Un cinquième chapitre écrit juste après deux heures de philo, pour se remonter le moral! Quel plaisir de retrouver son héroïne là on où l'a laissée... Bon, je vous embête pas plus, je vous laisse lire! Et passez faire un tour vers les reviews si vous avez le temps!

believe4ever: merci pour cette review! Pour cette garce de tante, je me suis inspirée d'une prof qui me terrifiait au collège( elle aura quand même eu son utilité!) Ah, ça, Boromir risque d'être surpris... En tout cas, génial ton chapitre 19 (comme toujours!), jtai laissée une petite review... surtout, n'arrête pas!

Karmilla: ne t'en fais pas, je ne suis pas (trop )cruelle, je ne ferai pas trop souffrir Boromir... mais il aura ce qu'il mérite! Merci pour tes reviews, ça m'encourage à continuer... bonne lecture!

Luciole: ravie d'avoir une nouvelle lectrice! je suis contente que ça te plaise, voilà deux autres chapitres ( pour te rendre encore plus accro, qui sait?), j'essaie de poster le plus régulièrement possible... allez, je te laisse avec Hoela, au lieu de blablater!

Chap 5 : Rencontre avec Faramir

Hoela se pencha vers l'eau et la fontaine lui rendit son reflet. Elle se regarda un court instant, et une voix la sortit de sa contemplation « Mais cesse de t'admirer ou tu finiras par tomber dedans ! » Elle releva la tête et croisa les yeux sombres d'Alana. Elle était plus jeune qu'Hoela mais avait déjà un compagnon ; de l'avis de tous, elle était un peu naïve et peu méfiante de nature ; elle parlait donc à « la fille de l'enchanteresse » sans retenue, convaincue qu'elle devait se montrer bonne et vertueuse avec tous mais ses propos étaient teintés de pitié. Hoela eut un sourire forcé, et plongea sa jarre dans l'eau. Alors qu'elle se relevait, courbée sous son poids, une autre voix l'apostropha :

« - Dis-nous, Hoela, combien de temps encore avant ton union ?

-Un mois », répliqua la jeune femme, s'efforçant de donner un ton neutre à ses paroles.

Elle détestait venir chercher l'eau ; la fontaine était le lieu de tous les commérages où toutes les femmes se retrouvaient pour partager leurs ragots. Elle s'attendait à subir un interrogatoire en règle, mais un autre sujet semblait plus les intéresser. Elle tendit l'oreille.

« - … et les hommes du Sud attaquent les nôtres !

-Sont-ils arrivés en Gondor ?

-Pas encore, et le seigneur Dénéthor fera tout pour que cela n'arrive point ! affirma une voix tremblante, peu assurée.

-Mais j'ai ouïe dire qu'Osgiliath courrait un grand danger !

-Oh, nous n'avons pas d'inquiétude à avoir ! L'Intendant a chargé le capitaine Faramir de défendre cette ville en cas d'attaque ! » acheva d'un ton ferme une jeune femme, qui semblait essayer de se convaincre elle-même de la véracité de ses paroles.

L'angoisse perçait néanmoins sous les propos. Hoela commença à rentrer chez elle. Tous ces signes… ce ciel noir à l'est… les Hommes du Sud… et elle sentait la confiance en Dénéthor s'affaiblir . « Les gens s'en remettront à Boromir », pensa-t-elle. « Sans son fils, qui sait quelle crédibilité il aurait ? » Les gens parlaient du fils avec un grand respect et même de l'affection. L'Intendant, à présent, était surtout craint.

Mais pourquoi s'en préoccupait-elle ? Dans moins d'un mois, elle serait loin ! Elle avait fixé son départ en fonction de la lune… lorsque l'astre n'illuminerait pas le ciel, elle partirait. L'ombre devait être complète pour faciliter sa disparition. Elle était consciente que son plan était risqué ; elle n'aurait que la lueur des étoiles pour la guider mais elle faisait confiance à Elberth

Elle grimaça et posa la jarre au sol pour soulager ses bras un instant. Les rues étaient vides en cette heure matinale ; il était encore tôt mais le soleil dardait déjà ses rayons sur les pierres blanches ; la journée serait chaude. Elle se baissa pour ramasser son fardeau. « Puis-je vous aider ? » Elle sursauta et manqua de renverser une partie de l'eau. La proposition, faite timidement, venait d'un jeune homme. Grand, mince, les yeux bleus, un visage fin. Le cadet de Dénéthor se tenait devant la jolie brune qu'il n'avait pu oublier. Il rougissait ; c'était la première fois, après avoir saisi toutes les occasions qui se présentaient à lui pour ne serait-ce que l'apercevoir qu'il osait lui parler. Hoela hocha la tête et lui tendit la jarre. Si n'importe quel autre lui avait proposé son aide, elle l'aurait refusée sans remords. Mais il lui inspirait confiance sans qu'elle sache pourquoi.

Elle savait en revanche que contrairement à son frère, qui en vrai fils de Dénéthor était un vrai guerrier, il préférait l'étude et les arts. Il paraissait effacé , mais la jeune femme devinait en lui une autre forme de courage ; peut-être celui de ne pas obéir aveuglément aux moindres désirs de son père. Ils parvinrent rapidement à la maison de sa tante, sans échanger un seul mot. Elle reprit le récipient et se tourna vers lui avec son plus beau sourire :

« - Je vous remercie. Si je peux faire quelque chose pour vous…

-Et bien… c'est-à-dire… que… bafouilla-t-il. Je me demandais… si vous pouviez passer un moment avec moi, cet après-midi. En tout bien, tout honneur, bien sûr ! Si vous ne pouvez pas… tant pis !

-Je viendrai. Je trouverai un moyen de filer. Où ?

-Il n'y a aucune audience aujourd'hui, mon père et Boromir sont absents, ils se sont rendus en Rohan, alors… devant l'arbre blanc ?

-Je serai là. »

Il lui adressa un charmant sourire et partit. Hoela eut toutes les peines du monde à échapper à ses corvées mais sous le fallacieux prétexte de rendre une visite à sa future belle-mère, elle réussit à sortir, en remerciant le Ciel que son cousin ne fut pas là ; elle avait beau l'éviter, il était toujours derrière elle, fidèle comme son ombre, prêt à la piéger.

Faramir était déjà présent, debout, regardant l'arbre sans feuilles ni fleurs. Hoela s'approcha de lui.

« - Il refleurira le jour ou le roi reviendra, murmura-t-elle.

-Vous croyez qu'il reviendra ?

- Peut-être.

-Merci d'être venue.

-Je vous en prie »

La culpabilité la rongeait. Elle n'avait pas accepté sans arrière pensée. Les écuries étaient proches et elle comptait bien qu'il l'y emmène. Elle le lui demanda avec douceur et il accepta tout de suite, buvant ses paroles. Il lui présenta la plupart des chevaux présents ; elle écoutait d'une oreille et pour dire quelque chose :

«-Vous n'êtes pas parti avec votre frère ?

-Non, répondit-il en se renfrognant. Mon père a jugé…préférable que je ne sois pas présent. »

La tristesse creusait ses traits, et ses yeux s'étaient voilés.

« - Pardon, chuchota Hoela, honteuse.

-Ce n'est pas grave. Vous savez Boromir est quelqu'un de très doué et compétent pour ce genre de choses. »

Ils sortirent sous la chaleur écrasante. Faramir lui jeta alors un coup d'œil téméraire. Elle haussa les sourcils. Que voulait-il ?

« - Vous ne vous unirez pas à lui n'est-ce pas ?

-De qui parlez vous ?rit-elle.

-De votre futur compagnon.

-Mais qui vous dit que…

-Vous allez partir. »

Elle stoppa ses pas et le fixa de ses grands yeux clairs. Il était plus assuré maintenant, comme s'il venait de découvrir quelque chose.

« - Mais comment…

-Je l'ai vu.

-Vous l'avez vu ! Je ne comprends pas.

-Il n'y a rien à comprendre. Ne croyez-vous pas aux visions ?

-Si. Qu'avez-vous vu ? dit-elle doucement.

-Je vous ai vue quitter la Cité, avec une monture. Vous n'êtes pas venue pour moi. »

Le ton était amer mais sans reproches. Il prit une des mains blanches dans les siennes.

« - Personne d'autre que moi ne le saura, je vous en fait le serment. Si je pouvais faire comme vous… je le ferai, croyez le. » Il posa un baiser sur la main et fit demi-tour. Elle le regarda s'éloigner et rentra chez elle le cœur lourd. Elle percevait ce qu'il ressentait. Mal-aimé et rejeté ? C'était ce qu'elle avait subi ces dernières années mais elle était néanmoins plus chanceuse que lui ; les gens qui refusaient de lui accorder leur confiance et leur amour étaient des inconnus ; lui, c'était son père.

Ce soir-là, elle fit une prière silencieuse à Elbereth, plus brillante que jamais en cette claire nuit d'été et lui demanda de protéger Faramir, la seule personne qui en sept ans l'avait considéré comme son égal…