Chapitre 3 : « partenaires » ???

Le regard vide, l'esprit confus… le jeune homme était confronté à une situation totalement inconnue. Devenu complètement hagard, ayant perdu tout repère, Reno resta de longues minutes sans pouvoir bouger. Tant de pensées… tant de questions, tant de sentiments… … tellement de choses s'agitaient dans son esprit ! Le jeune homme secoua énergiquement la tête afin d'y faire de vide. Il s'assit lentement au bout du lit et se passa la main sur le visage, qui, était dégoulinant de sueur.

Mais qu'est-ce qui se passe ? Il tenta de se calmer et reprit tout à zéro, résumant la situation dans laquelle il s'était empêtré. Il regarda ses mains. Elles tremblaient un peu. Pourquoi Rude avait-il fait ça ? Est-ce qu'il l'aimait vraiment ?!
Mais, je suis un mec ! Il aime les mecs !? Merde, et notre amitié, t'en fais quoi ? Tu gâches tout ! … nan… c'est de ma faute, j'ai encore fais le con. … Et merde.

Après une courte réflexion, il se décida d'aller en parler directement à Rude, dans l'espoir de pouvoir éclaircir toutes ces questions qui lui hantaient l'esprit.
Il se leva, s'essuya brièvement le visage avec un bout de sa chemise, et se dirigea vers le couloir d'un pas décidé.

Rude était adossé contre le mur, et fumait. Il avait remit ses éternelles lunettes, à travers lesquelles, malgré l'opacité des verres on pouvait deviner son regard absent et inexpressif. L'atmosphère était tendue, et plutôt désagréable. Quand Reno vit l'état de son coéquipier, son corps se raidit. Il sentait le poids de la culpabilité lui écraser les épaules. Le moral de son partenaire semblait sérieusement affecté bien qu'il eut son apparence habituelle. Le rouquin s'approcha un peu, d'un pas hésitant.

« hé ! Ca va ? » demanda Reno par réflexe.

Le chauve ne répondit pas, mais entrouvrit les lèvres, ne laissant passer qu'un mince nuage de fumée.
Cette « réponse » était si évidente et attendue de sa part que Reno se mordit la lèvre, se maudissant d'être aussi impulsif.
Le rouquin vint s'asseoir contre le mur à côté de son coéquipier, et après un long silence, se décida à mettre tout cela au clair.

« Ca fait longtemps ?

… Quoi donc ?!

... tes sentiments.

... 'me souviens pas… » répondit le chauve tout en prenant une bouffée de cigarette.

Cette réponse n'éclaircit pas davantage les questions que se posait le rouquin. Voyant qu'il commençait à s'énerver tout seul et les conversations sérieuses n'étant pas son fort, le jeune homme décida de changer de sujet :

« Tu peux me passer une clope ?!

... heu, c'était la dernière. » lui répondit le chauve, d'un ton toujours aussi plat.

« Ah… 'pas grave. » se persuada Reno. « … … elle viennent d'où ces clopes ?!

C'est les tiennent.

Hein !? » s'écria Reno, stupéfait. Il fit un peu la grimace, mais ce dit qu'avec tout ces chamboulements, Rude avait bien besoin d'une petite cancerette… mais le hérisson rouge en avait besoin lui aussi !!
Après un petit moment de silence, plutôt pesant, Reno se rappela de la phrase qui était sortie par hasard de sa grande gueule lorsqu'il avait fait tout ce remue-ménage en arrivant à l'auberge.

« Heu… Rude, j'ai rien contre les homosexuels tu sais ?! » tenta t'il d'expliquer.

« Tu sais, je pensais pas ce que je disais tout à l'heure, heu quand j'ai dit que j'étais pas… enfin tu vois ? » plus il parlais et plus il avait l'impression d'être de moins en moins explicite. « J'ai rien contre toi Rude, enfin, ça tu t'en doute… mais j'veux dire, je m'en fiche que tu sois homo… enfin, nan je m'en fiche pas, mais heu tu comprends ?!! »

Rude acquiesça, bien qu'il semblait ne pas avoir tout compris de ce que racontait Reno.
Ce dernier fut pris d'un vent de panique. Il demanda précipitamment :

« Rude, on reste copains quand même ?! »

Le chauve semblait perdu. Il regarda le rouquin qui le fixait d'un regard implorant et interrogateur.

« Tu comprends !? » continua t'il « j'voudrais pas que ça ait d'impact sur… sur notre amitié ! Moi je t'aime bien quand même ! »

Le chauve resta de marbre, ce qui agaça le jeune homme, qui s'emporta. Ce dernier se leva alors si violemment qu'il en perdit l'équilibre et manqua de tomber :

« Mais allez ! Exprime-toi un peu ! Dis ce que tu pense, merde !! »

Rude se retourna brusquement vers Reno et frappa le mur de son poing, si fort qu'il s'y enfonça comme dans du beurre, à quelques millimètre du visage du rouquin. Celui-ci se calma net. Il comprit qu'il ferait mieux de ne pas en dire plus.

« … d'accord.» dit Reno d'une toute petite voix après avoir avalé sa salive.
Après s'être remit de cette émotion, le sourire réapparut sur le visage du rouquin. Il regarda le chauve.

« Allez on fait la paix !? » s'exclama t'il en lui tendant la main.

« Qui t'as dit qu'on était en guerre ?» répondit Rude ironiquement.

Il laissa échapper un faible rictus, que Reno ne manqua pas d'apercevoir. Ils se serrèrent vigoureusement la main.
Reno se dirigea vers l'entrée de la chambre, s'arrêta un instant puis se retourna vers Rude.

« Tu viens… partenaire !? »

Le chauve acquiesça, et le suivit vers la chambre.

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fin du chapitre 3.
Leur amitier ne semble pas affectée, mais cet incident peut-il être réellement sans conséquence sur nos deux héros... ?!

Tout vous sera dévoilé dans le prochain et dernier chapitre !