrouva un air grave lorsqu'elle recula pour laisser la place au dernier professeur présenté.
Après quelques minutes de commentaires pompeux pour faire l'éloge des quatre grands maîtres, le présentateur libéra les danseurs et les invita à rejoindre les coulisses afin que puisse débuter les épreuves du concours. Lisbon sortit avec les autres participants et fut bientôt rejointe par Dulaine, à peine essoufflé et tout sourire.
« Bravo Térésa, vous avez été PARFAITE ! s'exclama-t-il d'un air enjoué, quasi paternel. Je vous remercie de m'avoir octroyé l'une des plus belles salsas de ma carrière. »
La jeune femme hocha légèrement la tête, esquivant le plus possible les compliments.
« J'ai vraiment hâte de vous voir tout à l'heure danser le fameux tango avec Patrick, en deuxième partie de soirée.
- Je ne crois pas que cela se fera, Monsieur, dit-elle d'un air navré, sachant qu'elle allait devoir aborder à présent un sujet glissant.
- Allons ne me dîtes pas que vous allez faire votre tête de mule à votre tour, la taquina-t-il en secouant la tête, et tenter de rendre à Patrick la monnaie de…
- Monsieur Dulaine, le coupa-t-elle en levant sa main pour lui demander de l'écouter. Je vais devoir vous demander de venir avec moi. Il y a quelque chose dont nous devons parler.
- Quoi, maintenant ? fit-il surpris. Mais je ne peux pas partir, la seconde candidate est une de mes élèves.
- Je comprends l'importance de cette soirée pour vous, malheureusement il y a plus grave, croyez-moi.
- Mais…
- Pierre, s'il vous plait… »
Dulaine ancra son regard dans les yeux navrés mais déterminés de sa jeune partenaire qui osa pour la première fois l'appeler par son prénom. Ce simple fait suffit à plonger le pauvre homme dans un état d'inquiétude grandissante. En arrière-fond, ils pouvaient entendre la musique d'un mambo qui leur semblait néanmoins bien lointain…
TBC...biz
