Voilà, la suite, accompagnée de mes meilleurs voeux, bien évidemment, avec plein de bonnes choses pour 2006 (succès, amour, santé, argent, et tout et tout...)

Je m'excuse d'avance pour les fautes mais je viens de nager trois heures et je suis disons, un peu shootée, alors me relire est assez difficile. Encore une fois, je m'appuie plus sur le film. Pour la présence d'haldir, j'entends déjà les hauts cris des puristes: mais il est important pour la suite de mon histoire et il permet effectivement de représenter, comme le dit peter jackson lui même, que les Elfes aussi doivent se battre pour leur liberté.

Au fait, pour ceux qui aiment aussi harry potter: je viens de commencer une fiction sur cet univers, si ça vous tente de faire un tour...

karmilla: j'espère que tu as reçu ma carte de voeuxet mon message, parce qu'internet débloque un peu en ce moment ( mon ordinateur me hait, ce mysogine!). merci beaucoup pour l'adresse du site, ça n'a pas résolu mon problème ( je poste mes chapitres chez une amies, galère!) mais j'ai appris plein de choses! j'en profite pour te souhaiter une bonne année, avec surtout le succès dans ton cas, pour les épreuves anticipées du bac, je croise les doigts! Est-il besoin de le préciser? A quand la suite de ta fiction! Je l'attends impatiemment ( mais je sais que tu es en période d'examen, alors je ne suis pas trop pressente, c'est mon tour dans deux semaines, bac blanc, beurk) Je te fais de gros bisous, et t'envoie un peu de la neige qui tombe chez nous!

Chap 22 ; Le Gouffre de Helm

Elle passa par des chemins étroits pour descendre la colline ; il était absolument hors de question qu'elle abandonne le Rôdeur ; trop d'enjeux, trop de choses dépendaient de lui, de son retour… et il était son ami. Il ne l'avait pas laissé derrière lors de la mort de Boromir, alors qu'elle n'avait été qu'un fardeau, qui n'avait servi qu'à ralentir leur course. Il s'agissait d'une affaire de gratitude et d'amitié. Etait-ce si difficile à comprendre ? Le temps filait, elle s'en rendait compte, mais la descente était périlleuse, et elle progressait lentement et précautionneusement. Si Eowyn ne lui avait pas confié une aussi bonne monture, qui lui rappelait Garth, le fidèle Garth, resté à Fondcombe, elle n'aurait jamais pu ne serait-ce que tenter cette folie.

Le fleuve grondait et roulait ; l'eau était d'un bleu transparent, dans lequel la lumière s'amusait à faire briller de l'or et à créer des minuscules arcs en ciel. Elle ne pouvait imaginer la réaction qu'aurait Eowyn quand elle aurait appris qu'Aragorn était tombé. Si, elle pouvait l'imaginer. L'impression que le cœur éclate, que tout autour de soi n'a plus aucune importance. Que sa vie se réduit à néant. Qu'on n'est plus qu'une simple enveloppe. Plus d'âme. Et bientôt, les larmes montent aux yeux, elles coulent ou pas, cela dépend. Parfois, on sanglote à l'intérieur. Ces larmes là ne sont pas faites d'eau mais d'acide, et elles rongent le cœur, jusqu'à presque le consumer. Un poison qui court dans les veines. Et peu à peu, la souffrance paraît moins forte, parce que tout s'éloigne. Parce que les souvenirs se voilent. La plaie semble se refermer mais elle se rouvre souvent, oh, très peu, mais assez pour que le sang de l'amour mort suinte doucement.

Elle descendit de cheval ; mais elle n'eut pas besoin de le mener, il ne la lâchait pas . Aucun corps, et aucune trace. Soudain, elle s'arrêta. Pas parce qu'elle venait d'apercevoir son ami. Elle prenait conscience d'une chose étrange. Mis à part l'eau qui tourbillonnait en gros bouillons, sa propre respiration et celle du cheval, il n'y avait aucun bruit. Les oiseaux, en cette belle journée ensoleillée, auraient dû chanter. Or… Rien.

Elle allait s'inquiéter lorsqu'un hennissement lointain parvint à ses oreilles. Elle courut dans la direction. Hasufel poussait affectueusement un homme couché à terre. Elle se précipita ; Aragorn avait dû dévaler le fleuve, ballotté par les flots. Ses vêtements étaient trempés et il respirait avec difficulté. Elle le secoua sans ménagement ; il ouvrit ses yeux gris et plongea dans ceux, plus clairs et limpides d'Hoela.

Il cracha de l'eau ; il sortait d'un rêve. Un rêve où Arwen se serait penchée au-dessus de lui et aurait posé ses lèvres sur les siennes. Mais il n'y avait que son amie, qui souriait, une fossette creusée sur son menton.

« - Comment vous sentez vous ?

-Plutôt bien, étant donné les circonstances, dit-il en tentant de se relever.

-Je vais vous aider, Hasufel fera le reste. »

Il s'appuya sur elle ; elle l'aida à monter.

« - Vous êtes blessé ! constata-t-elle.

-Ne vous en faites pas, la rassura-t-il. Où sont les autres ?

-Ils ont dû partir. Théoden voulait arriver le plus vite possible au Gouffre.

-Et il avait raison. D'ailleurs, vous auriez dû le suivre. »

Elle rougit, et eut un air de petite fille prise en faute. Mais le Rôdeur souriait :

« -Mais je suis content que vous soyez venue. Depuis quand avez-vous quitté le groupe ?

-Le soleil était bas, il est à présent au zénith. Au moins trois ou quatre heures, mais la route est rude.

-Allons-y, le temps joue contre nous. »

Elle grimpa sur Brelad et le talonna. Ils partirent lentement ; Aragorn semblait sur le point de s'évanouir. Le sang coulait d'une de ses blessures au front. Hoela tint bon mais au bout de quelques miles, elle l'obligea à descendre pour s'en occuper. Elle coupa court à ses protestations :

« Vous ne serez d'aucune utilité en étant dans cet état ! Alors, ne bougez pas ! »

Ses mains étaient fermes, et le ton sans réplique. Il la laissa faire ; elle lava la plaie avec de l'eau tirée de sa gourde, l'essuya. Pour le moment, elle ne pouvait pas raffiner, il leur fallait attendre d'être au Gouffre Ils reprirent le chemin, un peu plus rapidement pour rattraper leur retard.

Ils firent halte alors qu'il devait être un peu moins de trois heures. Le malaise s'était infiltré ; Hoela avait la désagréable impression d'être devenue sourde. Pas un bruissement dans cette immense plaine. Pas un animal. Même pas un souffle de vent. Le monde retenait son souffle, en attente de quelque évènement. Mas ce calme était beaucoup trop profond. C'était le calme qui présageait une tempête, et plus le calme était grand, plus la tempête serait violente.

Aragorn désigna quelque chose de la main. Elle suivit la direction indiquée ; une grande armée paraissait en marche ; une armée noire et qui se déplaçait extraordinairement vite, avec des boucliers et des armures étincelantes. Ils se jetèrent tous deux le même regard, et n'eurent pas besoin de mots pour se comprendre.

Cette fois ci, ils mirent leurs chevaux au galop. Il n'y avait pas une seconde à perdre. Les sabots retentissaient et bientôt ce ne fut plus sur l'herbe mais sur d'anciens pavés. Le Gouffre apparut alors. Hoela en resta ébahie. C'était comme si on avait taillé directement dans la sombre roche des montagnes, une cité jaillie des pierres. Minas Tirith aussi paraissait avoir naquit de la montagne, mais plus à flanc. Ici, on avait quasiment creusé. « Gimli doit être à son aise » songea-t-elle. En s'approchant, elle constata l'épaisseur de l'enceinte, une face extérieure lisse, où les grandes pierres étaient si bien jointoyées qu'il était impossible d'y trouver la moindre prise pour le pied.

Des cris de joie éclatèrent, en voyant les deux nouveaux arrivants. Aragorn descendit, aidé par la jeune femme. Legolas s'avançait, mais Gimli le dépassa, et étreignit le revenant.

« Vous êtes l'Homme le plus chanceux, le plus malin et l'Homme le plus imprudent que j'aie jamais connu ! » s'écria le Nain.

Legolas se tenait devant lui, et lui tendit l'Evenstar, dont l'éclat était presque brutal. Un sourire le remercia. Il tira Hoela vers lui.

« - D'accord, vous aviez raison. Je vous dois quelque chose, badina-t-il.

-Très bien je ne l'oublierai pas, comptez sur moi. »

Elle cessa de plaisanter ; Eowyn s'était levée un peu plus loin ; dans ses yeux clairs s'était allumé une flamme, l'espoir. Hoela se détourna.

Théoden les accueillit avec chaleur. Néanmoins, Hoela le toisa, avec un air de défi qui malgré les circonstances amusa le roi.

« -Très bien, vous aviez raison. Vos amis ont de la chance de vous avoir.

-Non, c'est moi qui ai la chance de les avoir! »répliqua-t-elle vivement.

Ils l'informèrent de la situation, mais sa réaction les décontenança.

« -Une grande armée vous dites ?

-Oui, l'Isengard s'est vidé, répondit Aragorn.

-Combien sont-ils ?

-Au moins dix mille, l'informa Hoela.

-Dix milles ! s'exclama le roi.

-C'est une armée constituée dans un seul but. Détruire le monde des Hommes, ajouta le Rôdeur. Ils seront là à la tombée de la nuit.

-Et bien qu'ils viennent ! »

Et Théoden sortit dehors, en ordonnant que tous les Hommes ou jeunes garçons sachant tenir une épée soient armés, et il les mena jusque sur le haut des remparts. Il avait une confiance inébranlable dans l'invincibilité de cette place forte.

« Ils ne viennent pas anéantir les récoltes et les villages du Rohan, ils viennent anéantir son peuple ! Jusqu'au dernier enfant !» lança Aragorn. Le roi le saisit et gronda quelques paroles à voix basse qu'Hoela ne perçut pas mais elle avait compris queThéoden voulait maintenir un semblant de courage chez ses hommes prêts à basculer dans la terreur. Il aurait pu quérir de l'aide comme lui soumit Aragorn, mais il était désabusé.

«- Et qui viendra ? Les Elfes ? Les Nains ? Nous n'avons pas la chance d'avoir autant d'amis que vous. Les anciennes alliances sont mortes.

-Le Gondor répondra.

-Le Gondor, s'énerva Théoden. Où était le Gondor lorsque l'Ouestfolde est tombé ? Où était le Gondor lorsque nos ennemis nous ont encerclé ? Il n'y a qu'une représentante de ce peuple ici, et il me semble qu'elle ait quitté sa cité. »

Et il partit.

Toutes les femmes et les enfants se réfugiaient dans les cavernes, pendant que les Hommes se préparaient. Dans la salle d'armement, pourtant, ce n'étaient pas des soldats qui s'armaient. Comme le disait si bien l'Elfe et le Nain, la plupart avaient connu trop d'hivers ou trop peu. Le Rôdeur et Legolas s'attrapèrent. Pour la première fois, Legolas laissait transparaître ce qu'il ressentait vraiment. Et pour la première fois un véritable pessimisme quant à la race des Hommes et à leur vaillance.

« Regardez les. Ils sont terrifiés, ça se lit dans leurs yeux. » Tous ceux qui avaient entendu se tournèrent vers lui ; effectivement, ils étaient effrayés, mais il y avait de quoi, songea Hoela avec colère.

«- Et il y a de quoi ! Trois cents contre dix milles ?

-Ils se défendront mieux ici qu'à Edoras.

-Aragorn, c'est unebataille qu'ils ne peuvent gagner. Ils mourront tous !

-Alors, je mourai comme l'un d'entre eux ! »

Ils s'affrontèrent. Le Rôdeur leur tourna le dos et ses pas s'éloignèrent. Bientôt, il ne restait plus que la jeune femme dans la salle,et elle en profita pour se préparer. Mais la dame de Rohan la rejoignit, furieuse.

« -Pourquoi allez-vous vous battre et moi rester à l'arrière ? explosa Eowyn.

-Parce que c'est ma place, et que ma mort ne sera pas une grande perte, contrairement à la vôtre ! s'exclama brusquement Hoela. Si Théoden meurt, votre peuple se tournera vers vous.

-On croirait entendre le seigneur Aragorn, dit Eowyn avec dédain.

-Justement. Il a toujours été de bon conseil. Et vous ne devriez pas laisser vos sentiments vous contrôler.

-Mais… vous aviez dit que…

-Votre temps viendra, Eowyn, mon cœur me le dit. Et votre nom restera gravé dans les mémoires. Mais ce temps n'est pas venu. Je vous en prie. »

Eowyn se tint quoite. Elle se contenta d'observer Hoela se préparer, nouer sa longue chevelure pour ne pas être gênée, revêtir une cotte de mailles. A part ce simple élément, elle était vêtue comme son compagnon de race elfique. Mais la dame de Rohan remarqua qu'elle était un peu plus pâle que d'habitude, et que ses grands yeux bleus vacillaient.

« - Avez-vous peur ? demanda-t-elle.

-Comme toujours avant les batailles ! rit un peu tristement la concernée. Je n'ai pas peur de mourir ; juste peur de tomber dans l'oubli. Cela peut paraître stupide…

-Non. Ce n'est pas stupide. »

La jeune femme admira Hoela. L'ensemble de son accoutrement, l'épée qu'elle tenait fermement dans une de ses mains, tout ne reflétait que guerre et sauvagerie. Et pourtant, elle demeurait belle ; mais d'une beauté que, si on s'autorisait à la regarder, on n'osait la toucher. Et elle partit. La jolie brune la suivit des yeux, la rivière d'or pur disparut au détour d'un couloir.

Un cor sonna alors, la faisant sursauter. Mais ce n'était pas le son d'un ennemi. Elle se rua au-dehors ; la nuit était sombre et sans étoiles, et l'air s'était considérablement rafraîchi. Elle dévala les escaliers à la suite de ses compagnons qui l'avaient précédé. Des Elfes se tenaient là, vêtus en guerriers. Les Hommes restaient bouche bée ; ils n'avaient jamais eu l'occasion de voir des êtres si beaux, si on exceptait Legolas.

Un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme en reconnaissant le Gardien de la Lothlorien. Aragorn le serra dans ses bras ; Théoden paraissait ne pas en croire ses yeux. La foudre lui serait tombée dessus qu'il n'aurait pas réagi autrement.

Mais enfin, Hommes et Elfes se réunissaient pour combattre ; l'union faisait incontestablement la force, la division leur faiblesse. Il y avait là quelque chose d'étrange, et les Elfes devaient avoir l'impression de replonger dans une guerre, d'un passé lointain pour les Hommes mais proche pour eux, où les deux races s'étaient alliées pour mieux vaincre.

Sans prendre la peine de réfléchir, elle attrapa Haldir avec une poigne de fer, surprenante de la part d'une femme, et le serra elle aussi tout contre elle. « Je suis heureuse de vous voir ! » déclara-t-elle. Il affichait un air un peu surpris, mais aussi nostalgique. Une magicienne, il y avait très longtemps, aux grands yeux verts, à la chevelure de la même couleur que cette femme, et à la voix semblable, l'avait étreint de cette manière ; son cœur avait manqué un battement.

Hoela ne parut pas voir l'ombre de tendresse, mêlée d'une indéfectible tristesse, qui s'était peinte sur le visage de l'Elfe. Elle se sentait soulagée ; ils étaient encore en situation de faiblesse, mais un archer elfe valait au moins une vingtaine d'Orques ou elle n'y connaissait rien ! Et elle constata que ses amis s'étaient réconciliés, à voir la façon dont ils étaient proches.

Ils avaient encore quelques heures pour s'organiser. Là, Haldir apprit que Gandalf était parti quelques jours auparavant, que Frodon et Sam avaient pris la route seuls pour le Mordor, que Pippin et Merry étaient dans la forêt de Fangorn, apparemment en sécurité, et que Boromir était mort. A cette annonce, Hoela demeura de glace. Mais elle enfonçait les ongles dans ses paumes, jusqu'à presque ne plus pouvoir se retenir de hurler de douleur. Elle ne vit pas le regard interrogateur que lança le Gardien à Legolas qui hocha la tête, imperceptiblement.

Hommes et Elfes furent bientôt disposés sur le rempart. La jeune femme fut séparée de Gimli et Legolas, sans qu'elle ne sache trop comment et fut aux côtés d'Haldir. Cette fois, l'armée envoyée d'Isengard étaient à leurs portes; des cris sauvages éclataient, promesses de souffrance et de trépas. Les armes s'entrechoquaient. Face à cette débauche de violence, la peur. Hoela pouvait la sentir, une peur qui imprégnait la plupart des combattants, du côté des Hommes. Mais elle savait qu'ils n'abandonneraient pas, et se battraient jusqu'au dernier.

Un grondement de tonnerre ; un éclair déchira le ciel, projetant une lumière blafarde et éclairant un instant les ennemis. Un second éclair et la pluie commença à tomber, fine, glaçante. Le ciel pleurait-il à l'avance ce qui allait se produire ?

La voix d'Aragorn s'éleva :

« N'ayez aucune pitié car ils n'en n'auront aucune. »

Tout le monde assimila ses paroles ; la pitié ? De toute façon, Hoela devait bien l'admettre, devant ses adversaires, elle n'en n'éprouvait aucune. Nul besoin de conseils dans ce domaine. La partie froide et calculatrice de son être prendrait le relais, guidant sa main, la menant à la gloire ou à la mort. L'une comme l'autre étaient aussi tentantes. Parfois, durant ces longues semaines, elle avait réfléchi comment elle aurait pu rejoindre Boromir. Mais chez elle, l'instinct de survie était développé et si la main qui avait tenu le poignard prêt à s'enfoncer sous le sein gauche, promettant une mort immédiate, ne tremblait point, sa raison avait failli. Quelque chose en elle voulait vivre, voulait que ce soit la vie qui gagne. Ou peut-être était ce qu'elle ne voulait pas périr de cette façon ; lâchement.

Le bruit des arcs qui se tendaient la sortit de ses pensées ; les archers étaient prêts. Ceux d'en face ne bougeaient plus. Le même silence qui avait pesé sur la vallée quelques heures plus tôt, seulement quelques heures, cela lui paraissait des jours !

Mais elle sut que sa place n'était pas au milieu des Elfes, si grande soit leur compagnie, c'était auprès de ses amis qu'elle désirait être, quelle que soit sa fin. Elle donna un petit coup au Gardien.

«- Je vais les rejoindre Haldir, chuchota-t-elle, presque honteuse de rompre le silence.

-Faites attention, dit-il.

-Je vous le promets. On se reverra bientôt. »

Il s'apprêtait à lui sourire mais son expression se figea. Ses yeux bleus, d'un crépuscule d'été, étaient portés vers l'encolure de la tunique de la jeune femme où brillait une mince chaîne d'or. Il blêmit :

« - Où est le collier de votre mère ? demanda-t-il, pressant, lui prenant le bras.

-Je l'ai laissé à quelqu'un qui en avait plus besoin que moi. Lâchez moi, Haldir! »

Il lâcha le bras, mais tandis qu'elle s'éloignait, elle l'entendit crier pour couvrir le bruit de la pluie, du vent « Hoela, ce collier, il faut… » Mais la suite se perdit dans la nuit noire, et dans l'attente du coup d'envoi, elle n'y prêta pas plus attention, même si le ton, à la fois légèrement affolé et réprobateur, était surprenant chez un Elfe, et qu'il aurait dû l'interpeller. Malheureusement pour elle, elle paierait cher cette omission.

Elle retrouva Gimli sautillant sur place, pour tenter de voir ce qui se passait de l'autre côté du mur. Legolas fut surpris ; il ne dit rien, se contenta de prendre la petite main dans la sienne et de la presser amicalement. Toujours la même attente. Les deux camps patientaient.

Une flèche fut soudain décochée, de leur côté mais trop tôt. Il y eut un instant de flottement, et les Orques se ruèrent sur les murs, prêts à faire choir le Gouffre. Les échelles furent hissées, et malgré les flèches, malgré ceux qui repoussaient les échelles, les premiers Orques parvinrent tout en haut.

L'un d'eux arriva juste en face d'Hoela. Elle posa un baiser sur la lame de son épée. « Si nous tenons jusqu'à l'aube, nous serons sauvés ! Car la lumière est notre alliée. » Ce furent ses dernières pensées sensées avant qu'elle ne donne son premier coup d'épée.