Disclaimer: Tout le monde de Hétalia appartient à Hidekazu Himaruya. Je ne fais que les emprunter pour jouer avec.
Parings: Fruk en second plan.
Genre UA, Family, Aventure
Chapitre 3: Déchirure
Arthur rentra de sa nuit de recherches bredouille. Il avait cherché partout et n'avait rien trouvé. Alfred demeurait invisible. Il avait du se cacher quelque part. Et ne pas sortir quand il l'avait appelé. Au début Arthur avait laissé tomber, et s'était dit que sa colonie reviendrait quand elle aurait faim ou froid, quand elle serait calmée. Et que là il lui expliquerait, il lui expliquerait pourquoi il avait fait ça, il expliquerait à Alfred que son peuple devait être les colons. Et que les indiens ne devaient plus être rien pour lui. Le petit comprendrait, il était intelligent et saurait que c'était pour son bien qu'il avait fait ça.
Sauf qu'Alfred n'était pas réapparu, qu'il n'était pas sortit de sa cachette et n'était pas revenu.
Et Arthur commençait vraiment à s'inquiéter.
Son fils pouvait être n'importe où. Était-il retourné avec une tribu indienne? Non il aimait trop les colons pour les abandonner comme ça. Mais d'un autre côté, s'il était fâché...il pourrait l'avoir fait. Alfred pouvait être n'importe où. Il devait avoir froid, faim et devait peut-être être tout seul.
«Mais où est-il?»
Il avait cherché toute la nuit et n'avait rien trouvé. L'enfant n'avait pu être dans les bois en feu, il n'était pas stupide et serait allé ailleurs n'est-ce pas?
Avait-il franchi la frontière canadienne?
S'immobilisant à cette pensée, Arthur envisagea que son protégé ait pu aller se réfugier chez Francis. Sans doute allait-il se plaindre de lui et peut-être changer d'avis. Peut-être allait-il vouloir rester avec le français cette fois, après ce qui venait de se passer.
A cette pensée, son cœur se serra. Il avait été si heureux quand l'enfant l'avait choisi lui, quand il l'avait appelé Daddy pour la première fois. Il ne laisserait pas cette stupide grenouille lui prendre son bonheur comme ça. Il reprendrait Amérique et lui expliquerait qu'il avait fait ça pour la colonie, pour son bien, parce que ces tribus menaçaient les colons.
Et le petit oublierait, il ne le laisserait plus s'approcher des indigènes, ne le laisserait plus y penser ou aborder le sujet dans la conversation. Il lui ferait oublier ce drame et ferait en sorte que l'enfant considère les colons comme son seul peuple.
Sellant son cheval, il le monta et se dirigea vers la maison de Francis, se préparant à la conversation qui allait suivre.
Il savait d'avance que ça ne serait pas de tout repos. Ce serait une discussion difficile et agitée. Elle pouvait être brève (mais Francis n'allait quand même pas le jeter dehors non?) comme elle pouvait être longue (mais il aurait alors le dernier mot). Mais si son fils était là, il exigerait de le récupérer et ne repartirait pas sans lui.
Si Amérique était bien là, il avait tout raconté à Francis et celui-ci ne manquerait pas de lui faire des remarques. Mais il n'en avait cure. Il savait avoir agit pour le bien de la colonie.
Il finit par arriver face à une maison de pierre et de bois, agréable à vue et à l'écart de la ville. Surement pour ne pas qu'on se pose de questions sur la croissance terriblement lente du petit Canada.
Descendant de cheval, il se dirigea vers la porte et frappa sans attendre. Attendant quelques instants, il essaya de percevoir les bruits à l'intérieur. Mais il n'entendit rien. Finalement les pas se firent entendre et la porte s'ouvrit, le laissant voir Francis.
«Tiens, quelle bonne surprise. Bonjour Arthur.
- J'ai quelque chose à te demander Frog.» coupa l'anglais, certain d'être dans son bon droit. Il ne voulait pas lui faire croire qu'il était venu pour autre chose que ce qu'il voulait «C'est très important.»
Soupirant, le français s'effaça pour le laisser entrer et le conduisit dans la pièce principale. Arthur s'assit dans un fauteuil «Où est Canada?
- Il joue dans sa chambre. De toute façon, tu sais bien qu'il a peur de toi.»
L'anglais grogna quelque chose d'indistinct. Il préférait ne pas répondre à ça. Pour lui la raison était simplement que son rival avait raconté de choses effrayantes à son sujet. C'était pour ça que la petite colonie avait peur de lui.
«Alors qu'avais-tu à me dire?
- Alfred a disparu depuis hier, je l'ai cherché partout mais je ne l'ai trouvé nul part. J'ai pensé qu'il était peut-être venu chez toi.» Il se pencha, attendant la réponse.
Francis ne dit pas un mot immédiatement, que ça soit pour réfuter ou acquiescer. Il servit un verre à son rival et but tranquillement une gorgée du sien. Voyant que l'autre s'agitait, il finit par demander, l'air de rien. «Et pourquoi a-t-il disparu?
- Qu'est-ce que j'en sais moi.» dit Arthur avec mauvaise foi «Il a du se perdre, je lui avait dit de ne pas sortir et il m'a désobéit.
- Es-tu certain que ça ne soit que ça? Ce gamin t'adore, je doute qu'il se soit enfui sans raison comme tu dis.»
Agacé, l'anglais siffla «Qu'est-ce que tu en sais?
- Tu as l'attitude de quelqu'un qui a quelque chose a se reprocher. J'en conclu que tu as fait quelque chose qui a conduit à la fuite d'Alfred.»
Se mordant la lèvre, le plus jeune refusa de dire quoique ce soit immédiatement. Il se sentait étrangement coupable et n'osait pas dire la vérité à Francis. Enfin il pouvait toujours mentir. «La raison est simple. Une tribu a récemment attaqué une de mes villes et a massacré un certain nombre de colons. J'ai mené une expédition punitive et Alfred a surpris la scène et s'est mépris sur la situation. Il a pensé que je faisais ça...sans raison.» Ce mensonge était crédible et Arthur savait qu'il y avait des chances pour qu'il passe.
Francis ne dit rien, faisant tourner son vin dans son verre. Puis il demanda, très calmement «C'est la vérité Arthur?
- Bien entendu.» Affirma le concerné avec mauvaise foi.
Après un temps de silence, l'autre murmura, d'un ton trop calme:«Étrange.
- Comment ça?
- Ce n'est pas la version que m'a raconté Alfred.» Et en disant ces mots, le français avait l'air terriblement sérieux.
«Il est donc ici.» triompha Arthur en se levant «Où est-il?
- Il ne veut pas te voir et, par conséquent, je ne te laisserait pas le voir.
- De quel droit? C'est ma colonie!» s'énerva Arthur, voulant se diriger vers les escaliers, persuadé que son protégé était à l'étage. Mais il ne put aller loin car le plus vieux le saisit fermement par le bras.
Francis, d'un air terrible, asséna «Et tu es sur la mienne à l'heure actuelle.»
Fou de rage, Arthur haussa la voix «Tu vas le regretter si tu...
- Et que vas-tu faire? Je te signale que j'ai des colonies qui sont voisines de les tiennes. Alfred peut parfaitement rester avec moi s'il le souhaite.»
Arthur, déstabilisé, osa répondre «Il m'a choisi moi cette fois-là. Tu n'as aucun droit de...
- Il t'a choisi oui mais tu l'a trahi en massacrant ces indiens. Il ne veut plus te voir, t'entendre. Il a décidé de rester avec moi.»
Le pirate se redressa d'un air terrible et siffla une nouvelle fois «Tu vas le regretter si tu ose le garder Francis.
- Regretter? Tu va me déclarer la guerre et y entrainer les colons pour ça? C'est un peu petit tu ne trouve pas?
- Alfred est ma colonie.
- Il ne se considère plus comme tel. Il sait que tu as des terres sur son territoire mais préfère rester avec moi.»
Incapable de répondre, l'anglais voulut frapper son rival qui arrêta le coup de poing de sa main droite et retint le poignet du plus jeune. «Calme toi Arthur. Tu as provoqué tout ça de ton propre chef.
- Alfred ne sait rien de ce qui s'est passé ni de mes raisons.
- Il n'empêche que tu lui as menti, tu as dissimulé ce que tu faisais. Que veux-tu qu'il croit? La vérité est que tu me ment aussi.»
Plissant les yeux de colère, Arthur ne voulut pas se laisser faire sans lutter «ALFRED! VIENS ICI IMMEDIATEMENT!» Il refusait de partir sans son protégé. Il ne voulait pas se retrouver sans personne, sans son colonie qui l'accueillait toujours avec le sourire, il voulait retrouver celui qui l'appelait papa.
Exaspéré Francis saisit Arthur et le traina jusqu'à la porte. «Je crois que tu n'as pas compris.
- Laisse-moi, je ne partirais pas sans lui.
-Et lui ne veut pas repartir avec toi.» Et sur ces mots, le français ouvrit la porte «Tu ferais mieux de partir Arthur.
- Non. Je...je...
- Tu en as assez fait comme ça.
- Je veux le voir.
- Et lui ne veut pas te voir. Il a dit qu'il te détestait.»
La gorge serrée, Arthur secoua la tête, refusant de croire son rival «Menteur.
- Je n'ai pas besoin de te mentir là-dessus, malheureusement. Peut-être acceptera-t-il de te reparler n jour mais surement pas maintenant.»
Et sur ces mots, la porte se referma.
A Suivre
