Je suis vraiment désolée pour le retard mais j'ai croulé sous le boulot, et je n'ai pas eu une minute à moi pour écrire le chapitre. Je vous présente mes humbles excuses( j'en fait pas trop là!) mais bon, être en terminale, c'est pas la fête tous les jours...

En plus, pour ne rien arranger, j'ai eu un petit coup de blues... vous savez, c'est l'hiver, il fait froid, on se prend la tête avec tout le monde, on est fattigué et on n'a envie de rien faire. Alors, pour me faire pardonner, je vous ai mis un looooooong chapitre ( enfin, moi, il me paraît long...) et j'attends vos reviews! Ah, en parlant de reviews! Vous avez vu, je pense, qu'il est désormais interdit des faire des RAR: pas d'inquiétude. Pour celles qui sont signées, je vous répondrai directement par le lien prévu à cet effet, et pour les autres, il y aura quand même un petit mot ( jsuis pas cruelle), surtout que ça m'a mise en rogne: elle est où la communication avec ses lecteurs dans tout ça? Enfin bref, j'arrête de vous embêter et voilà le chapitre!

believe4ever: mais je sais que ce n'est pas juste! Dans quel état j'étais à ton avis quand j'ai lu ton chapitre? Mais les larmes aux yeux( je suis une sentimentale, on ne se refait pas...) Ah, le passage de "Plus jamais", j'espérais que tu le remarquerai: j'avais prévenu au début de ma fiction que tu m'avais inspirée, alors petit clin d'oeil à une auteure que j'aime beaucoup et dont j'attends avec impatience le prochain chapitre! Bisous.

jylly brandebouc: dis, ça ne te gênerais pas de m'en faire de m'en faire à chaque fois de ces petites scènes, si tu as l'inspiration? Parce qu'elles sont géniales et que je rigole à ne plus en pouvoir à chaque fois, j'imagine tellement bien ce que ça peut donner... Seul reproche: tu as fait pleurer mes deux hommes préférés,lol! Au fait, je n'ai pas eu le temps de passer lire ton nouveau chapitre, mais je te laisse une petite review le plus tôt possible!A bientôt.

karmilla: nan, je suis pas cruelle! C'est la vie, même si c'est atroce de faire mourir un homme si parfait à tous points de vue! Quelle perte pour l'humanité! Et ce, malgré ton sourire colgate nouvelle formule (ultra-blancheur, non?) Dommage, on arrive pas à rester longtemps en contact sur msn, j'espère que tu seras là pendant les vacances de Noël et que tu n'auras pas trop de boulot, histoire qu'on continue d'admirer nos hommes préférés! Au fait: tu as bien bavé sur les photos? Bisous

Chap 19 : La poursuite

La lune suspendue au-dessus d'eux les veillait depuis un bon moment, lueur glacée dans un ciel d'hiver clair. Ils gravissaient des collines rocheuses, les pierres traîtresses roulaient sous leurs pieds, et lorsque enfin, ils parvenaient au sommet, ce n'était que pour redescendre, et gravir encore une autre colline, et une autre et une autre. Les hautes terres de l'Emyn Muil paraissaient sans fin, de vastes étendues hostiles qui ne lâchaient pas si facilement ceux qu'elles retenaient sur leur sol.

A l'heure froide et silencieuse qui précède l'aube, ils firent une brève halte, pour reprendre des forces. Hoela se sentait mal ; la tête lui tournait, sa main blessée l'élançait et la nausée la gagnait. Elle s'éloigna un peu de ses amis, s'appuya à un arbre et vomit à longs traits. Elle but une gorgée d'eau fraîche, et revint vers ses compagnons. Aragorn regardait au loin, mais dans l'obscurité, il n'apercevait rien. Legolas se tourna vers la jeune femme ; blême, des yeux encore rouges d'avoir trop pleuré précédemment, les joues creusées; étrangement, cet état semblait exacerber sa beauté, et son aspect éthéré. Une violente envie de se lever et de serrer le corps fragile contre le sien, la laisser sangloter sur son épaule, la bercer jusqu'à ce qu'elle s'endorme, le saisit soudain. Mais il s'en voulut aussitôt. Elle venait de perdre l'homme qu'elle aimait, Boromir était un des ses compagnons et lui ne songeait qu'à prendre sa place, alors qu'il venait juste de mourir. Il détourna les yeux.

« - De quel côté iraient-ils, à votre avis ? demanda-t-il à Aragorn. Vers le nord pour prendre un chemin plus droit vers l'Isengard ou Fangorn, si c'est leur but comme vous le pensez ? Ou vers le sud pour piquer sur l'Entalluve ?

-Ils ne se dirigeront pas vers la rivière, quel que soit leur but, répondit le Rôdeur. Et à moins que les choses n'aillent très mal en Rohan et que le pouvoir de Saroumane soit grandement accru, ils prendront le plus court chemin par les champs des Rohirrim. Cherchons vers le nord ! »

La vallée dans laquelle ils avançaient était grise, mais la disparition progressive des collines qui avaient voulu les empêcher de passer annonçait le début du pays de Rohan. Hoela avait la sensation de se détacher complètement de son corps ; elle ne souffrait plus, ses pieds couraient machinalement. Le ciel pâlit à l'est et un soleil à la lumière dorée les éclaira, leur redonnant un peu de courage. Ils ne prirent même pas de repos ce jour-là.

Les miles défilaient et ils marchèrent bientôt dans des traces de pas larges, qui avaient écrasés l'herbe. La jeune femme ne put s'empêcher d'admirer le paysage. D'immenses plaines vertes se déroulaient devant eux, un vert tendre ; des brumes s'élevaient à l'horizon, et dans le lointain s'élevaient les Montagnes Blanches, la neige d'un blanc bleuté d'un côté des cimes et de l'autre rosées, nimbées par l'astre. Aragorn s'arrêta, s'allongea à terre, et colla l'oreille sur un rocher pour entendre leurs ennemis. Hoela patientait à ses côtés.

« Ils ont forcé l'allure. Ils ont dû flairer notre présence… Allons ! »

Il se releva prestement et reprit son chemin. La jeune femme se retourna ; Legolas suivait sans peine, il la dépassa. En revanche, Gimli n'était pas visible. « Mais où est… » Il apparut, essoufflé, et vint vers la jeune femme en grognant et paraissait sur le point de cracher ses poumons. Ils poursuivirent leur route ; l'herbe se mêlait parfois à de hautes gerbes de blé dorées, qui ressemblaient à des vagues d'or sous le vent.

Alors qu'ils foulaient exactement le chemin qu'avaient passé les Uruk, le Rôdeur s'accroupit et ramassa une feuille verte veinée d'or, la même qu'ils portaient tous sur leurs capes :

« - Non sans raison tombent les feuilles de la Lorien, dit Aragorn.

-Ils sont peut-être en vie, insinua l'Elfe.

-Et ils ont moins d'un jour d'avance, murmura Hoela qui faisait entendre sa voix pour la première fois depuis leur départ, une voix légèrement enrouée.

-Continuons ! » acheva Aragorn.

Un bruit de ferraille la fit faire faire volte-face ; Gimli roulait par terre et après une bordée de jurons : « Les longues distances m'épuisent ! Nous les Nains nous sommes des sprinters ! Redoutables sur les courtes distances ! » . Un sourire sceptique de la part de l'Homme et de l'Elfe accueillirent ces paroles…

Ils grimpèrent un sommet escarpé pour que les immenses plaines leurs soient visibles en entier. Baignées de soleil, bruissantes sous les rafales, tout semblait calme. Trop calme.

« - Quelque chose d'étrange est à l'œuvre ici. Une force maléfique donne des ailes à ces créatures et se dresse contre nous. Legolas, que voyez vous ? interrogea Aragorn.

-Ils dévient au Nord Est. Ils conduisent les Hobbits en Isengard ! dit l'Elfe à la vue perçante.

-Saroumane, lâcha la jeune femme. Il croit qu'il va récupérer l'Anneau. Mais s'il découvre que Pippin et Merry n'en sont pas les porteurs… »

Elle n'acheva pas sa phrase mais la perspective de leurs amis entres les mains du cruel magicien leur donna un regain d'énergie. Ils coururent tant et si vite, que bientôt même les yeux d'Hommes purent apercevoir les créatures au loin, masse noire informe, qui fuyait, comme craignant le châtiment qui l'attendait si elle n'arrivait pas en temps voulu. Mais les ténèbres les recouvrirent bientôt. La lune ne brillait pas, et on n'y voyait pas à quelques centimètres devant soi. Même la nature paraissait se jouer d'eux.

«Arrêtons-nous, ordonna Aragorn. Il ne sert à rien de continuer, nous ne réussirions qu'à nous perdre. Dormons et demain nous verrons si nos efforts ont été vains. » Hoela ne parvint pas à dormir ; elle se contenta de rester à contempler le ciel noir sans étoiles, ses pensées allant et venant, les larmes lui montant souvent aux yeux, mais aucune ne se décidait à couler.

Le troisième jour, l'aube était sanglante ; un soleil rouge éclairait le ciel. Hoela tremblait, sans savoir si c'était la fièvre qu'elle couvait depuis plusieurs jours, ou la crainte qui faisait courir des frissons le long de son échine. Elle avait de plus en plus de mal à marcher ; ses pas devenaient lourds. Legolas se tourna brusquement. Des bruits de sabot leur parvenaient, qui faisaientvibrer la terre. Ils se précipitèrent vers un énorme rocher pour se dissimuler à ceux qui auraient pu être des ennemis, même s'ils pouvaient être des alliés.

« -Si ce sont des cavaliers du Rohan… que savez-vous d'eux, Aragorn ? s'inquiéta Gimli.

-J'ai été parmi eux, répondit-il. Ils sont fiers et opiniâtres, mais aussi loyaux et généreux de cœur et en action ; hardis mais non cruels ; sages, mais ignorants, n'écrivant pas de livres, mais chantant beaucoup des chansons, à la façon des enfants des Hommes avant les Années Sombres. Je ne sais toutefois pas ce qui s'est passé ici depuis quelque temps, ni quel est à présent leur état d'esprit entre le traître Saroumane et la menace de Sauron. »

Mais les chevaux galopèrent bientôt juste à côté du rocher. Hoela n'eut aucun mal, tout comme leur guide, à reconnaître une marche des Rohirrim.

Les montures étaient superbes, leurs robes se teintaient de milliers de reflet ; les armes, les casques de leurs cavaliers étincelaient. Aragorn sortit de derrière le rocher et hurla pour couvrir le fracas du galop « Cavaliers du Rohan, quelles nouvelles des Hommes de la Marche ? ». Ses compagnons l'avaient suivi, un peu malgré eux. « Mauvaise idée » grommela la jeune femme, en voyant la troupe faire demi-tour et les encercler. La suite parut lui donner raison car des dizaines de lances furentdardées sur eux, prêtes à les embrocher au moindre mouvement de travers. Ils levèrent les mains en signe de paix.

Un homme s'avança ; grand, des cheveux blonds, monté sur un cheval brun, il avait fière allure. Mais ce fut d'une voix tranchante qu'il leur parla :

« Que font un Elfe, un Homme, un Nain, et … une femme dans le Riddermark ? Répondez ! »

Son hésitation n'avait pas échappée à Hoela qui pinça les lèvres de colère et dont les yeux bleus s'assombrirent. Le Maréchal de la marche, car çela devait être lui, les observa un court moment. Ses iris passèrent rapidement sur le Nain, ne purent s'empêcher de s'attarder sur l'Elfe, car en vérité, peu étaient passés en Rohan, et glissèrent sur l'Homme, qui paraissait fort et courageux. Son regard s'arrêta finalement sur la jeune femme. Elle plongea insolemment ses yeux dans les siens. Elle était extrêmement belle, malgré la fine estafilade sur sa joue, pourpre sur son visage pur. Ses longs cheveux sombres, ramenés en arrière, accentuaient le dessin délicat des pommettes hautes. La seule femme qu'il ait jamais vue qui avait autant de fierté, de beauté et de froideur réunies était sa propre sœur. Si celle-ci avait brune et un peu moins mince, elle aurait été la copie conforme de celle qui se tenait devant lui.

« - Donnez moi votre nom, dresseur de chevaux, et je vous donnerai le mien ! le provoqua Gimli.

-Je vous couperai volontiers la tête, Nain, si elle sortait un peu plus du sol ! dit sèchement le cavalier en descendant de cheval.

-Vous seriez mort au moindre geste ! » le coupa Legolas, pointant son arc sur lui.

Toutes les lancesfurent dirigéessur eux. Hoela tendit la main, et abaissa l'arc de son ami.

« - Je suis Aragorn, fils d'Arathorn. Voici Gimli, fils de Gloïn, Legolas du royaume sylvestre, et Hoela fille de Budic, du Gondor. Nous sommes des amis du Rohan et de Théoden votre roi.

-Théoden ne reconnaît plus ses amis de ses ennemis. Pas même les siens, » répliqua l'Homme.

Il ôta son casque, libérant une chevelure d'un blond pâle. Hoela eut un sursaut de surprise, en reconnaissant Eomer, qu'elle avait déjà vu à la Cité Blanche, de nombreuses années auparavant, car autrefois, Rohan et Gondor étaient en excellents termes.

« Saroumane a empoisonné l'esprit du roi et revendiqué la suzeraineté de ses terres. Mes cavaliers sont loyaux au Rohan et pour cela nous avons été bannis. Le magicien blanc est rusé. Il va et vient, enveloppé d'un manteau et d'un capuchon et ses espions se faufilent partout à travers nos filets, » raconta-t-il, en insistant sur le mot espion.

Hoela sentit la violence monter. Son récent chagrin, la fièvre qui la rongeait, elle en avait les nerfs à fleur de peau. Et ce fut d'une voix qui frémissait d'une rage mal contenue qu'elle l'apostropha :

« Vous cherchez à nous effrayer ? Mais si vous considérez que nous sommes des ennemis, alors finissons en ! Mais sachez le ! Tentez de mettre fin à nos vies et vous vous en repentirez ! »

Eomer ne répliqua rien ; le feu qui couvait dans les yeux de glace de cette femme le dissuadait de discuter. La jeune femme écouta Aragorn leur expliquer leur but ; son cœur se serra lorsque le maréchal annonça qu'ils avaient massacré un groupe d'Uruk et qu'il n'y avait aucun survivant. Elle regarda dans la direction qu'il indiquait la fumée noire qui s'élevait, trace du bûcher. Il siffla soudain, et deux chevaux arrivèrent, répondant aux noms d'Hasufel et Arod. Les autres hommes parurent surpris de voir leur chef donner ainsi deux de leurs meilleures montures. Il se remit en selle :

« Cherchez vos amis. Mais n'ayez pas trop d'espoir, c'est peine perdue sur ces terres. »

Et les cavaliers disparurent en un grand bruit, les laissant seuls sur la lande. La jeune femme monta avec le Rôdeur, tandis que Gimli et Legolas étaient ensemble.

Sur le lieu du massacre flottait une atroce odeur de chair brûlée. Ils mirent pied à terre et cherchèrent une trace qui pourrait leur prouver que les deux Hobbits étaient vivants. Mais du charnier Gimli tira une ceinture, une ceinture d'Hobbit. Hoela ferma les yeux. Des éclats d'images lui apparurent. Elle s'agenouilla, caressa le sol, et parut suivre des traces.

« Ils ne sont pas morts, dit-elle, comme en transe. Ils ont rampé, ils étaient attachés, et regardez ! Des cordes ! Leurs traces s'éloignent jusqu'à… la forêt de Fangorn. »

Ses compagnons l'observaient ébahis ; mais ils lui faisaient confiance. Ils n'oubliaient pas qu'en elle coulait le sang d'une magicienne. La noire forêt se dressait devant eux, sombre et menaçante.

« Allons y mais laissons les chevaux, » décida Aragorn.

Le soleil ne passait pas entre les branches et l'atmosphère était oppressante.

« - L'air est lourd ici.

Cette forêt est vieille, le renseigna l'Elfe. Pleine de souvenirs et de colère. »

La jeune femme sursauta en entendant les arbres grincer. Elle essayait de comprendre ce qu'ils se racontaient mais leur langue lui était inconnue. Elle savait que c'étaient les Elfes qui leur avait donné vie et leur avait appris à parler. Ce qui prouvait une fois de plus combien ils pouvaient être bizarres.

« A votre place, Gimli, j'abaisserai ma hache, le conseilla-t-elle. Personnellement, si j'étais un arbre, je prendrais cela pour une menace » Legolas se précipita alors vers un arbre un peu plus haut que les autres ; il se tint aux aguets.

« - Que voyez-vous, lui demanda Aragorn.

-Le magicien blanc approche. »

Un grand silence tomba. Le Rôdeur prit les devants.

"Il faut faire vite. Ne le laissons pas parler, il nous jetterai un sort. "

Ils firent quelques pas ; et sentirent tous une présence derrière eux.

Ils se retournèrent ; mais la hache et la flèche furent déviées, tandis que L'Homme et Hoela se virent contraints de lâcher leur épée, aussi chaude que du métal en fusion. Devant eux se dressait une silhouette lumineuse, à la lumière aussi blessante que celle du soleil, et qui parlait d'une voix étrange. Hoela plissa les yeux ; elle s'attendait à ce qu'on lui jette un sortilège.

« - Vous êtes sur les traces de deux jeunes Hobbits.

-Où sont-ils ? cria Aragorn.

-Ils sont passés par ici, avant-hier. Ils ont fait une rencontre à laquelle ils ne s'attendaient pas. Est-ce que cela vous rassure ?

-Montrez vous, »ordonna la jeune femme.

La lumière diminua d'intensité et la personne qui se cachait derrière apparut. Hoela ouvrit la bouche, dans une tentative de cri de surprise. Mais momentanément, ses cordes vocales refusèrent de lui obéir. Gandalf se tenait là, un sourire paisible sur le visage. Il était tout habillé de blanc, un blanc pur, et s'appuyait sur un bâton de la même teinte.

Legolas fut le premier à réagir, tandis que les autres demeuraient bouche bée. L'Elfe s'agenouilla et bredouilla :

« - Pardonnez moi, je vous avais pris pour Saroumane.

-Je suis Saroumane, répondit le magicien, sibyllin. Ou plutôt Saroumane tel qu'il aurait du être. »

Les jambes d'Hoela vacillaient. Mais elle ne savait pourquoi. Elle avait envie de fondre en larmes, bonheur et peine mêlés, couple disparate et pourtant pas incongru dans sa situation. Gandalf leur expliqua comment il s'en était sorti et ils reprirent la route ensemble, après avoir appris que leur guide qu'ils avaient cru ne jamais revoir portait le nom de Gandalf le Blanc. Hoela suivait à grand peine. Une sueur froide lui coulait dans le dos, des taches de couleur dansaient devant ses yeux, sa main lui faisait tellement mal que les ondes de douleur lui retournaient l'estomac. Mais elle comprit néanmoins, avec soulagement, que Pippin et Merry étaient en sécurité. Lorsqu'ils sortirent des bois, les rayons les aveuglèrent un instant. Gandalf s'approcha d'elle et posa son bras sur celui de la jeune femme. L'inquiétude se lisait dans le regard du vieillard.

« Je sais quelle perte vous avez subie et tout ce que vous avez perdu avec la disparition de Boromir. Mais reprenez courage ! Le Destin ne sera pas cruel avec vous Hoela, même s'il ne vous a pas épargné jusqu'à présent. Gardez espoir. »

Elle hocha la tête, réconfortée par ces paroles simples mais chargées de promesses. Mithrandir se mit alors à siffler ; et traversant un immense champ, un cheval à la robe aussi blanche que la barbe de son maître arriva au galop.

« - C'est un des Mearas, murmura Legolas, émerveillé. A moins que mes yeux ne soient abusés par quelque sorcellerie.

-Gripoil est le Seigneur des chevaux, celui que je pris à Théoden voilà bien des mois, et que je parvins à dresser. Il ne laisserait personne d'autre que moi le chevaucher. Mais allons ! Il faut récupérer vos montures ! »

Hoela voulut les appeler, de la même façon car elle en était capable. Mais le monde se couvrit d'un voile et tout se ternit. Elle essaya de demander de l'aide. « Je ne… Aragorn… ».Ce furent ses derniers mots ; ses jambes se dérobèrent sous elle, et elle sombra.

La fièvre la dévora durant plus de deux jours. Elle délirait, en proie à des cauchemars. Gandalf la veilla, chuchotant parfois quelques incantations. Le Rôdeur, le Nain et l'Elfe étaient pris par la peur de perdre leur compagne. Le deuxième soir, Aragorn vint à ses côtés :

« - Et après, où irons-nous ?

-A Edhoras. Mais nous n'attendrons pas qu'elle soit complètement guérie. Dès qu'elle aura repris connaissance, il faudra nous hâter, car le temps est notre ennemi en ces funestes heures. Là bas, elle recevra plus de soins. »

Legolas les rejoignit. Il contempla le beau visage amaigri, les longs cheveux sombres étalés autour d'elle, sa poitrine se soulevant au rythme d'un souffle saccadé. Il prit une main fine dans la sienne.

« - Elle va s'en sortir, n'est ce pas ? interrogea-t-il, anxieux.

-Cela dépend d'elle, soupira le magicien. Ce ne sont pas tant les blessures qui l'ont marquées que le choc qu'elle a reçu. Je pense qu'elle aimait vraiment Boromir. Oui… pour la première fois depuis des années, elle avait réappris à aimer. Son chagrin ne pouvait en être que plus fort. Pour l'instant, elle est tiraillée. Reviendra-t-elle vers nous ou poursuivra-t-elle son voyage en un pays qui nous est inconnu ? Même moi je ne pourrais le dire. Nous ne pouvons que patienter. »

Gimli aussi s'était approché. Cette nuit là, ils veillèrent tous la jeune femme, comme s'ils pouvaient lui communiquer un peu de leur force.

Pour Hoela, ces jours ne furent que des éclats de vie, passée, présente et future. Les gens tournaient, sa mère, son père, sa tante, les habitants, Legolas, Frodon… Mais quand la fièvre tomba un peu, elle se retrouva dans la même clairière où sa mère l'avait rejointe si souvent dans ses rêves. Mais cette fois-ci, ce n'était pas Eithne qu'elle avait devant elle. Un Homme, les cheveux sombres, grand, la regardait, assis contre un arbre.

« Boromir » dit-elle, des sanglots dans la voix. Il lui sourit et ses yeux bleus pétillèrent. Il tendit la main et effleura la joue blessée de la jeune femme. Elle toucha son visage, dessinant chaque contour de ses traits comme pour les imprimer dans sa mémoire. Il se pencha, l'embrassa et se releva. Elle se leva pour venir avec lui. Mais il se retourna vivement, et d'une voix dure, mais avec une pointe de tendresse : « Mon chemin n'est pas le tien. » Elle se jeta dans ses bras, nichant sa tête au creux de son cou.

« - Tu ne peux pas m'en empêcher. Je ne te quitterai plus.

-Je t'implore de le faire. Pour moi. Vas dans ma Cité. Dis à mon frère que jusqu 'au bout j'aurais pensé à lui. »

Et doucement, il repoussa la belle brune. Il recula. Elle pleurait, les bras en étoile autour de son corps, comme pour se protéger. Ses iris clairs croisèrent ceux de Boromir.

« Je t'aime, Hoela. Ne fais pas les mêmes erreurs que moi.» Et il disparut, la laissant devant un choix cornélien. Fallait- il qu'elle se réveille ?