18ème chapitre! J'ai tellement pleuré que j'ai failli tout courcircuiter, lol! En tout cas, que c'est bon d'être bien au chaud chez soi pendant que dehors le vent hurle ( si, si, par chez moi, il souffle très fort!) et qu'il gèle à pierre fendre.
j'espère que vous n'allez pas trop me haïr après la lecture ( je me déteste moi-même d'avoir fait... ce que j'ai fait!), mais que cela ne vous empêche pas de me laisser vos impressions, parce que j'ai beaucoup travaillé sur ce chapitre... je précise que le poème n'est absolument pas de moi, mais de Tolkien, que je trouve tout simplement splendide et qui me fait pleurer à chaque fois que je lis le livre.
merci d'avance et gros gros bisous
jylly brandebouc: je me suis bien marrée devant mon écran en lisant tes scénettes! morte de rire, surtout Boromir et son craquant " Papa!" , oh, le pauvre petit garçon! Je comprends maintenant d'où vient ton nom de famille: ben, ça va, tu te maries pas avec les pires! j'espère que vous formez un joli petit couple ( dont Frodon doit être bien jaloux...) Bye!
Karmilla: tu as tes mouchoirs à proximité, j'espère? sinon... et que veux-tu, la galanterie se perdait déjà à cette époque là ( si c'est pas malheureux!). Pour mon adresse msn, c'est facile: tu n'as qu'à aller dans les reviews de believe4ever, va voir celles que j'ai laissées sous mon pseudo: l'adresse e-mail que j'ai déposée, c'est mon adresse msn! Soit tu vas voir, soit tu me laisses la tienne. On pourra en apprendre un peu plus l'une sur l'autre et surtout, tenir des grandes conférences sur nos chéris (" Et Boro dans cette scène, il est ... waouh!" " Et Haldirounet, alors, il est encore plus...!" lol)Je te fais de gros bisous.
believe4ever: ça y est, nos deux histoires se sont rejoints, mais nos héroïnes ne suivront pas le même chemin...Alors, voilà la suite que tu attendais avec tellement d'impatience, et ne t'en fais pas: j'ai adressé tes remontrances à Boromir( pas sage! vilain!) Et enfin, comme toujours, je te fais les yeux doux, style Bambi pour... la suite de ta fiction! A bientôt!
luciole: j'espère que tu t'es un peu rétablie! moi aussi, je suis crevée! Mais merci quand même de me laisser un petit mot malgré ta fatigue, ça me fait beaucoup beaucoup plaisir! En tout cas, tes compliments me font rougir ( mes joues me cuisent!) et ravie que tu aie des gros bisous à revendre: moi aussi, ce qui me permet de t'en envoyer plein!
little angel anariel: oh, le bol, tu as déjà de la neige! Chez moi, elle est prévue pour la fin de semaine ( un blizzard, peut-être, lol!) Toujours fidèle aux Elfes? Je t'en veux pas, c'est compréhensible! Et pour mes compliments, c'était sincère, et j'adore faire rougir les gens( ravissante, la couleur rouge tomate!)Bisous.
boulette, au cas où tu aurais le temps de passer par là ( enfin!), sache que je me suis grave étalée en sport: si j'avais eu deux mains gauches, ç'aurait été pareil! A croire que le ballon me fuyait! Dieu et les cierges de ma grand-mère m'ont abandonné! Tu vas voir ce que va prendre St- Mildred ( ou mille dreads, si on par là! par là! là, là,là!) demain... elle m'a donné la foi mais elle me l'a enlevé aussi! Bisous
Chap 18 : Boromir
Ils avancèrent quelques minutes ensemble ; puis, les Hobbits bifurquèrent et ils se dérobèrent à leur vue, non sans leur jeter un dernier regard inquiet.
« - Séparons nous, proposa Hoela, d'une voix qu'elle espérait ferme.
-Legolas, Gimli, restez ensemble et prenez vers la direction du Nord. Hoela, à l'Ouest, et moi à l'Est. Criez si besoin est, » dit Aragorn.
La jeune femme hocha la tête et partit. Les pas de ses compagnons s'éloignèrent vite, et il n'y eut bientôt que le bruit de sa propre respiration, légèrement saccadée. Elle crispa la main sur la garde de son épée, prête à la sortir au moindre signe suspect. Elle arriva vers des vieux vestiges de pierres grises. Elle baissa les yeux ; à l'endroit où elle se trouvait, les feuilles mortes avaient été retournées, et la terre était plus meuble, comme si on venait de la fouler. Pourtant, un Homme qui marchait simplement n'aurait pu laisser de telles traces ; on s'était battu. Un sombre pressentiment l'envahit. Elle devait retrouver Boromir ou Frodon le plus vite possible. Elle sentait que leurs disparitions étaient liées.
Des bruits de lames qui se fracassaient lui parvinrent soudain. Elle retint son souffle ; des branches craquèrent derrière elle, sous des pas lourds et lui parvenait une grande malveillance. Elle tira son épée du fourreau et déposa un baiser sur la lame, comme elle avait toujours vu son père et les hommes le faire avant de partir au combat. Un moyen de protection, sensé porter chance. Une espèce de bénédiction. Et elle se retourna.
Ses yeux s'agrandirent, de surprise et d'horreur. Elle s'était attendue à se trouver face à face avec des Orcs ou d'autres créatures répugnantes dans le même genre. Ce qu'elle avait devant elle était encore pire. Des bêtes de deux mètres de hauteur environ, une peau d'une affreuse couleur brune, terreuse, comme si on les avait tirés de la glaise. Armurés, portant des armes grossières à la main, émoussées, taillées pour que la mort soit lente, et des casques, marqués d'une main blanche. Ce blanc pur et virginal était presque une insulte, utilisé par des créatures si résolument mauvaises.
Si elle avait réfléchi, elle se serait enfuie. Mais en elle coulait le sang des Hommes défenseurs de la Cité, qui ne craignaient pas pour leur vie. « Parce que le courage n'a jamais failli chez les miens » songea-t-elle. Et elle se jeta dans le groupe, attaquant avant d'être attaquée. Elle frappait sans trop savoir ce qu'elle atteignait. Elle avait toujours été excellente au maniement des armes ; en quelques minutes, la dizaine de monstres qui avait voulu la dépecer était à terre.
Mais elle n'était pas inconsciente ; ils reviendraient en plus grand nombre. Elle devait retrouver les autres. Elle se guida grâce au bruit des luttes et parvint au lieu même du combat ; Legolas envoyait des flèches meurtrières, Gimli donnait de la hache et Aragorn de l'épée. Elle les rejoignit, et à eux tous ils tentèrent de mettre bas ceux qu'on avait envoyé pour les tuer.
Mais un son retentit, grave et profond. Hoela sentit ses entrailles se geler. « Le cor de Boromir ! ». Mais ce bref moment d'inattention lui coûta cher ; elle poussa un cri de douleur. Une épée tranchante venait de traverser sa main, et avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, celui qui avait porté le coup voulu la blesser au visage. Elle recula juste à temps, mais sa joue fut cruellement éraflée. Legolas logea une flèche dans la tête de la créature.
Et pendant qu'Aragorn descendait, ou plutôt tentait de descendre vers Boromir, ils continuèrent à se battre. Et elle se mit à prier : « Elberth, épargnez le. Je vous en supplie, épargnez le. »
Plus bas, beaucoup plus bas, un Homme luttait, avec l'énergie du désespoir, pour sauver deux petits semi Hommes et comme pour se laver de ce qu'il avait fait. De cette tentation ; de sa folie. Mais il avait en face de lui des ennemis plus forts, en nombre et en haine. Des traits lui passaient à travers le corps ; il ne voulait pas lâcher prise. Mais ses forces s'épuisèrent. Et bien qu'ayant combattu plus bravement que n'importe quel autre, la vie le quittait.
Il s'effondra, lardé de flèches. Les Uruk passèrent devant lui, en l'ignorant, et emportèrent deux Hobbits criants et pleurants. Une seule pensée lui vint, un seul nom, un seul visage : « Hoela, Hoela, Hoela… », Hoela… ses magnifiques yeux clairs, ses cheveux sombres, sa peau pâle. Son rire, comme une cascade d'eau fraîche qui dévalait le long des collines, une eau légère et bondissante. Sa façon de pencher quand elle réfléchissait. Son front sérieux. Le goût de ses lèvres. Son pouls qui palpitait. Cette femme qu'il embrassait, à peine une heure auparavant. Cela lui semblait faire des centaines d'années, à présent. Le temps s'était aboli, car il ne s'écoulerait plus pour lui. Hoela suivrait sa route, elle s'embellirait, vieillirait, sans lui. Jamais il ne reverrait sa Cité. Ni son frère. Plus jamais cette bannière blanche flottant dans le vent, si blanche sur le ciel clair, dont il était si fier. Plus jamais.
Hoela arriva en courant, ses pas soulevant les feuilles ; elle bouscula Gimli et Legolas et parvint à la clairière. Le sang maculait son visage, sa main l'élançait. Aragorn posait un baiser sur le front d'un Homme couché à terre. Elle s'approcha alors que le Rôdeur se relevait. Il se tourna vers elle et posa la main sur son épaule. Mais elle ne s'en rendit même pas compte. Les larmes coulèrent, naissant aux coins de ses yeux, grandissant le long de ses joues et se mourant au coin de ses lèvres. Elle tomba à genoux et hurla, un long hurlement qui retentit jusqu'aux coins les plus reculés de la forêt. Les feuilles tremblèrent, et les arbres frémirent comme s'ils s'inclinaient devant le chagrin et la douleur de la jeune femme. Son cœur explosait, s'éparpillait, souffrait. Sa voix se brisa soudain ; et elle se nicha tout contre l'Homme qui quelques heures plus tôt lui souriait tendrement, promesse d'un avenir moins noir. Ses larmes churent sur le visage désormais figé de l'Homme du Gondor ; et ce fut comme s'il pleurait avec elle cet avenir qui était à tout jamais perdu. Les sanglots secouaient sa poitrine ; à cet instant, elle aurait voulu recevoir un coup mortel pour s'endormir à ses côtés et ne plus se réveiller. L'Elfe, le Rôdeur et le Nain ne dirent rien ; cette souffrance était la leur et ils auraient voulu partager la sienne, pour alléger sa peine. Aragorn se pencha et d'un geste tendre, releva la frêle silhouette, qui n'avait jamais été plus fragile. Les iris glacés plongèrent dans les siens et il y lut un désespoir infini. Il essuya les larmes, le sang, et la serra tout contre lui, en la berçant.
Ils poussèrent la barque sur la rive, prête à emporter le corps d'un de leurs amis. Hoela ôta le collier qui ornait son cou mince. La feuille d'émeraude scintilla un instant ; puis elle prit une des mains de Boromir, et glissa le collier à l'intérieur. Elle la remit en place pour qu'il puisse tenir son épée. Ils avaient pliés et placés sous sa tête la cape elfique, et déposés en travers de son torse son cor brisé en deux. « Il ne sonnera plus » pensa Hoela. Elle sortit la mince chaîne d'or de sa poche et l'accrocha à son cou. Les flots grondants emportèrent l'embarcation, entraînant ainsi le seul homme qu'elle n'ait jamais aimé et qui enlevait une partie d'elle-même. Elle avait oublié toutes ses prières, et rien ne pouvait lui apporter du réconfort. Elle vit disparaître la barque parmi les tumultes et l'imagina s'écraser des mètres plus bas, après la chute.
Le bleu de ses yeux avait changé ; ce n'était plus le froid de l'hiver, mais le bleuet fané d'un ciel d'été. Et un cri retentit ; un oiseau surgit du haut d'un arbre, ses plumes de la couleur exacte des cheveux de la jeune femme. Le soleil les enflamma d'or roux, l'oiseau poussa une longue complainte déchirante, et s'envola à tire d'aile vers la chute, comme l'espoir à tout jamais envolé au loin, pour ne pas revenir.
Elle s'appuya contre le tronc d'un arbre et glissa à terre. Comme elle comprenait sa mère à présent ! Le chagrin l'emporterait-il elle aussi ? Comme elle le souhaitait ! Elle se sentait hébétée. Aragorn s'était approché et il soignait sa main. Mais elle ne s'en rendait même pas compte. Le monde aurait pu s'écrouler autour d'elle, cela n'aurait rien changé. Le Rôdeur acheva de soulager la blessure. Puis, il se releva, et se mit à chanter, en se tenant tout au bord du fleuve :
« Au travers de Rohan, par les marais et les prés où croît l'herbe longue,
Le vent d'Ouest se promène et parcourt les murs.
Quelles nouvelles de l'Ouest m'apportes-tu ce soir, ô vent vagabond ?
As-tu vu Boromir le Grand à la lueur de la lune ou des étoiles ?
Je l'ai vu chevaucher par-dessus sept rivières, par-dessus les eaux vastes et grises,
Je l'ai vu marcher dans les terres désertes, jusqu'à ce qu'il disparût
Dans les ombres du Nord. Je ne le vis plus alors.
Le vent du Nord a pu entendre le cor du fils de Denethor.
O Boromir ! Des hauts murs à l'Ouest je regardai au loin,
Mais tu ne vins pas des terres désertes où nuls hommes ne sont. »
Puis Legolas prit le relais :
« Des bouches de la Mer vole le vent du Sud, des dunes et des pierres ;
Il porte les plaintifs cris des goélands, et à la porte il gémit :
Quelles nouvelles du Sud, ô vent soupirant, m'apportes-tu ce soir ?
Où est maintenant Boromir le Beau ? Il tarde, et je m'afflige.
Ne me demande pas quelle est sa demeure, tant d'os gisent là
Sur les rives blanches et sur les sombres rives sous les cieux d'orage ;
Tant d'êtres ont descendu l'Anduin pour trouver la Mer mouvante
Demande d'eux au vent du Nord les nouvelles qu'il m'envoie !
O Boromir ! Au-delà de la porte la route du large court au Sud,
Mais tu ne vins pas avec les goélands plaintifs de la bouche de la mer grise. »
Et ce fut Aragorn qui reprit :
« De la Porte des Rois vient le vent du Nord, et il passe sur les chutes grondantes ;
Et clair et froid autour de la tour retentit son cor sonore.
Quelles nouvelles du Nord m'apportes-tu ce jour, ô vent puissant ?
Quelles nouvelles de Boromir le Hardi ? Car il est depuis longtemps parti.
Sous Amon Hen j'ai entendu son cri. Là, maints ennemis il combattit,
Son bouclier fendu, son épée brisée, à l'eau ils les apportèrent.
Sa tête si fière, son visage si beau, ses membres, ils les disposèrent pour le repos ;
Et Rauros, les chutes d'or de Rauros le portèrent sur leur sein.
O Boromir ! La Tour de Garde toujours contemplera au Nord
Rauros, les chutes d'or de Rauros, jusqu'à la fin des temps. »
Ainsi conclurent-ils. Et la peine d'Hoela diminua un peu. Ce chant lui amenait un grand réconfort, sans qu'elle sache dire pourquoi. Elle serra la chaîne à son cou ; il aurait voulu qu'elle poursuive. Elle ne voulait pas suivre sa mère. Galadriel le lui avait dit, c'était à elle de forger son destin. Mais elle se jura qu'elle retrouverait le responsable, celui qui avait causé la mort d'un Homme qui ne verrait pas le prochain printemps revenir, qui ne verrait même pas la prochaine nuit tomber. A qui elle ne pourrait prouver combien elle l'aimait.La voix de Gimli s'éleva :
« - Vous m'avez laissé le vent d'Est, mais je n'en dirai rien.
-C'est ainsi qu'il se doit, dit Aragorn. A Minas Tirith, ils endurent le vent d'Est mais ne lui demandent pas de nouvelles. A présent, nous devons choisir notre route ».
Hoela vint vers lui, et d'un ton las :
« - D'où viennent ces créatures ?
-Ce sont des Uruk Haï, répondit Legolas. Guidés par Saroumane.
- Comment le savez-vous ?
- Celeborn.
- Et Frodon ?
- Je l'ai laissé partir. Sam est avec lui, » murmura Aragorn.
Et il attacha les gants de Boromir à ses propres poignets, comme un hommage silencieux.
« - Qu'allons nous faire maintenant ? demanda la jeune femme.
-Nous n'aurons aucun pouvoir sur un Quête qui n'est plus la nôtre à présent. Mais nous n'abandonnerons pas Merry et Pippin à une mort atroce. Je connais votre chagrin, Hoela. Si vous désirez ne pas venir, je comprendrai, même si, pour être franc, j'aimerai que vous veniez, au moins pour votre sécurité.
-Je viendrai. Il est hors de question que… c'est justement en restant seule que sa perte sera encore plus insupportable. Un jour, je me laisserai aller au repos, et là, je ne serai plus que douleur ; et mes joues, mes lèvres, auront sans cesse ce goût salé, car je crains de le pleurer jusqu'à ce que ma propre vie s'éteigne.
-N'ayez crainte, dit Legolas. Même la pire des souffrances vous laissera un peu de répit, et alors vous vous relèverez.
-Puissiez vous dire vrai, acheva-t-elle, mornement.
-Partons ! Nous allons forcer le pas, nuit et jour ! » annonça Aragorn.
Ils firent alors leurs sacs. Hoela ne parlait pas, ses lèvres demeuraient closes et ses yeux secs.
« - Ils ont de l'avance, fit remarquer Gimli.
-Avec ou sans espoir, nous suivrons la trace de nos ennemis. Et malheur à eux si nous nous révélons les plus rapides ! Nous allons effectuer une chasse qui fera l'étonnement des trois Races apparentes : Elfes, Nains et Hommes ! » s'écria Aragorn.
Et à ces mots, ils partirent. Ils atteignirent l'orée du bois alors que les premières étoiles brillaient au firmament. Et pour la première fois depuis des années, Hoela n'adressa aucune prière à Elbereth, comme reniant ses anciennes croyances.
