hem, hem... Je ne sais plus où me mettre quand je vois le retard que j'ai pris dans cette fiction! Je fais mille excuses à mes lecteurs, j'espère qu'ils me pardonneront! Mais dès les résultats du bac (mention très bien, ça paie de travailler!), j'ai enchaîné avec les concours pour entrer en sciences politiques, ce qui représente une grosse charge de travail. Après, je suis partie en vacances (la lointaine Ecosse, le haggis, le brouillard, les kilts, ah, les kilts, lol) et dès que j'ai appris mon admission à sciences po, j'ai du me chercher un appartement sur strasbourg, et enchaîner avec mon job d'été!
Enfin bref, voilà le chapitre 31, avec mes excuses et mes voeux d'encouragements pour tous ceux qui ont repris.
La fin de la fiction arrivera avant mercredi prochain, car je déménage ensuite et je ne sais pas quand j'aurai de nouveau Internet. Il reste encore un chapitre et un épilogue avant les adieux, même si j'ai déjà commencé une nouvelle fiction à propos de la Terre du Milieu, mais chut! C'est un secret, lol.
Je vous embrasse, et vous souhaite une bonne lecture! N'oubliez pas les reviews!
Chap. 31 ; Le quatrième âge
Le lendemain, une grande compagnie se mit en marche vers le Nord. Les rois de Gondor, de Rohan, Frodon et Sam chevauchant aux côtés d'Aragorn, Pippin avec les cavaliers de Gondor, Gandalf sur Gripoil, Merry sur le chariot doré où reposait le corps du défunt souverain, Hoela, Legolas et Gimli en tête, Arwen et son père, Faramir et Eowyn. Tous emmenaient Théoden, roi de Rohan, dans sa dernière demeure, parmi les siens.
Sans hâte et en paix, ils passèrent en Anorien, et dans la Forêt Grise sous l'Amon Dîn. Enfin, après quinze jours de voyage, ils foulèrent l'herbe verte des champs de Rohan et parvinrent à Edoras. Les Hommes de la marche préparèrent les funérailles du roi ; il fut déposé dans une maison de pierre, avec ses armes et maintes autres choses ; et au dessus de lui fut élevé un grand tertre. Ainsi, ce furent huit tombeaux qui s'élevèrent sur le côté oriental du champ des Galgals.
Tous les cavaliers de la maison d'Eorl entonnèrent le chant qu'avait composé Gléowine le ménestrel, qui n'en fit plus d'autre par la suite. Même ceux qui ne connaissaient pas la langue furent émus par les accents lents et mélancoliques. Eowyn et Hoela s'avancèrent, vêtues de noir, leurs deux chevelures torsadées, et leurs deux voix s'élancèrent vers le ciel, en langue commune , l'une claire comme l'eau du ruisseau, l'autre profonde et grave comme le torrent déchaîné.
Hors du doute, hors des ténèbres, vers le lever du jour
Il chevaucha, chantant dans le soleil et l'épée hors du fourreau.
Il ranima l'espoir et dans l'espoir il finit ;
Au dessus de la mort, au dessus de la peur,
Au dessous du destin élevé,
Hors de la ruine, hors de la vie, vers une durable gloire.
Dès que le chant mourut, Merry, qui se tenait en larmes au pied du tertre cria :
« Théoden roi, adieu ! Vous fûtes comme un père pour moi, pour un temps trop bref ! Adieu ! »
Dès que les pleurs se furent calmés, on se rassembla dans la grande salle du château d'or. Là, Eowyn, blonde et blanche, ayant revêtu une robe couleur de neige, tendit la coupe des seigneurs à son frère, qui fut proclamé roi. Eomer se leva :
« Ecoutez donc mes hôtes, belles gens de maints royaumes ! Faramir, Intendant de Gondor et Prince d'Ithilien par la grâce d'Elessar, demande pour épouse Eowyn de Rohan et elle lui accorde sa main de grand cœur. Leur foi sera donc engagée devant vous tous. »
Il y eut des applaudissements et le couple s'avança, auréolé de leur bonheur neuf. Eowyn se tourna vers Aragorn, demandant sa bénédiction, qui lui dit, avec un grand sourire :
« Je t'ai souhaité la joie dès le premier jour où je t'ai vue. C'est une guérison pour mon cœur de te voir maintenant dans la félicitée. »
Hoela serra son amie dans ses bras et avec des larmes dans la voix, elle lui souhaita beaucoup de joie. Faramir reçut la même étreinte à la fois tendre et brusque. Il la lui rendit, songea à l'enfant qu'elle avait été, à la première fois qu'il l'avait rencontrée, lors de la fête du printemps, gracile et timide dans sa robe rouge. Elle était devenue femme, au sourire serein, aux yeux gardant une ombre de tristesse.
La nuit tomba, apportant un peu de fraîcheur. Les chants et les danses commencèrent. Les rires s'élevèrent, la gaieté fêtait mieux que n'importe quoi d'autre leur victoire, et l'hommage à leur roi défunt.
Hoela se rendit sur la terrasse. Le vent du Sud soufflait doucement, apportant une odeur de paille, et de fleurs odorantes. Le ciel était clair et dégagé, la lune pleine éclipsait les étoiles, qui mouchetaient la voûte. Elle sursauta en sentant des bras l'entourer.
« Legolas ! Je sais qu'un Elfe ne peut qu'avancer en silence, mais ne me fais plus jamais ça ! »S'exclama-t-elle, sans se retourner. Un rire lui répondit, aussi léger que ses pas. Ils restèrent un long moment sans prononcer un seul mot, écoutant les bruits qui venaient de la salle. Elle se tourna vers lui, se mit à ses côtés et lui prit la main.
« -Tu te souviens la première fois que nous étions ici ? L'espoir semblait si ténu ! On ne voyait plus les étoiles, l'ombre du Mordor s'étendait, rien ne pouvait l'arrêter. Nous nous tenions ici, avec Aragorn et nous ne pouvions que regarder la catastrophe qui s'annonçait. Qui aurait pu penser que nous en serions là aujourd'hui ! Tu te souviens ?
-Je me souviens que tu étais belle et malheureuse. Malheureuse à vouloir en mourir pour ne plus souffrir. Qu'il n'y avait plus de place pour le bonheur ou l'espoir chez toi. Qui aurait pu penser que j'en serai là aujourd'hui ? »
Elle sourit, et serra sa main un peu plus fort, dans une pression affectueuse. Elle frissonna ; il rentra, retrouvant Gimli, son inséparable compagnon, mais elle voulut demeurer dehors un peu plus longtemps. Elle se laissa glisser contre un mur, ramena ses genoux sous son menton. Frodon la rejoignit, toute petite silhouette, et s'assit tout près d'elle. Leurs yeux bleus se croisèrent. Il baissa la tête et regarda vers l'horizon. Ses joues étaient creusées, ses pommettes hautes. Ses cheveux sombres et bouclés encadraient son pâle visage.
« - Où irez vous ? demanda-t-il, d'une voix un peu enrouée.
-Je ne sais pas. Eowyn et Faramir veulent que je les rejoigne en Ithilien, Arwen et Aragorn veulent que je vienne en Gondor, où je pourrais revoir Celeborn et Galadriel. Legolas fera ce que je lui demanderai. Mais je sens que je dois poursuivre ma route ailleurs. Pourquoi pas en Comté, plaisanta-t-elle.
-Vous seriez la bienvenue ! sourit-il.
-Je le sais. Mais… je n'ai pas de chez moi. J'aurai accompagné Legolas parmi les siens mais les Elfes vont tous quitter la Terre du Milieu, c'est inéluctable. Le temps des Hommes est venu, celui des magiciens et des Elfes révolu. Ils prendront tous le bateau pour se rendre aux Havres Gris. Et moi, que ferai je ? je n'appartiens ni à la race des Hommes ni à celle des Elfes. Legolas attendra ma mort pour retrouver les siens ou il périra comme Arwen, découvrant l'amertume de la vie de mortel. »
Puis, elle tendit la main dans l'encolure de la chemise du Hobbit. Au bout d'une chaîne d'argent était accrochée une gemme blanche, de l'art elfique. Elle savait ce que cela signifiait. Frodon pourrait passer à l'Ouest s'il le désirait. Arwen lui en avait fait présent, renonçant définitivement à son immortalité. Il pourrait échapper à ses peines.
Le lendemain fut le jour des séparations, celui qu'Aragorn avait tant repoussé, refusant de dissoudre la Communauté. Mais les adieux devaient être faits. Hoela, malgré les demandes pressantes de ses amis, avait décidé de s'en aller loin. Elle voulait retourner à Fondcombe, là où tout avait vraiment commencé pour elle. A cette demande qu'elle fit à Elrond, un profond soupir de nostalgie lui répondit.
« - Ce n'est plus le lieu de lumière et de sérénité que vous avez connu Hoela, et ce ne le sera jamais plus. Nous partons tous à l'Ouest, pour ne plus revenir.
-Je le sais, vous et Gandalf. Les elfes et les magiciens désertent la Terre du Milieu. Le troisième âge était le vôtre, celui qui commence celui des hommes. Mais je ne suis pas immortelle, Elrond. Je veux vivre là bas. Je ne veux pas mourir sans y être retournée. Il n'y aura que le vent, les plantes, le soleil, la forêt, et vos demeures. Moi et Legolas, s'il supporte cette captivité. En fermant les yeux, j'entendrai les échos de vos voix entre les murs, le bruissement de vos atours, la pureté de votre musique. En regardant les vestiges de vos habitats, je me souviendrai de votre art ; en contemplant vos tableaux, je me souviendrai de votre beauté. Les Elfes ne seront pas morts tant qu'il restera des gens pour se souvenir d'eux.
-Si telle est votre volonté Hoela, vous êtes autorisée à y demeurer tant que vous le désirerez. Vous connaîtrez le bonheur, mais j'ai bien peur que vous ne trouviez jamais la paix.
-Certes. Je suis une guerrière, n'est ce pas ? Mais je reprendrai les mots de Dame Eowyn. J'ai eu le droit de me battre pour ceux que j'aimais, j'ai prouvé ma valeur au combat, et les enfants se rappelleront de mon nom, du moins durant un temps. Je ne veux plus être reine, je veux être moi. »
Le départ fut déchirant. Eowyn ne voulait pas la laisser partir, Faramir encore moins. Elle était la dernière personne, avec son enfant, qui la rattachait à son frère. Gimli cacha ses larmes, toussotant et déclarant qu'il avait simplement les yeux irrités. Elle serra Merry et Pippin tout contre son cœur, souriant de leur accoutrement. L'un resterait parmi les gardiens de la Cité et l'autre du côté de Rohan. Sam lui tendit un bouquet de fleurs sauvages ; en bon jardinier, il avait choisi les plus résistantes et les plus odorantes. Elle masqua son trouble en respirant à plein poumon l'enivrant parfum. Elle s'inclina devant Arwen et Aragorn. La descendante de Luthien eut un sourire mélancolique et déclara :
« Nous nous reverrons mon amie. Mon cœur et ma tête me le disent. Ce n'est pas un adieu. »
Gandalf ne dit rien, pas un mot pour sceller leur séparation. Il se contenta de presser la petite main dans la sienne. Le plus difficile fut de se séparer de Frodon. Les deux compagnons n'arrivaient pas se à lâcher l'un l'autre. Ils auraient pu repartir ensemble, leur route étant la même durant un temps, mais les Hobbits devaient partir plus tard, leurs effets n'étant pas prêts. Legolas suivait sa compagne, résolu. Elle fut étonnée de se sentir triste même devant Eomer, qui lui fit un clin d'œil discret, comme pour rappeler leur mésentente du premier jour. Elle enfourcha Brelad, tandis que l'Elfe se trouvait sur Hasufel.
Ils ne se retournèrent pas. Ils les suivirent tous du regard, jusqu'à ce qu'ils se perdent dans la brume, la silhouette à la chevelure brune vêtue de bleu, et celle aux cheveux blonds revêtue de vert. Leur chemin fut paisible. Ils ne pressaient le pas. Ils avaient le temps et Hoela devait prendre garde. Elle fit une demande ; elle voulait retourner en Argonath, maintenant que les terres y étaient sûres. Legolas se doutait bien de la raison et il la désapprouvait. Mais son amour pour la jeune femme, celui qui ferme les yeux sur les fautes et les caprices le fléchit.
C'étaient toujours les mêmes terres désertes et sans charme. Mais il n'y pesait plus la même aura de danger qu'à leur passage ici, qui datait de quelques mois. Hoela avait le sentiment que des années s'étaient écoulées. Ils attachèrent les chevaux à l'endroit où leurs barques elfiques avaient reposé. Elle marcha, aidée par Legolas. Elle trouva l'arbre, celui où Boromir avait expié. Nulle trace ne demeurait du combat. Pourtant, elle avait l'impression que l'air frémissait encore du fracas des armes, du son du cor, et ses hurlements à elle, de désespoir et de chagrin. Oui, il en restait quelque chose. Elle apposa la main sur le tronc, fermant les yeux. Mais elle ne pensa pas qu'à son amour mort. Dans les images des souvenirs qui défilaient, ce fut sa mère par là, se serrant contre son père, leurs deux rires s'élevant haut vers le ciel, ce fut Haldir qui lui chantait de sa voix basse la complainte écrite pour Eithne, ce fut Théoden qui levait sa coupe à la victoire. Ce fut Boromir qui l'embrassait. Et puis, ce fut l'image d'un enfant, un garçon aux cheveux bruns et aux yeux gris, qui courait en tous sens. Son enfant.
Sa main quitta le tronc ; Legolas patientait derrière elle. Elle passa les bras autour de sa taille et appuya sa tête sur son épaule : « Merci d'être là. » Il y eut un cri d'oiseau, qui les fit sursauter. Ils levèrent la tête. L'Elfe rit :
« On dirait l'oiseau qui était là lorsque Boromir prit les chutes de Rauros. T'en rappelles tu ? Il poussait une complainte déchirante. Il te ressemblait, ses plumes ayant la couleur de tes cheveux et une douleur pareille à la tienne. Et écoute…maintenant il chante. »
Fondcombe, comme la Lothlorien ne verrait plus jamais l'été revenir. L'automne y serait long, mais l'hiver viendrait, et tout serait emporté et oublié. Ils s'installèrent dans la chambre que la jeune femme avait eue lors de son premier séjour. Ils retrouvèrent Bilbon, que l'âge avait définitivement rattrapé. Il ne sortait plus guère de sa chambre, ses jambes le portant à peine. Il avait vu le déclin d'Imladris, qui l'avait chagriné.
Elrond n'avait pas menti. Ils étaient nombreux chaque jour à quitter Fondcombe, même si certains avaient promis de ne pas partir avant la délivrance d'Hoela. Elle n'aurait pu trouver meilleur endroit pour poursuivre sa grossesse. Elle se promenait chaque jour sous les voûtes dorées des arbres, lisait de lourds ouvrages, admirait les tableaux. Son ventre s'arrondissait de jour en jour, tandis qu'elle recouvrait la santé. Elle s'inquiétait seulement pour Legolas. Elle ne pouvait ignorer les regards d'envie qu'il jetait à ceux de sa race qui partaient aux Havres. Un soir, alors qu'il était assis auprès de la rivière, elle le rejoignit et plongea ses pieds dans l'eau. Il sut pourquoi elle était là.
« - Je ne t'abandonnerai pas Hoela.
-Mais Ulmo t'enlève déjà à moi. Jamais la nostalgie de la mer ne te quittera, depuis qu'il a sonné de ses trompettes d'argent. Tu attendras ma mort, et tu retrouveras ceux de ton peuple. Sois juste patient. »
Elrond revint des semaines plus tard, diminué par le départ de ses fils vers les terres immortelles et la pensée de sa fille qui devait faire face au destin des mortels. Ils eurent des nouvelles de la Comté, soumise au joug de Saroumane, qui prit fin avec le retour des quatre courageux Hobbits. Le magicien fut tué, et Grima, le pauvre Grima, également.
Ce fut au cœur de l'hiver qu'Hoela mit au monde son enfant. Ses cris de douleur résonnèrent dans toutes les demeures, remplacés par les pleurs du nouveau né. Elle sanglota en serrant l'enfant contre elle, un petit garçon : « Tu porteras le nom de mon père, Budic. Tu seras victorieux, mon fils. »
Legolas et elle entamèrent un long voyage, dès qu'elle se fut remise, avec le bébé. Ils se rendirent d'abord en Comté ; Frodon leur demanda des nouvelles de Bilbon, vieillissant à Fondcombe. Hoela trouva son ami affaibli et tourmenté. Sam s'était marié et vivait avec une Hobbit ressemblant à une poupée, aux joues roses, et aux cheveux bouclés. Merry et Pippin partirent avec leurs amis, l'un se rendant en Gondor, l'autre en Rohan. Le petit Budic grandit parmi ces êtres, tous de races différentes. De bébé, il devint un bambin aux joues rondes, vacillant sur ses petites jambes. Eowyn et Faramir, en Ithilien, accueillirent le couple et l'enfant avec ravissement. L'intendant en fut fou tout de suite ; pour cause, Budic étant le portrait craché de son père.
Il put rencontrer un grand roi des Hommes, régnant sur la Cité, et demeura fasciné devant la beauté d'Arwen, en délaissant même sa mère. Il aima les chevaux de Rohan et particulièrement le casque d'Eomer. De Gandalf, qu'ils retrouvèrent à Minas Tirith, il s'amusa à tirer la barbe, ainsi qu'à Gimli, qui se languissait de son compagnon l'Elfe. Budic avait déjà trois ans lorsqu'ils revinrent à Fondcombe, après des années passées loin de ce petit paradis.
L'hiver était tombé sur le lieu jadis plein de lumière, un bel hiver. Les arbres étaient nus, la lumière grise ; un charme froid, mais à la beauté encore plus ensorcelante. Cette fois ci, le départ de tous les Elfes était vrai. Hoela apprit par Elrond que Frodon et Bilbon les accompagneraient sur les rivages lointains. La jeune femme pleura beaucoup. Elle décida de venir avec eux jusqu'aux havres, pendant que Legolas s'occuperait de celui qu'il considérait comme son fils. Gimli les avaient rejoints, qui dès le retour d'Hoela, accompagnerait l'Elfe à Mirkwood, où ils verraient Thranduil qui désirait s'entretenir avec son fils, avant de prendre lui-même le bateau pour Valinor.
Elle fut, comme les autres, saisie devant la Mer. Le soleil rendait l'eau d'une teinte d'or liquide, surmonté d'un rose tendre, venu du crépuscule. Les mouettes poussaient leurs cris, Manwë et Ulmo jouaient de concert. Le sel se collait à la peau d'Hoela, et elle-même sentit s'installer en son cœur la nostalgie de la Mer. Elle ne voulut pas attendre le jour du départ des bateaux pour s'en aller. Elle voulait s'éviter une souffrance supplémentaire. Jamais elle ne devait revoir Frodon, Gandalf, elle le savait. Mais elle ignorait qu'elle ne reverrait pas non plus Sam, Pippin et Merry. La mort la rattraperait trop vite pour qu'elle en ait le temps.
De retour à Imladris, le silence qui y régnait la frappa. Où étaient donc ces voix claires et pures, ces silhouettes gracieuses ? Que restait-il de la beauté sur terre à présent ? De la sagesse ?
Plus rien peut- être, mais l'espoir ne s'en allait pas par delà les eaux vastes. Le bonheur non plus, se dit elle, en voyant son fils qui courait vers elle, en hurlant « Maman, maman, vous êtes revenue ! », et se jetant dans ses bras, dans une étreinte passionnée, à laquelle se joignit Legolas.
Ce quatrième âge était celui des hommes, mais il était aussi le sien, à elle.
A propos d'Ulmo et de Manwë, il faut se reporter à la mythologie élaborée par Tolkien; il s'agit des dieux de la mer et du vent.
