Comptoir des consignes.

Gibbs tendit le reçu trouvé par Abby au préposé qui alla aussitôt chercher le colis correspondant au numéro du ticket. Il revint quelques minutes plus tard en trainant une énorme valise qui semblait très lourde.

-Et bien dites-moi, qu'est-ce que vous avez bien pu mettre là-dedans ? Ça pèse un de ces poids !

-Merci, se contenta de dire Gibbs sans prendre la peine de répondre à la question posée.

Effectivement la valise pesait une tonne... et un code à trois chiffres bloquait le mécanisme d'ouverture. Il s'en empara et rejoignit McGee qui l'attendait dans la voiture pour retourner au QG.

NCIS, labo d'Abby:

Aussitôt arrivé au labo, Gibbs posa la valise à plat sur un plan de travail et, à l'aide d'un tournevis et un marteau, fit sauter la serrure.

Quand ce fut fait, il l'ouvrit avec précaution pour en découvrir le contenu. Ils restèrent tous surpris par la quantité impressionnante de sachets de drogue empilés sous leurs yeux.

-Bon sang ! Il y en a pour une fortune ! Il doit bien y en avoir au moins 20 Kilos. S'exclama Abby.

Elle s'empara d'un des sachets et l'ouvrit délicatement. Elle préleva une petite quantité de poudre pour l'analyser

-Oh, bon sang ! S'exclama-t-elle de nouveau quelques secondes plus tard.

-Quoi ?

-C'est de la cocaïne…mais de la cocaïne pure.

- Cela représente donc beaucoup, beaucoup d'argent nota Ziva. Et surtout un excellent mobile de meurtre…

-20 milles dollars le kilo.

-C'est dont ça ce qu'ils cherchaient. Granger faisait dans le trafic de drogue et il y a laissé la vie. Et à cause de lui, Tony va peut-être perdre la sienne,ajouta-t-il en son for intérieur, n'osant pas exprimer sa pensée tout haut pour ne pas bouleverser Abby.

Ils avaient enfin réussi à innocenter Tony. Maintenant, il ne restait plus qu'à espérer que ce n'était pas trop tard…

-Rien nous dit que Tony n'était pas le complice du lieutenant Granger, agent Gibbs. Vous devez fouiller dans la vie de l'agent DiNozzo et prouver son innocence. Je ne vous retire pas l'enquête car je vous fais assez confiance, à vous et à votre équipe, pour mettre la vérité à jour sans vous laisser influencer par l'amitié qui vous lie à lui. Si l'agent DiNozzo trempe dans ce trafic de drogue, je veux être mis au courant immédiatement. Lui et le lieutenant Granger ont très bien pu se faire doubler annonça dans leur dos le directeur, qui venait d'entrer silencieusement dans le labo en les faisant légèrement sursauter.

-Directeur, Tony est innocent ! Ce n'est pas parce qu'un ami à lui trafiquait qu'il était son complice.

-Agent Gibbs, vous savez parfaitement ce que vous avez à faire. Vous devez traiter l'agent DiNozzo comme un suspect jusqu'à preuve de son innocence, sinon je vous retire immédiatement cette affaire. C'est bien clair ?

- Comme du cristal….Monsieur

Le directeur tourna les talons et repartit à son bureau.

-Gibbs, il ne ...

-Le directeur a raison. On ne peut pas se laisser aveugler par le fait que Tony est notre collègue et ami. Je suis persuadé, tout comme vous, qu'il est innocent, mais il nous faut des preuves solides pour l'écarter définitivement de la liste des suspects. Ziva, chargez-vous de refouiller en détail la vie du lieutenant Granger. McGee, occupez-vous de celle de Tony.

Les deux agents, résignés, partirent à leur bureau pour se remettre au travail et approfondir leurs recherches.

Gibbs remonta deux heures plus tard.

-McGee, qu'avez-vous ?

-Heu...

-McGee, je sais que c'est difficile, mais vous devez agir comme si vous ne connaissiez pas Tony.

-Bien patron. Alors… Anthony, Demetrio DiNozzo né le 23 juin 1971 à Akron dans l'Ohio. Sa mère, Floriana Conti, est née le 15 mars 1949 à Florence et est arrivée au Etats-Unis en 1951. Décédée le 21 juin 1980, tuée lors d'un cambriolage dans leur maison. Son père Demetrio DiNozzo est né le 4 octobre 1942, à Vérone et est arrivé aux États-Unis en 1943. Propriétaire des industries DiNozzo, cet homme pèse plus de 30 millions de dollars, Tony est son unique héritier.

Scolarité sans problèmes : il est sorti du lycée major de sa promotion, a obtenu une bourse d'étude pour étudier à la faculté de Columbus. Capitaine de l'équipe de basket, il a été sévèrement blessé à la jambe en 1991, ce qui a mis fin à ses espoirs de carrière de joueur professionnel, des recruteurs des Lakers lui avaient proposé une place de titulaire dans l'équipe. Il a quand même fini son année et a terminé major de sa promotion.

Il est entré à l'école de police en 1992 et en est, une fois encore, sorti major de sa promotion avec d'excellentes notes. Il a fait ensuite l'école d'officiers où il a obtenu les meilleurs résultats.

Il est entré à la criminelle de Peoria en octobre 93, où il est resté en poste jusqu'en juin 96. Ensuite, il a demandé une mutation et a intégré la criminelle de Philadelphie de Juin 96 à Juin 98, puis celle de Baltimore de juin 98 à novembre 01, date à laquelle il a intégré le NCIS, dans l'équipe de l'agent Gibbs, toujours en poste à ce jour.

Côté comptes bancaires, rien à signaler : entrées et sorties d'argent tout ce qui y a de plus normal, compte tenu de ses revenus. Il a hérité, de son oncle maternel, une grosse partie des actions que ce dernier possédait et qui lui rapportent un bon petit pécule chaque mois.

Casier judiciaire vierge. Relevés téléphoniques, rien d'anormal.

Patron, Tony est clean de chez clean. Je n'ai pas trouvé le moindre indice qui pourrait laisser supposer qu'il était au courant des agissements de Granger.

-Parfait. Ziva ?

-J'ai découvert quelque chose de pas très net chez notre lieutenant. À la mort de sa mère, il a conservé son compte en banque sans avertir les services bancaires, ni le fond de retraite, de son décès. Il y a d'énormes sorties d'argent et des dépôts de montants plus ou moins variables sur le compte de sa défunte mère. J'ai aussi trouvé qu'il était interdit de jeu dans plusieurs établissements. Cet homme était un véritable flambeur. Il devait d'énormes sommes d'argent à des casinos.

-On tient enfin notre mobile ! Pour rembourser son ardoise, il s'est lancé dans le trafic de drogue et a dû se faire des ennemis, aussi bien du côté des trafiquants que de celui des casinos...

Le téléphone de Gibbs sonna, le coupant dans sa lancée.

-Gibbs,

-...

-On arrive.

Il raccrocha

-Abby a trouvé une identification positive avec l'échantillon de peau retrouvé sous les ongles de Tony.

Aussitôt, toute l'équipe se mit en route derrière Gibbs pour aller rejoindre la jeune gothique.

Laboratoire:

-Et notre heureux gagnant est… Rob Gaber, 31 ans. Il vit à Las Vegas et travaille pour le casino le « globe d'or », où il est adjoint à la sécurité. Il a déjà été arrêté plusieurs fois pour violence conjugale.

-Parfait ! McGee, occupez-vous de demander un mandat d'arrêt. Mr Gaber vous êtes cuit.

Gibbs alla immédiatement voir Vance pour l'informer des dernières avancées de leur enquête avant de retourner au chevet de son agent pour lui annoncer également qu'ils avaient mis la main sur un de ses agresseurs.

Le seul bruit s'élevant de la chambre venait du respirateur qui soulevait la poitrine de Tony à intervalles réguliers. Gibbs prit place aux côtés de son agent et le dévisagea avec attention. Il lui sembla que ce dernier avait légèrement meilleure mine. Il hésita un instant avant de tendre la main pour s'emparer de celle du jeune homme, afin que ce dernier sente sa présence dans le brouillard où il se trouvait.

-Grâce à toi, on a pu identifier un des tes agresseurs. Quand tu l'as griffé, tu as récupéré de sa peau sous tes ongles et on a pu remonter jusqu'à lui avec le fichier ADN. Ce n'est plus qu'une question d'heures avant qu'il ne soit arrêté et crois-moi, je vais le faire parler. Toi, en attendant, tu as juste à reprendre des forces…tu vas en avoir besoin pour guérir. Et ne t'inquiète de rien, on veille tous sur toi.

Il resta encore quelques minutes à contempler Tony et repartit ensuite au NCIS pour aider ses agents à mettre la main sur Gaber.

Grâce aux mouvements de sa carte bancaire, ils parvinrent à repérer l'homme à l'aéroport, où il s'apprêtait à prendre un vol à destination Las Vegas. Ils purent heureusement procéder à son arrestation avant qu'il ait le temps d'embarquer et le ramenèrent illico dans les locaux du NCIS.

Salle d'interrogatoire:

Cela faisait une demi-heure qu'ils l'avaient mis en salle d'interrogatoire où ils le laissaient mariner un peu avant de passer à l'attaque. Gibbs l'observait à travers le miroir sans tain et l'homme lui sembla très nerveux. Il se rongeait les ongles tout en se passant, par moment, une main tremblante dans les cheveux. Il patienta encore quelques minutes, comme un chat observant la souris qui va lui servir de repas. Et, quand il vit de petites gouttes de sueur apparaître sur son front, il sut que sa proie était bien à point.

-Ça y est, il est prêt. J'y vais.

Gibbs sortit de la salle d'observation, un dossier dans une main et un café dans l'autre.

À dessein, il entra brusquement dans la salle d'interrogatoire, faisant sursauter l'homme qui semblait vraiment à bout de nerfs. Pfff, il ne va pas me falloir longtemps pour lui faire cracher le morceau…pensa-t-il en arborant un air impassible.

Gibbs prit place face à lui, contenant sa rage avec un professionnalisme évident, et plongea deux yeux bleus glacials et perçants droit dans ceux de l'autre homme. Ce dernier ne put s'empêcher de déglutir nerveusement sous l'intensité de ce regard. Il prit pleinement conscience de l'aura de menace et de danger qui se dégageait de l'ex marine.

Gibbs resta silencieux et se contenta de le regarder et Gaber eut l'impression que les secondes s'écoulaient avec une horrible lenteur. Il sentait la sueur couler de plus en plus abondamment sur son front et ses tempes et commença à s'agiter nerveusement sur sa chaise inconfortable.

-Mr Gaber, vous êtes dans de sales draps. On a retrouvé votre ADN sous les ongles d'un agent fédéral qui a été agressé chez lui hier matin dit soudainGibbs en étalant sur la table devant lui les photos qu'il avait faites de Tony, la veille à l'hôpital.

-Regardez dans quel état vous l'avez mis. Les médecins ne savent encore pas s'il va s'en tirer ou pas. À votre place, je prierais que oui parce que s'il meurt, c'est la peine capitale qui vous attend…vous en avez ma parole acheva-t-il d'une voix aussi tranchante qu'un scalpel

-Ce n'est pas moi qui l'aie mis dans cet état! Protesta aussitôt Gaber en se tordant nerveusement les mains.

-Vraiment ? Alors, comment expliquez-vous qu'on ait retrouvé votre ADN sous ses ongles? Il y est venu tout seul peut-être ? Et ces traces de griffures sur votre bras, c'est votre chat qui vous les a faites aussi ?

-Ok, ok ! Je…j'étais bien dans l'appartement de cet homme mais je ne savais pas que c'était un Fed, je vous le jure ! Bon sang, j'y suis pour rien ! Je n'ai fait que suivre les ordres, c'est tout ! Je vous jure je n'y suis pour rien dans ses blessures.

- Alors, qui l'a mis dans cet état ? Et surtout, pourquoi ?

-Non ! Si je parle, ils vont me tuer.

-Qui va vous tuer ? Votre patron ? De toute façon, je vous signale que si vous ne voulez pas parler, je vous mets tout sur le dos et au final, le résultat sera le même : vous mourrez.

Maintenant, l'homme semblait vraiment paniqué.

-Je veux négocier. Je veux bénéficier du programme de protection des témoins.

-Parlez d'abord. On verra ensuite ce qu'on peut faire pour vous…si vos informations en valent vraiment la peine.

-Ok. Ce type Kevin Granger, il venait toujours jouer au « globe d'or », au craps et au poker surtout. Mais il perdait beaucoup plus souvent qu'il ne gagnait et il devait énormément d'argent au casino. Alors, pour éponger sa dette, le patron lui a proposé un deal : Il devait récupérer une valise à El paso et la ramener ici, à Washington. Il faisait ça et ils étaient quitte : son ardoise était effacée. Mais le gars a essayé de nous doubler et n'a pas apporté la valise. Comme on n'avait pas confiance en lui, on l'a suivi…juste au cas où. Seulement, il était malin, il a réussi à nous semer et on a perdu sa trace dans la gare. On connaissait ses habitudes parce que le patron avait mené sa petite enquête sur lui avant de lui confier la came. On savait qu'il allait toujours dans ce bar gay donc on l'a attendu là-bas. Effectivement, il s'y est pointé un peu avant 1 heures du mat' et il était avec son mec. Lui, dit-il en pointant une photo de Tony du doigt. Ils se sont mis à se disputer et le gars est sorti en plantant Granger dans le bar.

Nick est allé voir Granger qui s'était installé au comptoir, l'a discrètement menacé avec son arme et lui a dit qu'il voulait discuter. Granger l'a suivi dehors sans faire de vagues. J'attendais dans l'arrière-cour avec deux autres hommes de mains de Nick. Ils lui sont tous les trois tombés dessus pour lui faire cracher l'endroit où il avait planqué la came pendant que je m'occupais de faire le guet.

Mais le mec a pas voulu cracher le morceau et s'est battu comme un beau diable et ils ont fini par le tuer en le tabassant un peu trop fort. J'ai pris ses affaires : portable, portefeuille...bref, tout ce qu'il avait dans les poches et on l'a trainé derrière les poubelles avant de se barrer. Grâce à ça, j'ai réussi à retrouver l'adresse du gars qui accompagnait Granger.

On a débarqué chez lui vers treize heures. On était persuadés qu'il était son complice et qu'il savait où se trouvait la drogue.

On est entrés facilement chez lui, la porte n'était pas verrouillée. On a frappé et il a crié 'entre', je pense qu'il attendait quelqu'un. Il était dans la salle de bains et il a dit, 'tu as oublié quelque chose ?'. Il est sorti de la pièce en s'essuyant le visage avec une serviette. Le temps qu'il réalise qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre, Gus, un des hommes de main de Nick, lui a filé un coup à la tête, pas assez pour l'assommer mais suffisament pour le sonner. Nick m'a ordonné de le mettre sur une chaise, c'est à ce moment-là qu'il m'a griffé. Nick lui a mis un crochet du droit pour le faire tenir tranquille. Ensuite, ils l'ont ligoté et Nick a commencé à l'interroger mais ce gars s'obstinait à dire qu'il ne comprenait rien et qu'il ne savait pas de quoi on parlait. Alors, ils se sont acharnés sur lui pendant que je fouillais les lieux pour essayer de retrouver la coke. Mais je n'ai rien trouvé et le gars a perdu connaissance, alors on s'est tiré avant de se faire repérer.

Voilà, je vous jure que c'est ce qu'il s'est passé.

Le silence retomba dans la pièce puis Gibbs tendit un bloc-notes et un stylo vers Gaber.

Je veux les noms et les endroits où je peux trouver tout ce beau monde. Ceux de vos trois complices et celui aussi de votre patron.