Merci pour vos coms; et voilà un nouveau chapitre un peu plus long celui là


Gibbs fut tiré de son sommeil au beau milieu de la nuit par les mouvements désordonnés de Tony entre ses bras.

Il ouvrit lentement les yeux, son esprit embrumé analysant rapidement où il trouvait et avec qui…Tony !

-Qu'est-ce que tu fais ? Lui marmonna-t-il en déposant un léger baiser sur son épaule nue.

-Désolé de t'avoir réveillé, répondit Tony d'une voix étranglée.

Alerté par la souffrance évidente qui perçait à travers la voix de son amant, Gibbs alluma la petite lampe pour le regarder avec attention

-Ce n'est pas un problème…mais tu n'as pas répondu à ma question.

Il voyait bien que Tony avait les traits crispés, ses yeux étaient bien trop brillants, limite larmoyants et de fines gouttes de sueur coulaient sur son front. Il était évident qu'il souffrait le martyr même s'il ne semblait pas décidé à l'admettre ouvertement.

-J'ai besoin de soulager ma vessie, répliqua Tony

-Tu as besoin d'aide ?

-Heu... non ça ira, mer…merci. Je pense que je devrais y arriver tout seul

-Tu as l'air d'avoir mal... aussi, dit Gibbs en haussant les sourcils, avec une expression le défiant de le contredire sur ce point

-Je n'ai pas que l'air, avoua finalement Tony dans un murmure en baissant les yeux.

Gibbs lui saisit fermement le menton pour le relever et le regarder dans les yeux.

-Hé, Tony, y a pas de honte à avouer qu'on a mal, surtout avec les blessures que tu as, lui dit-il avec douceur en lui caressant tendrement la joue. Je vais t'aider à te mettre dans ton fauteuil et, pendant que tu iras soulager ta vessie, j'irai te chercher un peu d'eau afin que tu puisses reprendre des médicaments contre la douleur, ok ?

Tony soupira et admit, - Je déteste me sentir faible, inutile, impuissant et dépendant

- Il ne faut pas car tu n'es rien de tout cela. Tu es un homme fort, courageux, loyal et honnête. C'est pour ça que je t'aime. Tu dois juste accepter d'être aidé de temps en temps…comme maintenant et ne pas faire semblant que tout va bien alors que tu crèves de douleur, d'accord ?

En entendant ces mots, Tony lui fit un sourire 100.000 volt. Gibbs venait de lui dire qu'il l'aimait ! Il se sentit pousser des ailes et eut l'impression de flotter sur un petit nuage. Tout à coup, la douleur ne lui parut plus aussi insupportable et surtout, il se sentit prêt à se battre comme un lion pour récupérer toutes ses facultés physiques, même si cela signifiait des heures interminables de séances de rééducation.

- D'accord.

Gibbs l'aida à se glisser sur son fauteuil et le guida jusqu'à la salle de bains. Puis, pendant que Tony s'occupait de ses petites affaires, il sortit de la chambre et alla jusqu'à la cuisine pour aller chercher l'eau promise. Arrivé là, il releva les yeux sur la pendule accrochée au mur et regarda l'heure. 1 Heure du matin.

Il ouvrit le frigo et en sortit une petite bouteille puis, il referma la porte et s'adossa contre elle en souriant. Il se mit à repenser à la fin de leur soirée, à la discussion qu'ils avaient eue et surtout aux mains et à la bouche de Tony partout sur son corps. Diable ! L'homme avait vraiment beaucoup de talent. Il avait hâte qu'il récupère toute sa forme physique pour en découvrir davantage. Il se mit à rêver de tout ce que Tony pourrait lui faire alors et son corps fut brusquement parcouru de frissons de plaisir qui convergèrent tous vers son sexe qui se tendit et se gonfla d'anticipation.

- Toi, c'est pas le moment de te manifester ! grogna-t-il en fusillant du regard son érection grandissante.

Il prit deux, trois inspirations profondes pour reprendre le contrôle de son corps puis, muni de sa bouteille d'eau, il regagna la chambre. Tony venait juste de sortir de la salle de bains et il semblait avoir toujours aussi mal.

Gibbs posa la bouteille sur la table de nuit avant de se diriger vers lui.

-Attends, je vais t'aider.

-Ça va ! Je peux encore me mettre au lit tout seul !

-Eh ! Qu'est-ce que je viens de te dire à propos du fait de savoir accepter de l'aide ? Alors, chut ! Ordre du patron, laisse-moi t'aider.

Gibbs souleva aisément Tony – qui avait perdu quelques kilos depuis l'agression – dans ses bras et le reposa délicatement sur le lit.

-Merci.

Gibbs lui sourit en guise de réponse et se pencha brièvement pour lui effleurer les lèvres avant de se redresser.

-Tiens. Il lui tendit un comprimé d'antidouleur et la bouteille.

Tony avala le comprimé avec reconnaissance et laissa lourdement retomber sa tête sur l'oreiller. Il avait vraiment l'air d'être épuisé et d'avoir besoin de se reposer.

-Je vais te laisser dormir, dit Gibbs à contrecœur en se dirigeant lentement vers la porte.

-Non ! Tu peux rester si tu veux…ça me ferait vraiment plaisir.

À ces mots, Gibbs eut un sourire joyeux.

-Ok, laisse-moi juste le temps d'aller me changer alors et je reviens tout de suite.

-Ok. Je t'attends avec impatience, dépêche-toi, dit Tony avec un petit clin d'œil.

Gibbs ne se le fit pas dire deux fois. Il quitta la chambre pour monter quatre à quatre les marches de l'escalier. Une fois en haut, il fila dans sa salle de bains pour se prendre une douche rapide, enfila un bas de jogging et un tee-shirt et ressortit en vitesse de sa chambre. C'est ainsi vêtu qu'il rejoignit son amant qui l'attendait an bas.

Il grimpa dans le lit et attira doucement Tony contre lui, prenant bien soin de ne pas lui faire mal par un geste trop brusque. L'italien se laissa faire sans protester, appréciant d'être lové confortablement dans les bras de l'homme qu'il aimait depuis si longtemps. Quand ils furent enfin installés, il laissa échapper un petit soupir de satisfaction évidente et enfouit son visage dans l'épaule de Gibbs pour respirer son odeur qui le rendait dingue.

-Ça va un peu mieux, la douleur diminue ? demanda Gibbs en lui déposant un petit baiser sur la tempe.

-Pas vraiment pour le moment. Mais les médicaments ne devraient pas tarder à faire effet.

Tony se serra encore davantage dans l'étreinte de Gibbs et enlaça ses doigts aux siens. Puis, se laissant bercer par la respiration calme et régulière de son nouvel amant – non, de l'homme de sa vie – il s'endormit paisiblement.

***

-Non ! Je ne sais...non !...

Pour la deuxième fois de la nuit, Gibbs se réveilla en sursaut. Tony s'agitait à ses côtés en marmonnant des mots incompréhensibles dans son sommeil. Il était vraisemblablement coincé au milieu d'un mauvais rêve et, d'après les quelques bribes qu'il était parvenu à saisir, cela n'avait pas l'air d'être étranger à son agression.

Craignant que le jeune homme n'empire ses blessures en se débattant trop violemment, Gibbs alluma la lampe de chevet et tenta de le réveiller.

-Tony, réveille toi, c'est juste un cauchemar, lui dit-il doucement d'une voix rassurante tout en le caressant pour l'apaiser.

Devant son manque de réaction à sa voix et à ses caresses, Gibbs lui tapota la joue un peu plus fort et le secoua. Tony ouvrit subitement les yeux et leva les mains, prêt à cogner sur son agresseur pour se défendre. Gibbs put lire de la peur dans le regard de son amoureux et lui entrava les mains pour l'immobiliser.

-Chut, calme-toi ! C'est moi, Gibbs. Tu es en sécurité. Tu as juste fait un mauvais cauchemar.

Le reconnaissant, Tony se calma aussitôt et se détendit dans son étreinte, reprenant tranquillement sa respiration. Gibbs continua cependant à lui murmurer des mots de réconfort en lui passant doucement la main dans les cheveux.

Quand il eut enfin cessé de trembler et que son rythme cardiaque eut repris une cadence normale, Gibbs lui demanda tranquillement,

-Tu veux m'en parler ?

Tony hocha la tête et frissonna légèrement avant d'avouer d'une voix étranglée

-Je…j'étais dans mon appart, attaché sur une chaise et ces trois hommes m'interrogeaient et me torturaient pour savoir où se trouvait leur came. Je n'arrêtais pas de leur dire que je ne savais pas de quoi ils parlaient, mais….ils...ils continuaient à me tabasser. Et j…j'étais mort de trouille à l'idée que…que si je mourrais, je… je ne te…reverrai jamais.

Tony s'était remis à trembler dans ses bras et Gibbs le serra plus fort et posa ses lèvres sur sa tempe, l'embrassant et lui soufflant en même temps au creux de l'oreille.

-C'est fini…je te le promets c'est fini. Tu ne risques plus rien maintenant, ils ont été arrêtés.

-Pas tous, rétorqua aussitôt Tony. Il en reste toujours un en cavale.

-Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne soit arrêté. Le NCIS et le FBI sont à sa recherche. Il ne pourra pas nous échapper encore longtemps. Et puis de toute façon, ajouta Gibbs d'un ton féroce avec une fureur difficilement contenue, si jamais il essaye de s'approcher encore de toi…il faudra d'abord qu'il me passe sur le corps !

Tony regarda son amant et, devant la force et la puissance qui de dégageaient de lui, il sut qu'effectivement, il n'avait plus rien à craindre. Gibbs le protégerait envers et contre tout. Il lui fit un sourire confiant et l'effleura du bout des lèvres avant de reprendre gravement.

-Il faut qu'ils payent pour le meurtre de Kevin.

-Et pour ton agression, ajouta immédiatement Gibbs.

Tony soupira.

-Aussi.

Ils restèrent un bon moment silencieux, chacun perdu dans ses pensées puis, Tony demanda,

- Quelle heure est-il ?

Gibbs jeta un coup d'œil sur sa montre qui était posée sur la table de nuit avant de répondre

-Cinq heures du matin.

-Je n'arriverai plus à me rendormir maintenant, constata le jeune homme. Si seulement mes jambes me le permettaient, je serais allé courir mais là je suis condamné à rester cloué dans ce fichu fauteuil, ajouta-t-il d'un ton amer.

-Plus pour longtemps, dit Gibbs d'un ton confiant. En attendant, un petit-déjeuner spécial Gibbs, ça te dit ?

Tony eut un petit sourire amusé. – Et qu'ont-ils de spécial tes petits-déjeuners ?

- Ce sont les meilleurs de toute la ville ! Je suis le champion des œufs brouillés au bacon frit et je sers le meilleur café du coin.

Cette fois-ci, Tony ne put retenir un éclat de rire. . Ah ça, pour le café, je te crois sur parole ! Va pour un petit-déj 'Spécial Gibbs' alors !

- C'est parti !

Gibbs se pencha pour l'embrasser avec passion, lui coupant littéralement le souffle puis il se glissa hors des draps et fila dans la cuisine pour préparer les œufs brouillés promis.

Tony resta un moment allongé avec un petit sourire rêveur. Il était en train de découvrir des nouvelles facettes de la personnalité de Gibbs et celles-ci faisaient qu'il l'en aimait encore davantage….si cela était possible.

Au bout de quelques minutes, il se secoua et entreprit de s'extirper du lit pour s'asseoir dans son maudit fauteuil. Quand il y parvint enfin, il était un peu essoufflé. Il alla ensuite dans la salle de bains pour faire un brin de toilette avant de se diriger vers la porte pour aller rejoindre son amoureux.

Quand il parvint sur le seuil de la cuisine, il s'arrêta avec en souriant. Gibbs avait dressé la table, un verre de jus d'orange fraichement pressé l'attendait déjà et son amant sifflotait gaiement tout en faisant glisser adroitement leurs œufs brouillés sur les deux assiettes posées devant lui avant d'aller les placer sur la table.

En entendant le bruit des roues couinant sur le carrelage, Gibbs tourna la tête vers lui et lui fit un sourire radieux. -Tu arrives à point, c'est prêt ! dit-il en l'invitant d'un geste à venir s'installer.

Tony se fit rouler doucement jusqu'à sa place et eut un regard bouleversé et attendri quand il découvrit une unique rose rouge dépasser de son serviette. Après avoir découvert que Gibbs était attentionné, drôle et qu'il embrassait comme un Dieu, voilà qu'il entrevoyait un nouvel aspect de sa personnalité auquel il ne s'attendait vraiment pas du tout : son amant était aussi un romantique dans l'âme. Il s'empara de la fleur et en caressa délicatement les pétales avant de la porter à son nez pour en sentit son parfum.

- Elle est magnifique…merci, dit-il d'une voix émue.

Gibbs se contenta de lui sourire et se pencha vers lui pour l'embrasser, emmêlant sa langue à la sienne et arrachant un frisson de désir à Tony. Malheureusement, le baiser ne s'éternisa pas. Pour sa plus grande frustration, Gibbs s'écartait déjà

- Mangeons pendant que c'est chaud, dit-il en contournant la table pour aller s'installer face à lui.

Tony s'empara de sa fourchette, la délicieuse odeur des œufs au bacon lui faisant monter l'eau à la bouche, et il avala une bouchée avec appétit.

- Mmhh, tu avais raison, convint-il entre deux bouchées. Ce sont les meilleurs œufs brouillés que j'ai jamais eu l'occasion de manger.

Gibbs eut un petit sourire suffisant disant clairement ' je te l'avais dit' mais il ne releva pas sa remarque.

Ils achevèrent leur petit-déjeuner dans un silence confortable, s'échangeant les pages du journal à mesure qu'ils avaient fini de les lire.

***

Une fois leur lecture finie, Gibbs débarrassa rapidement la table et fit la vaisselle, pendant que Tony allait s'installer au salon.

-Tu as un piano ? Je ne savais pas que tu jouais…lui fit remarquer Tony en apercevant l'instrument placé dans un recoin sombre de la pièce et auquel il n'avait jamais fait attention auparavant.

-Shannon et Kelly jouaient, lui répondit Gibbs de la cuisine. La tristesse et la nostalgie qui voilèrent momentanément sa voix étaient évidentes.

Tony souleva le couvercle qui protégeait le clavier et caressa délicatement les touches d'ivoire du bout des doigts avant d'en enfoncer une. Le son désaccordé du piano s'éleva dans l'air quand la corde du 'La' se mit à vibrer.

-Il est vraiment désaccordé, fit remarquer le jeune homme en grimaçant légèrement devant le son disgracieux.

-Personne n'en a joué depuis leur mort, dit Gibbs d'un ton mélancolique en pénétrant dans la pièce, tout en s'essuyant les mains avec un torchon.

En voyant la peine évidente qui tordait les traits de son visage quand il repensait aux deux grands amours de sa vie, Tony se sentit brusquement mal à l'aise et balbutia,

-Désolé…je n'aurai pas dû. Il referma brusquement le couvercle, vraiment gêné d'avoir réveillé de mauvais et douloureux souvenirs chez son amant.

- Il ne faut pas, c'est le passé, lui dit Gibbs en s'approchant de lui pour lui caresser légèrement la nuque. – Est-ce que tu sais jouer ?

- A une autre époque, dit-il avec nostalgie. Ma mère m'a obligé à prendre des leçons quand j'étais petit. Au début je détestais ça, quand il fallait déchiffrer les partitions. Surtout que mon professeur avait pour habitude de me filer des coups de règles sur les doigts quand je faisais des fausses notes, dit Tony avec un petit sourire en se remémorant cette anecdote. Mais maintenant, j'aime bien de temps en temps jouer ce qui me passe par la tête.

Gibbs se pencha vers lui et s'empara de ses lèvres.

Ils s'embrassèrent langoureusement et avec douceur pendant de longues minutes. Quand ils se séparèrent enfin, Gibbs, qui tenait toujours le visage de Tony entre ses mains, le regarda droit dans les yeux.

- Je t'aime, lui dit-il gravement.

Un sourire lumineux étira les lèvres de Tony, éclairant tout son visage et faisant pétiller ses yeux verts de reflets mordorés,

- Je t'aime aussi Jethro…depuis des années.