Contente que ça te plaise Manon ! :D
Chapitre 18
POV Mac Taylor
Il nous avait malheureusement fallu plus de temps que je l'avais espéré pour obtenir les mandats nécessaires à la perquisition chez Stevenson. Ce n'est que vers 17h, alors que la nuit commençait déjà à tomber, que je reçus enfin les papiers officiels. Nous nous ruâmes aussitôt chez le procureur et ne fîmes pas dans le détail. Le domestique s'opposa bien un moment à nous laisser rentrer, mais nous lui fîmes rapidement comprendre son erreur s'il persistait à s'interposer.
Le procureur était absent. C'était peut-être mieux ainsi... Accompagné de Danny, j'entrepris de fouiller le premier étage tandis que Flack et Hawkes se chargeaient du rez-de-chaussée et que d'autres policiers jetaient un coup d'œil au jardin. Nous cherchions quelque chose qui aurait pu prouver que le procureur était impliqué dans la disparition de jeunes filles de l'orphelinat Saint-Basile.
Quelque chose, n'importe quoi. Mais nous ne trouvions rien, désespérément rien. Soudain, l'un des policiers qui étaient partis inspecter le jardin revint vers nous en courant.
« Lieutenant Taylor, on a peut-être trouvé quelque chose ! Il y a une trappe derrière la maison, qui conduit à une cave ! »
Sans perdre un instant, nous gagnâmes l'endroit qu'il nous indiquait. La trappe s'ouvrait sur un escalier raide que nous descendîmes prudemment, l'arme à la main. Nous débouchâmes dans une large pièce carrée, à peu près vide, et j'entendis Danny soupirer amèrement. Mais une porte métallique sur le mur qui nous faisait face retint mon attention. Je tentai de l'ouvrir mais elle était solidement verrouillée. Je tirai alors une balle dans la serrure, qui céda aussitôt. Après un coup d'œil à Flack, Danny et Hawkes, j'assenai un violent coup de pied dans la porte. Alors que je venais d'entrer dans la pièce, je restai figé par la scène qui se jouait devant moi…
POV Don Flack
Nous restâmes tous un moment sans bouger, effarés par ce que nous venions de découvrir… Une gamine était recroquevillée dans un coin de la pièce, le visage noyé sous les larmes, bras et jambes couverts de griffures et d'ecchymoses. Elle ne devait pas avoir plus de quinze ans…
Mac rangea aussitôt son arme dans son holster pour éviter de l'effrayer et se dirigea lentement vers elle. Il lui demanda si ça allait, comment elle s'appelait. Il lui parla avec le plus de douceur possible, lui assura qu'elle n'avait rien à craindre de nous, mais ses paroles n'eurent que peu d'effet et elle se débattit violemment lorsqu'il posa une main sur son bras. Il esquiva de justesse un violent coup de poing tandis que la petite se recroquevillait un peu plus sur elle-même… Mac se redressa en retenant un soupir et nous entreprîmes d'observer la pièce. Trois meubles. Un lit, une table, une chaise. Une pâle lumière au plafond. Aucune fenêtre. Je me dirigeai machinalement vers le lit et réprimai un haut-le-cœur en voyant les draps jaunis, couverts de tâches de sperme. Quant aux montants en bois, ils portaient la marque des ongles qu'une dizaine de jeunes filles avaient dû planter dedans cependant que durait leur supplice…
Je déglutis avec peine. Voir ça, s'imaginer ce qu'il avait pu se passer dans cette pièce froide et sombre durant toutes ces années… C'était écœurant.
Sheldon avait tenté d'examiner la fillette. Il revint vers nous avec un air désolé.
« Comment va-t-elle ? »
Le doc secoua la tête.
« Elle est en état de choc… Stell' avait raison. Cette fille a été enlevée et gardée prisonnière ici pendant des mois. Quant à savoir ce qu'elle a réellement dû subir pendant tout ce temps… »
Je désignai le lit à Mac.
« Il vous suffit d'effectuer quelques prélèvements d'ADN sur les draps et vous aurez la preuve de la culpabilité de Stevenson… »
Il hocha la tête.
« C'est bien dans mon intention. J'ai déjà envoyé Danny récupérer les mallettes dans l'Avalanche. Cette ordure va payer ! »
« A propos… Où est-il ? Mac, s'il est coupable, il va sans doute chercher à fuir ! Ca vaudrait peut-être le coup de diffuser son signalement, vous ne croyez pas ? »
Mac fronça les sourcils en se retournant vers moi.
« Je ne pense pas Don… Pourquoi fuirait-il maintenant ? Il n'a pas la moindre idée que nous ayons pu découvrir son secret. Et puis, il serait plutôt homme à se réfugier derrière ses hautes fonctions et à s'acheter les meilleurs avocats pour sa défense... C'est une ordure, mais qui a du pouvoir et de l'argent ! Ce sont ces types-là qui sont les plus durs à mettre sous les verrous malheureusement…Il se pense probablement invulnérable… »
J'acquiesçai en silence. Ce n'était hélas que trop vrai… Nous allions déjà devoir jouer serrer si nous voulions faire coffrer Stevenson à coup sûr. Je réfléchis un moment.
« Et les meurtres ? Mac, Stevenson a enlevé et violé je-ne-sais-combien de gamines ! Son fils était très probablement au courant de tout ça, peut-être même en a-t-il profité ! Et sœur Marie-Thérèse était elle aussi impliquée. C'est elle qui a « vendu » les filles ! Le meurtrier cherche forcément à les faire payer pour ça ! »
« Mais qui ? J'y ai déjà songé Flack, mais qui serait au courant de ça ? Un membre de la maisonnée qui aurait surpris Stevenson ou qui serait dans la confidence et que tout cela répugnait ? Il aurait eu tout intérêt à venir rapporter ce qu'il savait à la police, plutôt que de se laisser prendre par cette folie meurtrière ! Et pourquoi aurait-il tué sœur Marie-Thérèse ? Et Maderos ? »
Danny revint juste à ce moment-là et se lança…
« Euh… J'ai juste une question… Dites-moi si je me trompe mais… Stevenson s'est payé une bonne dizaine de filles en tout, sur une trentaine d'années, c'est bien ça ? »
Mac hocha la tête et Danny poursuivit.
« Que sont-elles devenues ? Je veux dire, rappelez-vous ce que nous a raconté Stella. Toutes les filles qui ont disparu avaient une quinzaine d'années ! Ce salaud doit les aimer jeunes ! Il se complait à les dépuceler, se paye du bon temps avec elles pendant peut-être trois ou quatre ans, mais après elles vieillissent, et il les remplace… Alors que sont devenues celles qui étaient là, avant ? »
Bien vu Messer…
Mac fronça les sourcils.
« Stevenson ne les aura pas tuées. C'est une ordure, mais je le soupçonne aussi d'être lâche. Il savait de toute façon qu'elles n'avaient aucune chance de le faire tomber en l'accusant. Il était trop puissant, elles n'étaient rien face à lui… Il les aura laissé partir. Une fois libres, elles se seront jetées du haut d'un pont, ou bien elles auront tenté de repartir à zéro, quelque part, loin d'ici, là où le souvenir de ce qu'elles ont vécu s'estomperait peut-être un peu… »
« Et l'une d'entre elles aurait un beau jour décidé de se venger ? »
Les autres relevèrent les yeux vers moi. Nous tenions enfin le bon bout. Mac appela aussitôt Lindsay qui était restée au labo et lui donna les noms des filles qui avaient mystérieusement disparu de Saint-Basile au cours des 25 dernières années. Avec un peu de chance, ça nous mènerait directement au meurtrier, ou plutôt à la meurtrière…
Je regardai la pièce autour de moi. La fille avait été conduite à l'hôpital. Son enfer était enfin fini. Hawkes l'avait accompagnée pour s'assurer que tout se passerait bien. Mais il restait un dernier détail à régler…
« Mac, et pour Stevenson ? Que fait-on ? »
« On l'attend sagement ici. Il se croit indétrônable et ne se méfiera pas. Dans quelques heures, il sera sous les verrous. »
Je hochai la tête. Je n'avais pas songé, alors, que le procureur était probablement la prochaine personne sur la liste de notre meurtrière…
On n'était plus qu'à quelques jours de Noël et les premières neiges étaient enfin arrivées, enveloppant la ville qui ne dort jamais de leur épais manteau feutré.
Debout sur la terrasse immaculée, la jeune femme inspira profondément. Elle ferma les yeux. Elle pouvait sentir ses cheveux blonds se parer d'or aux derniers rayons du soleil couchant. Elle pouvait sentir l'astre du jour emplir son cœur de sérénité tandis qu'il disparaissait peu à peu derrière les hautes flèches de Manhattan…
Elle rouvrit lentement les yeux et perdit un instant encore son regard dans la chaude lumière du couchant. Elle inspira une nouvelle bouffée d'air frais en souriant. Malgré le froid, malgré la neige, malgré la nuit tombante, elle pouvait sentir le soleil la couver de ses rayons réconfortants, et elle se sentait bien. Si bien… Enfin en paix... Enfin vivante… Après tout ce qu'il lui avait fallu endurer, elle savait que l'heure était venue de sa délivrance…
TBC...
