Voilà, voilà ,un autre chapitre! de l'indulgence si vous trouvez des fautes, s'il vous plaît, parce que je suis très fatiguée en ce moment, et ça se ressent un peu partout... La preuve: rien qu'aujourd'hui, j'ai mis cinq minutes à ouvrir la porte de chez moi, en insultant " cette saloperie de clé"... sauf que je la tournais dans le mauvais sens, shame on me! C'est comme ça depuis des jours, je crois que je vais entamer une cure de vitamines. En plus, je ne sais pas chez vous, mais ici, on caille!
Enfin, vous n'êtes pas là pour m'entendre me plaindre! je disais donc, un nouveau chapitre, j'y ai mis tout mon coeur... Et merci à celles qui me laissent des reviews régulièrement, je suis toujours ravie ( sourire niais et béat devant l'écran) , et ça me donne du courage et de la motivation pour la suite. Alors merci de passer quelques minutes de votre temps à me donner vos commentaires ( c'est Monsieur petit bouton en bas à gauche qui est content!). Bonne lecture!
believe4ever: non, elle a encore bien des chapitres devant elle, ne t'inquiètes pas! Tu te rends compte, si je voulais la tuer, il me faudrait des semaines de préparation psychologique! Les autres personnages ne m'appartiennent pas en propre, mais elle si. Et je trouve ça atroce de tuer ses personnages... parce qu'on les crée, qu'on y distille un peu de nous, et qu'on finit par s'y attacher. Récupérer Legolas? Le pauvre, il ne serait qu'un deuxième choix( première fois dans sa vie que ça lui arriverait, ça lui ferait un trop grand choc!). En tout cas, ta fan fiction... bah, je rabâche, je rabâche, mais que veux-tu que je te dise? C'est GENIAL! La suite, la suite, la suite! JE VEUX LA SUITE! ( style gamine capricieuse) Gros bisous et continue bien.
little angel anariel: une Québécoise, une vraie de vrai de vrai! Je trouve ça trop bien! Dis donc, t'as un sacré mélange dans les veines, anglais et français! Chez moi, on vient du Nord de l'Europe, ces pays où il gèle tout le temps ( m'en fiche, j'adore la neige!) J'espère que tu vas retrouver tes chapitres, parce que j'aimerai bien connaître la suite! mais c'est pas moi qui vais t'aider, je suis une nulle en informatique! Bien vu pour Haldir! En effet, notre charmant Gardien n'était pas insensible au charme de la mère d'Hoela... la fille a choisi l'Homme à l'Elfe, la mère aussi... pas de bol! Je me doutais que ton pseudo était de l'elfique, mais je voulais avoir la signification... et je le trouve encore plus génial maintenant, vraiment joli et surtout, original! Bye et bonne lecture. P.S: il fait froid au Québec?
Jylly Brandebouc:Merci! En tout cas, j'attends ton prochain chapitre ( au taquet!). Le super bel Elfe blondinet t'as fait craquer, toi aussi? M'étonnes pas! Pauvre Boro, lol! J'ai bien rigolé en lisant ta review A BAS BOROMIR ( moue de celui-ci) VIVE LEGOLAS ( petit air supérieur) ! Moi, je les trouve choupi-trognon tous les deux! A plus, dans mes reviews, ou dans tes reviews .
Karmilla: ah, ma petite fan de Boro et d'Haldirounet adorée, comme moi! Ecoute, je comptais me réserver le rôle de la petite amie, mais tu sais, il y en a assez pour deux, alors si t'es pas jalouse... Je le prends le lundi, le mercredi, et le vendredi, toi le mardi, le jeudi et le samedi, et on le laisse se reposer le dimanche! Tu es d'accord? Hoela aurait pu calmer Boro par une bonne baffe, mais il va se montrer de plus en plus odieux... et finalement... ben... je te laisse lire pour le découvrir! Merci pour tes encouragements, gros bisous.
Luciole: pour ce qui est du radotage, moi, c'est pareil! Suffit d'aller voir les reviews que je laisse à believe4ever... mais radote, radote, peut importe, ça me fait tellement plaisir que tu me laisses quelque chose! Alors je reçois avec joie tes gros bisous, je t'en renvoie plein, avec la suite en plus! P.S: finalement, sa rémission aura été de courte durée, pour sa déprime, elle a replongée au bout de deux jours! Mais le proviseur avait prévu le coup, et on a une remplaçante...
Chap 17 ; Ultimatum
Le soleil les éblouissait car tous les yeux étaient emplis de larmes. Leur voyage était devant eux à présent, sans qu'ils sachent où cela les mènerait. Hoela laissait avec plaisir les rayons réchauffer un peu sa peau glacée. Ses membres étaient engourdis, et ses paupières devenaient lourdes.
« Mon dernier regard a été pour ce qui était le plus beau, dit Gimli d'une voix songeuse et triste. Désormais, je ne qualifierai plus rien de beau si ce n'est son cadeau. »
Hoela eut un sourire mélancolique. Elle sentait que jamais elle ne verrait un endroit plus magnifique que la Lorien, et que même jamais elle ne reverrait ce lieu enchanté, niGaladriel, à la fois belle et dangereuse.
Les eaux étaient rapides et ils voyaient défiler des bois dénudés, sans pouvoir rien apercevoir des terres qui se trouvaient derrière. Nul chant d'oiseau, nul mouvement de feuille ne venait rompre le silence, comme si la Nature retenait son souffle. Ses pensées allaient et venaient, et elle se serait endormie si elle n'avait prit une pagaie pour aider Legolas. Leurs gestes s'accordaient parfaitement, et leur barque progressait sans peine.
Le crépuscule tombait, les vaguelettes s'étaient transformées en une multitude de miroirs d'or liquide, mais ils n'avaient pas l'intention de faire une pause avant la nuit. La jeune femme tourna la tête vers une rive, en fronçant les sourcils.
« - Qui y a t il ? demanda Legolas.
-Non, rien. Je… je croyais avoir entendu… aucune importance.
-Si, ça a de l'importance, insista l'Elfe. Qu'avez-vous entendu ?
-Des branches craquer, alors que ces contrées sont censées être désertes. Et le bois craquait trop sèchement pour que cela soit un animal. »
Elle se retourna. Legolas semblait inquiet.
« - Sommes nous suivis ?
-Sûrement. Continuons à pagayer, car le temps joue contre nous. »
Les premières étoiles s'allumaient lorsqu'ils s'arrêtèrent pour passer la nuit sur un îlot ; ils tirèrent les barques sur la terre ferme. Hoela s'assit, fourbue. Des courbatures lui contractaient cruellement les membres, et elle était tant épuisée qu'elle n'avait même pas faim. Et pendant que ses compagnons se nourrissaient, elle resta au bord du fleuve. Soudain, un oiseau poussa un cri. Ils levèrent tous la tête vers le ciel car c'était le premier animal qui se manifestait depuis leur départ. La jeune femme siffla alors, un sifflement semblable à un chant. Il y eut un bruissement d'ailes et au grand étonnement des autres, l'oiseau vint se poser sur l'épaule d'Hoela. Il n'avait pas une grande envergure, mais ses plumes étaient de la couleur exacte de ses cheveux, un brun profond. Il se pencha vers son oreille, comme s'il lui murmurait quelque secret. Elle écouta, attentive et le caressa. Puis, elle chuchota des paroles, dans une langue qu'ils ne connaissaient pas. L'oiseau parut acquiescer, et il prit son envol, lui griffant légèrement l'épaule.
« - Que lui avez-vous dit ? interrogea Pippin, curieux.
-Je lui ai demandé de me prévenir.
-De quoi ?
-Cela me regarde. »
Elle n'ajouta rien, son visage se fermant, pour clore la conversation. Ils s'installèrent pour la nuit. Et tandis qu'elle soignait son épaule, en passant de l'eau fraîche dessus, Boromir et Aragorn faisaient le guet. Elle plissa les yeux en voyant une bûche qui flottait sur le fleuve. Et elle retint un cri lorsque deux grands yeux pâles brillèrent dans la nuit. Elle ne pouvait distinguer rien d'autre de la créature qui tentait de se cacher, à part de très longs doigts, faits pour étrangler quelqu'un.
Le ton grave d'Aragorn, porté par le vent, lui parvint :
« - Gollum, dit-il, confirmant les craintes d'Hoela. Il nous suit depuis la Moria. J'avais espéré que nous l'aurions semé sur le fleuve, mais il est bien trop malin.
-S'il alerte l'ennemi sur notre position, notre traversée n'en sera que plus dangereuse, »murmura Boromir.
Mais une autre conversation se déroulait :
« -Mangez quelque chose, Monsieur Frodon.
-Non, Sam.
-Vous n'avez rien mangé de la journée ! Et vous ne dormez pas non plus. Ne croyez pas que je n'ai rien remarqué ! Monsieur Frodon… insista-t-il.
-Je vais bien.
-Non, c'est faux. Je suis là pour vous aider. J'ai promis à Gandalf d'y arriver.
-Tu ne peux pas, Sam. Pas cette fois. Vas dormir. »
Hoela s'était approchée et elle eut un peu pitié de Sam, en voyant son air déconfit et malheureux. Elle prit sa place, tout près de Frodon. Il la regarda. Il paraissait aussi épuisé qu'elle, comme rongé de l'intérieur. Et l'évidence lui apparut. Ils ne pourraient l'accompagner. Il devrait continuer sans ses compagnons. Elle ne savait d'où elle tirait cette certitude, mais son cœur lui soufflait qu'elle avait raison. Et plus encore, le Hobbit le savait également. Elle tendit la main et la posa sur son bras.
« - Vous serez seul. Je serai venue, je vous aurai suivi en Mordor et même au-delà.
-Je le sais, Hoela. Et si le courage me manque un jour, alors je penserai à vous. Et je vaincrai peut-être ma frayeur.
-Je serai là. Pas physiquement bien sûr, mais je tiendrai une place dans votre esprit. Ecoutez vos rêves. »acheva-t-elle, suivant un précepte que sa mère lui avait enseigné bien des années plus tôt. La mort avait pu les séparer, mais ses songes lui appartenaient encore, et Eithne ne se privait pas d'y apparaître.
Frodon ne répondit rien, mais il semblait moins accablé. Il s'allongea, pendant que la jeune femme éteignait le feu et les dernières flammes qui se mourraient. Elle retourna au bord de l'eau pour finir de nettoyer la fine blessure.
Mais le deux Hommes continuaient de parler, et ladiscussion devenait âpre.
« - Minas Tirith est la route la plus sûre, vous le savez. De là, nous pourrons nous regrouper pour nous préparer à combattre le Mordor en force, argumentait le Gondorien.
-Il n'y a plus de force en Gondor qui puisse nous être utile, répondit le Rôdeur d'un ton sans réplique.
-Vous avez été prompt à faire confiance aux Elfes ! Avez- vous si peu foi en votre peuple ? se révolta Boromir. Oui, il y a de la faiblesse, il y a de la fragilité mais il y a aussi le courage et le sens de l'honneur chez les Hommes ! Mais vous ne le voyez pas ! »
Aragorn, sentant monter la colère de son interlocuteur, fit mine de se retourner. Mais l'Homme le retint, avec une certaine violence.
« - Vous avez peur ! Toute votre vie, vous vous êtes caché dans l'ombre, effrayé par ce que vous êtes, qui vous êtes !
-Je ne conduirai pas l'Anneau à moins de cent lieues de votre cité ! » gronda Aragorn, se libérant de la ferme prise et mettant un terme à l'esclandre.
Boromir resta les bras ballants, une douloureuse stupéfaction sur le visage. Il se reprit rapidement et rejoignit Hoela, assise. Il s'agenouilla, prit le chiffon mouillé qu'elle tenait dans sa main et s'occupa lui-même de le passer sur les griffures, rouges vif sur la peau pâle. Il avait les lèvres serrées et était plus sombre que jamais. Elle planta ses yeux de glace dans les siens, aciers ; l'accusation s'y lisait clairement. Le duel dura quelques secondes, car aucun ne voulait baisser le regard.
« - Tu penses toi aussi que j'ai tort, n'est ce pas ?
-Je pense que tu fais une erreur. Aragorn est dans le vrai. Moi, j'ai confiance en ton peuple, mais tu dois admettre que le cœur des Hommes est facilement perverti, par le pouvoir, ou par ce qu'ils croient être le pouvoir. Plus nous serons loin du Gondor, mieux cela vaudra.
-Je…
-Dis moi, qui t'a envoyé à Fondcombe ? demanda-t-elle brusquement.
-Mon père. Enfin, Faramir voulait s'y rendre, mais… j'ai pris sa place.
-Tu crois que c'est une bonne chose ?
-Je ne comprends pas, dit-il sèchement, en jetant le chiffon à terre, et en se relevant.
-Qu'espérait l'Intendant du Gondor, sinon que son fils lui ramène l'Unique ? Et, bien, réponds ! » le provoqua-t-elle. Elle ne pouvait s'empêcher de parler ainsi; et elle savait qu'il suffisait de quelques malheureuses paroles pour qu'elle atteigne un point de non-retour. Mais il était hors de question qu'elle continue à le voir ainsi, guettant les moindres faits et gestes du Hobbit, fasciné par quelque chose dont il ne comprenait pas la portée.
Elle se leva aussi ; il la toisait car il la dépassait d'une bonne tête, mais pour l'instant, elle avait le dessus.
« - Je n'ai pas à te répondre!
-L'Anneau ne sauverait pas la Cité Blanche ! Il te détruirait, toi, ou tous ceux qui tenteraient de l'utiliser, même pour des causes justes. Vois-tu, Faramir aurait peut-être été mieux à sa place ici.
-Insinuerais-tu que… bondit l'Homme.
-Je n'insinue rien du tout. Tu sais, sans lui, je serai encore à Minas Tirith à l'heure qu'il est. C'est lui qui m'a aidé à m'enfuir. » avoua-t-elle.
Boromir parut figé et ses yeux s'étaient agrandis de surprise. Mais la rage vint prendre la place.
« - Et en échange de quoi ? Dis-moi, que lui as-tu donné ?
-Tu es complètement fou, lâcha Hoela, blessée. Lui, il avait le courage de ne pas suivre aveuglément les ordres de son père, alors que toi… »
Elle ne vit pas la gifle venir. Le coup fut porté tellement fort qu'elle fut envoyée à terre et que sa lèvre se fendit. Le sang chaud coula sur son menton et un goût métallique emplit sa bouche. Elle releva ses yeux vers lui ; il regardait sa main, comme abasourdi de ce qu'il venait de faire. Il se précipita pour l'aider à se remettre debout, mais elle recula et se releva sans son aide, s'accrochant à une branche. Le sang coulait abondamment, tachant sa tunique. Elle eu une impression puissante de déjà vu, sa tuniquesouillée et dans un coin, un Homme mort allongé à terre. Boromir voulut la toucher, mais elle le repoussa.
« - Hoela, je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris !
-Moi, je le sais. Tu n'es plus toi. Je ne te reconnais plus. »
Sa voix tremblait, et des larmes coulaient sur ses joues, se mêlant au sang.
« - Je…
-Je t'aime, Boromir. Mais je ne t'aime pas assez pour rester avec toi si tu te trouves dans cet état, sur le point de basculer, et d'oublier ceux auxquels tu tiens. Peut-être que c'était une erreur.
-Une erreur ? s'exclama-t-il, blêmissant.
-Toi et moi, une erreur. Parce qu'il faudra que tu choisisses. Ta Cité ou moi.
-Tu ne peux pas me demander ça !
-Si, je peux. Tu crois que je n'ai rien vu du doute qui emplissait ton cœur ? Des regards à la dérobée que tu jettes à Frodon quand tu imagines que personne ne peut s'en rendre compte ? L'Anneau te rendra fou. Je sais que tu dois succéder à ton père, mais Faramir le fera très bien. Car contrairement à ce que pense Denethor, c'est quelqu'un de capable et il très aimé dans la Cité. Et si tout se passe bien, Aragorn reprendra la couronne et l'arbre blanc refleurira. Alors le règne des Intendants prendra fin. »
Elle essuya le sang avec sa manche.
« Je te le répète, je t'aime. Je ne suis pas parfaite, et moi, je ne resterai pas dans ton ombre. Mais je t'offre ce que j'ai, ce que je suis. »
Boromir ne répondit pas. Il devinait qu'elle lui posait un ultimatum ; ainsi, la réponse déciderait de son avenir. Passer le reste de ses jours à ses côtés ? Il ne désirait rien de mieux. Mais il avait des devoirs, envers son père et envers son peuple. Ne pouvait-elle le comprendre ? Qu'avec l'Anneau, tout rentrerait dans l'ordre ? Il en était convaincu. Il secoua la tête.
« Je m'en doutais, murmura Hoela. Tu as encore quelques jours pour y réfléchir, car le Grand Fleuve est rapide, et tu devras bientôt choisir de t'en retourner chez toi ou … de rester. Alors, soit nous ferons route ensemble, soit nos chemins se sépareront et nous ne nous reverrons jamais. Du moins, pas dans cette vie. »
Si leurs propos avaient été tenus bas, pour ne point éveiller ceux qui dormaient, certains avaient tout entendu. Frodon, qui n'arrivait pas à trouver le sommeil ; Aragorn, qui veillait un peu plus loin et qui espérait que la jeune femme le ramènerait à la raison ; et Legolas, qui comme tous les siens, avait besoin de peu de sommeil.
Hoela alla se coucher, loin de l'endroit où étaient posées les affaires de Boromir. Elle avait beau être très fière, elle pleurait souvent. Mais son visage n'en demeurait pas moins empreint d'un certain orgueil et même d'une certaine arrogance. Cette nuit là, si on l'avait observée à la lumière, on n'y aurait vu que la souffrance. Les larmes coulèrent longtemps, amères, jusqu'à ce qu'elle finisse par s'endormir, brisée par le chagrin.
Le lendemain, Hoela ne s'éveilla pas, plongé dans un lourd sommeil. Aragorn hésitait. Ils ne pouvaient attendre mais il n'osait pas la réveiller. Finalement, Legolas la souleva légèrement et la mit dans la barque. Elle bougea un peu mais elle dormait profondément.
Ils continuèrent de descendre le fleuve ;le soleil daignait encore se montrer, mais le froid était mordant. Hoela n'ouvrit les yeux que quelques heures plus tard, alors que l'astre se trouvait au zénith. Elle était un peu perdue.
« - Ah, vous êtes réveillée, dit Gimli.
-Hum… oh, mon dos ! Depuis combien de temps sommes-nous partis ?
-Depuis un moment, déjà. Mais vous êtes trop attendrissante quand vous dormez pour qu'on ose vous sortir de vos songes, » rit Legolas.
Hoela lui tira la langue, comme une enfant dont on se moque gentiment. Mais elle arrêta bien vite, car son attention fut détournée. Aragorn montrait quelque chose de la main. Elle regarda dans la direction qu'il désignait. Deux immenses statues, une sur chaque rive, la main tendue en signe d'avertissement ou pour enjoindre aux voyageurs de stopper, se tenaient là, la tête couronnée.
Combien de fois son père lui avait-il décrit ces statues qu'il rêvait de contempler un jour ? Ces rois de jadis, sévères, et fiers ?
« L'Argonath, » soupira la jeune femme. Et la même expression de crainte, de respect, et de joie se peignit les visages des trois personnes qui appartenaient à la race des Hommes.
Le lendemain, le paysage changea. Les rives étaient pierreuses, et des falaises basses apparaissaient. Ils approchaient du pays de montagnes grises de l'Emyn Muil. Il y avait de nombreux oiseaux à présent, et toute la journée, des volées tournoyèrent, noires sur le ciel pâle. A la mi-journée, ils étaient arrivés près des chutes de Rauros. Ceux qui pagayaient durent lutter contre le courant qui voulait les entraîner dans l'écume blanche, et les envoyer se fracasser quelques centaines de mètres plus bas.
Ils accostèrent mais eurent de la peine à hisser leurs embarcations. Hoela plaignait sincèrement le Rôdeur ; il devait à présent décider du chemin à prendre. Legolas contemplait la rive opposée, la jeune femme vint vers lui.
« - Que voyez-vous ?
-Des Yrchs, dit-il, usant involontairement de sa propre langue.
-Les Orques ne se déplacent pas en plein jour, Legolas.
-Ceux là l'ont fait. »
Boromir lui fit alors signe de s'approcher. Elle obéit, un peu à contrecœur, craignant ce qu'il allait lui annoncer. Ils s'éloignèrent un peu des autres. Elle avait recouvré un air un peu hautain comme pour mieux affronter ce qu'il allait lui dire. Mais il sortit quelque chose de sa poche ; c'était une mince chaîne en or pur, finement ouvragé. Il prit la main délicate dans la sienne, gantée, et y déposa la chaîne. Elle lui lança un regard interrogateur.
« - Cette chaîne appartenait à Finduilas, ma mère, morte quand j'étais enfant. Je veux qu'elle te revienne.
-Boromir, je ne peux pas…
-Si. J'y tiens. Hoela… je ne viendrai pas avec toi jusqu'en Mordor. Je laisserai Frodon et l'Anneau partir, mais ma Cité a besoin de moi. J'espère que… peut-être… mais si tu ne venais pas avec moi, je t'attendrai.
Si Hoela avait été plus attentive à Boromir, elle aurait vu ses yeux devenir plus troubles lorsqu'il parlait de l'Unique, de cette expression propre au mensonge. Mais elle était trop troublée par son aveu, surtout de la part d'un Homme tel que lui. Pourtant, le " je t'aime" ne franchit pas ses lèvres. Il avait peut-être mis de côté son orgueil, il n'en demeurait pas moins Boromir, égal à lui-même, qui préférait de loin agir que de parler. Il se pencha vers elle et l'embrassa.
Ils retournèrent après de leurs compagnons ; Aragorn leur appris son plan.
« -Nous traverserons le Fleuve à la tombée de la nuit. Nous cacherons les bateaux et continuerons à pied. Nous atteindrons le Mordor par le Nord.
-Ah oui, râla le Nain. Il nous suffira simplement de trouver notre chemin à travers Emyn Muil, un labyrinthe infranchissable fait de rochers coupants comme des rasoirs ! Et après cela, ce sera encore mieux. Une région de marécages puants et gluants à perte de vue.
-Oui, c'est notre route, dit tranquillement le Rôdeur. Je vous suggère de prendre du repos afin de recouvrer vos forces, Maître Nain. »
En suivi une série de grognements, et Hoela remarqua que cette description avait rendu perplexe ses amis. Pippin s'était même arrêté de mâcher ! Quant à Boromir, il rechignait, mais comme il était clair qu'il était le seul à ne pas vouloir suivre le plan d'Aragorn, il s'inclina :
« Il n'est pas dans la manière des Hommes de Minas Tirith d'abandonner leurs amis dans les moments difficiles. J'irai jusqu'à la haute île, mais pas plus loin. Arrivé là, je retournerai vers chez moi, seul si mon aide ne m'a pas acquis la récompense d'un compagnonnage. »
Un moment passa ; d'aucuns finissaient de manger, d'autres se reposaient. Legolas et Aragorn parlaient doucement, en désignant à tour de rôle la rive est, ou les bois qui se trouvaient derrière eux.
Hoela se sentait extrêmement mal à l'aise, oppressée. Elle aurait voulu qu'ils traversent immédiatement.
« Où est Frodon ? » demanda soudain Merry.
Personne ne s'était aperçu que le Hobbit avait disparu. Les yeux d'Aragorn se posèrent sur le bouclier de Boromir, laissé dans un coin, sans que l'Homme du Gondor ne fût à proximité. A cet instant, un cri retentit, et le même oiseau qui s'était posé sur l'épaule de la jeune femme arriva à tire d'ailes. Il ne se posa pas, mais tourna autour d'eux, tout en poussant une complainte perçante, qui fit pâlir Hoela.
« Il faut les retrouver. Tout de suite ! Aragorn, Legolas, Gimli, avec moi ! Pippin, Merry et Sam, allez vous cacher. Nous viendrons vous chercher ! »
Nul ne songea à discuter ses ordres, tant le ton était impératif et sans appel. Ils ramassèrent leurs armes, et s'enfoncèrent dans les bois.
