Voilà, voilà, le chapitre 21 avec un peu de retard, je suis désolée!

J'espère que vous avez tous passé un bon Noël et que vous avez été gâtés!

Petite précision pour ce chapitre: je ne respecte pas vraiment l'histoire originale ici, je me sers plus du film, car je l'avoue, c'est un peu moins compliqué, mea culpa! Mais pour les puristes, vous retrouverez quelques paroles de Faramir dans la bouche de mon héroïne, petit clin d'oeil au Gondor! Pour ce qui est du temps écoulé, je ne suis pas vraiment non plus le livre; normalement, moins d'une semaine s'écoule entre la mort de Boromir et la bataille du Gouffre de Helm; ici, j'ai pris le parti de quelques semaines, seulement pour avoir une plus grande marge. J'ose espérer que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Petite précision pour vos reviews; que ceux qui ont un compte sur ce site aillent dans login avant de m'en laisser une, je pourrais ainsi répondre avec le lien prévu à cet effet,et ma réponse sera un peu plus longue.

Enfin, je vous souhaite de passer une bonne année, et pensez au petit bouton en bas à gauche qui s'ennuuuuuuuiiie!

karmilla: ma RAR dans tes reviews, bisous.

Eleni: une petite nouvelle! merci beaucoup, tu me fais rougir! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira!

believe4ever: je te pardonne, parce que la suite était tellement bien que cela valait la peine d'attendre ( mais pas trop quand même, lol!) je te fais de gros bisous!

Chap 21: Un rêve étrange

Ils se mirent en route quelques heures après le départ de Gandalf. Le soleil était déjà haut dans le ciel, et il réchauffait un temps encore hivernal. Hoela chevauchait en tête ; dans l'après-midi, ils parvinrent à de grandes vallées, et elle se permit le plaisir d'un grand galop. Elle talonna le cheval, et tous les marcheurs la virent s'éloigner peu à peu. Le vent fouettait son visage, ses longs cheveux détachés flottaient sur ses épaules, et l'impression de liberté l'enivrait. Un sifflement la fit s'arrêter brusquement. Elle jeta un coup d'œil en arrière ; Legolas arrivait, sans Gimli, sur un cheval qu'elle ne connaissait pas, à la robe rousse. Ilparvint à sa hauteur, un sourire aux lèvres.

« - Auriez vous abandonné notre ami le Nain ?

-Nullement, il a gardé Arod, la dame Eowyn le mène. On m'a chargé de relever les éclaireurs avec vous, si vous le voulez bien, et on m'a prêté ce cheval. »

Elle hocha la tête ; il ne put s'empêcher de l'admirer. Elle avait les joues rouges d'avoir galopé, sa chevelure bouclait au creux de ses reins et ses beaux yeux clairs brillaient. Mieux encore ; pour la première fois depuis la mort de Boromir, un vrai sourire illuminait son visage, la rendant encore plus belle. Elle vibrait de vie. Non, pour lui, elle était la vie. Tourmentée, changeante, mais d'une beauté qu'on ne pouvait dépasser. Ils chevauchèrent longtemps, comme si la fatigue n'avait pas de prises sur eux.

Le jour déclinait et Théoden voulait qu'ils fassent une halte rapidement. Mais un spectacle la divertit avant qu'ils ne trouvent le repos. Retournée à l'arrière, elle écoutaGimli parler de ses coutumes et del'existence des femmes Nains à la nièce de Théoden, qui paraissait vivement intéressée. Soudain, Arod, comme mu par une soudaine inspiration se cabra et partit au galop. Le Nain fut vite désarçonné et tomba lourdement à terre.

Elle éclata de rire en même temps qu'Eowyn en voyant les talents de cavalier de Gimli, qui tentait de se relever en jurant. La jolie blonde se précipita pour l'aider ; elle se retourna, croisa les yeux d'Aragorn et lui décrocha un grand sourire. Hoela soupira un peu tristement. Elle avait déjà remarqué les regards à la dérobée que lançaient Eowyn au Rôdeur. Mais ce sourire ne trompait pas ; c'était celui d'une femme amoureuse. Quelle autre chose aurait pu allumer cette flamme à la fois flamboyante et tremblante ? L'image d'Arwen lui vint à l'esprit ; la belle elfe aux cheveux noirs comme une nuit sans étoiles, tous les âges de la Terre contenus dans ses iris gris, un matin sans aube véritable, brouillard profond. « A-t-elle passé la Mer ? » se demanda-t-elle, mélancolique. Jamais Elrond n'aurait laissé sa fille chérie en Terre du Milieu, tant la vie d'Arwen était liée à un destin incertain. Sans nul doute avait elle pris le bateau et rejoint ceux de son peuple, qui avait du accueillir à bras ouverts leur étoile du soir. Pour la première fois, elle comprit pourquoi Aragorn semblait être le seul à savoir ce qu'elle endurait depuis la mort de Boromir, cela faisait à peine quelques semaines. Lui aussi avait perdu celle qu'il aimait, à moins qu'Arwen ne se soit dressée contre son père. Mais l'apprendraient-ils un jour ? L'ombre s'approchait et les engloutirait bientôt…

Ils s'arrêtèrent au bord d'une rivière pour la nuit ; l'eau ravit les plus jeunes enfants, qui malgré le froid, s'amusèrent à s'asperger ; ils n'avaient pas les préoccupations de leurs aînés. Hoela n'avait qu'une envie, c'était s'immerger dans cette eau pour se laver de la poussière du voyage. Mais elle devrait attendre la nuit. Les feux furent allumés et les femmes s'ingénièrent à préparer à manger. Bientôt, de délicieux fumets s'échappaient des marmites ; sauf d'une… Eowyn était en train de touiller une mixture pas vraiment appétissante. Hoela s'approcha, et contempla le désastre. La blonde releva la tête, avec un regard quémandant un peu d'aide. Mais la belle brune eut un signe de dénégation amusée « Je ne réussirai qu'à empirer les choses. » Elle n'avait jamais été douée pour la cuisine ; au mieux c'était mangeable et encore, du bout des lèvres ; au pire, c'était infect. D'ailleurs, même le Nain refusa de goûter, et pourtant ! Seul Aragorn, par galanterie, en accepta un bol, devant l'insistance de la dame de Rohan. Il prit une cuillère en bois, la trempa dans le bol et la porta à sa bouche. Hoela et Legolas, qui s'était installé à ses côtés, étouffèrent un éclat de rire dans leurs verres. Aragorn avait la tête de quelqu'un qui se sent compte qu'il vient non seulement de commettre une erreur qui pourrait lui être fatale… mais aussi, et surtout, de quelqu'un qui venait d'ingurgiter une chose immangeable. Il déglutit avec difficulté, et fit plaisir à Eowyn en proférant un pieux mensonge destiné à ne pas la décevoir : « C'est bon ».

La nuit vint, apportant son cortège d'étoiles. Mais une terreur s'emparait des cœurs, dans ces grandes plaines ; car une obscurité plus épaisse que la nuit planait. Finalement, ils sombrèrent tous dans un sommeil réparateur. Hoela éteignait les derniers feux. Puis, elle vint vers la rivière et se lava avec délice, même si l'eau la glaçait. Elle se rhabilla et s'enveloppa dans sa cape elfique. Elle s'assit, s'appuyant contre une selle ; l'odeur de cuir lui montait aux narines, mêlée à l'odeur caractéristique de la nuit, de la terre humide et du foin. Elle ôta la chaîne d'or et fit couler l'or dans ses doigts. Il lui semblait maintenant incroyable que de quelque chose d'aussi beau et d'aussi grand que l'amour ne pouvaient rester qu'un amas de souvenirs, et un collier. Mais cependant, elle ne songea pas à Boromir ; en cette nuit de mars, un mois qui verrait bientôt renaître le printemps, toutes ses pensées étaient tournées vers Frodon. Qui savait où il se trouvait ? Elle moins que quiconque. Ses yeux se fermèrent, et elle fut dans un état de somnolence. Les images d'un rêve lui parvenaient, mais si réel…

Frodon était aux côtes de Sam. Ils se frottaient tous deux les poignets, comme des gens à qui on a noué le mains avec des liens solides et rugueux. Elle était tout près d'eux, et en tendant la main, elle aurait pu les toucher, mais ils n'auraient rien senti. Autour marchaient des Hommes, qui paraissaient ne pas les voir. Ils se trouvaient dans une caverne, au roc dur ; dans leur dos coulait un voile d'eau, illuminé par les rayons d'un soleil couchant. On avait l'impression de rideaux flottant sur une fenêtre, tissées de joyaux d'argent et d'or, de rubis, de saphirs et d'améthystes, le tout embrasé d'un feu qui ne se consumerait point. Une voix retentit :

« C'est ici la fenêtre du Soleil Couchant, Henneth Annûn, la plus belle des chutes de l'Ithilien, terre de nombreuses fontaines. » Hoela avait reconnu, aux premiers mots, la voix de celui sans qui elle serait à présent l'épouse soumise et malheureuse d'un homme qu'elle n'aimait pas. Faramir était assis sur un tabouret, ses cheveux bruns embrasés de roux avec le coucher de l'astre, ses yeux gris bleu, posés sur les deux Hobbits. Il ressemblait tant à Boromir à cet instant qu'elle en eut le cœur broyé. Il semblait sévère ; et ce fut plus sèchement qu'il poursuivit :

« -Qui êtes-vous ?

-Nous sommes des Hobbits de la Comté. Frodon Sacquet, c'est ainsi que l'on me nomme et voici Sam Gamegie.

-Et qui est votre ami fouineur ? Cette créature errante, qui a un aspect répugnant ?

-Il n'y a personne d'autre. »

Il mentait assez bien, mais pour des gens habitués à la suspicion et à la trahison, comme Hoela et Faramir, il était clair que ce n'était pas la vérité. Frodon poursuivit :

« - Nous étions partis de Fondcombe avec huit compagnons. Nous en perdîmes un dans la Moria. Deux étaient de ma race, il y avait aussi un Nain, un Elfe et trois Hommes, dont Aragorn fils d'Arathorn et Boromir du Gondor. »

La souffrance imprégna alors le visage de Faramir.

-Vous êtes un ami de Boromir ?

- Oui, en ce qui me concerne.

- Vous serez donc attristé d'apprendre qu'il est mort.

- Mort ? Comment ? Quand ?

- En tant que ses compagnons j'espérai que vous me l'apprendriez.

- En êtes vous sûr ? demanda le Hobbit. Car si cela est vrai, tous les autres… ont du subir le même sort, réalisa-t-il.

- Les nouvelles de mort ont bien des ailes, et souvent la nuit apporte des nouvelles aux proches. Boromir était mon frère. »

L'étonnement et la compassion se peignirent sur les traits des deux Semi Hommes. Ils avaient bien compris que ces Hommes venaient du même endroit que leur infortuné compagnon ; dans leur stature, leur allure, et la façon de parler. Faramir expliqua que partout en Gondor on avait entendu l'écho du grand cor que portaient tous les aînés de la maison des Intendants. Mais Frodon ne put que lui dire où ils étaient avant qu'ils ne quittent leurs amis. Faramir se contenta d'hocher la tête et fit signe à l'un de ses hommes de les emmener. Mais Frodon se retourna soudain :

«- Dans ma hâte de vous donner les noms de ceux qui faisaient le voyage avec nous, j'ai oublié une personne importante et chère à mon cœur qui venait elle aussi du Gondor.

-Elle ? C'était une femme ?

-Oui. Hoela fille de Budic. »

A l'évocation de ce nom, Faramir blêmit quelque peu ; et lointain souvenir, il sentit une étreinte chaleureuse, revit une mince silhouette s'éloigner et disparaître dans le noir et la gratitude dans d'immenses yeux bleus. Des yeux bleus auxquels il avait pensé à chaque hiver, quand le ciel prenait une nuance glacée. Hoela se tenait là, à côté de lui. Mais soit, si c'était vraiment un rêve, il n'était qu'un fantôme surgi de nulle part, soit si elle était réellement avec lui Frodon et Sam, elle était tout simplement transparente. Mais chose incroyable, elle pouvait ressentir et même voirles pensées de Faramir, comme si… elle était un peu en lui.

Elle le regarda tourner dans ses mains la moitié d'un cor ; le bon sens aurait voulu qu'elle aille avec Frodon, car une menace planait sans aucun doute sur la Quête. Mais ce fut le cœur qui remporta la bataille. Elle ne bougea pas. Il murmura « La pensée de la mort de Boromir en vue de sa terre natale est amère… et que faisait Hoela avec eux ? » Elle s'approcha de lui. Il fallait qu'elle lui dise même si cela ne servait à rien qu'il devait laisser partir Frodon et Sam. Car il en viendrait vite à apprendre la présence de l'Unique ; et le fils mal-aimé et bafoué ne voudrait-il pas le ramener pour obtenir la reconnaissance de son père ? Quoique… Faramir, Gandalf l'avait dit, avait encore en lui presque intact le sang de Nùmenor, celui des rois de jadis et de leur force. Pourtant, elle ne s'en approcha pas moins ; une main sur l'épaule, se penchant à son oreille : « Ne le garde pas. Retourne à Minas Tirith, on l'on a besoin de toi. »

Hoela se réveilla en sursaut ; un ronflement du Nain venait de la tirer de… ce rêve ? Mais non, comment aurait-il pu être un simple rêve ? Tout était si vrai ; et cette faculté de saisir par instants les sentiments du capitaine de Gondor ! Soit cela était, soit cela serait. Elle donna un grand coup au Nain, moitié pour l'empêcher de ronfler, moitié pour se venger. Elle s'installa plus confortablement, et se rendormit, sans songes cette fois. Elle ne savait pas que quelques jours plus tard, Faramir serait dans cette même caverne, plongé dans ses pensées, et sentirait, alors qu'un feu brûlait dans l'âtre aménagée, proche de lui, un souffle frais contre sa joue, la pression d'une main sur son épaule, et des paroles chuchotées bas, si bas, mais néanmoins tellement claires, comme si un souffle de vent lui apportant conseil.

Le lendemain, Hoela marcha, tenant Brelad par les rênes ; et elle parlait des coutumes et de l'histoire du Gondor à Eowyn :

« Nous rangeons les Hommes dans notre tradition sous l'appellation de Hommes du Haut ou Hommes de l'Ouest, qui étaient les Nùmenoriens ; Hommes du Milieu ou Hommes du Crépuscule, tel sont les Rohirrim comme vous, et vos semblables qui résident encore loin dans le Nord ; et les Sauvages, les Hommes des Ténèbres. Mais nous ne pouvons plus prétendre au nom d'Hommes du Haut ; nous sommes comme vous à présent mais avec le souvenir d'autre chose. Car nous aimons à présent la guerre et la valeur en tant que choses bonnes en soi, en même temps jeu et fin ; et quoique nous considérions toujours qu'un guerrier doit avoir d'autres talents que de manier la seule adresse à manier les armes et à tuer, nous ne l'en plaçons pas moins dans notre estime au-dessus des Hommes des autres professions » récita Hoela, ayant presque l'impression de revenir dans une clairière, assise dans l'herbe, pendant que son père lui racontait tout cela. Aragorn, qui chevauchait aux côtés des deux jeunes femmes, ajouta :

«Ainsi le veut la nécessité de nos temps ! Tel était Boromir, Homme très vaillant, considéré à ce titre comme le meilleur de Gondor. Et, pour valeureux, il l'était, certes : nul héritier de Minas Tirith ne fut, depuis maintes années, aussi courageux à la peine ; il était toujours le premier au combat, et nul n'a sonné plus puissamment du Grand Cor. » Hoela eut un sourire douloureux ; un serrement au cœur ; et en même temps un absurde sentiment de fierté. Mais n'était ce pas ce qui l'avait conduit à sa mort, ce courage et cette impétuosité ?

Eowyn, ressentant l'émotion surgie, détourna habilement la conversation :

« - Et qu'en est-il de vos traditions ? En avez-vous beaucoup ?

-Oui, mais il n'y en n'a pratiquement plus que je respecte, et que j'aie jamais respecté, avoua Hoela. Si, il en reste une, ancrée en moi, et je l'exécute sans même m'en rendre compte, machinalement, sans doute parce que je la vois depuis que je suis enfant. A chaque repas, nous nous tournons vers l'Ouest et observons un court moment de silence ; nous regardons vers ce que fut Nùmenor et au-delà vers ce qui est et sera toujours le pays des Elfes. »

A cette évocation, ce fut le Rôdeur qui s'embrunit. Et il partit un peu plus loin, rejoignant le roi.

« - Qui lui a donné ce bijou ? interrogea Eowyn.

-Une Elfe qui navigue vers les Terres immortelles avec ce qui reste des siens.

-Oh… »

Et elle changea complètement de sujet, demandant à brûle pourpoint, une lueur d'espoir dans la voix :

« -Y a-t-il des femmes guerrières en Gondor ?

-Non ! dit Hoela en riant.

-Mais vous… enfin, vous êtes là, habillée comme un de nos hommes, avec votre épée, et je sais, on me l'a dit, vous savez vous battre !

-Vous aussi. Mais en Rohan les femmes ont appris à se battre, n'est ce pas ? Pas chez nous ; c'est simplement que j'ai vécu très éloignée du Gondor pendant de nombreuses années et que mon père, n'ayant pas eu de fils, s'est fait un plaisir de m'apprendre à me battre et à monter. Si je suis ici, c'est que j'ai quitté la Cité Blanche. J'ai failli périr dans mon périple, et je me suis retrouvée chez les Elfes.

-Vous aimez cette Cité, n'est ce pas ?

-Oui ; je ne m'entendais pas très bien avec la plupart des femmes de Minas Tirith, mais les Gondoriens demeurent un peuple fier et agréable. J'aimerai voir la gloire de cette ville restaurée, que la peur déserte les rues. Car je n'ai encore rien vu de plus beau que la Tour Blanche d'Ectelion pointant vers le ciel, les bannières claquant dans le vent. »

La nostalgie s'installait ; mais Hoela eut un sourire réconfortant et prit la main d'Eowyn dans la sienne.

« Votre destin ne sera pas de rester derrière. Vous êtes une vierge guerrière des Rohirrim, fille de rois, Eowyn. Vous verrez. »

Un hurlement venu de l'autre côté d'une colline les sortit de cet instant de complicité. Aragorn arriva ; il était parti à l'avant avec Legolas « Des Ouargues, des Ouargues ! » les prévint-il. Un mouvement de panique ; les gens criaient, affolés. Hoela aperçut Legolas qui tirait ses flèches, plus loin. Elle monta rapidement en selle ; Théoden arriva :

« - Emmène ces gens au Gouffre de Helm sans perdre de temps !

-Je sais me battre, lui opposa sa nièce.

-Non ! Fais ce que je te dis ! Pour moi…»

Elle pinça les lèvres, mais obéit. Tous les cavaliers se ruèrent de l'autre côté ; la bannière du Rohan, un cheval blanc sur fond vert, flottait. Arod prit Legolas sur son dos en plein galop( mais comment a-t-il fait? J'ai regardé les films des dizaines de foiset cela me paraît toujours aussi illogique qu'il monte de ce côté...). Des Orques étaient sur le dos de grands loups, jouissant à l'avance de l'effusion de sang qu'ils allaient provoquer.

Comme à chaque fois qu'elle affrontait des ennemis, tous ses sentiments démissionnaient ; ce n'était qu'une froide raison, une logique implacable et rapide, car une seconde pouvait décider de l'issue : la mort ou la vie. Elle frappait, pourfendait, évitant les coups qui pourraient être mortels. Mais elle fut désarçonnée et s'écroula. Furieuse, elle se releva et attrapant un couteau qu'elle gardait toujours à sa taille, elle le lança sur l'Orque qui l'avait fait tomber ; il se planta en plein du dos. Elle se précipita et l'acheva rapidement, ignorant ses injures. Mais à pied, elle était en position de faiblesse. Il était temps que tout cela se termine. Ils en sortirent vainqueurs mais d'extrême justesse. Des cris de souffrance s'élevaient, les corps jonchaient le sol. Elle vit Gimli se relever, Legolas tout près du bord de la falaise qui était à pic, et qui appelait Aragorn. Le Nain , Théoden et elle le rejoignirent ; l'Elfe attrapa l'Orque qui riait sinistrement, à l'aube de son trépas.

"- Parle et j'abrégerai tes souffrances, dit Gimli.

- Il est mort, ricana la créature. Il a dégringolé de la falaise.

- Menteur," l'accusa Legolas.

Mais l'Orque mourut en un dernier éclat de rire. Dans sa main, l'Evenstar, le pendentif qu'Arwen lui avait laissé.

« Non, » dit Hoela.

Elle se pencha ; des dizaines de mètres plus bas coulait l'Anduin. Il ne pouvait pas être mort. Théoden regardait lui aussi; aucun corps à la surface.

«- Mettez les blessés sur les chevaux et laissez les morts, ordonna le roi.

- Quoi ! s'écria la jeune femme. Non, il faut descendre, il faut…

-Helm ne peut attendre ! Ils ont besoin d'aide ! objecta Théoden.

-Mais vous ne…

-Je comprends votre chagrin, mais nous devons partir. »

Elle s'apprêtait à riposter une nouvelle fois ; mais Legolas, même s'il ressentait la même chose, posa un bras apaisant. Elle se laissait trop emporter.

« Il reviendra », affirma-t-elle, remontant à cheval, et disparaissant.