Coucou tout le monde ! Pardon d'avoir tardé à poster la suite mais mes journées n'ont pas assez de 24h pour tout faire, hihi
MrsElizabeth : comme tu dis, la femme de Dulaine a l'air d'être « légèrement jalouse », c'est étonnant, haha. Quant à sa potentielle implication dans l'affaire, c'est à voir ! Le tango tant attendu arrivera dans leprochain et dernier chapitre, donc encore un tout petit peu de patience ma grande ! Merci comme tjs de tes reviews et, grosbiz, j'espère te retrouver après ce chapitre.
Karo1215 : Guten tag! Ah ben oui, si tu ne t'étais connecté pas, je ne pouvais pas te reconnaître, haha ! J'avoue avoir pris grand grand plaisir à écrire le dialogue Cho/Rigsby et il y en aura un autre de la même teneur dans le dernier chapitre. Je te remercie toi aussi de ton adorable fidélité. Grosbiz
DreamsOfJisbon : coucou, ah quel plaisir, un nouveau lecteur (euh, lectrice je suppose vu le pseudo, hihi). Merci d'avoir pris le temps de t'arrêter à ce topic et de m'avoir laissé un adorable com surtout ton compliment selon lequel je respecte les personnages me va droit au cœur car c'est qch qui m'inquiète toujours dans mes fics. Gros bisous et j'espère ne pas te décevoir avec la suite..
Donc comme promis, je vous poste le chapitre 5, l'avant-dernier, de tonalité plus dramtique avec la résolution de l'enquête (euh je ne suis pas super douée pour les intrigues policières alors espérons que cela soit crédible !)
Biz et bonne lecture
Chapitre 5 : quand les masques tombent…
Toujours se faisant face dans la loge, Jane et Anna se jaugèrent du regard quelques instants. La première surprise passée, l'épouse de Pierre Dulaine sembla se ressaisir et se radoucir.
« Mon dieu Monsieur Jane, vous m'avez fait peur, dit-elle en portant sa main sur son cœur.
- Je vous mentirais si je niais avoir voulu vous surprendre quelque peu, répondit-il posément, toujours appuyé au chambranle de la grande penderie. Je reconnais néanmoins que mon intrusion dans votre sphère privée n'est guère convenable.
- Oui…disons que je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un ici. Puis-je savoir la raison de votre présence ? » demanda-t-elle de son ton le plus aimable.
Jane continuait de fixer son interlocutrice et il ne put retenir un petit sourire narquois devant le calme dont tentait de faire preuve Anna.
« Je vous félicite, vous conservez vos très bonnes manières et votre correction en dépit de la panique qui doit certainement monter peu à peu en vous.
- Mais de quelle panique parlez-vous ? fit-elle surprise mais néanmoins maitresse d'elle-même.
- Je suis vraiment impressionné, vous ne laissez rien transparaitre. L'habitude de toujours masquer vos véritables émotions sans doute… »
Intriguée, Anna restait debout devant la porte sans vraiment bouger : en revanche, elle arborait à présent un visage beaucoup plus fermé.
« Ecoutez, je ne voudrais pas paraître impolie, mais je n'apprécie pas trop que l'on entre dans mes quartiers sans y avoir été invité.
- C'est tout à fait compréhensible, acquiesça Jane en hochant la tête. Surtout quand on a des choses à cacher n'est-ce pas…
- Mais de quoi parlez-vous donc ?
- Pourquoi sembliez-vous si troublée en entrant ? embraya directement le mentaliste en pointant du doigt son interlocutrice.
- Quoi ? Je…je ne vois pas en quoi mes états d'âme vous concernent, répondit-elle plus sèchement. Si vous ne quittez pas immédiatement cette pièce, j'appelle la sécurité.
- Allez-y, faites-donc, vous risquez juste de voir arriver mes collègues agents fédéraux. Ce soir, c'est nous qui assurons la sécurité. »
La révélation laissa Anna quelques secondes sans voix, le temps qu'elle intègre toutes les données.
« Vous êtes de la police ? demanda-t-elle, perplexe.
- En quelque sorte, disons que je travaille avec les forces de l'ordre, moi j'ai un peu trop de mal avec le règlement pour être considéré comme un vrai agent, ironisa le consultant en levant les yeux au ciel.
- Et à quoi rime cette comédie ?
- Nous enquêtons sur le meurtre d'une des élèves de votre époux, Ellen Mitchell. Vous la connaissiez…
- Non pas vraiment, répondit-elle un peu trop vite.
- Ce n'était pas une question, mais plutôt une affirmation, renchérit Jane. Vous la connaissiez et saviez qu'elle était l'élément le plus brillant de cette promotion.
- Pierre m'en a parlé quelques fois, en effet mais je ne vois toujours pas pourquoi…
- Que ressentez-vous quand vous voyez toutes ces femmes virevolter dans les bras de votre mari ? la coupa-t-il sans hésitation.
Anna demeura la bouche entrouverte, trouvant sans doute cette question totalement déplacée.
« Je ne ressens rien du tout, expliqua-t-elle en s'avançant vers la coiffeuse pour se donner une contenance.
- Je ne vous crois pas, personne ne resterait de marbre devant ce qui fut autrefois votre grande passion. Vous étiez une vraie star de la danse à l'époque n'est-ce pas ? D'ailleurs je dois reconnaître qu'en plus du talent, vous aviez toute la beauté nécessaire » lâcha Jane tout naturellement alors qu'il sortit de la poche de son pantalon une photographie un peu ancienne.
Il s'agissait d'un cliché sur lequel on pouvait voir Anna, plus jeune d'environ dix ans et vêtue d'une robe de compétition carmin et noire, tenir le trophée de concours de Sacramento. La jeune femme se raidit en reconnaissant l'image.
« Où avez-vous trouvé cela ? demanda-t-elle sur la défensive.
- Dans le bureau de votre époux. Pierre garde précieusement cachée dans un tiroir une boite nacrée contenant plusieurs clichés de vous en danseuse, expliqua le consultant d'une voix sérieuse. Vous avez beaucoup de chance, cet homme vous aime sans réserve aucune.
- Je le sais, il m'a toujours aimée, même…, commença Anna qui s'interrompit cependant, la gorge serrée.
- …même quand vous n'avez plus pu être la grande artiste qu'il avait toujours connue, termina Jane doucement.
Anna baissa la tête et acquiesça.
« Pierre m'a soutenue, m'a épaulée dans chaque étape de ma rééducation. Il était là le jour où le médecin m'a annoncée que je devais arrêter la danse, il était là quand mon moral était au plus bas, il était toujours là pour moi…, fit-elle en toisant son interlocuteur.
- Et puis dernièrement, il était devenu moins présent, n'est-ce pas ?
- Pas du tout, réagit-elle.
- Bien sûr que si, contrefit Jane en s'avançant vers elle, tenant toujours la photographie. Il avait toujours été un bourreau du travail, dépensant sans compter les heures pour entrainer ses élèves. Mais il ne s'agissait que de jeunes prodiges de passage, comme il en existe beaucoup, aussi cela ne vous inquiétait nullement. C'est alors qu'est arrivée Ellen, cette jeune femme au talent sans pareil, qui sut toucher votre époux autant sur le plan artistique que sur le plan humain. Il vous parlait d'elle un peu plus chaque jour je suppose, soulignant avec passion les capacités extraordinaires qu'il avait décelées en elle, les immenses progrès qu'elle faisait en peu de temps. Puis il s'est mis à lui donner des cours gratuitement plusieurs fois par semaine, pour finir dernièrement par la voir tous les jours. »
Alors que Jane débitait ses paroles avec calme, Anna lui tournait résolument le dos, s'affairant à réorganiser les objets posés sur la coiffeuse.
« Pour votre époux, il n'existait aucune ambiguïté, poursuivit le consultant de son ton le plus assuré. Il n'agissait que par admiration, par humanité et par amour du talent. Mais vous ne le viviez pas ainsi. Jour après jour, vous étiez dévorée par une jalousie de plus en plus virulente.
- N'importe quoi, je savais parfaitement que Pierre me resterait fidèle, s'insurgea-t-elle en se retournant vivement. De quoi pourrais-je être jalouse ? Ce que vous dîtes n'a aucun sens.
- Vous craignez de ne plus être la danseuse numéro un dans son cœur. Vous craignez qu'il ne trouve un jour celle qui serait digne de devenir l'héritière de votre talent. Et il l'avait trouvée, en la personne d'Ellen.
- Vous êtes totalement ridicule, assura-t-elle en élevant la voix.
- Vous ne supportiez pas que Pierre apprenne à Ellen tout ce qu'il vous avait enseigné à vous, de même que vous n'avez pas supporté voir Térésa vêtue de la même robe que celle que vous portiez en tant que championne.
- Je…
- Ne le niez pas, quand vous nous avez aperçus Lisbon, votre mari et moi dans les coulisses vous avez marqué un temps d'arrêt avant de nous rejoindre, je vous observais. Ensuite vous avez éprouvé le besoin de venir nous interrompre, prétextant que le Maire souhaitait parler à votre époux. Or vous n'avez pas quitté les coulisses après que ce cher élu eut été installé dans la salle, et mes hommes postés prêts de lui ne vous ont à aucun moment vu parler avec lui. Donc vous mentiez…enfin, vous avez tenté de dissuader Pierre de danser avec Lisbon, que vous voyez à présent comme une nouvelle rivale.
- Et qu'est-ce qui vous a amené à cette brillante conclusion ? ironisa Anna en croisant les bras, ne tenant pas du tout à se laisser démonter par les propos de Jane.
- Votre façon de la jauger il y a deux jours lorsque nous nous sommes rencontrés au cours de danse. Vous n'avez cessé de souligner l'excellence de sa prestation, vous souvenez-vous ? Vous aviez déjà du mal à accepter un simple entrainement, alors la voir aujourd'hui faire la danse d'ouverture du concours qui vous était si cher, au bras de votre époux admiratif, vous ne pouviez que réagir…d'où ma présence ici ! »
Jane ponctua la fin de sa réplique d'un petit claquement de doigt, signe que sa démonstration était sans faille. Anna demeurait immobile face à lui, semblant retrouver son calme le temps que les rouages de son cerveau mettent en place une parade de sortie.
« Et vous vous êtes fait passer pour un élève de mon mari, avez travaillé durement des danses que de toute évidence vous ne pratiquerez jamais, avez monté ce soir ce traquenard rocambolesque dans le seul but de prouver que je regrettais le temps où j'étais au top niveau ? dit-elle d'un ton sardonique qui se voulait blessant. Les autorités seront ravies d'apprendre que les instances fédérales dépensent l'argent du contribuable à des fins si pertinentes. »
Jane ne put contenir un petit rire moqueur.
« Certes non, je suis là parce que je sais que vous avez tué Ellen et que nous venons vous arrêter ! » conclut-il d'un air nonchalant.
- Tiens donc, et quelles preuves avez-vous, mises à part vos suppositions fantasques basées uniquement sur des hypothèses et quelques observations purement subjectives ? le moucha-t-elle sans se laisser démonter. »
Jane fit mine de réfléchir quelques instants puis s'écria :
« Cho ? Lisbon ? Vous pouvez venir s'il vous plait ? »
A peine eut-il parlé, que la porte de la salle de bain s'ouvrit laissant apparaître l'agent asiatique, dissimulé dans la pièce d'à côté depuis le début. Puis ce fut la porte d'entrée qui s'ouvrit sur une Lisbon en tenue de gala et, derrière elle, un Pierre Dulaine totalement livide, suivi de Van Pelt. A la vue de son mari, Anna blêmit à son tour, laissant tomber le masque placide qu'elle avait tenté d'arborer devant Jane.
« Ah oui, je crois avoir omis de préciser que, d'abord, tout ce qui a été dit dans cette loge fut entendu par mes collègues grâce au micro dissimulé avant votre arrivée qu'ensuite, me doutant que mes déductions géniales ne suffiraient pas à convaincre un jury, j'ai demandé à Van Pelt de vérifier la localisation de votre portable le soir du meurtre et qu'enfin, nous avons obtenu un mandat pour fouiller votre maison afin de retrouver l'arme de crime que, vraisemblablement vous avez enterrée quelque part dans votre jardin » énuméra Jane en comptant sur ses doigts.
Pendant ce temps, Dulaine ne lâchait pas son épouse du regard, la suppliant de démentir tout ce qui venait d'être dit.
« Madame Dulaine, si l'on en croit la balise de votre portable, vous vous trouviez à Hisdon Park, soit le lieu du crime, à l'heure du meurtre d'Ellen Mitchell, annonça Lisbon d'un ton solennel.
- Et alors ? Ce n'est pas très loin des bureaux de Pierre, j'avais dans l'idée première de le rejoindre pour lui faire une surprise puis un terrible mal de tête m'a fait changer d'avis, tenta-t-elle de se justifier, de plus en plus affolée en la présence de son époux.
- Sauf que tu m'as appelé dix minutes avant l'heure du meurtre en me disant que tu te trouvais à la maison, lâcha péniblement Pierre, totalement sonné.
- Alors qu'en réalité elle vous appelait de son portable, à quelques rues d'où vous vous trouviez. Elle savait que le fixe de votre bureau n'affichait pas les numéros entrants, vous ne verriez donc pas a priori qu'elle ne vous téléphonait pas de la maison, expliqua doucement Lisbon, que Van Pelt venait d'informer quelques minutes auparavant.
- Et voilà ! » conclut Jane d'un ton néanmoins beaucoup moins jovial que d'ordinaire, par égard pour le pauvre Dulaine qui n'avait rien vu venir.
Cette fois, Anna se sentit cernée de toute part : elle l'était certes physiquement, par la présence dans cette petite pièce de cinq personnes qui venaient de tout comprendre…Mais elle supportait encore plus difficilement l'expression de douleur qui se dessinait sur le beau visage de son époux. On eut dit qu'il venait de vieillir de dix ans tant le désarroi se lisait dans ses yeux.
« Pourquoi Anna ? murmura-t-il faiblement à son épouse. Pourquoi ?
- Parce que tu cherchais en d'autres ce que tu ne trouvais plus en moi, avoua-t-elle en pleurant. Cette étincelle de passion que tu ne peux partager à présent qu'avec des inconnues pourvues de capacités que je n'ai plus. Ellen était mon passé, cette image de moi qui m'a échappée et que je n'ai pas supporté te voir former. Je n'ai pas pu accepter que tu façonnes ce diamant brut pour en faire le joyau que j'ai été jadis… »
Tout en parlant, Anna avait saisi les mains de son mari en guise de supplication.
« Je te demande pardon, je suis tellement désolée. »
Si au début Pierre Dulaine ne sembla pas réagir au contact de cette femme qui l'avait aimé et trahi en même temps, il sortit néanmoins de sa torpeur et posa un baiser sur la chevelure brune d'Anna, qui pleurait à présent contre son torse. Mais il n'ajouta rien, totalement dépassé par la dure réalité.
Après avoir accordé quelques dernières secondes de complicité aux deux époux, Cho s'avança vers la coupable en sortant les menottes qu'il s'apprêtait à lui passer.
« Madame Anna Dulaine, je vous arrête pour le meurtre d'Ellen Mitchell. Nous allons vous lire vos droits ».
Après avoir passé les bracelets en métal aux mains d'Anna qui jeta un dernier regard éploré à son mari, l'agent emmena la captive aux cotés de Van Pelt qui prévint Rigsby par micro.
Restés seuls dans la loge où s'était dénoué un vrai drame, Jane et Lisbon observaient Pierre Dulaine, ce grand maître respecté et cet homme aux qualités humaines indéniables, tenter d'encaisser le coup de massue qui venait de le frapper.
« Je n'ai rien vu de sa souffrance et de ses doutes, murmura l'enseignant sans quitter des yeux le mur opposé.
- Il n'est pas facile de déceler la souffrance chez nos proches, tenta de le réconforter Térésa, désolée pour ce pauvre homme. Nous n'avons pas toujours le recul nécessaire.
- Mais j'aurais dû le voir. Entre Anna et moi, il n'y a jamais eu besoin de mots pour nous comprendre. Un simple regard suffisait, un contact…et tout se révélait. Nous avons fonctionné ainsi pendant plus de quinze ans… »
Jane et Lisbon eurent alors le même réflexe de se tourner l'un vers l'autre : il leur arrivait souvent à eux aussi de communiquer sans paroles, d'avoir ces regards qui a eux seuls justifiaient tout…mais ils étaient aussi les premiers à savoir que cette technique ne pouvait être infaillible.
« Que va-t-il lui arriver maintenant ? s'enquit alors Pierre qui essuya une larme dévalant sa joue.
- Elle va être écrouée quelques temps, puis le montant de sa caution sera fixée et après ce sera le procès, lui expliqua Lisbon le plus sobrement possible.
- Et je serai à ses côtés, conclut le mari en ancrant son regard dans celui de Jane. Je ne l'abandonnerai pas une fois de plus. »
Jane approuva d'un signe de tête compatissant et tendit au triste époux la photographie d'Anna : Dulaine prit congé laissant les deux enquêteurs, toujours en costume de gala, seuls dans la loge à présent vide.
« La danse déchaine plus de passions que je ne l'aurais cru, dit timidement Lisbon, troublée par cette histoire qui l'avait remuée plus que de raison.
- Je sais, fit sobrement son équipier qui se tourna vers elle. Vous tiendrez le coup ? »
Lisbon plongea alors ses yeux émeraude dans le regard inquiet de Jane : il n'aimait vraiment pas la voir triste et au fond d'elle, cela lui réchauffait un peu le cœur. Elle esquiva néanmoins la question.
« Et vous ? » contrefit-elle, tout aussi sérieusement.
Ni l'un ni l'autre ne répondrait, ce serait trop se dévoiler. Jane se contenta de retirer délicatement la rose « maravilla » qu'il avait piquée tantôt dans les cheveux de Lisbon. Un peu surprise, cette dernière le laissa faire, ne sachant pas trop où il voulait en venir. Jane huma quelques secondes la rose, comme pour retrouver un certain calme, puis la tendit à la jeune femme qui l'accepta sans rien dire de plus. Ce simple geste suffit à les apaiser tous les deux…du moins, pour l'instant. Puis Jane posa sa main dans le dos de Lisbon pour l'inviter à sortir. En se mouvant, le froissé de la robe laissa tomber par terre un petit bout de papier : il s'agissait du message que Jane avait subtilement glissé dans la main de Lisbon, avant la salsa d'ouverture.
On pouvait y lire : « Charmez le mari innocent pendant que je confonds la femme coupable. RDV après la danse devant la loge 3! Tout sera révélé… ».
TBC…(le tango sera à l'honneur dans le prochain et dernier chapitre.)
