Laboratoire d'Abby.

-Tiens Abby, on t'apporte d'autres indices à analyser. J'ai aussi retrouvé la trousse de toilette du lieutenant Granger dans la salle de bains chez Tony, il y a ses initiales dessus. En cas, commence par là puisque que c'est à priori après lui qu'ils en avaient à la base.

Mais ce que je vous propose pour le moment, c'est d'aller faire un petit saut à Bethesda pour prendre des nouvelles de Tony. Ducky ne m'a plus contacté depuis qu'il a été admis au bloc opératoire. Ensuite, on reviendra ici finir ce qu'on a à faire.

Tout le monde acquiesça à la suggestion. Tous étaient morts d'inquiétude pour leur ami et avaient du mal à se concentrer sans avoir de nouvelles sur son état de santé.

Arrivés à l'hôpital, on leur apprit que Tony était toujours en salle d'opération mais personne ne put leur donner de renseignements plus précis. Ils durent attendre que Ducky vienne à leur rencontre pour en savoir plus.

Le légiste apparut enfin et s'avança vers eux, le visage grave.

Gibbs sentit des gouttes de sueur glacées descendre le long de sa colonne vertébrale quand il vit l'expression de son ami et craignit aussitôt le pire : la mort de son agent.

-Ducky ? Articula-t-il sans oser poser de question, de peur de la réponse.

- Il est en vie. En sursis certes, mais en vie. Ils lui ont fracturé les deux jambes, son genou droit à lui aussi été fracturé il a trois côtes cassées, quatre autres fissurées, la mâchoire fracturée, le poumon droit perforé, l'épaule gauche démise et pour finir, il a reçu un coup de couteau dans la cuisse droite qui a touché des nerfs et des muscles. Une lourde rééducation l'attendra. Il a également plusieurs traces de brûlures à l'intérieur des avant bras et sur le torse et de nombreuses contusions sur le visage et le corps.

Il présente aussi un trauma crânien et les médecins ont préféré le plonger dans un coma artificiel. Plus longtemps il restera immobile, plus vite ses fractures guériront. Il a aussi été mis sous respirateur.

Gibbs resta atterré quand Ducky eut finit d'énoncer toute la liste des blessures infligées à Tony. Puis, il sentit la colère commencer à gronder en lui. Il se fit la promesse de mettre la main sur le, ou les fumiers qui lui avaient fait subir toutes ces horreurs et de la faire chèrement regretter d'avoir un jour croisé son chemin.

-Pourquoi l'opération a-t-elle été aussi longue ?

-Après avoir réparé son poumon, ils ont dû s'occuper de sa blessure à la tête. Puis, deux chirurgiens orthopédistes se sont chargés de réduire les fractures qu'il avait aux jambes et surtout, de lui sauver les nerfs et les muscles de sa jambe droite et son genou qui est très abimé.

-Ducky, aura t-il des séquelles ?

-Il est fort probable qu'il en ait.

-Pourra t-il toujours être agent de terrain ?

-Seul le temps nous le dira, et sa volonté à vouloir récupérer.

Gibbs soupira. Il savait que le terrain était tout pour Tony. Il n'était pas homme à rester assis derrière un bureau, même s'il était un très bon agent d'investigation.

-Je dois le voir, dit-il en montrant l'appareil photo à Ducky.

-Suis-moi.

Chambre de Tony:

Gibbs, un appareil photo à la main, entra dans la chambre de son agent. Il resta un moment immobile à l'examiner, troublé de voir autant d'hématomes recouvrant le corps du jeune homme, jusqu'à le rendre pratiquement méconnaissable. Il se surprit, l'espace de quelques secondes, à espérer qu'ils avaient fait erreur et que ce corps allongé, inerte et défiguré n'était pas celui de Tony. Mais il se reprit bien vite, sachant qu'il était inutile d'essayer de se voiler la face…c'était bien lui. Il prit plusieurs clichés sous tous les angles, aidé par Ducky qui manipulait avec précaution le corps inanimé afin qu'il ait un meilleur angle de vue. Pour finir, il récupéra des cellules épithéliales qui apparaissaient sous ses ongles et les glissa dans un petit sachet à indices.

-Ils se sont littéralement acharnés sur lui. Qu'est-ce qui justifie autant de violence ? Si on n'était pas passés le voir ce soir, si j'avais entendu demain matin pour aller chez lui, serait-il encore en vie ?

-Je crains bien que non. Quand on est arrivés, il était déjà dans un état très critique. Franchement, je ne pense pas qu'il aurait tenu deux heures de plus.

Gibbs resta un instant silencieux, pensant qu'à quelques heures près, c'est le corps sans vie de Tony qu'ils auraient pu retrouver.

-Je vais apporter ça à Abby, dit-il en lui montrant le sachet où il venait de récolter, il l'espérait du moins, l'ADN d'un des agresseurs.

Il espérait qu'Abby serait en mesure de trouver une identification grâce à ça.

Ensuite, quand il en eut fini avec cette tâche ingrate, chaque membre de l'équipe passa le voir cinq minutes à tour de rôle et Gibbs se retrouva finalement seul à seul avec son agent blessé.

Il prit place sur l'une des chaises inconfortables placées à côté du lit et observa la poitrine de son agent se soulever régulièrement et mécaniquement au rythme du respirateur.

Depuis ce matin, des milliers de questions se bousculaient sans répit dans sa tête. Qui était réellement Anthony DiNozzo ? Lui qui avait toujours pensé que le serviteur de ces dames était un hétéro pur et dur, il pouvait dire qu'il s'était complètement planté sur ce coup là et ça lui avait vraiment fait un choc d'apprendre que son agent était bisexuel. Il lui avait également avoué qu'il aimait une personne en secret, mais qui ? Un homme ? Une femme ? Son instinct lui criait qu'il s'agissait d'un homme car, si cela avait été une femme, Tony n'aurait pas hésité à lui dévoiler son identité.

Ça le ramena à un autre sujet de préoccupation qui le tourmentait sans cesse depuis toutes ces révélations : et lui, quels étaient exactement ses vrais sentiments envers Tony ? Quand l'homme lui avait révélé être bi, il devait bien se l'avouer il s'était senti étrangement troublé. D'autant plus que ses sentiments à l'égard de son agent avaient toujours été ambigus. Depuis le premier jour où il avait vu Tony, il avait inconsciemment remis en doute ses attirances sexuelles. C'est d'ailleurs en partie ce qui avait provoqué son troisième divorce. Il avait, peu à peu, délaissé sa femme et s'était mis à penser un peu trop souvent à son agent et ce, de manière peu conventionnelle.

Il savait parfaitement qu'il avait toujours refoulé un côté homosexuel. Il n'était pas question d'une relation avec un autre homme surtout dans la marine et son éducation stricte et bigote n'avait pas aidé non plus. Et en fait, cela n'avait jamais été un problème pour lui de refouler cette tendance….du moins jusqu'à ce qu'il croise la route d'un certain Anthony DiNozzo.

Le besoin de caféine se fit soudain ressentir de façon urgente. Il sortit de la chambre pour aller le soulager et salua au passage les deux MP qui étaient chargés de la protection de DiNozzo,

Il retourna dans la chambre à peine quatre minutes plus tard, son café fumant à la main et reprit place sur la chaise à côté du lit.

-Oh, Tony que s'est-il passé exactement ? Qui t'a fait ça et pourquoi? Murmura-t-il sur un ton désespéré.

Épuisé par le manque de sommeil qu'il avait accumulé au cours de ces derniers jours, il finit par s'endormir d'un sommeil agité et peuplé de cauchemars.

Une main posée sur son épaule le réveilla en sursaut. L'infirmière de garde était penchée au-dessus de lui et lui souriait.

-Désolée de vous réveiller agent Gibbs mais il y a l'agent McGee au téléphone qui veut vous parler. Il dit que c'est très urgent.

Gibbs se leva en grimaçant, tout ankylosé et courbatu d'avoir dormir sur la chaise inconfortable et suivit l'infirmière jusqu'au poste de garde.

-Gibbs, aboya-t-il dans le combiné

-Patron, Abby a peut-être trouvé une piste. Le lieutenant Granger avait une brosse à dents électrique fonctionnant avec des piles. En la démontant, elle a découvert un reçu de consigne de l'Union Gare soigneusement plié et enroulé autour de la batterie. À mon avis, il ne se trouvait pas là par hasard.

-J'arrive tout de suite.

Trente minutes plus tard, il était au NCIS. Ils prirent le ticket de consigne et se dirigèrent aussitôt vers l'Union Gare.