For you Lily ;)
Chapitre 23
POV Stella Bonasera
Mes paupières étaient si lourdes… Et mon corps… Je ne sentais plus mon corps… Je ne sentais plus rien… Rien que cette douleur latente qui s'était emparée de chacun de mes membres…
Des sons me parvinrent soudain. Des voix… Elles semblaient nerveuses, agitées…
La curiosité prit le dessus et je m'efforçai d'ouvrir les yeux. Alors, lentement, mes paupières se soulevèrent. Le regard embué, je ne distinguai que vaguement quelques silhouettes s'affairer autour de moi. C'était à peine si j'apercevais leurs contours, perdus dans tout ce blanc.
« Madame Bonasera ? »
C'était moi…
« Lieutenant Bonasera ? Stella ? Est-ce que vous m'entendez ? »
Je tournai lentement la tête dans la direction d'où venait la voix et vis une jeune femme penchée au-dessus de moi. Elle me parlait mais les mots se faisaient désordre dans ma tête. Les bruits qui m'entouraient se transformèrent peu à peu en un bourdonnement assourdissant. Je fermai les yeux. J'aurais voulu porter les mains à mes oreilles pour ne plus avoir à entendre ces babillages incessants mais je n'en eus pas la force.
« Lieutenant Bonasera, vous avez été inconsciente durant plusieurs jours. Il va vous falloir un certain temps avant de recouvrer pleinement vos sens. Il faut que vous dormiez un peu à présent. Nous allons vous donner un somnifère qui vous y aidera. »
Je ne comprenais rien à ce qu'ils me disaient. Je ne voulais pas comprendre. Je ne cherchais même pas à les écouter…
Je rouvris les yeux en sentant qu'on me soulevait légèrement la tête. Je vis un homme s'approcher, un verre d'eau à la main. Il me mit un comprimé dans la bouche et me donna à boire. Lentement, je me sentis repartir. Je fermai les yeux avant de plonger dans un profond sommeil…
POV Danny Messer
Lucy avait fini par s'endormir. Soupirant, je me laissai choir sur le canapé et fermai les yeux.
Il n'était pas bien tard… Les criminels semblaient s'être accordé des vacances depuis le jour de l'an et cela faisait plusieurs soirs déjà que nous pouvions quitter le boulot de bonne heure, sans avoir à passer nos nuits sur une pénible enquête.
Rouvrant les yeux, je jetai un coup d'œil au dehors. Avec la nuit, la neige s'était remise à tomber. Je sentis mon cœur se serrer. J'étais inquiet…
Je posai discrètement mon regard sur Lindsay, assise sur le fauteuil d'à côté. Je n'aurais pas été étonné si elle avait tenu son magazine à l'envers ! Certes elle l'avait en main, mais c'était à peu près tout… Et même si elle faisait de son mieux pour paraître impassible, je voyais très clairement que toute cette histoire la rongeait, encore et encore…
Elle soupira soudain profondément. Dans un geste de rage, elle se leva, jeta violemment son journal sur la table basse en retenant un juron. Puis elle se dirigea vers la chambre sans mot dire et claqua la porte derrière elle.
Je soupirai à mon tour.
Lorsque Stella avait brutalement réapparu, j'avais espéré que la réconciliation vienne d'elle-même mais ça n'avait pas vraiment été le cas… D'abord Stella qui s'était fourrée dans les emmerdes, et puis Linds' qui avait tout bonnement refusé de la voir… Si au moins elles s'étaient parlé ! J'étais certain que ça aurait suffi à arranger les choses ! Mais elles étaient trop bourriques l'une et l'autre pour entendre raison…
Tout ça m'énervait au plus haut point. J'avais tenté une fois encore de parler à Linds', trois jours auparavant… Un lamentable échec… J'avais insisté pour qu'elle aille voir Stell' à l'hôpital, je lui avais rappelé qu'elles étaient tout de même les meilleures amies du monde il n'y avait pas si longtemps de ça ! Je lui avais demandé d'oublier leur différend et Linds' m'avait ri au nez, me menaçant très sérieusement de quitter l'appart' sans délai si jamais je lui parlais à nouveau de tout ça ! Ca faisait trois jours et c'était à peine si nous avions échangé quelques mots depuis. Et Stella qui ne se réveillait toujours pas… Plusieurs fois, Linds' s'était mise à pleurer, brusquement, sans pouvoir se retenir. Je ne parvenais même plus à savoir à présent si c'était la peur que Stell' meure ou sa colère à son égard qui la mettaient dans un état pareil… Ce que je savais en revanche, c'est que j'en avais plus que marre !
Je me levai lentement et gagnai la chambre à mon tour. J'ouvris la porte sans faire de bruit. Aucune lumière n'était allumée. Elle se tenait là, dans le noir, postée devant la fenêtre, les bras croisés, et sa respiration saccadée, ses soupirs trahissaient les larmes qui devaient d'ores et déjà inonder son visage…
J'hésitai. Je ne savais pas trop ce que j'étais sensé faire… J'aurais voulu la prendre dans mes bras, la serrer tout contre moi en lui murmurant quelques mots doux pour la réconforter. J'aurais voulu lui dire que je l'aimais et que cela suffise à ce qu'elle arrête de pleurer. Mais je ne savais plus… Elle réagissait si étrangement, si brutalement ces derniers temps… Je voulais qu'elle y mette un peu du sien ! Je voulais qu'elle vienne d'elle-même vers moi, qu'elle me parle et qu'elle m'explique tout ce qui n'allait pas.
La sonnerie de mon portable m'évita finalement d'avoir à prendre une décision. Je regagnai le salon, attrapai mon téléphone, fronçai les sourcils en voyant le numéro de Mac s'afficher à l'écran.
Mais quelques instants plus tard, c'est l'esprit bien plus libéré que je refaisais irruption dans la chambre en criant…
« Elle est tirée d'affaire ! »
POV Stella Bonasera
Lorsque je me réveillai, j'étais seule dans une chambre d'hôpital, allongée dans un lit aux draps blancs, entourée de quatre murs tout aussi blancs…
Je clignai quelques fois des yeux, tentant de remettre de l'ordre à mes esprits. Trouvant ma position inconfortable, je voulus m'asseoir mais à peine avais-je pris appui sur mon bras que je dus me retenir de hurler. Une douleur insupportable s'élevait depuis ma main, mon épaule et ma poitrine, qui se répandait dans tout mon corps… C'est alors seulement que je remarquai mes bandages. Et tout me revint…
Thaïs… Sur cette terrasse… Elle s'était interposée. Elle m'avait sauvé la vie.
Je la revoyais s'écrouler. Je revoyais son sang s'épandre en une tâche sombre sur la neige immaculée…
Je l'avais prise dans mes bras à l'instant même où elle sombrait dans l'inconscience. Et après ? Je ne pouvais plus me souvenir de rien… Stevenson nous avait tiré dessus, il m'avait blessée, avait atteint Thaïs en voulant achever son travail. Quant à ce qu'il s'était passé ensuite, c'était le trou noir…
La nuit tomba et je ne pus m'empêcher de pousser un profond soupir.
La journée s'était écoulée lentement... Un quart d'heure environ après mon réveil, un médecin était passé me voir, accompagné d'une horde d'infirmières en blouses blanches. Je leur avais fait clairement comprendre que je n'avais aucune envie de discuter. Je ne voulais pas même savoir ce qui m'était arrivé, je m'en foutais. Quelle importance après tout ? Une seule chose comptait pour moi…
« Comment va Thaïs ? Elle était avec moi sur cette terrasse ! Elle a été gravement blessée ! Vous avez dû la soigner ici ! Comment va-t-elle ? »
Combien de fois durant cette journée leur avais-je posé cette même question…
Jamais je n'avais obtenu de réponse.
Le médecin passa une dernière fois dans ma chambre, contrôler mes constantes avant la nuit. Comme il allait quitter la pièce, je le questionnai à nouveau. Il soupira alors franchement, puis me tendit la télécommande du téléviseur d'un air las. Sans bien comprendre, j'attrapai l'objet et portai mon regard sur l'écran. Quoi ? Etait-ce là une réponse ? Il sortit sans rien ajouter et je sentis pourtant mon estomac se nouer en songeant à ce que pouvait bien signifier ce simple geste… Il n'y avait qu'un moyen de le savoir. Alors, sans aucune assurance, je pressai le bouton…
TBC...
