Pour la première sortie de l'année à Pré-au-lard, les 4° année avaient prévu de passer la majeure partie de la journée au bord du ruisseau qui passait non loin du village. Ils avaient préparé le matériel nécessaire à une véritable randonnée, fournis en victuailles par les elfes de maisons. Heureusement pour eux, la charge ne serait pas trop lourde puisque Andromeda avait réduit le tout, qui tenait maintenant dans son sac en bandoulière.
Ils firent leurs adieux aux 2° année, qui les regardaient partir avec envie, et descendirent l'allée du château. Arrivés au village, ils s'arrêtèrent chez Derviche et Bang, où Andromeda acheta une jolie bourse à Narcissa. Ils croisèrent également les maraudeurs chez Zonko. Enfin, ils firent provision de chocolats et de confiserie en tout genre chez Honeydukes. Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu'ils arrivèrent au bord du ruisseau. Ils s'installèrent à leur coin habituel, près de l'endroit où un arbre, tombé en travers du cour d'eau, formait un pont. Andromeda sortit les provisions de son sac et agrandit la couverture moelleuse sur laquelle ils s'assirent pour manger. Pendant un moment, on n'entendit que le bruit des mâchoires qui mastiquaient énergiquement.
-Ca fait du bien de pique-niquer de temps en temps, s'exclama Alice.
-Oui, ça faisait longtemps, soupira Lily.
-Vous vous souvenez, commença Ted, quand on est venus une fois, et qu'on a rencontré une licorne...
Il y eu un instant de silence, et Andromeda se rappela cette journée magique. La licorne s'était vite habituée à leur présence, et ils avaient fait cercle autour d'elle. Depuis, ils ne l'avaient jamais revu.
-Je me demande si elle vit encore dans la Foret Interdite, s'interrogea Lily à voix haute.
-Il n'y a qu'un moyen de le savoir, répondit Andromeda.
Alice écarquilla ses grands yeux bleus de poupée.
-tu veux dire...
-Andromeda acquiesça.
-La Forêt ne doit pas être si dangereuse que ça !
-Mais... si on se fait prendre à l'extérieur du château, objecta Lily.
-Il suffit d'être discrets, et tout ira bien, assura Andromeda. Alors, partants ?
-OK, articula Ted, la bouche pleine. On fait ça quand ?
-Je suggère la nuit, déclara Lily. Plus prudent. Qu'est-ce que vous pensez de vendredi prochain ? Comme ça, on aura tout le temps de bien récupérer après.
Ils mirent au point les détails de leur sortie et finirent de manger. Après quoi, ils se levèrent pour retourner au village. Ils entrèrent aux Trois Balais en même temps que les Maraudeurs et choisirent de s'installer à une même table.
Ils passèrent l'après midi à discuter de leurs projets d'avenir. James et Sirius déclarèrent à l'unisson qu'ils voulaient être Aurors, tout comme Lily. Alice se voyait Médicomage à l'instar de Peter. Remus, les yeux baissés, avoua qu'il ne savait pas où travailler. Ted annonça qu'il voulait faire un métier en relation avec le sport.
-Et toi ? demanda James à Andromeda.
-Oh, je ne sais pas, répondit-elle. Je me voyais bien Auror, mais, que voulez-vous, une jeune fille de bonne famille ne risque pas sa vie pour aller chasser le Mage Noir, finit-elle sur un ton qu'elle essaya de rendre léger.
Il y eu un silence gêné. Ils étaient tous au courant pour ses fiançailles. D'après ce qu'Andromeda savait, James avait réagit comme Sirius. Lui aussi était un Sang-pur, mais ses parents étaient l'opposé complet des Black. Ouverts aux mélanges, ils n'avaient pas été choqués quand la tante de James avait annoncé son mariage avec un moldu. James avait été interloqué par la décision des parents d'Andromeda, puis semblait s'être résigné. Ce qui ne l'empêchait pas de rester dans les parages lorsque Malefoy était à proximité.
-Sinon, reprit Andromeda pour changer de sujet, qu'est-ce que vous pensez du prof de défense ?
Les autres comprirent qu'il valait mieux ne pas insister, et enchaînèrent La conversation dévia ensuite sur les professeurs en général, jusqu'à ce que Remus bondisse.
-Non mais vous avez vu l'heure ?
En effet, il faisait sombre dehors. Il ne restait, à par eux, plus aucun élève dans le pub. Ils sortirent en vitesse et coururent le long du chemin jusqu'au château. Ils arrivèrent enfin au portail.
-Oh non, gémit Peter.
La grille était fermée à double tour. Andromeda poussa un cri de rage et, l'empoignant à deux mains, la secoua comme un prunier. Bien entendu, la grille ne s'ouvrit pas. Andromeda se tourna vers les autres, et vit qu'ils étaient aussi catastrophés qu'elle.
-Ce n'est pas possible, dit Remus. Ils ne peuvent pas nous avoir enfermés. Dumbledore ne le permettrait pas.
Lily frissonna.
-Qu'est-ce qu'ils en savent ? murmura-t'elle. Ils font l'appel à l'aller, pas au retour !
Un ange passa. Puis, ils entendirent la voix de Sirius.
-James ?
-Tu penses à ce que je pense ? répondit celui-ci.
-Je crois bien. Mesdames et messieurs, reprit Sirius en allumant sa baguette, je crois que nous somme sauvés.
-Qu'est-ce que tu racontes ? s'énerva Andromeda. Tu vas creuser un trou ?
-Calme-toi, je te dis que nous sommes tirés d'affaire, tempéra Sirius.
Il repartit vers Pré-au-Lard, suivit de James. Andromeda chercha une explication chez les autres. Remus semblait méfiant. Peter semblait inquiet. Quant aux trois autres, ils semblaient tout aussi abasourdis qu'elle.
Ce fut quand Lily se mit à courir pour rattraper James et Sirius qu'ils sortirent de leur torpeur. Ils les suivirent au triple galop.
James et Sirius s'étaient arrêtés devant une boutique encore éclairée malgré l'heure tardive, et les attendaient. Andromeda s'avança.
-Est-ce que vous allez enfin...
-Chut ! coupa Sirius. Ecoutez tous, il faut qu'on soit le plus discrets possible. Ca veut dire, reprit-il en voyant l'air furieux d'Andromeda, qu'on ne vous expliquera tout qu'une fois arrivés. Compris ?
Ils acquiescèrent tous. Remus avait à présent un air soulagé que ne s'explique pas Andromeda. Sirius fit un signe de tête à James qui sortit sa baguette. Ils avancèrent à pas de loup jusqu'à la porte de la boutique que Andromeda reconnut comme étant celle de Honeydukes. Sirius entrebâilla la porte, et, au moment où la cloche allait sonner, Andromeda entendit James murmurer " Silencio ". Sirius ouvrit alors la porte en grand. Il n'y avait personne dans la boutique silencieuse. Conduit par Sirius, ils se faufilèrent dans la cave. James ouvrit alors une trappe dissimulée dans le sol et descendit. Andromeda regarda en bas. Il faisait noir, là-bas, peut-être même qu'il y avait de arai...
-Hé !
Ted, qui s'impatientait, l'avait poussé pour qu'elle avance, et elle serait tombée s'il ne l'avait pas rattrapée par le bras, tandis que Remus la bâillonnait de sa main. Ils la descendirent jusqu'en bas des marches, où ils la déposèrent.
-Tu ne pourrais pas te taire cinq minutes ? lui reprocha Ted.
-Oh, ça va, répondit-elle, en se dégageant d'un coup sec avec agacement. Si tu ne m'avais pas poussée...
-Les enfant ? C'est fini ? Il faut y aller, maintenant, parce qu'on va finir par être vraiment en retard.
Sirius et James étaient un peu plus en avant, avec sur le visage un petit air supérieur qui agaça prodigieusement Andromeda.
-Et toi, s'emporta-t'elle, en avançant le doigt pointé sur Sirius, vas-tu enfin te décider à nous expliquer tout ça !
-On se calme, s'amusa Sirius. Avancez, on vous expliquera tout en chemin.
Au fur et à mesure de leur progression dans le tunnel, ils apprirent que les Maraudeurs avaient découvert ce passage lors d'une expédition nocturne, passage qui débouchait, comme ils le virent, sur la statue de la sorcière borgne.
-Et j'imagine, grinça Lily en époussetant sa robe, que Dumbledore n'est pas au courant.
-Je ne lui ai jamais demandé, répondit James avec tact.
-Bien sûr... mais, si on a pu entrer si facilement, cela veut dire que l'entrée n'est pas protégée, donc personne ne la connaît, conclut Andromeda.
Elle en avait assez. Elle voulait prendre une bonne douche et se coucher, mais elle se rappela l'existence du banquet de Halloween. Avec un grognement de lassitude, elle tourna les talons, entraînant Lily et Alice, et elles prirent toutes trois le chemin de la tour de Gryffondor. Elle était déjà trop loin pour entendre quoi que ce soit quand Ted regarda Remus d'un air abasourdi.
-Je crois que je ne comprendrai jamais rien aux filles.
