Voilà, le chapitre 10, sans nul doute le plus difficile que j'aie eu à écrire! D'abord parce que la scène du Conseil est une étape charnière; à partir de là, tout s'enchaîne. Elle est importante et je ne voulais pas la moindre erreur. Ensuite, parce que, cruel dilemme, je ne savais si j'allais utiliser le livre ou le film pour la conter. le plus facile aurait été le film mais on ne doit jamais céder à la facilité... le chapitre du livre est quand meme extrêmement long et complexe, trop pour que je puisse tout reporter. Alors, petit mélange des deux. La première partie est tirée du livre, et la seconde, la mise en place de la Communauté, du film car j'ai trouvé que la scène avait été bien rendue. Que tous les puristes me pardonnent! Et ne soyez pas trop furieux contre moi si vous trouvez des fautes... j'ai corrigé tout ça à 11h du soir!Enfin, j'espère que ce ne sera pas trop ennuyeux et ai-je encore besoin de vous le répéter... reviews s'il vous plaît!

karmilla: j'ai ADORE ce que tu m'as envoyé, j'étais écroulée de rire devant mon écran! je ne sais pas qui a trouvé ça, mais ça tient du génie et c'est bien trouvé! Alors merci, merci, merci, d'avoir éclairé ma triste vie de lycéenne par cet intermède... et merci pour ta review. je te souhaite bien du courage avec ta prof ( conseil: serre les dents et pense à quelque chose d'agréable) et dis-toi qu'une voix de crécelle, ça peut être sympa... gros bisous.

believe4ever: et oui, les choses sérieuses commencent! même si le chapitre était délicat, j'ai pris plaisir à imaginer tous les membres de la Communauté au Conseil d'Elrond... limite la petite larme à l'oeil! Enfin, j'attends toujours ton chapitre avec impatience ( je suis au taquet!). Bisous et bonne lecture.

luciole: merci, tant de compliments! bientôt j'aurai les chevilles tellemnt enflées que je ne pourrai plus mettre mes baskets! Non, je rigole, continue de reviewer ( ça se dit!), ça me fait bôcoup plaisir! Là aussi, un seul chapitre mais trèèèèèèèèès long ( à mes yeux du moins!). les fautes d'orthographe ne me choquent pas du tout et ce qui compte c'est ce que tu dis pas la façon dont tu l'écris. Enormes bisouset merci encore.

sam: non, je résisterai à la torture, je ne parlerai pas, jamais, jamais, jamais. Et je te ferai dire qu'on va finir se se faire griller si on fait ça; on doit s'en tenir aux batailles navales, boulette! Même si résister au fou rire en présence de Riri, c'est mission impossible ( surtout quand il s'effleure le cou sensuellement!). Allez, adopte la zen attitude " Oui, heu, votre kaaaaarma..."

Chap 10 : le Conseil

Le temps s'écoula, semblant s'étirer indéfiniment. Hoela cessa de compter les jours qui la séparaient de sa rencontre avec le Pèlerin Gris ; elle n'en n'avait plus le courage, ils devenaient trop nombreux. Elle employait toutes ses forces à découvrir « les pouvoirs qu'elle avait en elle ». En vain. Elle avait beau murmurer des prières, des incantations, mobiliser tout son esprit, elle ne parvenait à rien.

Un soir, agacée de voir ses tentatives échouer, elle donna un grand coup de pied dans une coupe d'argent, remplie d'eau, posée au sol. La coupe tomba à grand bruit sur les dalles de la petite terrasse où elle aimait se réfugier. Le liquide se répandit, et chaque goutte capta les rayons du Soleil, donnant à la mare une couleur d'arc en ciel. Elle se serait sans doute laissée aller à hurler de rage et de frustration si la coupe n'avait roulé jusqu'aux pieds d'Elrond. Il observait depuis un moment la jeune femme ; il se baissa, ramassa l'objet en argent et s'approcha d'Hoela. Celle-ci, rougissante, était prête à faire ses excuses mais il l'interrompit :

« - Nul besoin de pardon. Je peux comprendre.

-Je ne sais plus quoi faire, soupira la jeune femme. Mithrandir s'est trompé.

-Il n'a pas fait d'erreur. Mais vous négligez une part trop importante de votre être pour parvenir à quoi que ce soit.

-Je n'ai rien négligé ! J'ai essayé tout ce que je pouvais… et rien ne marche ! Que faut-il de plus ? » s'énerva-t-elle.

L'Elfe ne répondit rien. Il posa la coupe sur une table de pierre grise et ses mains prirent celles d'Hoela.

« - Cherchez plus loin encore. Nulle connaissance, nulle étude, nul sentiment, nulle ardeur… ne pourront être aussi fort que vos souvenirs.

-Mes souvenirs ? Ils ne sont pas heureux.

-Je ne parle pas de vos souvenirs en Gondor. Je vous parle… d'avant.

-Je n'en n'ai pas, le coupa-t-elle. Je ne me rappelle de rien.

-Non. Vous ne voulez vous rappeler de rien. Ce n'est pas la même chose. Personne ne pourra vous aider. Il n'appartient qu'à vous de décider. »

Il partit, la laissant droite dans un halo de lumière de fin de journée. Elle s'assit à terre, en tailleur et elle ferma les yeux. Se souvenir ? A quoi bon ? Pour pleurer une époque de bonheur révolu ? Mais… elle en était capable. Et s'il n'y avait que cela pour réussir… elle en prendrait le risque. Les derniers rayons de l'astre effleuraient son visage, la nimbant d'une lueur orangée, lorsque les premières images de ses jeunes années apparurent dans son esprit. Les doigts se resserraient, la mâchoire se crispait, tous les muscles étaient tendus à l'extrême mais elle ne renonça pas. Les étoiles parsemaient depuis longtemps la voûte céleste quand elle mit fin à cet exercice.

Les mois passèrent. Ses joues, ses lèvres avaient continuellement un goût salé tant les larmes ne s'arrêtaient point de couler. Une fatigue immense la minait, et elle se sentait décliner. Mais des changements s'étaient produits ; les arbres qui chuchotaient sur son passage une langue qu'elle comprenait ; un simple effleurement de ses doigts fins redonnait vie aux fleurs qui se mouraient ; et les flammes qui grondaient dans la cheminée qu'elle pouvait éteindre d'un seul mouvement de main ! Elle ne comprenait toujours pas quelle utilité cela pourrait avoir, mais elle l'accomplissait tout de même. Elle avait confiance en Gandalf.

Néanmoins, certaines choses commencèrent à la détourner de ses exercices. Des étrangers arrivaient chaque jour, de toutes les contrées de la Terre du Milieu. Elle croisa des Nains, créatures dont les Elfes se méfiaient beaucoup ; des Hommes dont elle se cacha. Elle se doutait qu'il s'agissait du Conseil qu'Elrond devait tenir. Un soir, trois coups discrets furent frappés à sa porte. Elle ouvrit.

« Gandalf ! Vous êtes enfin de retour ! » Elle s'effaça pour que le vieillard puisse entrer. Il se mit juste devant la fenêtre et, après un moment de silence :

« - Je suis navré de ne pas avoir été là plus tôt.

-Où étiez vous ? Même le Seigneur Elrond était inquiet !

-Pour l'instant, je ne puis rien…

-Me dire, oui, je sais ! Décidément… je suis condamnée à attendre que l'on veuille bien m'informer ! rit-elle. Le Conseil… se tiendra-t-il bientôt ?

-Nous n'attendons plus la venue que de quelques personnes… des Hommes, et des Hobbits.

-Des Hobbits ? Je me demande comment ils pourraient avoir la moindre chance de parvenir ici.

-Ils ne sont pas seuls. Aragorn les accompagne.

-Qui est-ce ? interrogea-t-elle, avec une moue dubitative.

-Vous le saurez vite. Je vais me retirer. Si vous désirez vous entretenir avec moi, vous me trouverez dans l'aile nord. Bonne nuit.

-Quoi ? Déjà ? Mais je…très bien, comme vous voudrez. Dormez en paix. »

Le lendemain fut long. Elle tournait en rond dans sa chambre. Ce fut le fracas de sabots martelant le sol qui la firent réagir. Et par la fenêtre, elle aperçut Glorfindel. Il descendit de cheval, avec dans les bras ce qui aurait pu être un petit garçon. Elrond s'approcha d'eux et ils rentrèrent précipitamment. Elle partit en quête de nouvelles ; Gandalf, croisé dans un couloir, lui apporta des réponses, en lui apprenant qu'il s'agissait de Frodon, qui avait gardé l'Anneau et qui était mal en point même si tout danger était écarté pour sa blessure. Elle le rencontra peu après, alors que le mois d'octobre se mourrait. Il discutait avec ses amis ; ils se présentèrent à la jeune femme qui accepta de leur faire visiter la demeure. Ils la remercièrent chaleureusement .Ils ne surent définir à quelle race elle appartenait. Son langage était celui des Hommes ; elle ressemblait aux Elfes mais avec quelque chose de plus brut, de plus dur ; une force était tapie en elle, qu'on pouvait presque palper. Quant à Hoela, elle se surprit à regretter de ne pas avoir connu de Semi Hommes auparavant et se jura de se rendre un jour en leur pays.

La veille du Conseil, elle eut du mal à trouver le sommeil ; trop de questions …Elle quitta son lit au petit matin, alors que le ciel commençait à se teinter de rose tendre et qu'un disque orange montait doucement de l'horizon.

Elle sortit, pieds nus, vêtue d'une simple robe grise elfique, les cheveux dénoués, profusion de boucles brunes au creux des reins. Ses pas ne faisaient aucun bruit et elle se mouvait avec grâce, fine silhouette gracile. Elle se pencha dans une vasque de pierre ; son reflet tremblait légèrement, ridé par les mouvements de l'eau. Elle n'entendit personne s'approcher, maisdans le miroir liquide,un autre visage se distingua. Elle poussa un cri de frayeur et fit volte-face.

La foudre serait tombée à ses pieds qu'elle n'aurait pas été plus pétrifiée. Ses yeux clairs étaient agrandis par la surprise et une brusque rougeur lui était montée aux joues. Elle ouvrit la bouche, la referma, comme si sa voix refusait de sortir. Puis, d'un ton enroué :

« - Ce n'est pas possible ! Mais que faites vous là ?

-Je pourrai vous retourner la question ! répliqua Boromir, animé d'un sourire malicieux, sans aucune surprise. Je ne suis arrivéque ce matin,mais on m'a appris que je trouverai une jeune femme de mon pays en ce lieu. Vous êtes matinale, je ne pensais pas vous voir aussi tôt. »

Hoela ne répondit rien. La dernière fois qu'elle l'avait eu en face d'elle, deux années auparavant, ç'avait été pour le gifler. Elle ne savait quel comportement adopter. Elle se mordit les lèvres.

« - Je… je…

-Vous ?

-Je ne pensais pas vous revoir un jour !

-Déçue ?

-Oui. Pourquoi n'êtes vous pas resté… là-bas ? rétorqua-t-elle.

-Le Conseil d'Elrond concerne tous les peuples de la Terre du Milieu. Je me devais d'y être présent. Votre départ a causé un grand émoi, glissa-t-il en changeant de sujet.

-J'en suis navrée, répondit-elle ironiquement.

-Je ne sais qui, de votre tante déshonorée, de votre cousin humilié, de votre futur compagnon bafoué ou de mon père en colère de s'être fait voler un de ses plus beaux chevaux, était le plus furieux contre vous.

-Cela mériterait réflexion. Vous devriez vous atteler à la tâche. Et pour votre gouverne, sachez que je n'ai pas dérobé ce cheval ; on me l'a donné.

-Qui ?

-Cela ne vous regarde absolument pas. Bien, dit-elle, essayant de reprendre contenance, j'imagine que nous nous verrons au Conseil. Jusque là, soyez gentil : évitez moi.

-Qu'il en soit selon vos désirs.»

Il ne bougea pas. Elle aurait du s'esquiver mais ne put s'empêcher de le scruter. Toujours aussi grand, aussi noble ; les mêmes cheveux bruns ; mais dans les yeux gris-bleu, une nouvelle ombre s'était insinuée. La tunique frappée de l'arbre du Gondor lui rappela le drapeau qui flottait sur la Cité Blanche. Sa gorge se serra. Elle prit la fuite, en le bousculant au passage.

Elle n'avait aucune envie de participer au Conseil maintenant qu'elle savait qui s'y trouvait, mais Elrond avait exigé sa présence. Quelques heures s'égrenèrent ; le son d'une cloche la ramena sur terre. C'était le signal. Elle se dirigea vers le porche où devait se tenir l'assemblée. De nombreuses personnes étaient déjà là ; la jeune femme prit place aux côtés du Maître d'Imladris qui lui avait désigné un siège. Elle vit Glorfindel, des Nains, des Hommes qu'elle n'avait jamais aperçu, des Elfes étrangers à Fondcombe et Boromir, bien sûr, qui lui adressa un sourire discret auquel elle répondit par un sévère froncement de sourcils. Un Homme attira son regard ; les traits marqués par une grande fatigue, les yeux clairs et les cheveux sombres, il dégageait une aura de puissance. Tous les visages étaient graves et toutes les têtes se tournèrent à l'entrée de Gandalf et de deux petits êtres. Hoela reconnut Frodon.Mithrandir et Bilbon sur ses talons, il semblait intimidé. Elrond le prit par l'épaule, le fit asseoir et le présenta à la ronde

« Voici, mes amis, le Hobbit, Frodon fils de Drogon. Peu de gens sont venus jusqu'ici au prix de périls plus grands et pour une mission plus urgente. » Puis il désigna et nomma tous les autres présents de l'assemblée. Hoela en profita pour attraper des noms au passage : un nain Gloïn, et son fils Gimli ; un elfe étrange, vêtu de brun et de vert, Legolas, messager de son père Thranduil, le roi des Elfes de la Forêt Noire du Nord. Puis, le fils de l'Intendant du Gondor. Elle écouta sans beaucoup d'intérêt les récits qui se tinrent ; elle en connaissait la plupart, par les ouvrages, ou par les réunions autour du feu le soir, auxquelles elle assistait depuis peu. En revanche, elle fut plus attentive aux dires d'Elrond à propos de l'Anneau, des Hommes de Numenor, de la chute de la dynastie, et la malédiction qu'Isildur jeta sur ses descendants en ne détruisant pas l'Unique. Il parvint à l'histoire du Royaume du Sud, d' Osgiliath, de Minas Tirith et du pouvoir qui s'affaiblissait. Là-dessus, Boromir se leva, et d'une voix ferme :

« Permettez-moi, maître Elrond, d'en dire davantage sur le Gondor, car, en vérité, c'est du pays de Gondor que je viens. Et il serait bon que tous sachent ce qui s'y passe. Car peu nombreux, je crois, sont ceux qui connaissent nos actions et qui, par conséquent, peuvent deviner le péril où ils seront au cas où nous échouerions en fin de compte ». Et il évoqua toutes les difficultés que le peuple du Sud avait dû affronter. Hoela blêmit lorsqu'il décrivit leur bataille pour le pont d'Osgiliath et la survie de seulement quatre soldats, dont son frère et lui. Et son attention redoubla, quand il parla du songe de Faramir que lui-même avait fait et de cette voix claire et lointaine qui annonçait :

« -Cherche l'épée qui fut brisée :

A Imladris elle se trouve ;

Des conseils seront pris

Plus forts que les charmes de Morgul.

Un signe sera montré

Que le Destin est proche,

Car le Fléau d'Isildur se réveillera.

Et le Semi-Homme se dressera.

-Et ici, dans la maison d'Elrond, davantage de clartés vont seront fournies, dit l'Homme qui avait été désigné sous le nom d'Aragorn, en jetant une épée sur la table devant Elrond, et la lame était en deux morceaux.

-Qui êtes-vous, et quel rapport avez-vous avec Minas Tirith ? demanda sèchement Boromir avec étonnement.

-C'est Aragorn, fils d'Arathorn, répliqua Elrond, et il descend par maints ancêtres d'Isildur, le fils d'Elendil de Minas Ithil. Il est le chef des Dunedains dans le Nord, et peu nombreux sont les descendants de cette lignée .

-Produisez l'Anneau Frodon, ordonna Gandalf solennellement. Le moment est venu. »

La jeune femme regardaleHobbit.Son expression était figée ; il porta une main tremblante à sa poche, ses yeux bleus cillèrent un instant et il montra le fin anneau d'or, provoquant des murmures. Hoela retint son souffle ; de nombreuses voix s'entrecroisèrent, chacun racontant ce qu'il avait à raconter. Aragorn et sa condition, Bilbon et la découverte de l'Anneau, Legolas et la fuite de la créature Gollum, Gandalf et son emprisonnement. Elle ne décrocha pas et chaque parole trouva un recoin de son esprit pour s'y nicher. Et son cœur s'alourdit à la phrase d'Elrond, péremptoire et qui plongea l'assistance dans un grand silence « Il faut envoyer l'Anneau au Feu, au cœur de la Montagne du Destin ». A partir de là, ce fut une immense cacophonie ; Hoelane parvint à capter une seule parole sensée ; tout le monde parlait avec animation, tous étaient debouts. Elle ne cessait d'observer Frodon ; alors que les voix retombaient, elle vit la peur passer sur son visage, l'abattement et la détermination. Et, se mettant sur ses deux jambes, fermement : « J'emporterai l'Anneau. Encore que je n'en connaisse pas le moyen. » . Gandalf se tourna vers lui. « Je vous aiderai à porter ce fardeau, Frodon Sacquet, aussi longtemps que vous aurez à le porter. » Et il se plaça derrière le Hobbit. Aragorn vint devant lui.

«- Si par ma vie ou ma mort, je peux vous protéger, je le ferai. Mon épée est vôtre, affirma-t-il en s'agenouillant.

-Et mon arc est vôtre, ajouta Legolas.

-Et ma hache, » dit Gimli.

Hoela crut voir une ombre de contrariété passer sur le visage de l'Elfe mais qui fut fugitive. Boromir s'avançait déjà. « Vous avez notre destin à tous entre les mains, petit homme. Et si telle est la volonté du Conseil, le Gondor se joindra à vous ». Et il rejoignit les autres, derrière Frodon. Une voix flûtée retentit soudain et un autre Hobbit apparut, sortit de quelque fourré où il se dissimulait « Hé ! » Il courut, et auprès de Frodon, croisa les bras d'un air décidé « Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi ! ». La jeune femme le contempla, cherchant son nom. Pippin, Merry, et … Sam ! Elle admira sa loyauté. Elrond n'hésita pas à le réprimander gentiment « Non, en effet. Il n'est guère possible de vous séparer et cela même lorsqu'il est convoqué à un Conseil secret et vous non ». Pippin et Merry arrivèrent en courant, ayant sans doute pris ces dires pour des encouragements. « Nous venons aussi ! Il faudrait nous renvoyer attachés dans un sac pour nous en empêcher ! » L'un d'eux s'embrouilla dans ses explications… les rendant un peu moins plausibles.

Hoela n'hésita pas un instant ; elle savait que si elle réfléchissait, elle abandonnerait. Elle se leva à son tour et d'un ton qu'elle espérait sans réplique : « Vous aurez besoin de toutes les bonnes volontés et de toute l'aide possible pour réussir votre quête. Je partirai avec vous ». Gandalf eut un hochement de tête approbateur, soulagé de ne pas avoir eu à demander à la jeune femme de les accompagner. Un seul gardait un air réprobateur et abruptement :

« - Il en hors de question !

-Boromir, le jour où vous aurez le droit de me dire ce que je dois faire ou non, vous pourrez me donner des ordres ! En attendant, ce que je fais ne vous concerne aucunement !

-Je…

-Je ne veux pas savoir ce que vous avez comme argument ! La seule personne qui dirige ma vie, c'est moi et personne d'autre ! »

Ils se fusillèrent mutuellement du regard, sans remarquer les sourires amusés que provoquait leur dispute. Elrond leur fit face.

«- Dix Compagnons… qu'il en soit ainsi. Vous formerez la Communauté de l'Anneau.

-Chouette ! Où est ce qu'on va ? » demanda Pippin.

Si la question consterna les autres, elle fit tomber la tension et le rire aussi clair et aussi cristallin que l'eau de roche d'Hoela clôt le Conseil.