Voilà, voilà, je ne serai pas longue... Tout d'abord, mille fois désolée de ne pas avoir postée avant, je suis impardonnable, surtout que je suis en vacences, mea culpa, mais les révisions du bac commencent, alors vous m'en voudrez moins (j'espère!). la mort de mon héroïne vous affecté, je suis cruelle! mais... car il y a un mais..;
Ici, je me suis aussi bien inspirée du film que du livre. Encore une fois, désolée pour les fautes éventuelles et merci pour vos reviews.
N'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez... bonne lecture
Chap 29 ; Les dernières larmes
De cet affrontement devant Minas Tirith, il restait un immense champ de bataille couvert de cadavres. Le soleil qui avait réussi à percer le ciel sombre du Mordor déclinait, une douce lumière orangée faisant scintiller les mares de sang. Là où les enfants de la Cité jouaient autrefois à se cacher dans les hautes herbes, il ne régnait plus que la mort et la peine.
On cherchait les siens ou on les enterrait. Un hurlement de douleur et de chagrin retentit ; Aragorn, qui venait de libérer son armée fantôme sans qui il n'aurait pu arracher la victoire se retourna. Eomer courait, lâchant ses armes, le visage ravagé. Il se jeta à terre, à genoux, devant un amoncellement de cadavres duquel il tira un corps. Avec horreur, Elessar le vit soulever une femme aux longs cheveux blonds. Son cœur se glaça. Eowyn.
A ses côtés reposait Merry, la main gauche crispée sur son poignet droit, une grimace de souffrance sur le visage. . Tous deux étaient atteints par cette ombre noire, qui entraînaient ceux qui l'avaient subie à une mort lente, aussi lente et irréelle qu'un rêve. On les amena aux maisons de Guérison, sous les lamentations ; Gandalf, et tous les compagnons de la Communauté suivaient. Il était dit que les mains de roi pouvaient sauver de telles plaies et Aragorn s'y employa avec l'athelas. On se souvenait encore dans la Cité de cette fable de bonne femme, que l'on chantait au coin du feu:
Lorsque qu'arrive le souffle noir
Que croît l'ombre de la mort
Et que toute la lumière passe
Viens athelas ! Viens athelas !
Vie pour le mourant
Dans la main du roi contenue
Le souffle de Faramir se fit bientôt plus profond, plus paisible et sa fièvre baissa. Merry reconnut Pippin à l'instant même où Aragorn l'arrachait de ce long sommeil macabre, et il lui sourit, un sourire las mais serein.
Eowyn fut la plus difficile à ramener de ce songe mortel. Elle finit par ouvrir les yeux, pleins de tristesse et de désespoir. Elle se détourna du futur roi, ne supportant pas sa vue qui lui rappelait son amour déçu.
Gandalf, qui assistait aussi le Rôdeur se rendit compte qu'il n'avait pas vu Hoela. Pourtant, elle aurait du les accueillir dès le début. Il attrapa doucement une jeune fille et lui demanda :
« - Auriez vous vu Hoela ?
-Non, monsieur. »
Il réitéra sa question à toutes les guérisseuses, mais aucune ne put lui répondre. Soudain, une adolescente, presque une fillette, lui dit de sa voix cristalline, qui tremblait un peu :
« -Elle est partie.
-Comment cela, partie ? demanda Legolas, d'une voix forte.
-AU milieu de la nuit, lorsque la bataille faisait rage. Je l'ai vu se précipiter vers la porte et elle n'est pas revenue depuis. »
Gandalf pâlit. Non, elle n'aurait pas osé lui désobéir…Il jeta un regard alarmé aux autres et sortit précipitamment.
Il se rendit dans la maison de la tante d'Hoela, dans la chambre qui avait été la sienne. Il trouva la robe bleue abandonnée, froissée et roulée en boule. L'épée de son père n'était plus là. Un pressentiment l'envahit; elle s'était battue. Il rassembla ses amis, laissant Aragorn au chevet des malades. Il fallait la retrouver. Merry, malgré les recommandations, tint à venir avec eux. Il tenait à peine sur ses petites jambes mais son cousin vint le soutenir, prêt à lui être serviable à la moindre occasion.
Ils sortirent de la ville, pour battre les champs de Pelennor. Des tertres commençaient à être élevés ça et là. Des bûchers pour les corps des ennemis brûlaient, répandant une âcre et lourde fumée noire. De petites étoiles commençaient à piqueter le ciel, faibles lueurs d'espoir mais qui rendaient malaisées les recherches de ceux que l'on aimait. Les champs étaient immenses et si on n'avait pas dégagé la plupart des cadavres, ils auraient pu y passer des jours.
Legolas allait et venait, retournant tous les morts, la peur au ventre de finir par la découvrir ; tout d'un coup, portant son regard au loin, il se raidit. On eu dit qu'il était gelé sur place. Il courut, bousculant Gandalf, manquant de trébucher sur des membres ou sur des armes.
« Vous avez trouvé quelque chose ? »éructa le Nain, qui tenta de le suivre au même rythme, en vain.
Ils rejoignirent l'Elfe qui était déjà arrivé vers elle. Il ramassa le corps mince, appuyé contre un cadavre de cheval ; il l'avait reconnue à la longue chevelure d'or roux que nimbait la dernière lumière du jour. Il la souleva, la tête fragile partit à l'arrière. Il la reposa ; elle ne respirait pas . Une large tache rouge s'étalait sur la tunique. Ils avaient fait un cercle autour d'elle ; le couteau qui l'avait transpercée était dans l'une de ses mains fines. Ses superbes yeux clairs étaient ouverts, mais ternis . Jamais elle n'avait été plus belle qu'en cet instant ; le temps semblait avoir arrêté sa main sur elle. Le visage aux pommettes hautes était apaisé, la peau ivoirine, les cheveux ceints en bandeaux sombres. La mort était passée et avait jeté son dévolu sur elle.
Pippin et Merry pleuraient silencieusement devant leur amie ; Gimli avait rabattu son capuchon, pour dissimuler sa face. Et pour la première fois, Legolas ne ressemblait plus à un Elfe impassible ; la souffrance imprégnait ses traits et ses yeux hurlaient à l'injustice. Gandalf s'agenouilla et posa sa main sur le front et murmura quelques paroles. N'eussent été la poitrine qui ne se soulevait pas et les iris fixes, on eut pu la croire endormie. Soudain, il remarqua la mince chaîne d'or au cou. Il sursauta :
« - Mais… où est le pendentif de sa mère ?
-Elle l'a donné à Boromir pour son voyage vers la Mer, dit Gimli, sombre. Et maintenant, elle l'a rejoint.
-Non ! s'écria Pippin, la voix rauque, entrecoupée de petits sanglots. Le fleuve l'a rejeté, en même temps que le cor fendu !
-En êtes vous sûr ? interrogea le magicien, pressant.
-Oui. Faramir l'a gardé autour de son propre cou, lui assura le Hobbit.
-Par les Valars… Legolas, relevez vous ! Prenez la et portez la jusqu'aux maisons de guérison !ordonna le magicien.
-Mais Gandalf… elle est morte.
-Faites ce que je vous dis ! »
Legolas la prit dans ses bras ; lorsqu'il parvint aux maisons de guérison, Eowyn pouvait se tenir debout, et elle s'affligea en reconnaissant Hoela. Elle fut placée sur une couche basse ; tous ses compagnons s'étaient approchés, Aragorn le premier, Eowyn tout près.
Ils contemplaient tous le corps sans vie. La nuit était noire à présent, mais de multiples chandelles avaient été allumées, qui faisaient danser les ombres contre les murs et projetaient une douce lueur. Gandalf arriva, suivit de Faramir, le bras en écharpe, qui jeta un regard à la dérobée à Eowyn. Gandalf fit venir un guérisseur et lui ordonna de faire un bandage. Le vieil homme, barbu, aux cheveux encore bruns parsemés de fils blancs, au tablier couvert de sang, s'exécuta. Il demanda aux spectateurs de se retourner. Il déshabilla complètement la jeune femme, nettoya la blessure, et l'entoura du bandage avant de lui repasser la chemise blanche, tachée elle aussi.
« Vous pouvez vous retourner ».
Le magicien se pencha sur Hoela ; il tenait le pendentif que Faramir venait d'enlever. Il ôta la chaîne d'or qu'il enroula autour du mince poignet, et il remit le collier à sa place d'origine, en prenant soin de l'accrocher délicatement. L'émeraude parut s'illuminer de l'intérieur, jusqu'à se transformer en une pierre incandescente.
Le silence planait ; personne ne comprenait ce que cherchait à faire Mithrandir. La lumière du bijou commença à décliner,une flamme qui se mourrait . Legolas crut alors voir bouger la main de la jeune femme ; mais il se frotta les yeux, pensant avoir été abusé par un jeu d'ombre. Le pendentif s'éteignit complètement ; à cet instant, les cils bordant les yeux clairs papillonnèrent et elle se cambra, prenant une profonde inspiration, comme une personne privée d'air depuis longtemps. Gandalf sourit, les autres demeuraient incrédules :
« -Gandalf ? chuchota-t-elle en regardant autour d'elle. Je marchai dans l'ombre… tout était si noir. Si sombre. J'étais perdue."
Les larmes coulaient sur ses joues amaigries. Mais un mince sourire se dessina sur le visage, qui abandonnait peu à peu sa couleur blême de cadavre.
"Eithne savait ce qu'elle faisait en vous laissant ceci, dit le magicien en effleurant le bijou. Elle ne voulait pas laisser sa fille sans défense dans un monde qui était proche de basculer. »
Elle hocha la tête. Oui, sa mère avait toujours su ce qu'elle faisait. Elle avait placé une grande confiance dans sa fille et son avenir, sachant que celle-ci viendrait à Fondcombe. Elle avait pris un grand risque, mais elle avait eu foi en sa lignée. Cette nuit là resta gravée dans la mémoire des Hommes pour la résurrection des deux jeunes femmes ; mais également dans la mémoire des Elfes, car jamais Elbereth ne fut plus brillante qu'en cette nuit.
Le lendemain matin, Hoela se réveilla la tête lourde. Elle posa ses pieds sur la pierre froide et poussa un gémissement de douleur. Sa blessure l'élançait. Elle s'approcha de la fenêtre ; la pluie tombait, doucement, lavant le champ de tout son sang et de toutes ses cendres, emportant avec elle les cris, la mort. Elle frissonna et porta la main à son cou. Ses doigts butèrent contre le pendentif de sa mère. Elle l'ôta ; la pierre avait perdu tout son éclat. Un toussotement la fit se retourner ; Faramir, l'épaule bandée, portant une simple chemise de coton blanche, était appuyé contre une colonne. Elle s'avança.
Faramir la serra contre lui et se nicha contre son épaule, en prenant garde de ne pas effleurer le bandage. Ilsdemeurèrent un moment ainsi, sans bouger, se gorgeant l'un de l'autre. Ils se séparèrent. Il tenait encore le poignet gauche dans une de ses mains et il toucha la chaîne d'or. Elle hésita :
« Boromir m'a sauvé une fois, en refusant que je vienne avec lui. La deuxième fois en me faisant comprendre que je devais vivre ma vie. »
A ces mots, les larmes montèrent aux yeux du jeune homme. Il eut un sourire forcé et il murmura à voix basse :
« Il t'aimait. »
Ce n'était pas une question mais une affirmation. Elle hocha la tête.
Quelques heures plus tard, Aragorn la fit quérir. Elle entra dans la froide salle du trône, marchant lentement. Legolas se précipita vers elle pour l'aider et lui offrit une chaise sur laquelle elle se laissa tomber. Elle resserra les pans de la cape d'un rouge intense en velours qu'on lui avait prêtée, pour se réchauffer. Elle était faible, et ce froid qui la rongeait ! Gimli fumait une pipe, installé sur le fauteuil de Denethor ; Eomer et Legolas se tenaient debout, près de l'estrade, pendant qu'Aragorn faisait les cent pas.
« Frodon est passé au-delà de ma vision » annonça Gandalf. Il faisait de peits pas, les mains dans le dos.
« -Les ténèbres s'épaississent.
-Si Sauron avait l'Anneau, nous le saurions, remarqua Aragorn, les bras croisés.
-Ce n'est qu'une question de temps, lui objecta le vieillard. Il a subi une défaite c'est vrai, mais derrière les murs du Mordor, notre ennemi se regroupe.
-Et bien, qu'il y reste ! s'écria Gimli. Et qu'il y pourrisse ! Pourquoi s'en soucier !
-Parce que dix mille hommes se tiennent entre Frodon et la montagne du destin. »
Là-dessus, il y eut un soupir général. Hoela se mordit les lèvres, et tortilla une mèche de ses longs cheveux, une habitude qu'elle avait prise quand elle était à la recherche d'une idée.
« -Je l'ai envoyé à la mort, murmura le magicien.
-Non, il y a encore de l'espoir pour Frodon. De quoi a-t-il besoin ?
-C'est évident, dit la jeune femme, en haussant les épaules. De temps et d'un chemin sûr pour parcourir les plaines de Gorgoroth.
-Exact. Et cela, nous pouvons le lui donner.
-Comment ?
-En attirant les armées de Sauron Gimli ! En vidant ses terres ! Rassemblons toutes nos forces et marchons sur le Mordor !
-Nous n'obtiendrons pas la victoire par les armes, dit Eomer en s'avançant.
-Pas pour nous. Mais nous donnerons à Frodon sa chance si l'œil de Sauron reste braqué sur nous. Rendons le aveugle à toute autre chose en mouvement.
-Une diversion, lâchèrent Legolas et Hoela d'une même voix, avec un sourire.
-Une mort certaine, de faibles chances de succès… Qu'attendons nous ? demanda Gimli, les yeux malicieux en recrachant de plus belle de la fumée.
-Sauron soupçonnera un piège. Il ne mordra pas à l'appât, affirma Mithrandir.
-Oh, je crois que si, » acheva Aragorn avec un étrange rictus.
Les sourcils d'Hoela montèrent à l'assaut de son front, comme à chauqe fois qu'elle était surprise. Aragorn lui jeta un regard, comme si elle pouvait connaître ses plans. Puis, l'écho d'une rumeur de la Cité, une rumeur qu'elle avait entendue juste avant la bataille, les éclairs que l'on percevait parfois venant de la haute tour où Denethor passait des nuits entières. Ajouté à cela, le récit de Gandalf et le bûcher de l'Intendant, qui avait brandi un Palantir. Il avait été abusé, et bien que trop grand pour être soumis à la volonté de la Puissance Ténébreuse, il n'en voyait pas moins que ce que cette puissance décidait de lui montrer. La connaissance qu'il en obtenait luiavait étésouvent utile, mais la vision de la force du Mordor avait nourrit le désespoir de son cœur au point de détruire sa raison.
Aragorn était le futur roi ; il avait décidé d'affronter le Palantir et de provoquer Sauron. Hoela ne sut jamais ce qu'il y vit. Mais il revint le visage défait et complètement bouleversé.
Le départ était fixé deux jours plus tard, de quoi profiter de ses amis. Ils allèrent dans le jardin, se promenèrent et conversèrent, jouissant d'un bref instant de la paix et du repos sous le soleil du matin. Ils finirent par s'asseoir sous un saule, qui leur procurant une ombre fraîche.
Elle écouta l'histoire de Merry, de Gimli, de Pippin et de Legolas. Leurs voix s'entremêlaient avec des exclamations, des questions, des rires et des instants de tristesse. Elle ne retint vraiment que quelques nouvelles ; la mort de Forlong, de Duilin, de Hirluin, de Grimbold, d'Halbarad, et de tant d'autres, héros connus ou ignorés. Mais la disparition de Théoden lui causa un réel chagrin, un de plus. Et elle ne put que remarquer avec quelle voix nostalgique Legolas parlait des plaintes des mouettes qu'ils avaient entendues et qu'il ne parviendrait jamais à oublier. Toutes ses pensées et son cœur étaient tournés vers la Mer à présent, qu'il devrait un jour traverser pour rejoindre les siens.
Ce qu'il restait des troupes fut assemblé entrois ou quatre heuresle surlendemain. Hoela, à sa grande colère et sa grande honte, ne pouvait les accompagner. Tous furent obligés d'admettre qu'elle se remettait très vite car sa voix avait retrouvé toute sa superbe tandis qu'elle hurlait qu'elle ne resterait pas ici. Il fallut les forces conjuguées d'Aragorn, de Gandalf et de Faramir pour lui faire lâcher prise, ce qu'elle fit avec une évidente mauvaise grâce. Elle écourta les adieux, se contentant de leur souhaiter bonne chance et dans un élan d'optimisme un peu enfantin, de dire à Frodon, dès qu'ils l'auraient trouvé, qu'elle pensait à lui. Les trompettes retentirent, et les troupes se mirent en marche. Elle retourna aux Maisons de Guérison, où, d'une fenêtre donnant sur l'Est, Eowyn assistait au départ.
Les jours passèrent, sans la moindre nouvelle , et la crainte commença à s'insinuer de nouveau. Hoela se soignait. Finalement, une fin d'après midi, elle prit son courage à deux mains pour se rendre dans une pièce où elle n'avait osé aller jusqu'à présent, malgré les sollicitations de Faramir.
La chambre de Boromir. Une faible odeur flottait dans l'air. Un parfum indéfinissable, le cuir mêlé à la terre. Tout était intact. Denethor n'avait pas voulu toucher à la chambre de son aîné et l'avait laissée dans le même état que le jour de son départ. Elle effleura le lit où il s'était un jour couché, où il avait rêvé, à elle peut-être ? Il y avait peu de meubles, mais tout était riche. Elle ouvrit un coffre en bois et en tira une tunique. Elle la serra contre son sa poitrine et la respira. Mais elle ne trouvait pas ici ce qu'elle avait aimé chez lui. Elle aurait voulu sentir son coeur battre tout contre elle, ses lèvres sur les siennes…Elle referma le coffre en un claquement sec.
Un grand balcon donnait sur la plaine ; le soleil brillait faiblement, et un arc en ciel illuminait la vallée. Tout était d'une beauté calme et apaisante. Un peu plus bas, une cour intérieure, où elle vit Eowyn et Faramir. Ils passaient beaucoup de temps ensemble ; elle ne les blâmait pas. Elle savait que sa propre compagnie n'était pas très agréable. Elle avait besoin de solitude, d'une immense solitude pour faire le point. Pour savoir ce qu'elle voulait faire. Elle sourit en voyant le couple ; Faramir était le seul qui avait réussi à convaincre la Rohirrim de rester tranquille et de ne point se rendre au combat. Hoela avait essayé de la dissuader. Mais étant elle-même folle de rage de ne pouvoir participer à la dernière bataille, ses arguments n'avaient rien eu de convaincants. Les deux femmes avaient regardé les troupes s'éloigner en direction du Mordor. Hoela avait suivi ses amis des yeux. Pippin derrière Gandalf, Merry derrière Eomer, et Gimli derrière Legolas. Et Aragorn bien sûr, le seul qui avait pu rassembler le courage de ses hommes. La bannière du Gondor flottant dans le vent, qu'elles avaient regardé disparaître...
Son attention se reporta sur le couple. Eowyn était tout simplement royale dans cette mante bleue clair, rehaussée d'étoiles brodées, ses longs cheveux blonds cascadants sur ses frêles épaules. Faramir et elle avançaient au même pas. Hoela retint son souffle. Ils s'arrêtèrent, tous deux devant la vallée. La main de la jolie blonde se glissa dans celle du jeune homme et leurs doigts se resserrèrent. Elle appuya sa tête contre son épaule.
Hoela ressentit un profond sentiment de jalousie qu'elle tenta d'étouffer. Voir leur amour naître était douloureux car cela lui rappelait chaque jour ce qu'elle avait perdu. Elle quitta la chambre de Boromir pour se rendre dans la salle des tombeaux ; Faramir lui avait expliqué que son frère aimait se rendre là pour réfléchir, trouvant une paix et une sérénité, veillé par les rois et les intendants de jadis. Elle s'approcha d'une statue de femme qui avait été érigée pour Finduilas, la mère des deux garçons, l'épouse tant aimée de Denethor. Le sculpteur avait réussi à rendre l'éclat de sa beauté mélancolique. Hoela prit le collier d'Eithne et l'accrocha au cou de la femme de pierre. Personne n'oserait l'y enlever, elle en était convaincue. Elle parla, d'une voix hésitante :
« Ma mère m'a donné une deuxième chance, pour refaire ma vie. Vais-je la gâcher ? Tu me l'as dit toi-même Boromir. Regretter les morts et vivre dans leur souvenir ne les as jamais fait revenir. Tu avais raison. Ma vie m'appartient, et je n'ai pas envie de la gaspiller. »
Elle pleurait en disant cela ; mais ces larmes n'étaient pas amères. Pour la première fois, elles étaient sereines et sans véritable tristesse.
Il y eut un cri perçant qui la fit sursauter. Elle se retrouva dehors, le vent soufflait à grandes rafales. Un des grands aigles, venant de l'Est apportait des nouvelles des seigneurs :
Chantez maintenant, ô vous, gens de la Tour d'Anor,
Car le royaume de Sauron est fini à jamais,
Et la Tour Sombre est jetée à bas.
Chantez et réjouissez-vous, ô vous, gens de la Tour de Garde,
Car votre guet n'a pas été vain,
Et la Porte Noire est brisée,
Votre Roi l'a franchie
Et il est victorieux.
Chantez et soyez heureux, ô vous, enfants de l'Ouest,
Car votre Roi reviendra,
Et il résidera parmi vous
Tous les jours de votre vie.
Et l'arbre qui fut desséché sera renouvelé,
Et il le plantera dans les hauts lieux,
Et la Cité sera bienheureuse.
Chantez, ô vous tous
OoOoOoOoOoOoOo
Je vous ai bien eus! Je n'allais pas la faire mourir tout de suite, j'aurai eu trop de peine! Bisous à tous
