Un grand merci à vous, pour vos com's et suivre cette histoire. En voici là suite:

Dix jours après l'agression de Tony :

Dix jours que Tony avait été plongé dans un coma artificiel. Durant ce temps, toute l'équipe s'était relayée pour être auprès de lui à tour de rôle dès qu'ils le pouvaient. Dix jours pendant lesquels Gibbs s'était beaucoup remis en question à propos de ses véritables sentiments à l'égard de Tony pour finalement arriver à une conclusion : s'avouer enfin ce qu'il refusait obstinément d'admettre depuis des années…il aimait Tony, profondément. Et ce qu'il ressentait pour lui n'avait rien d'amical ou de paternel, c'était vraiment de l'amour.

Le dernier scanner que les médecins avaient fait passer à leur patient n'avait, par chance, montré aucune séquelle cérébrale. Les os de ses jambes commençaient, doucement mais sûrement, à se ressouder. Ses côtes, quant à elles étaient déjà quasiment guéries.

Ils avaient donc pris la décision d'arrêter les médicaments qui le maintenaient dans son coma artificiel pour le laisser reprendre conscience.

Il se sentait vaseux et avait l'impression de nager dans le brouillard. Son corps semblait peser une tonne et était très douloureux. Il voulait s'éloigner de la lumière blanche qui voulait l'aspirer mais n'y arrivait pas. Son esprit était embrumé et il n'arrivait pas à s'orienter. Bon sang, où pouvait-il bien être? Soudain, il lui sembla entendre quelqu'un appeler son nom.

Il sentit une main se poser doucement sur son épaule et cela lui électrisa tout le corps. Il voulut se dégager de ce contact mais ce simple mouvement lui coupa le souffle tellement la douleur était forte. Il laissa échapper un gémissement étouffé.

-Tony, tout va bien. Tu es à l'hôpital.

Lentement et péniblement, il ouvrit les paupières et tomba sur les yeux bleus de Gibbs qui le regardait avec inquiétude.

Quand il croisa les iris verts de son agent, Gibbs lui sourit avec soulagement. Ce dernier avait le regard perdu et il ne semblait pas comprendre ce qui lui était arrivé, ni où il était.

Il se mit à lui parler lentement, d'une voix qu'il voulait rassurante.

- Tu es à l'hôpital. Tu as été grièvement blessé mais maintenant tout va bien.

-Que...que s'est-il passé ? Parvint à articuler Tony d'une voix rauque.

Gibbs le mit au courant de tous les éléments de l'enquête qu'il avait en sa possession et immédiatement, tout lui revint en mémoire.

-Oui, …me sou …viens de ces types.

Il referma les yeux un instant avant de les rouvrir et de reprendre la parole.

-Kevin…je savais que Kevin avait eu un problème avec les jeux, mais de là à trafiquer...je ne l'aurais jamais soupçonné. Il eut un petit ricanement désabusé, Pour un enquêteur chevronné, on peut dire que je me suis bien laissé aveugler. Il m'avait juré que c'était fini.

-L'amour rend aveugle à ce qu'on dit rétorqua Gibbs pour essayer de le réconforter de sa détresse évidente.

-Sauf que je ne l'aimais pas…soupira Tony.

-Tu devais bien l'aimer au fond de toi, même un tout petit peu. Sinon, tu ne serais jamais resté aussi longtemps avec lui, pas même pour le sexe.

-J'aurais dû rester avec lui et insister pour qu'on rentre ensemble.

-Tu n'as pas à te sentir coupable de ce qui est arrivé. Tu ne pouvais rien y faire. C'est Kevin qui est responsable de ses malheurs, pas toi. Il n'était pas obligé d'accepter ce marché et encore moins d'essayer de doubler ses complices. Au contraire, par sa faute, c'est toi qui as aussi failli mourir.

Ils restèrent silencieux un instant puis Tony reprit,

-J'ai cru que c'était toi qui revenait parce que tu avais oublié d'emporter quelque chose. Ils sont arrivés environ dix minutes après ton départ, ma porte n'était même pas verrouillée.

Tony bougea un peu et un éclair de douleur le transperça. Il ne put retenir un gémissement et de la sueur perla sur son front.

-Tu as mal? Demanda aussitôt Gibbs, inquiet.

Tony, les dents serrées pour retenir un cri de douleur, opina de la tête.

-Je vais prévenir une infirmière dit Gibbs en se levant avec hâte pour se diriger vers la porte.

Deux minutes plus tard, on lui augmenta sa dose de morphine et la douleur lancinante commença rapidement à s'estomper pour atteindre un niveau supportable, à son plus grand soulagement. Le médecin l'ausculta et lui expliqua en détail l'étendue de ses blessures.

-Quand est-ce que je vais pouvoir sortir d'ici ? Fut la première question de Tony quand ce dernier se tut enfin.

-Tout dépend de la vitesse à laquelle vous allez récupérer. Vous allez devoir vous déplacer en fauteuil roulant, le temps que vos jambes se remettent bien et que vous repreniez des forces, car après le passage fauteuil, des béquilles vous seront indispensables pendant encore quelques temps. Donc, si vous avez une personne qui peut vous aider chez vous, je pourrai vous laisser sortir d'ici environ deux à trois jours. Par contre, si ce n'est pas le cas, je vais devoir vous garder hospitalisé au moins jusqu'à ce que vous n'ayez plus besoin d'être en fauteuil.

Tony soupira et reprit d'une voix morose et abattue.

-Alors, je crois bien que je vais devoir rester hospitalisé parce que déjà, pour aller chez moi, il y a cinq étages à monter et l'ascenseur est toujours en panne donc avec un fauteuil roulant…et en plus, je ne connais personne qui serait susceptible de prendre soin de moi.

-Bon, alors je …

-Tu vas venir chez moi, trancha Gibbs sur un ton catégorique.

Tony regarda son patron avec étonnement.

-Quoi ? Ne me regarde pas comme ça ! Tu vas venir à la maison. J'ai une chambre au rez-de-chaussée, tu y seras très bien installé. Et avec toute l'équipe, on s'organisera pour s'occuper de toi.

-Non. Je ne veux pas te déranger. Je peux rester ici, ce …

-DiNozzo, arrête de discuter ! Je sais parfaitement que tu as horreur des hôpitaux, tu ne vas pas rester coincé ici pendant des semaines. Et puis surtout, tu ne me dérangeras pas.

-Je…je ne sais pas quoi dire, balbutia Tony, ému par la proposition de son patron, et surtout par l'idée d'aller habiter chez l'homme qu'il aimait….bon ok, il serait confiné dans la chambre d'amis et son séjour n'aurait rien de romantique…mais quand même, il allait vivre avec Gibbs !

Cela suffit à lui mettre du baume au cœur et soudain il se sentit plus optimiste.

-Alors, pour une fois, tais-toi et ne dis rien.

-Bon, très bien, alors tout est réglé, conclut le médecin. Il me faudra votre adresse, agent Gibbs. L'agent DiNozzo aura besoin de soins quotidiens pendant quelques jours et d'une rééducation. Je vais prendre des dispositions afin qu'une infirmière et un kiné viennent s'en charger directement à domicile.

Sur ces derniers mots, le médecin les salua et quitta la chambre de son patient, laissant ainsi les deux hommes seuls.

Tony, légèrement mal à l'aise, ne put s'empêcher d'aborder de nouveau le sujet de sa convalescence.

-Patron, pourquoi fais-tu ça pour moi ? Je peux très bien rester à l'hôpital, je t'assure. Je ne veux pas te déranger, surtout maintenant que tu sais que...

-Ça ne me dérange pas Tony, l'interrompit Gibbs sans lui laisser le temps d'achever sa phrase. En plus, tu seras mieux installé chez moi qu'ici. Tu as besoin de te remettre tranquillement de toute cette histoire et ce n'est pas dans un hôpital que tu pourras le faire. Je veux être sûr que tu te reposes et que tu suives les instructions des médecins. Et je te promets que le fait que tu sois attiré par les hommes ne me dérange absolument pas. Je te l'ai déjà dit et je le pensais sincèrement : pour moi, comme pour le reste de l'équipe d'ailleurs, tu restes le même. Ce n'est pas parce que tu as des préférences sexuelles différentes que nous ressentons moins d'estime ou moins d'amitié pour toi.

-Ouais…ça c'est ce que vous dites maintenant ! Cracha Tony sur un ton désabusé. J'en ai entendu mille fois des beaux discours comme celui-ci. 'Ça ne change rien' mais comme par hasard, tout à coup, plus personne ne veut faire équipe avec toi ou venir prendre un verre après le boulot. Tes collègues commencent à chuchoter entre eux en te jetant des regards en coin et dès que tu approches, ils deviennent muets… tu crois que je ne connais pas ça ?

-DiNozzo, je pensais que tu me connaissais mieux que ça ! Je ne dis jamais de paroles en l'air. Alors maintenant, je vais parler uniquement en mon nom et tu vas m'écouter attentivement : le choix de tes préférences sexuelles m'importe peu et c'est vrai, tu m'as bien compris ? demanda Gibbs en le fixant droit dans les yeux d'un regard implacable, le défiant de le traiter de menteur.

Tony, hypnotisé par ces yeux bleus perçant dans lesquels il pouvait lire la sincérité, déglutit péniblement et se contenta d'acquiescer d'un signe de tête à la question. Satisfait de cette affirmation silencieuse, Gibbs poursuivit,

- Ce n'est pas parce que je suis un ancien marine que j'ai l'esprit obtus ou intolérant. Et si dans l'équipe, cela gêne quelqu'un que tu aimes t'envoyer en l'air avec les deux sexes, c'est qu'ils ne sont pas à leur place dans mon équipe et ils n'ont plus qu'à aller voir ailleurs. Pour moi, le fait que tu sois un excellent enquêteur et tu sois également un homme droit, loyal et honnête est plus important que ton orientation sexuelle. Ce que tu fais de ton temps libre ne me regarde pas. Fin de la discussion !

Tony resta silencieux pendant un long moment, assimilant tout ce que Gibbs venait de lui dire. Il ressentit une bouffée de joie que Gibbs lui ait dit qu'il était un bon agent et qu'il avait toujours de l'estime et de l'amitié pour lui…..et un petit pincement au cœur qu'il se fiche de ce qu'il faisait durant son temps libre, il aurait tellement aimé le partager avec lui…

Il finit par relever la tête pour croiser le regard de Gibbs, qui était toujours fixé sur lui et qui attendait, et lui fit un petit sourire tremblant.

- Merci patron se contenta-t-il de lui dire.

Gibbs hocha la tête et lui rendit son sourire

- Je t'en prie, DiNozzo.

Et pour faire bonne mesure, il lui mit une légère tape, compte tenu de ses blessures, à l'arrière du crâne. C'est ce geste qui fit réellement comprendre à Tony que rien n'avait changé, malgré les révélations, et son sourire prit de l'assurance et s'élargit pour prendre sa nuance d'impertinence habituelle.

Et c'est ce sourire qui fit savoir à Gibbs que Tony avait cru à sa sincérité et que tout était rentré dans l'ordre.