Mon rêve s'éveille dans la mort
Chapitre 5 : Frères ?
L'enfant du démon fut terrassé et c'est Keikoku qui vint le seconder. Il disait vouloir libérer Shinreï de ses chaînes, mais depuis ses rêves de liberté, Shinreï avait appris à les aimer. Il était devenu réellement fidèle aux Mibu et peut-être est-ce pour ça que la traîtrise de Keikoku l'avait touché. A propos de lui, Shinreï n'avait plus aucun doute. Il voulait tuer ce traître et pouvoir ainsi se libérer de ce pacte de sang.
Libéré ?
Mais pourquoi faire puisqu'il estimait que sa vie appartenait aux Mibu et au Roi Rouge ?
Keikoku était à genoux, gorge contre la lame de son bourreau . Celui-ci pouvait le supprimer, mais il pensa ...
Tu es quand même mon frère et tu viens de tout tenter pour me sauver. Keikoku, comment as-tu dit que tu t'appelais ?
Luciole. Ce nom résonna dans l'esprit de Shinreï. Il lui semblait que c'était le surnom par lequel il appelait son frère étant petit. Il l'avait oublié jusqu'à ce que Luciole le lui rappelle involontairement.
Shinreï affronta le démon aux yeux de sang à plusieurs reprises et à chaque fois il fut épargné. Ce démon avait pourtant tué beaucoup de membres du clan mibu, mais pour Shinreï c'était comme s'il savait que la volonté lui manquait. Le roi des Mibu fut tué mais le pacte de sang était sans issue.
Keikoku était le serviteur du démon et il choisit donc de le suivre avec son groupe vers la forêt. Devant les portes qui menaient à l'extérieur, Shinreï s'arrêta et déclara :
« Je vais rester encore un peu dans le pays pour remettre de l'ordre. »
Keikoku soupira et le traita d'imbécile. Son frère ignorait encore quelle décision il prendrait à propos du pacte, mais après ses mots il voulut partir et sans état d'âme condamner son cadet.
« Tu n'as pas à dépendre de qui que ce soit. Tu dois être libre de partir si tu le souhaites.
- Je te le répète. Je reste pour remettre de l'ordre. »
Keikoku soupira à nouveau et dans le même souffle prononça un « merci » presque inaudible.
« Ainsi, tu t'en es souvenu. » Songea Shinreï, qui eu envie d'ironiser sur la situation.
Mais Keikoku se retourna à moitié et les mots n'avaient plus lieu d'êtres.
Pour quelqu'un qui maîtrise le feu, Luciole n'a jamais été très chaleureux. Mais le sourire qu'il lança au maître des eaux réchauffa Shinreï plus que n'importe quelle flamme.
Ils redevinrent frères un bref instant.
Ça y est c'est fini. Tu as quitté ce pays maudit et moi je reste et je t'envie.
Plus que ton apparente liberté, j'aurais souhaité d'être avec mes propres amis.
Ainsi, alors qu'on est d'une certaine manière réconcilié, qu'on s'est retrouvé,
mon cœur se fait lourd car ce n'est pas nouveau que je commence à te détester.
