Merci Lily ! Je suis contente de te retrouver sur cette fic ! J'espère que la suite te plaira !


Chapitre 8

POV Danny Messer

J'étais au commissariat, en train de discuter avec Don de notre affaire, lorsque le téléphone sonna. Don décrocha aussitôt.

« Détective Don Flack… »

« … »

« Je travaille avec lui. »

« … »

« C'est exact… »

Je le vis froncer les sourcils. Il attrapa rapidement un bout de papier et un stylo.

« Où pouvons-nous vous recontacter ? »

Il griffonna un numéro à la hâte.

« Très bien. Je préviens le lieutenant Taylor et nous vous rappelons. Merci ! »

Je haussai les sourcils et questionnai Don aussitôt qu'il eut raccroché.

« Qu'est-ce que c'était ? »

« Messer, tu ne vas pas le croire mais on tient peut-être enfin le bout d'une nouvelle piste ! Appelle Mac ! Qu'il prévienne les autres ! On les rejoints au labo ! Le professeur Fernandez, de Harvard, qui vient de m'appeler, a peut-être quelque chose de très intéressant à nous apprendre ! »


POV Don Flack

Une quinzaine de minutes à peine après le coup de fil du professeur, nous nous trouvions, Mac, Kat, Danny, Lindsay et moi-même, réunis au labo pour en savoir plus. Kat alluma le vidéoprojecteur et un homme d'un certain âge, arborant une épaisse barbe blanche mais à l'apparence encore très énergique, apparut à l'écran devant nous. L'élégant costume gris qu'il portait contrastait vivement avec l'âme de baroudeur qui se lisait sur tous les traits de son visage. Lorsque la connexion fut correctement établie, il haussa légèrement les sourcils, sans doute surpris de nous voir aussi nombreux face à lui. A la réflexion, cela pouvait effectivement sembler démesuré, quatre lieutenants de la police scientifique et un détective pour interroger un seul homme, mais à vrai dire nous avions tellement peu d'éléments sur cette affaire que nous nous jetions tous avidement sur la moindre piste nouvelle !

Mac se présenta puis laissa la parole à notre interlocuteur.

« Je suis le Professeur Rodrigo Fernandez. Archéologue et enseignant-chercheur à Harvard, spécialisé dans l'étude des civilisations préhispaniques, et plus particulièrement celle de la culture aztèque. On m'a dit que c'était vous, lieutenant Taylor, qui aviez la charge de l'enquête concernant les deux meurtres récemment commis à New-York, à l'apparence de sacrifices aztèques. »

Mac hocha la tête en fronçant les sourcils.

« Est-ce que vous auriez des informations à nous communiquer à ce sujet ? »

Une grimace se dessina sur le visage du professeur.

« Pas exactement… A vrai dire, il s'agirait plutôt d'une curieuse coïncidence… »

« Expliquez-vous. »

« Voilà… J'ai cru comprendre, par les journaux, que l'arme du crime serait un couteau sacrificiel en obsidienne, en tous points similaires à ceux utilisés par les Aztèques en leur temps. Est-ce exact ? »

Mac acquiesça.

« Sauriez-vous où le meurtrier a pu se procurer cette arme ? »

Le vieil homme opina lentement de la tête.

« C'est fort probable Lieutenant. Voyez-vous, mes collaborateurs et moi-même travaillons depuis plus de six mois à l'étude et à la classification de vestiges aztèques découverts lors d'une fouille dans la région de Toluca, au Mexique. Or parmi ces vestiges se trouvait un couteau en obsidienne tel que celui que vous recherchez. Et ce couteau a mystérieusement disparu, en octobre dernier. »

Kat haussa les sourcils, étonnée.

« Et vous ne l'avez jamais retrouvé ? »

« Croyez bien que nous avons tout fait pour. Cet objet est une pièce de musée, d'une valeur inestimable ! Mais il semblerait qu'il se soit volatilisé… »

« Si je résume la situation, votre voleur et notre meurtrier aux têtes coupées ne seraient qu'une seule et même personne… »

Le professeur jeta un long coup d'œil à Mac avant de hocher la tête, affirmatif.

« C'est ce que je crois, en effet. »

« N'avez-vous aucun soupçon ? Ne voyez-vous pas qui aurait pu dérober le couteau ? »

Fernandez secoua la tête vivement à ma question.

« Le laboratoire de recherche recèle de véritables trésors archéologiques et est, de ce fait, interdit à tout visiteur ! Nous n'étions que cinq à avoir accès au laboratoire et à pouvoir nous approcher du couteau, mes collaborateurs et moi-même ! »

« Pas de personnel de ménage ? »

« Non… Certaines pièces sont particulièrement fragiles, ou bien sensibles à la lumière. D'autres ne doivent même pas rester exposées à l'air libre. Il serait trop risqué de laisser des personnes extérieures manipuler ces objets. Nous sommes soumis à des consignes très strictes et nous occupons nous-mêmes de maintenir le laboratoire en ordre. »

« Les noms de vos collaborateurs ? »

Au ton sans doute un peu brusque de Mac, le professeur se retourna vers lui, l'air indigné.

« Les accuseriez-vous de ce vol ? Oubliez cela lieutenant ! Je ne suis pas venu vous trouver pour que vous suspectiez les personnes qui travaillent avec moi, des personnes que je connais personnellement depuis plusieurs années et en qui j'ai entière confiance, de ce vol et de vos meurtres ! »

« Vous nous excuserez Professeur, mais c'est la procédure. Afin que nous puissions voir clair nous-mêmes dans cette affaire. Nous pouvons vous assurer que ces personnes ne seront pas inquiétées du moment qu'elles n'ont rien à se reprocher. »

Peut-être le professeur avait-il tout de même pris le temps de la réflexion, toujours est-il que les paroles de Kat calmèrent un peu le jeu. Le vieil homme resta un moment songeur avant de nous donner les informations que nous souhaitions.

« Cela fait plus de quinze ans que le professeur Jerry Saw et moi-même travaillons ensemble. Et nous étions depuis quatre ans assistés de Monsieur Kurt Boden et de Mademoiselle Anaïs Baker. »

Ce fut au tour de Kat de froncer les sourcils.

« Vous avez dit étions… N'est-ce plus le cas ? »

« Mademoiselle Baker a quitté Harvard en septembre, à la suite d'un drame familial… »

« Et la cinquième personne ? »

Fernandez se tourna vers moi, une expression de défi dans le regard.

« Myriam n'est que stagiaire et n'a de ce fait pas le droit d'accéder aux pièces archéologiques sans la surveillance de l'un de nous. »

Je ne me laissai pas impressionner et poursuivis…

« Mais elle a accès au laboratoire. Et elle pourrait parfaitement dérober l'une de ces pièces si son intention était mauvaise. Par ailleurs, elle n'est que stagiaire, vous ne la connaissez donc que depuis peu de temps… Alors qui est-elle ? Quel est son nom ? »

« Myriam Fernandez, ma fille ! »


POV Stella Bonasera

Un pas vers l'avant. Les battements rapides de mon cœur résonnaient comme mille tambours dans mon crâne, seul et unique bruit, assourdissant dans ce silence.

Un nouveau pas. Le plancher craqua sous mon pied. Du regard, je parcourus la pièce, plongée dans la pénombre, sans parvenir à distinguer quoi que ce soit. Des formes noires, mais rien de précis.

Un pas, encore. Je retins mon souffle. Là, sur ma gauche, je pouvais maintenant sentir sa présence. Je pivotai lentement sur moi-même, jusqu'à lui faire face. Je vis le canon de son arme, braquée sur moi.

J'inspirai profondément. C'était maintenant que tout allait se jouer. J'avais suivi ce que me dictait mon cœur, mon instinct, mais la moindre erreur dans mes prévisions pouvait m'être fatale. J'avais prévu qu'elle serait là, qu'elle se souviendrait, que rien n'aurait changé… Mais serait-ce seulement le cas ? Il était de toute façon trop tard pour reculer. Alors, lentement, je fis un nouveau pas dans sa direction, puis un second. Je m'arrêtai en sentant posé sur moi un rayon de soleil. Là, dans la lumière, elle me reconnaitrait, je le savais !

J'attendis. Quelques secondes, quelques minutes peut-être… Une éternité à ce qu'il me sembla… Jusqu'à ce que le bras qui tenait l'arme se fît moins assuré et qu'une silhouette émergeât de l'obscurité. Alors je la vis, j'aperçus son visage, sortant de l'ombre, et je pus lire dans son regard qu'elle avait compris. Pourtant elle hésita. Tandis qu'elle allait me rejoindre dans la lumière, elle s'arrêta brusquement. Je fronçai les sourcils. Je pouvais sentir son regard posé sur moi. Elle doutait, elle s'interrogeait. Mais il fallait qu'elle continue ! Je n'avais pas fait tout ce chemin, je n'avais pas tant prié, pour qu'elle se détournât de moi à présent.

Inspirant profondément, je me risquai finalement à rompre le silence.

« Tu ne te souviens pas de moi Thaïs ? »

Un moment, le silence se fit. Mais l'étincelle qui s'alluma alors dans ses yeux me rassura.

« Comment pourrais-je t'avoir oubliée ? Tu n'as pas beaucoup changé Stella… »

Elle sourit et s'avança un peu plus vers moi. Lorsqu'enfin elle sortit de l'obscurité, je souris à mon tour. Elle était là, devant moi, la même qu'auparavant ! Je m'en étais doutée ! Au fond de moi, je l'avais su ! D'un même élan, nous nous jetâmes dans les bras l'une de l'autre. Tant de temps avait passé…