Mon rêve s'éveille dans la mort
Chapitre 4 : La haine ou l'oubli
Je me rappelle d'un jour où tu m'as demandé comment je percevais le paradis. Je t'ai simplement répondu que nous étions déjà des Dieux. Si j'avais poursuivi cette conversation, peut-être cela nous aurait-il donné une forme de complicité. Mais je n'ai plus à me voiler la face aujourd'hui. On ne s'entendait pas trop mal, on s'aimait bien même ; comme la majorité des frères, je suppose. Mais il n'y avait pas entre nous de sentiment d'amitié. Nos disputes frôlaient le continuel et nos silences l'indifférence. Je pensais que le temps adoucirait nos humeurs et nos relations, mais il est probable que jamais nous ne nous serions adressé une parole si nous n'avions pas été frères.
Nous n'étions pas près à mourir ensemble, alors nous avons accepté le pacte sans hésiter.
Pourtant, ces quelques jours de liberté dans la forêt sont des moments que j'ai adoré partager avec toi, Luciole. Je me demande souvent quelle vie on aurait eu si les Mibu ne nous avaient pas retrouvé. Quelle aurait été notre relation surtout.
Je m'interroge, mais je n'aime pas imaginé qu'on aurait pu être heureux et devenir des amis. Dans mes nuits solitaires sans ta respiration pour me bercer, je sers l'oreiller entre mes poings et mes dents. Ca me fait trop mal de ressasser le passé, alors je préfère oublier.
Oui, oublier, il me faut oublier, tout oublier.
Aujourd'hui, je suis devenu une 5e planète. Ainsi, j'ai appris quels étaient les 4 autres planètes. Parmi ces noms, il y en a un qui m'est vaguement familier.
Shinreï...
Qui es-tu pour moi ? Me connais-tu ? Me reconnais-tu?
En tout cas, tu n'as pas l'air de souffrir que moi je ne te reconnaisse pas.
Quand j'essaye de me souvenir, il y a un immense brouillard qui me passe dans la tête. Il ne me fait pas mal, mais comment dire ... je suis un peu flemmard et je n'ai pas envie d'éclaircir tout ça.
Voilà que cet idiot se met à me fixer... mais c'est qu'il me prend de haut, l'enfoiré.
Shinreï des 5 planètes, guerrier de clan mibu, tu me hais et moi aussi. Je déteste ce type et ses manières de prétentieux.
Pourtant, malgré ce brouillard je perçois parfois certaine choses.
Un jour que j'essayais de l'étrangler, j'ai cru l'entendre rire. Rire d'un rire d'enfant comme si tout cela n'était qu'un jeu de gamins un peu bagarreurs.
Je déteste ces images, alors je m'efforce de les enterrer au plus profond de ma haine.
Oui les enterrer, il me faut les enterrer, tout enterrer.
Comment peux-tu ne pas te souvenir ?
Aujourd'hui, je ne veux que te haïr.
Il n'y a plus que dans mon sommeil que j'ai des rêves
et mon coeur est plus lourd que jamais à mon réveil.
Je commence à te détester.
