Le lendemain.
Très tôt le lendemain matin, les infirmiers vinrent chercher Tony pour le conduire jusqu'à la salle d'opération.
Gibbs avait obtenu l'autorisation de passer la nuit dans la chambre à ses cotés et il l'accompagna jusque devant l'entrée du service de chirurgie en lui tenant la main. Avant que les portes ne se referment sur le brancard, il déposa un léger baiser sur les lèvres de Tony et lui murmura quelques mots d'encouragement.
Une longue attente commença alors pour l'ex marine qui, au bout de trois heures, se mit à tourner comme un lion en cage, sous l'œil amusé de Ducky qui était venu lui tenir compagnie pendant le déroulement de l'opération.
-Tu vas finir par user le lino, Jethro. Tu devrais arrêter de faire les cent pas, ça ne fera pas remonter Tony plus vite du bloc, remarqua-t-il avec sagesse.
-Ça fait une heure qu'il aurait dû revenir ! s'exclama Gibbs d'une voix légèrement angoissée.
-Ils sont venu nous dire que tout allait bien, que ça prenait juste plus de temps que prévu, le rassura le vieux légiste.
-Pfff, Gibbs se laissa lourdement tomber sur le lit de Tony et se passa une main tremblante dans les cheveux. Je sais, je suis pathétique…mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour lui. Je ne veux pas le perdre, Ducky…je tiens trop à lui pour ça. Je ne pourrai pas supporter de nouveau de perdre quelqu'un que j'aime…
-Tu ne le perdras pas, affirma Ducky avec confiance.
Au même moment, la porte de la chambre s'ouvrit et un infirmier et un médecin entrèrent en poussant le lit où reposait un Tony visiblement encore endormi.
-Comment va-t-il ? demanda immédiatement Gibbs, heureux de voir Tony de retour.
-Il va bien, la rassura le médecin. L'opération s'est parfaitement bien passée.
-Alors, comment se fait-il que ça ait été aussi long ?
-Ça a été une opération très délicate. Nous avons fait tout notre possible afin que monsieur DiNozzo ne garde pas de séquelles et puisse retrouver toute sa mobilité, et ça nous a demandé plus de temps que ce que nous avions initialement prévu. Il va rester inconscient pendant encore un petit moment, je repasserai dans l'après-midi pour faire un premier bilan avec lui.
Le médecin vérifia une dernière fois que la perfusion était correctement placée, ajouta quelques notes sur le dossier et sur le diagramme de Tony, puis il quitta la pièce avec l'infirmier qui l'accompagnait après en avoir salué ses occupants.
-Je vais aller te chercher un café, déclara aussitôt le légiste avant de quitter également la pièce pour laisser quelques instants d'intimité à son ami.
Des qu'il fut seul, Gibbs se pencha vers Tony et déposa un doux baiser sur son front.
-Tu as entendu ? Tout s'est bien passé.
*****
Quand Ducky revint à la chambre avec le café promis et un thé pour lui, il trouva Gibbs assis près du lit et tenant la main de son amant.
-Il ne s'est pas encore réveillé…
-Et il va rester endormi encore un moment. Tiens. Ducky lui tendit un café fumant avant d'aller s'installer sur la chaise de l'autre côté du lit.
.
-Merci.
Au bout d'une heure, Tony commença doucement à montrer des signes de réveil. Gibbs l'encouragea à ouvrir les yeux, ce que le jeune homme parvint finalement à faire au prix d'un grand effort.
-Comment te sens-tu ?
-Vermoulu …
-C'est normal, le rassura Ducky, Tu es encore sous l'effet de l'anesthésie.
Trop épuisé pour continuer à parler, Tony referma presque aussitôt les yeux et se rendormit jusqu'au lendemain matin. Gibbs, une fois de plus, ne quitta pas son chevet d'un pouce.
*****
Quand il se réveilla de nouveau, Tony se sentit de suite beaucoup mieux. Bien sûr, son genou était un peu douloureux, suite à sa récente opération, mais cela n'avait rien à voir avec les souffrances que cela lui provoquait avant.
La première chose qu'il croisa lorsqu'il ouvrit les paupières, fut le regard d'azur de son amant qui le regardait en lui souriant tendrement.
-Tu es resté là toute la nuit ?
-Oui. Je ne t'ai pas quitté d'une semelle. Comment te sens-tu ?
-Un peu nauséeux…
-Tu veux que j'appelle quelqu'un ?
-Non, ça devrait aller. Je suppose que c'est un effet secondaire de l'anesthésie.
-Ok. Je vais te laisser deux petites minutes, il faut que j'aille aux toilettes.
Gibbs l'embrassa et se leva pour aller soulager sa vessie.
Tony essaya de bouger pour se trouver de position confortable, mais en vain. Il se sentait mal et avait des bouffées de chaleur.
-Qu'est ce qu'il t'arrive ? demanda Gibbs en ressortant de la salle de bains
-Je n'arrive pas à trouver une position confortable, soupira Tony.
-Tu veux que je te redresse un peu le lit ?
Tony secoua la tête et ferma les yeux. Il se sentait de plus en plus mal, ses mains devinrent moites, sa respiration saccadée et son corps fut prit de tremblements violents.
-Tony ? L'appela Gibbs avec inquiétude en le secouant légèrement par l'épaule.
Il n'eut aucune réponse, ni aucune réaction, de la part de celui-ci.
Sans perdre de temps, Gibbs appuya sur le bouton d'appel et rapidement une infirmière pénétra dans la chambre pour venir voir ce qu'il se passait.
-Il n'a pas l'air de se sentir bien, l'informa Gibbs dès qu'elle apparut.
Elle s'approcha aussitôt de son patient et lui prit le pouls avant de vérifier ses pupilles.
-Il est en état de manque, diagnostiqua-t-elle aussitôt. Je vais aller chercher son médecin.
Elle sortit de la pièce pour y revenir cinq minutes plus tard accompagnée du médecin de Tony qui prit les choses en mains.
Après l'avoir examiné, il lui injecta un produit directement dans le bras.
-Tout va vite rentrer dans l'ordre, ne vous inquiétez pas, rassura-t-il aussitôt Gibbs qui le fixait d'un regard interrogateur.
Effectivement, quelques minutes plus tard, les tremblements de Tony se calmèrent et sa respiration reprit un rythme normal. Le léger sédatif que venait de lui injecter le médecin le replongea dans un sommeil paisible une fois de plus veillé par Gibbs.
Les jours qui suivirent eurent des hauts et des bas. Tony, en pleine période de sevrage eut de fréquentes crises de manque qui se révélèrent parfois assez violentes. Tout ce temps, Gibbs resta à ses côtés pour lui tenir la main et l'aider jusqu'à ce que la crise soit passée.
Tous les matins, il avait une séance d'une heure avec un psy et, malgré son aversion pour cette branche de la médecine, Tony finit par convenir que ça lui faisait vraiment du bien de se confier à quelqu'un de complètement neutre et objectif
Les deux amants profitèrent des périodes de calme pour discuter longuement et Gibbs parvint finalement à convaincre Tony d'accepter de se rendre à des groupes de discussion lorsqu'il serait enfin autorisé à rentrer à la maison.
