Et un chapitre de plus! je vous préviens, il n'y a pas beaucoup d'action dans celui-là. Mais il me paraissait important, surtout pour en apprendre un peu plus sur la mère d'Hoela.
Au fait, j'ai bien vu que le choix de mon héroïne avait déçu pas mal de vous ( sauf karmilla, mais bon, là, c'était sûr!). Je ne veux rien vous dire de plus, mais souvenez vous de cette qualité qu'ont les Elfes: ils sont persévérants.
Sinon, que vous dire de plus? Ah oui, merci pour vos reviews, qui me font toujours autant plaisir, et qui m'encouragent à continuer. Sympa de ne pas oublier le petit bouton en bas à gauche, qui le pauvre, attend toute la journée qu'on daigne l'utiliser...Bonne lecture!
believe4ever: merci pour un chapitre qu'il m'a été difficile à écrire, mais pour lequel j'ai pris beaucoup de plaisir! Je ne t'en veux pas de radoter, vu que moi... c'est pareil, je persiste et signe, ta fanfiction est trop bien. A quand la suite? Je suis sur des charbons ardents, moi... mais que lui arrive-t-il? Je souffre, tu sais, lol! Bisous et à bientôt sur ta fiction.
luciole: pôvre legolas! Moi, tu peux être sûre que je ne lui dirai pas non... Enfin, heureusement que je ne perds pas une lectrice, ouf! Je te recommande de bien lire ce que j'ai écrit au dessus, à propos d'une certaine qualité que les Elfes possèdent. Pour ma prof de philo, elle s'est rétablie plus vite que prévue, c'était qu'un petit coup de déprime... dommage!
karmilla: Roméo et Juliette, Tristan et Yseult... comme si l'amour se devait d'être malheureux! Mais je ne penche pas pour le suicide, donc, pas d'inquiétude( tout du moins pour un double suicide!). Et je me sens moins seule de savoir que je ne suis pas la seule à regarder les scènes les plus tristes au moins une fois par mois... ben oui, je me retrouve les larmes aux yeux, devant mon écran de télé, avec ma mère qui me répète que je suis complètement folle( aucune sensibilité!)... On doit être maso!
jylly brandebouc: toi aussi, plutôt pour Legolas? Mais c'est que le blondinet fait des ravages parmi la gent féminine! ( ce que je peux très bien comprendre, parce qu'il n'y a rien à jeter chez lui!) En tout cas, merci de t'intéresser à mon histoire, ça me fait trrrrrrèèès plaisir!
little angel anariel: contente que tu ais aimé le chapitre! Je comprends ta décision de rester avec les Elfes, ils ont tous des personnalités différentes et complexes,donc intéressantes. D'après une de mes amies, moi aussi, je serai plutôt elfe, à cause... de mes oreilles pointues! En tout cas, je le répète,super pseudo. Anariel, ça a une signification particulière? Bisous.
woodinounet et buuuuuuulette, une seule et même personne:quel miracle, je suis encore vivante! Tu n'as pas eu le courage de mettre fin à mes jours, pas vrai? Et tu me pardonneras, connaissant mon grand pouvoir de visualisation, devine qui j'aurai vu à la place de sam, si elle avait ù( comme tu dis toi-même! appelle les choses par leur nom!);c 'est pas que je ne t'aime pas, mais bon, il y a des limites! Hoela avait le visage qu'elle là, petite perverse! de toute façon, de quoi tu te plains, je t'ai pas laissé le plus moche! le pauvre, tu le débaucherais! En tout cas, vivement que je rêve de nos cours d'entraînement en terre du milieu...
Chap 16 ; L'Adieu à la Lorien
Quelques jours plus tard, ils furent convoqués par Celeborn.
« Le moment est venu, dit-il, où ceux qui poursuivent la Quête doivent endurcir leur cœur pour quitter ce pays. Ceux qui ne veulent pas aller plus loin peuvent rester quelque temps ici. Mais qu'il demeure ou qu'il parte, nul ne peut être assuré de la paix. Car nous sommes arrivés maintenant au bord du destin. Ici, ceux qui désirent pourront attendre l'approche de l'heure jusqu'à ce que l'un ou l'autre des chemins du monde soit de nouveau accessible ou que nous les appelions à répondre à l'ultime nécessité de la Lorien. Ils pourront alors retourner dans leur propre pays ou aller au long séjour de ceux qui tombent au combat. »
Hoela releva la tête à ce discours, notamment aux derniers mots. Tomber au combat ? Elle ne craignait ni la mort ni la souffrance. Non. Ce qui l'effrayait, c'était l'usure du temps. Vieillir lui faisait peur. Perdre toute espérance ou toute combativité. Mais mourir ? Elle devrait périr un jour et si c'était pour une cause juste, alors elle l'accepterait. Sans hésiter.
« Ils ont tous décidé d'aller de l'avant, » dit Galadriel après les avoir scrutés. Ils eurent un geste d'approbation ; personne ne voulait abandonner.
« Je vous aiderai comme je le pourrai, les informa Celeborn. Il en est parmi vous qui savent manier une embarcation. Legolas, dont les amis connaissent la rapide Rivière de la Forêt, Boromir de Gondor et Aragorn le Rôdeur. Je vais vous fournir des barques, qui seront petites et légères, car si vous allez loin par l'eau, il y aura des endroits où vous serez obligés de les porter. Vous arriverez aux rapides de Sarn Gebir et peut-être enfin aux grandes chutes de Rauros, où le fleuve tombe dans un bruit de tonnerre de Nen Hithoel ; et là, il y aura d'autres dangers. Des embarcations rendront votre voyage moins laborieux pour un moment. Mais elles ne vous offriront pas de conseils : en fin de compte, il vous faudra les abandonner ainsi que le Fleuve pour vous tourner vers l'Ouest ou l'Est. Tout sera préparé pour vous et vous attendra au havre avant demain à midi. Je vous enverrai mes gens dans la matinée pour vous aider aux préparatifs du voyage »
Il leur souhaita ensuite une bonne nuit et ils se rendirent à leur campement. Mais au lieu de s'endormir, ils débattirent longuement de la conduite à suivre pour l'Anneau, mais ne parvinrent pas à se mettre d'accord. Les voix s'entremêlaient, les idées fusaient mais nul plan ne se dessinait. La jeune femme ne disait rien ; de toute manière, le Rôdeur était à présent leur guide et elle sentait qu'elle pouvait lui faire confiance. Elle suivrait la route qu'il déciderait d'emprunter. En fait, elle s'intéressait bien plus à un autre changement, qui l'inquiétait. Boromir, tout en parlant, ne cessait de jeter des coups d'œil rapides à Frodon. Pas assez rapides cependant pour qu'elle ne puisse pas lire ce qu'il y avait dans son regard. Et ce qu'elle vit ne lui plut pas du tout. De l'avidité, du désespoir… et presque de la folie.
Mais l'Homme plongea ses yeux dans les siens et leur expression changea complètement. En une fraction de seconde, elle n'y vit plus que de la tendresse et une pointe d'ironie. Elle lui fit un sourire forcé.
Finalement, ils allèrent se coucher, sans avoir pris de réelles décisions. Allongée contre Boromir qui succomba rapidement au sommeil, Hoela laissa son esprit se tourmenter. La prédiction de sa mère et ce qu'elle avait lu dans les yeux de son amant, sans compter les images du miroir, tout cela faisait trop. Elle ne croyait pas au hasard et son intuition lui soufflait que de sombres choses se préparaient. Elle en venait même à se demander si elle ne faisait pas une erreur, en étant ici, à ses côtés. Qui savait où cela l'entraînerait ?
Ils se levèrent à l'aube. Ils semblaient tous frais et dispos ; seule Hoela portait les traces d'une nuit agitée. Ses traits étaient tirés, des cernes mauves soulignaient ses yeux ; et elle était plus pâle que jamais. Sa peau paraissait presque translucide, et on s'attendait presque à voir les veines affleurer et palpiter.
Des Elfes leur apportèrent de la nourriture pour leur voyage, et ils préparèrent leurs affaires. Hoela examina avec attention ce qui leur servirait de repas, durant un bon moment. C'étaient de minces galettes, faites d'une farine légèrement dorée d'un côté et couleur de crème à l'intérieur. Legolas qui passait tout près s'amusa de son air perplexe et curieux. Il lui prit la galette des mains, croqua dedans :
« - Du lembas, ou comme l'appellent les Nains du cram. Une bouchée suffit à nourrir un adulte pour toute la journée, fut-il l'un des grands Hommes de Minas Tirith.
-Je vous crois sur parole, »dit la jeune femme avec un mince sourire, le premier vrai sourire depuis plusieurs jours.
Alors que tout était prêt, ils n'attendaient plus que Celeborn et Galadriel, on vint les avertir qu'ils pouvaient se mettre en route et qu'ils retrouvaient les Seigneurs de la Lorien plus loin, où il y aurait également leurs embarcations. Chacun prit son fardeau. Tous avaient le cœur lourd. Un Elfe qui leur était connu arriva soudain. Haldir s'avança, toujours aussi majestueux.
« Je suis revenu des défenses du Nord, et je suis envoyé à présent pour vous servir à nouveau de guide. La Vallée des Rigoles Sombres est emplie de vapeurs et de nuages de fumée, et les montagnes sont troublées. Il y a des bruits dans les profondeurs de la terre… Mais allons ! Partons ».
La traversée de Calas Galadhron se fit dans le silence. Sans s'en rendre compte, la jeune femme avait pressé le pas et dépassa bientôt tous ses compagnons. Une main se posa sur son bras :
« - Doucement, Hoela ! Ou vous finirez par perdre votre guide ! dit Haldir.
-Désolée, sursauta-t-elle. Je ne m'en n'étais pas rendu compte ! Je crois que… j'ai l'esprit un peu confus !
-Cela arrive parfois, lorsque l'on se pose beaucoup de questions. Eithne aussi avait cette fâcheuse tendance, quand elle était jeune, à se laisser entraîner par ses pensées…
-Vous avez bien connu ma mère ? demanda Hoela, désireuse d'en savoir plus.
-Elle a passé de nombreuses années en ces lieux. Tant d'années… le temps suffisant pour que s'éteignent certaines étoiles et que d'autres renaissent.
-Comment était-elle ? »
Il lui jeta un regard perçant et ses yeux bleus foncés, comme un ciel d'été au crépuscule, eurent l'air lointain. Et ce fut d'une voix nostalgique qu'il poursuivit :
«Appartenant au peuple elfique, je puis vous assurer qu'il m'a été donné de voir les plus belles personnes que cette terre ait portées. Notre bien aimée souveraine dont la beauté est tournée vers le Matin avec ses cheveux couleur d'or ; ou bien Arwen Undomiel, tournée vers le Soir, à la chevelure aussi sombre que la Nuit. Eithne, bien qu'étant enchanteresse, et non une Elfe, était aussi belle qu'elles. Grande et élancée, elle aussi avait des cheveux sombres, oui, de cette couleur que prend le bois de nos arbres en automne, un brun chaud, prêt à s'enflammer sous le moindre rayon de l'astre. Quant à sa peau, elle brunissait dès les premiers jours de beau temps. Mais le plus incroyable, sans nul doute, c'étaient ses yeux… avez-vous déjà vu ces endroits sur un fleuve, où les feuilles se reflètent ? Ici, l'eau hésite entre le vert et le bleu. Ajoutez y le savoir et les souvenirs, et tel était son regard. Et ses pouvoirs ! Jamais elle n'a voulu en user pour d'autres fins qu'aider les autres mais ils étaient puissants. Elle avait autant vécu que nous mais en des contrées plus mystérieuses dont nous voulions tous entendre les légendes. Le jour où elle est tombée amoureuse de votre père, plus d'un Elfe en cette contrée s'en est mordu les doigts ! »
Cette dernière phrase détendit l'atmosphère qui s'était fait triste, en évoquant la disparue. Hoela eut même un petit rire, mais un rire proche des larmes, tremblé et plein de sanglots. Des images plus claires les unes que les autres lui revenaient, des éclats de passé, ternis par le temps qui retrouvaient toutes leurs teintes. Jamais elle ne s'était sentie aussi apaisée en parlant d'Eithne. Bien sûr, son père lui avait beaucoup manqué, mais elle avait entendu parler de lui en Gondor, car tous se souvenaient du fier guerrier. Et lui-même, alors qu'elle était enfant, lui racontait ce qu'était sa vie, ou ce qu'elle avait été. Elle gardait de lui l'image d'un homme tendre, fou amoureux de sa compagne, et fou tout court de sa fille, qui lui avait appris dès sa plus tendre enfance à manier l'épée et à monter à cheval. Mais sa mère… finalement, elle savait très peu de choses sur elle. Qui aurait pu lui conter son histoire à elle, alors qu'elle ne le faisait même pas elle-même ? Arwen et Elrond lui en avaient dit peu de choses. Parce qu'elle n'était pas encore prête à les entendre. Mais là, elle écoutait passionnément le Gardien, suspendue à ses lèvres.
« -Oui… autant vous dire qu'après cela, nous étions prêts à ne pas réserver un bon accueil à l'heureux élu !
-Quoi ? Il est venu en Lorien !s'étonna la jeune femme, allant de surprise en surprise.
-Bien sûr… peu avant votre naissance. Eithne venait quérir les conseils de Galadriel, mais ils ne sont que peu restés.
-Et comment avez-vous reçu mon père ?
-Avec la légendaire courtoisie des Elfes ! sourit-il. C'était un homme valeureux, intelligent… aussi bien qu'aurait pu l'être un des nôtres, nous nous sommes donc inclinés.
-Mais cela l'a menée à sa perte… soupira Hoela.
-Certains chagrins ne peuvent être guéris. Si elle avait survécu, elle aurait errée, privée de ses pouvoirs qui avaient décidé de l'abandonner. Croyez-vous que vous auriez été plus heureuse ? »
Hoela fronça les sourcils. Nul ne lui avait encore tenu un tel discours. En fait, elle ne s'était jamais demandée comment aurait été sa vie si sa mère avait été en vie. Quand elle en rêvait, elle la voyait heureuse. Mais maintenant, Haldir venait de jeter la lumière sur un fait indiscutable ; si Eithne avait survécu, elle n'aurait plus été que l'ombre d'elle-même. Et le bel Elfe poursuivit, tout en se retournant pour vérifier que personne ne s'était égaré en chemin :
« - Elle avait beau posséder d'immenses pouvoirs, elle n'avait pas votre force.
-Ma force ? Pensez-vous que je sois forte ?
-J'en suis convaincu. Vous avez su grandir avec des faiblesses, tout en n'oubliant pas qui vous étiez. Vous en voulez à votre mère, mais vous ne la rejetez pas. Et d'après certaines sources sûres, vous faites preuve d'un certain courage et d'une grande adresse pour vous battre. Mais je ne vous parle pas seulement de cette forme de courage. Vous êtes prête à faire face à de nombreuses choses qui nécessitent savoir et réflexion. On peut affirmer que Budic vous a légué beaucoup de ses qualités, bien que votre orgueil puisse vous jouer des tours.
-Et de ma mère… interrogea la jeune femme, plus émue qu'elle ne voulait le laisser paraître, connaissant au moins l'une des réponses.
On a dû vous le dire à maintes reprises, mais vous êtes aussi belle qu'elle. Quand vous êtes arrivée, avec vos compagnons, si ça n'avait été que la couleur de vos yeux et votre peau plus claire, vous étiez son double. Un peu moins grande, peut-être. Et si vous n'avez pas hérité de l'ensemble de ses pouvoirs, et que surtout vous répugnez à les utiliser, vous pourrez accomplir de grandes choses. Avez-vous entendu la complainte pour Mithrandir ?demanda-t-il, semblant changer complètement de sujet.
-Oui, souffla-t-elle, son cœur de serrant à l'évocation du magicien.
-Semblable chanson fut chantée à la disparition d'Eithne. Vous plairait-il de l'entendre ?
-Bien sûr.
-Nous arrivons à notre destination, aussi me reste-t-il juste assez de temps.
Il était jadis une enchanteresse
A la voir tous les cœurs étaient en liesse
Dans ses yeux verts se lisait la sagesse
Partout on célébrait sa beauté
Qui allait jusqu'à éclipser
Les plus belles créatures créées
Ses pouvoirs toujours dispensés à faire le bien
Et d'un seul geste de la main
Le bonheur se dispersait, enclin
Pourtant, la belle était esseulée
Comme si compagnon elle n'arrivait pas à trouver
Et nombreux auraient d'elle voulu être aimés !
Finalement, sur un Homme son choix se porta
Budic, fier et courageux qui dans son cœur entra
Et une fille il lui donna
Mais même le plus valeureux des guerriers
D'un coup d'épée peut succomber
Et dans le monde des ombres passer.
Sur elle le chagrin s'abattit
Et la rongea petit à petit
Jusqu'à ce qu'elle abandonne la vie
Car des peines ne peuvent être surmontées
Et la perte de l'être aimé
La fit trépasser
Ainsi mourut-elle un soir d'été
Et le monde pleura Eithne
Qui s'en était allée
Mais aux côtés d'Elbereth une étoile s'alluma
Aussi lumineuse elle brilla
La magicienne renaissait là.
Hoela ne répondit rien, ce que l'Elfe comprit très bien. Elle lutta contre les larmes, et réussit à les refouler. Elle se souviendrait de cette chanson, elle le savait. Et comme sa gorge lui refusait tout service, elle prit la main d'Haldir et la serra, en guise de remerciement, ce qui parut toucher profondément le Gardien. Un toussotement les fit sursauter.
« - Je ne voudrais pas vous déranger… mais sommes nous arrivés ? demanda Gimli.
-Nous y sommes, Maître Nain. »
Boromir s'était rapproché de la jeune femme. Son visage était sombre et fermé. Hoela ne résista pas, et lui fit une grimace pour le dérider. C'eut l'effet escompté et un sourire vint éclairer son visage. Et il l'embrassa du regard, ne pouvant le faire réellement.
Une immense pelouse verte se déroulait devant eux, accueillante sous le soleil. Celeborn et Galadriel se tenaient là , avec quelques autres Elfes.
« Nous sommes venus vous faire d'ultimes adieux et accompagner de nos bénédictions votre départ de notre pays. » dit la dame de Lorien.
Et elle les fit mettre en une longue rangée ; on leur donna alors des capes, avec un capuchon, faits à la taille de chacun, d'une étoffe légère, soyeuse mais chaude. La couleur en était difficile à définir ; ils semblaient gris mais bougés ou placés dans une autre lumière, ils devenaient du vert des feuilles dans l'ombre, du brun des champs en friche la nuit ou de l'argent sombre de l'eau sous les étoiles. Chaque cape s'agrafait autour du cou par une broche semblable à une feuille verte veinée d'argent.
« - Avant ce jour, aucun étranger n'a revêtu l'habit de notre peuple. Puisse ces capes vous protéger totalement des yeux hostiles, dit Celeborn.
-Nous aimerions vous offrir des présents, en souvenir de la Lothlorien qui plus jamais ne connaîtra le printemps ou l'été. Voici le cadeau des Elfes pour votre guide, »ajouta Galadriel.
Et elle tendit un fourreau à Aragorn, fait spécialement pour son épée. Il était recouvert d'un entrelacs de feuilles et de fleurs d'or, et dessus étaient incrustées de nombreuses gemmes formant en runes elfiques le nom d'Anduril et le lignage de l'épée.
« Le cadeau que je vous offre, Legolas, est un arc des Galadhrim, digne de l'adresse de nos parents des bois » Sur le visage de l'Elfe passa une joie presque enfantine, tandis qu'il l'essayait. Elle se tourna ensuite vers Merry et Pippin et leur donna deux dagues.
« Voilà les dagues de Noldorin. Elles ont déjà servi pendant la guerre. N'ayez crainte, jeune Peregrin Touque, vous trouverez le courage en vous »
Sam reçut une corde, de la vraie corde elfique, faite en hitllain ; Boromir une ceinture d'or finement ouvragée.
« - Quel cadeau un Nain demanderait-il aux Elfes ?
-Aucun, répliqua Gimli. Il me suffit d'avoir vu la dame des Galadhrim et d'avoir entendu ses douces paroles. Je ne désire rien excepté, si vous pardonnez ma hardiesse, un seul fil de vos cheveux, qui surpassent l'or de la terre comme les étoiles surpassent les gemmes de la mine.
-On prétend que l'art des Nains réside plutôt dans leurs mains que dans leur langue, mais ce n'est pas vrai pour vous. Car on ne m'a jamais présenté requête aussi hardie et pourtant aussi courtoise. Mais dites moi, que feriez-vous de pareil don ?
-Je le chérirai, madame, répondit-il, en souvenir des paroles que vous m'avez adressé lors de notre première rencontre. Et si jamais je retrouve les forges de mon pays, il sera monté dans un cristal impérissable pour demeurer un bien de ma maison et un gage de bonne volonté entre la Montagne et la Forêt jusqu'à la fin des temps »
Hoela admira le courage du Nain et un petit sourire lui était monté aux lèvres. Galadriel dénoua alors une de ses longues boucles et coupa trois cheveux, de la même nuance que le blé mûr. Puis la dame de Lorien se tint en face d'elle et lui tendit un coffret en bois clair. La jeune femme le prit et l'ouvrit. Un diadème de saphirs, montés sur de l'argent, de la même teinte que ses yeux, était déposé dans un écrin de velours.
« Les jours où vous porterez ce diadème seront des jours de fête et de bonheur, car vous trouverez la paix et la sérénité. »
Puis, elle acheva par Frodon.
« Et vous, Porteur de l'Anneau, j'en viens à vous le dernier, qui n'êtes pas le dernier dans ma pensée. Pour vous, j'ai préparé ceci. »
Et elle éleva une fiole en cristal qui étincelait.
« Je vous offre la lumière d'Eärendil, notre étoile bien-aimée. Puisse cette lumière vous éclairer dans les endroits sombres, où toutes les autres lumières seront éteintes. »
Ainsi les adieux furent-ils faits.
Leurs embarcations, amarrées du côté du grand Fleuve, étaient grises, petites, légères mais solides. Ils mirent leurs affaires à l'intérieur et firent leurs adieux au gardien. Boromir embarqua avec Merry et Pippin, qu'il avait de toute évidence pris en affection, pendant que Frodon et Sam se retrouvaient avec Aragorn. Gimli monta de mauvaise grâce dans le bateau, craignant l'eau. Legolas pris place à ses côtés, après avoir adressé un namarië à Haldir, qui lui murmura quelques paroles. Hoela était la seule à présent qui n'avait pas embarqué, mais elle voulait faire ses adieux au Gardien, et le remercier.
« Ce fut un plaisir Hoela. Nous nous reverrons plus tôt que vous ne le pensez… » Et sur ces paroles sibyllines, il lui désigna la barque de Legolas, sans voir la moue que fit Boromir. Ils s'éloignèrent du rivage, Galadriel veillant leur départ. Et la dernière image qu'eut la jeune femme fut celle d'une Elfe grande et belle, vêtue de blanc. Elle ne devait jamais la revoir et la Lorien ne serait plus à tout jamais qu'un souvenir.
