Auteur : Umbre77
Titre : Journal d'un père
Rating : M, peut-être
Résumé : Bouquiniste, Hermione recueil un livre mystérieux qu'elle confie à son meilleur ami, Harry Potter, sans se douter des immenses ennuis qu'elle lui lègue.
Petit mot de l'auteur : Voilà pourquoi je ne dois pas aller à la bibliothèque à vélo en écoutant des chansons de Dragon Ball Z ! Voilà pourquoi je ne dois pas acheter de carnet… Pourquoi il est mauvais que je n'aie rien à faire de l'année… Bref… Voilà. Bonne lecture.
Mot de l'auteur Bis : Et voici le chapitre 1… C'est un Cliff sadique que je vous ai fait, je sais. Pour les 'anonymes' à qui je n'ai pas répondu au Reviews, les réponses devraient venir sur mon LJ… Bientôt ! loll ! Là, j'ai encore MPM à faire, donc, patience pour les réponses, ça va venir, promis. Néanmoins, merci à ceux qui ont donné leur adresse mail. Cela aide beaucoup, vraiment !
Chapitre 1 : Le livret rouge et or
Tout avait commencé stupidement. Comme toujours, avec lui. Pourquoi devait-il toujours se mettre dans les ennuis, il n'en savait rien. Mais ce jour là, ça ne lui semblait pas être stupide. Il avait à peine vingt ans. Voldemort était mort depuis 3 ans et il était sorti de Poudlard depuis le même nombre d'années. Contrairement aux croyances sorcières, il n'était pas devenu Auror. Il n'était pas devenu ministre. Ni Professeur de défense contre les forces du mal. En fait, il n'avait fait aucun métier sorcier, à la grande surprise de sa communauté. Le suprême et puissant sauveur de l'humanité était devenu… fleuriste !
Les journaux s'étaient emparés de l'affaire et s'étaient moqués de lui. Lui ! Lui, le célèbre Survivant, le héros incontesté, s'était recyclé dans les fleurs. Les plaisanteries volaient bas, à ce sujet. Si bas !
'C'est sûr qu'une fleur ne risque pas de le mettre en danger, lui qui veut la paix ! Sauf s'il boit leur engrais !'
'Il a déjà une tête de buisson, avec sa coupe ! C'est pour mieux passer inaperçu !'
Les journaux ne l'aimaient pas, ça, Harry l'avait vite remarqué. Sans doute parce qu'il leur refusait la seule chose qu'ils demandaient : Une interview. Mais Harry restait quelqu'un de discret. Ils avaient essayé de mettre la main sur lui de diverses manières : en racontant ses aventures amoureuses, par exemple. Ou en lui inventant des histoires amoureuses. Car si, selon la presse, il couchait avec on ne savait combien d'homme par soirée, les intimes de Harry savaient que c'était faux. Harry était quelqu'un de calme. Après avoir tué Voldemort, il ne voulait pas de bruit ni de mort autour de lui. Il avait vécu 'assez d'aventure' comme ça.
Ainsi, il se fit fleuriste. Il ouvrit une petite boutique sur le chemin de traverse, engagea de jeunes étudiants indécis quant à ce qu'ils allaient faire et bien contents de trouver un travail 'en attendant', les forma à faire des bouquets ou des compositions et les laissa là, à se charger de son commerce. Lui, il s'occupait de la production. Il adorait ça. Planter, arroser… Il veillait sur ses plantes, comme si elles étaient sa vie. Les fleurs étaient selon lui, quelque chose de reposant. D'apaisant. Il aimait se perdre dans la contemplation de bleuets, d'hortensia, de Lys, de roses… Ses serres abritaient des millions de fleurs. Il habitait dans une maison que l'on pouvait qualifier de manoir. Son petit manoir, comme il disait avec un sourire. Et derrière son manoir, il y avait des kilomètres de serres. Des serres remplies de fleurs.
Dans le monde sorcier, on disait qu'il avait la main verte. Et c'était vrai, il l'avait. Les fleurs de Harry Potter étaient les plus belles. Leurs couleurs resplendissaient sous le soleil et leurs feuilles possédaient un vert unique. Un vert digne de ses yeux.
Dans sa vie, il n'y avait rien d'autre que ses fleurs et ses amis. Ron Weasley était devenu Auror, contrairement à son ami. Et parfois, il l'enviait de mener une vie tranquille. Quant à Hermione, leur meilleure amie… Elle était devenue bouquiniste. Elle tenait elle aussi sa petite boutique au chemin de Traverse. Elle avait dans sa boutique des milliers de livres qu'on lui revendait. Des livres précieux, parfois. Des livres mystérieux qu'elle adorait. Fleury et Bott avaient eu peur en la voyant s'installer auprès d'eux. Mais en constatant que les livres étaient des antiquités et non autre chose, ils avaient apprécié sa présence.
Luna Lovegood s'était lancée dans le journalisme. Avec son esprit un peu décalé, elle étonnait toujours ses amis. Elle était la seule qui ne médisait pas sur Harry. En fait, elle publiait des articles tellement bizarres qu'on se demandait parfois où elle allait chercher tout ça. Un jour, Hermione lui demanda de défendre le brun dans un article. Quelle horrible idée ! La jeune reporter écrivit un article étonnant disant qu'Harry était nécrophile. Les autres journalistes avaient tellement ri qu'il avait fallu une équipe de médicomage pour les aider à arrêter. Harry, lui, faillit se taper la tête contre un mur, mais Hermione l'en empêcha de justesse.
'Tu as assez d'une cicatrice sur le front, Harry !'
Neville Londubat était botaniste. Son ami et lui partageaient le même amour des plantes, sauf que celles d'Harry étaient moins dangereuses. Ils se comprenaient, d'une certaine manière.
Ginny Weasley, elle, était devenue joueuses de Quidditch. En tant qu'Attrapeuse, elle n'était pas la meilleure, mais en poursuiveuse, elle valait dix joueurs ! A peine sortie de Poudlard, la jeune fille avait été agrippée par une équipe et elle y était toujours, même si les hiboux apportant des propositions se bousculaient à la fenêtre.
Ses amis étaient heureux et lui aussi. Que demander de mieux ? Une personne à aimer, sans aucun doute. Harry était célibataire, mais il avait eu quelques relations, par le passé. Elles s'étaient pourtant toutes terminées. A quoi bon poursuivre un rapport basé sur une seule chose : sa célébrité. On se battait pour avoir l'honneur de dire qu'on était avec lui. Et Harry détestait ça. Lorsqu'il sortait, c'était généralement dans le monde Moldu. Et c'était toujours une rencontre passagère. Un amant d'une nuit, pour réchauffer son corps. Sans plus. Il n'essayait pas de tomber amoureux des hommes qu'il rencontrait dans les bars moldus. Il ne voulait pas. Il voulait quelque chose d'autre. Aussi ridicule que cela soit, il voulait être 'courtisé'. C'était le mot qui expliquait le mieux ce qu'il désirait. Il voulait qu'on lui fasse la cour, qu'on soit gentil, romantique… C'était fleur bleue. Même lui, il l'admettait. Mais il avait besoin de ça. Car l'homme qui essayerait de le séduire et résisterait à son caractère serait le bon. Car cette cour obligatoire cachait le véritable but : Si malgré ses moqueries et autres, son potentiel amant résistait, alors dans ce cas là, il l'aimait vraiment.
Plusieurs sorciers s'y étaient essayés. Ils s'y étaient cassés les dents. Harry avait tellement méprisé leurs tentatives que certains en avaient fait une dépression. Lui, par contre, s'était beaucoup amusé. Mais au fond de lui, il en avait été triste. Les commentaires qu'on lui avait fait n'avaient pas été charmants. Loin de là.
'Va te faire soigner, Harry Potter ! Où mieux, va te faire baiser ! C'est ce dont tu as besoin, crois-moi !'
'Non mais tu te rends compte de qui tu repousses ? Je suis le célèbre Brad ! L'un des meilleurs gardiens du monde ! Et tu me repousses, moi ? Pour qui te prends-tu ? Le survivant ! Ha ! La belle affaire ! T'es qu'un minable !'
Des phrases dans le style, il en avait eu des dizaines. Trop, peut-être. A force, il avait renoncé à partager sa vie et son lit avec quelqu'un. Les moldus d'un soir n'étaient pas si mauvais, après tout. Il allait dans un bar, se faisait outrageusement draguer, s'envoyait en l'air dans une voiture ou à l'arrière du bar et il rentrait chez lui. Satisfait, mais si vide à l'intérieur. Ses amis désapprouvaient son comportement.
'Tu devrais te trouver quelqu'un de bien !'
Le problème, c'était que les personnes bien, ça se trouvait difficilement. Très difficilement. Trop ! Hermione avait eu une idée dingue, à ce sujet là. Elle l'avait persuadé de publier une petite annonce. Une demande de correspondance.
'Tu n'es même pas obligé de dire ton nom ! Tu mens ! Tu dis que tu es gay, que tu cherches l'amour, le vrai et ensuite, tu attends les réponses. Les lettres sont envoyées au journal à qui tu fournis un hibou. Celui-ci est le seul à te connaître ! C'est intéressant, non ?'
Harry avait longuement hésité. Une correspondance sorcière… Pourquoi pas ? Après tout, la personne serait obligée de le connaître, non ? Elle ne serait pas avec lui juste pour sa célébrité. Il avait acheté un hibou. L'avait habitué à lui, puis déposé au journal de Luna, avec son annonce. Son amie, qui était bien entendu au courrant et était liée au secret, l'avait prévenu que son annonce ne serait publiée que quelques semaines plus tard. Car il y avait d'autres personnes, avant lui.
'J'ai le temps, avait répondu Harry. Après tout, au point où j'en suis…'
Et pour oublier cette folie, il s'était exilé dans ses serres, s'occupant de ses fleurs bien aimées. Hermione l'en sortit, avec difficulté. C'était une invitation à prendre le thé. Il en avait refusé des dizaines et il savait que s'il disait encore une fois 'non' à son amie, elle allait le tuer. Aussi se décida-t-il à lui répondre un 'oui, je viendrais à 16h'. Il y serait bien allé plus tôt, mais il n'avait pas envie de se risquer sur le chemin de Traverse sur le coup de midi ou de 13h. C'était toujours comble, à ces heures là ! Et puis il voulait travailler avec ses fleurs !
A 15h49, il se rappela qu'il devait aller à la boutique de Hermione pour prendre le thé. Il sortit de la serre numéro 4 en trombe, rentra dans son manoir tout en enlevant ses sabots couverts de terre, détacha son pantalon en même temps ainsi que sa chemise et sauta dans sa chambre pour enfiler des vêtements propres. Il transplana dès qu'il fut vêtu d'une tenue correcte et déboula dans le chaudron baveur. Là, il préféra ne pas s'attarder, de peur qu'on ne l'assaille. Il ne lui fallut que quelques secondes pour débouler sur le chemin de traverse. Rien n'avait vraiment changé, là. Les boutiques semblaient toujours aussi anciennes, il y avait toujours une spécialité dans chaque commerce et toujours quelques bizarreries bien sorcières. Les enfants étaient en minorité, étant donné l'année scolaire en cours. Mais les adultes, eux, étaient encore nombreux. Trop aux yeux de Harry.
Quoi qu'on en dise et quoi qu'on y fasse, il détestait toujours autant la foule. Il préférait de loin le calme. Pas spécialement la solitude, mais le calme. Une rue avec deux trois personnes avaient plus de charme qu'une autre avec une quarantaine. Ce fut la seule raison qui le poussa à longer les murs d'un pas sec et rapide. Il slalomait avec élégance entre les personnes qu'il croisait. Il n'avait vraiment aucune envie d'arriver en retard chez Hermione. Il savait qu'elle détestait ça. Pire, elle risquait de croire qu'il ne venait pas et de lui écrire une beuglante ! Et ça… il préférait l'éviter. Une Beuglante de Hermione Granger n'avait rien d'agréable, loin de là.
Heureusement pour lui, personne n'essaya de l'intercepter. On lui lança bien quelques regards, mais sans plus. Il fallait dire qu'Harry Potter attirait les regards. Avec son mètre 80, son corps élancés et finement musclé, ses jambes fortes, sa chute de reins alléchante, ses mains grandes et douces… Il avait un visage un peu carré, mais fin. Des joues un peu creuses, des lèvres rouges… Un nez droit et fin, deux yeux de chats couleur émeraude… et il y avait ses cheveux… Ces cheveux indomptables, qui semblaient si doux. Une fois, une dame lui avait demandé pour passer la main dans ses cheveux. C'était tout ce qu'elle voulait. Les toucher, rien d'autre. Pas de rendez-vous galant, pas de relation… Juste toucher ses cheveux. Harry en avait été déstabilisé, sur le coup et il était rentré chez lui pour regarder ces cheveux comme un merlan frit. Qu'avaient-ils de si spécial, ses cheveux ? Il n'arrivait même pas à comprendre !
Il arriva chez Hermione à 15h59 et 38 secondes. La jeune femme le regarda passer la porte avec un grand sourire que Harry lui rendit. Il adorait la boutique d'Hermione. Elle était simple, mais transmettait un sentiment de sécurité et de chaleur. Les murs étaient recouverts d'un papier peint rouge orangé presque pastel. Il y avait, dans un coin, une petite table ronde avec trois fauteuils en osier sur lesquels étaient posé des coussins de la même couleur que les murs. Car dans la boutique d'Hermione, on pouvait s'installer un peu et discuter avec elle, au sujet d'un livre qu'on hésitait à acheter ou à vendre. Le coin discussion était entouré d'un petit paravent beige crème qui plongeait les personnes s'y trouvant dans une intimité bienvenue. Le reste de la boutique n'était qu'étalages. Mais ils étaient si bien placés, toujours en laissant la luminosité de la pièce les pénétrer, qu'un visiteur pouvait y rester sans jamais se sentir mal à l'aise.
Et pourtant, tous devraient s'y sentir mal. Les livres de la pièce n'étaient pas vraiment recommandables. Certains appartenaient même à la magie noire ! Ce n'était pourtant pas les plus mauvais, raison pour laquelle Hermione les vendait. D'autres, par contre, avaient du être confiés au ministère. Trop dangereux, selon les Aurors. Et Harry approuvait. Ils avaient eu assez de problème comme ça avec les mages noirs !
« Tu veux bien mettre la pancarte correspondant avec l'heure du thé, s'il te plait ? demanda Hermione, le faisant sortir de ses pensées.
-Avec plaisir ! » lui répondit Harry.
Et il accrocha une petite pancarte où, écrite dans un style gothique, les mots 'L'heure du thé… Ré ouvrira à 17h' étaient écrit avec, les accompagnant, une magnifique rose rouge. Il se tourna ensuite vers sa meilleure amie qui lui fit signe d'aller s'installer à la petite table. Là, il prit plaisir à la regarder s'affairer pour préparer le thé et tout amener dans le coin discussion. Hermione aimait cette petite tradition. Généralement, elle faisait cela seule, mais parfois, elle invitait quelqu'un, pour l'accompagner et parler.
Il laissa un instant ses yeux voyager sur le corps de l'ancienne Gryffondor. Elle aussi, elle avait bien changé. Ses cheveux étaient passés de broussailleux à simplement bouclés. Ils étaient terriblement longs ! Il lui arrivait presque à la taille, ce qui était, selon Harry, une longueur plus que respectable. Un élégant ruban gris clair était passé dedans, les relevait légèrement. Elle était vêtue d'une robe noire comme d'habitude. Quoi qu'on en dise, Hermione Granger ne s'était jamais remise de la mort de Blaise Zabini, son petit ami. Pourtant, ce n'était pas les prétendants qui manquaient, pour elle aussi. Grande, mince, élégante… Elle avait de belles formes et un visage qui, lorsqu'il était souriant, était enchanteur. Mais il était vrai que parfois, elle avait des airs de McGonagall.
« Alors Harry ? demanda Hermione, tout en disposant un plat de biscuit près des tasses fumantes. Comment vas-tu ? »
Son ami lui fit un sourire jovial.
« Je vais bien, dit-il. Et toi ?
-Parfaitement ! »
Elle posa la tasse du brun devant lui pour ensuite prendre la sienne. Elle fit tourner sa cuillère deux ou trois fois, l'agréable cliquetis se fit entendre dans la pièce pour ensuite ne laisser que le silence. Un silence agréable et bienvenu.
« Où en sont tes fleurs ? demanda la jeune femme.
-Elles sont toutes magnifiques, répondit le brun. Les roses rouges viennent d'éclore. Je t'en apporterai, à la semaine. Elles sont encore plus éclatantes que l'année dernière. »
Hermione sourit. Elle avait désapprouvé le choix de Harry. Elle ne comprenait pas pourquoi son ami s'enterrait dans une serre, comme ça, alors qu'il avait un si grand potentiel. Pourtant, elle avait agi comme lui. Elle aussi pouvait travailler dans n'importe quoi. Bouquiniste était un métier qui laissait ses compétences intellectuelles au repos. Mais elle ne s'en plaignait pas. Elle en profitait pour faire des recherches en magie. Elle adorait ça. Chercher d'où venait leurs pouvoirs, pourquoi… Elle ne s'en lassait pas.
« Et toi ? demanda Harry. Tes livres ?
-J'ai eu de nouvelles livraisons, dit Hermione. La moitié était tellement sombre que j'ai du les donner au ministère… »
Elle eut une moue prouvant bien qu'elle aurait aimé y jeter un œil.
« J'en ai confié certains à Poudlard, dans la réserve, bien entendu. Et d'autres sont sur les étalages.
-Avec tout ça, il ne t'en restait pas beaucoup, n'est-ce pas ?
-Malheureusement non », répondit la jeune fille en buvant un peu de thé.
Harry sourit. Il savait bien que le fait de donner des livres au ministère parce qu'ils étaient 'trop sombres' dérangeait son amie. Non pas qu'elle s'intéresse à la magie noire, mais son intérêt pour la genèse de la magie la poussait à chercher partout où elle le pouvait.
« Et dans ceux que tu destines à la vente ? Il y en a qui sont intéressants ?
-Oh, oui… Bon, j'ai connu mieux, comme lecture, mais c'est bien. »
Harry sourit. Cela signifiait que quelque chose perturbait Hermione.
« Bon… quel est le livre qui t'a déçu, exactement ? »
La jeune femme lui lança un regard agacé. Comme un reproche muet de deviner ainsi que quelque chose l'agaçait.
« C'est un carnet. Enfin, un petit livre. Il est… extérieurement très beau. Sa couverture est rouge et or. D'une fabrication exquise.
-Mais… ? Fit Harry, amusé.
-Mais je n'arrive pas à le lire », grogna la jeune femme.
Harry arqua un sourcil.
« Tu n'arrives pas à le lire ? Il est dans une autre langue ?
-Non, pas du tout… Il n'y a rien d'écrit. Enfin, rien de visible.
-Parce que tu es sûre qu'il y a quelque chose ?
-Certaine ! déclara la jeune femme avec feu. Ça… Comment dire ? Ça se sent. Il y a de la magie autour de ce livret. J'ai tout essayé. La gomme invisible, la discussion par écrit, comme pour le journal de Jedusor. Rien ! »
Harry hocha de la tête, pensif. Il but un instant son thé et prit un petit gâteau qu'il mangea silencieusement. Hermione gigota et il comprit. Elle ne l'avait pas appelé pour prendre le thé. Elle l'avait appelé pour lui parler du livret. Il eut un sourire indulgent. Hermione savait que si quelqu'un pouvait l'aider, c'était lui.
« Tu me le montres ? demanda-t-il, sachant pertinemment que c'était ce que son amie attendait.
-Je vais le chercher tout de suite ! » s'exclama-t-elle.
Elle se leva et disparut dans les rayonnages. Quelques secondes plus tard, elle revint en lui tendant un petit livret rouge. La couverture était belle, comme elle le lui avait dit. L'or était répandu sur les bords, d'abord en ligne, puis en petit points stylisés qui se rapprochaient vers le centre. Pourtant, celui-ci restait purement rouge. Vierge de toute tâche dorée. Il remarqua tout de suite que le carnet était différent des autres. Il possédait une moitié de couverture en plus, ce qui permettait de le rabattre et, ainsi, évitait qu'il ne s'ouvre pas par accident. Cela protégeait les pages de tout malheur. Harry ouvrit donc le petit bord et sentit tout de suite de la magie essayer de le retenir.
« Tu es parvenue à l'ouvrir sans problème ? demanda Harry.
-Tu fais allusion à la magie qui essaye de retenir la bordure protectrice ? demanda Hermione. Oui, j'y suis parvenue, mais je me suis sentie épuisée après. »
Harry hocha de la tête. Quoi que contienne ce carnet, son créateur ne voulait pas que n'importe qui puisse l'ouvrir. Harry regarda la surface de la couverture pendant un instant, mais il referma la protection, remarquant que celle-ci se replaçait d'elle-même, comme si un aimant la forçait à se coller sur le livre.
« Ça ne te dérange pas si je regarde ça chez moi ? demanda Harry. Je sais que tu es impatiente que nous découvrions la vérité, mais…
-Mais tu préfères opérer au calme pour être sûr qu'aucun incident ne me mettra en danger ou ne détruira le chemin de Traverse dans une sinistre explosion… Je sais. »
Harry sourit à son amie. Elle aussi, elle le connaissait trop bien.
« Tu es sûr de vouloir analyser ce livret ? Je croyais que tu voulais vivre en paix ? »
Harry eut une moue.
« Et moi, je croyais que tu devinerais qu'avec un livre mystérieux en main, je ne pourrais pas m'empêcher d'y jeter un œil… »
Hermione rit.
« Pour un fleuriste tranquille, je trouve que tu tournes souvent autour du pot du danger… »
Le brun grogna et lui donna un coup de livre sur la tête.
« Idiote va ! »
Hermione rit de plus belle pendant qu'il rangeait le livret dans la poche de sa cape. Il finit par reprendre sa tasse et la termina pour ensuite regarder Hermione dans les yeux.
« Tu as des nouvelles de Ron ? » demanda-t-il.
Elle rougit brusquement et Harry en fut heureux.
« Pourquoi aurais-je de ses nouvelles ? » demanda Hermione en lui versant un autre thé.
Harry sourit et lui prit la théière des mains.
« Ce n'est rien de honteux, tu sais, Hermione ? demanda-t-il, tout en versant du thé dans leurs tasses. Tu as le droit de refaire ta vie et d'être heureuse. Je suis certain qu'il n'aurait pas aimé que tu finisses seule et malheureuse. »
Hermione poussa un soupir en lissant sa jupe d'un air un peu hésitant.
« Je sais, lui dit-elle. C'est juste que… J'ai besoin de temps. »
Harry reposa la théière et planta ses yeux dans les siens.
« N'attend pas trop, d'accord ? Ron ne sera pas toujours là. Ce serait dommage de le laisser partir une seconde fois. »
Hermione sourit tout en passant une main dans ses longs cheveux, ses doigts jouant avec une petite mèche.
« Je sais, lui dit-elle. Je sais… »
Le silence revint. Un silence tout aussi calme et agréable que le précédent.
« Et toi ? demanda Hermione. Où en es-tu, côté cœur ?
-Mon annonce va bientôt sortir, dit le brun. Ensuite… Je verrais quelles seront les réponses. »
La jeune femme hocha de la tête.
« Quel est ton pseudo ? »
Harry eut un sourire amusé.
« Survivor », dit-il.
Hermione rit.
« Tu n'en loupes pas une ! » dit-elle.
Harry sourit.
« Je sais, oui. »
L'heure du thé s'était terminée dans le rire. Harry était rentré chez lui, bêtement heureux des moments passés avec Hermione. Il avait posé sa cape et le livret rouge sur la tablette, près de sa cheminée, pour ensuite aller dans ses serres, comme d'habitude. Il avait coupé quelques roses rouges, auxquelles il avait mêlé quelques gypsophiles et deux ou trois branches de fougères. Satisfait de son travail, il avait mêlé un doux ruban blanc et avait ensuite envoyé un hiboux à Hermione. Chaque année, il envoyait un bouquet de fleurs à ses amis. Et c'était toujours leurs fleurs préférées. Lorsque la saison le lui permettait, bien entendu !
Lorsque ce petit travail fut terminé, il arrosa chaque plante avec attention. Ça lui prenait toujours des heures, mais il adorait ça. Il aurait pu prendre des arroseurs automatiques, mais il préférait la manière habituelle. En outre, avec la magie, il pouvait s'assurer que ces plantes ne manquaient de rien. Quand cette tâche fut terminée, il était déjà passé 19h. Fatigué, Harry passa une main sur son front perlé de sueur et sortit de ses serres. Bien qu'il supportât la chaleur, il finissait par avoir besoin d'air, après un long moment enfermé dedans. Il vérifia qu'il avait bien fermé toutes les portes et que les ampoules à lumière déclinante étaient bien allumées. Ces lampes étaient des merveilles. Elles diminuaient en même temps que la lumière du soleil selon la saison voulue et, ainsi, ne déstabilisaient pas les fleurs. S'il voulait faire pousser des roses en hiver, cela lui était tout à fait possible. Mais il préférait laisser les fleurs venir avec la saison… Elles étaient toujours plus belles. Pourtant, il était bien obligé de 'tricher' avec la nature, les clients voulant parfois des fleurs d'été en hiver.
Sa dernière tâche terminée, Harry verrouilla toutes les serres d'un sort et se détourna d'elle, trouvant refuge dans sa maison. Comme à son habitude, il enleva sabots et tablier arrivé dans la cuisine et les posa à leur place habituelle : Sur un paillasson près de la porte et sur un crocher juste à côté. Chose faite, il enfila ses pantoufles et lança deux ou trois sorts à la gazinière. Plats et aliments se mirent en mouvement et il les laissa se préparer seuls pendant qu'il allait se laver.
Bien que grande, la maison de Harry n'en demeurait pas pour autant austère de par l'inoccupation des pièces. La cuisine, d'une couleur jaune pâle, était accueillante. Les petits rideaux à carreaux jaune et blanc avaient beaucoup plus à Hermione. Ron, lui, s'était moqué des tendances 'Gay' de son ami pour la décoration, ce qui lui avait valu un coup de la part de sa sœur. L'établi – composé d'une longue surface en pierre, de deux éviers, d'un lave-vaisselle encastrée en dessous et de la gazinière – pour cuisiner était placé juste devant les trois fenêtres principales de la pièce, conférant ainsi un sentiment de chaleur et de bien-être.
'C'est pour donner envie aux femmes de faire la vaisselle !', avait plaisanté Ron, se ramassant de nombreux coups ensuite.
La pièce, bien que rectangulaire, avait une sorte de coupole de verre sous laquelle la table (en bois et pierre) était disposée. Cela permettait, le matin, d'y voir clair, et le soir, de contempler les étoiles (s'il y en avait). Mais qu'était la cuisine par rapport aux couloirs lilas ? Ceux-ci étaient décorés par de petites pilastres ou voûtes contenant un cadre, une photo ou encore des fleurs enchantées pour rester fraîches et belles éternellement.
Plus classique, le salon était d'un ton bordeaux clair, pour ne pas trop dénoter avec la luminosité des autres pièces. Des tapis aux motifs floraux avaient été disposés sur le sol et les petites tables de chênes étaient placées ici et là dans la pièce. La bibliothèque, qui couvrait tout un mur du vaste salon, était remplie de livres parlant de sujets sorciers ou moldus. Il y avait bien entendu l'incontournable cheminée des sorciers, imposante construction de marbre claire et élégante. Elle était sculptée de fleurs, ici et là, selon la demande personnelle de Harry auprès du commerçant. Encadrant l'âtre, deux fauteuils munis d'un pose pied attendait les éventuels maîtres de maison alors qu'un divan était posé à une bonne distance, juste devant la cheminée. Deux autres fauteuils, un peu plus à l'écart sans pour autant être rejetés, attendaient d'être remplis, ce qui ne manquait jamais quand Harry organisait une petite fête. Un petit coin médias avait été installé, dans la partie la plus sombre de la pièce. Ordinateur, chaîne stéréo et télévision étaient disposés près du large et massif bureau du brun.
Et bien qu'il ait prit une grande disposition à la décoration de chaque pièce, celle qu'Harry préférait, c'était sa chambre. Il l'avait faite en beige. Pour cette pièce, il voulait une couleur claire. Tout était fait dans les tons, depuis le bois clair jusqu'aux rideaux – tant du baldaquin que des fenêtres. Le parquet, sur lequel s'étendait un tapis beige foncé, était tout aussi crème que les meubles. Même la garde robe et les draps étaient assortis. Dans cette pièce, il se sentait tout aussi bien que dans ses serres. Il prenait un malin plaisir à s'y attarder, peu importait le moment. Seule l'envie de se laver l'empêcha d'y rester plus longtemps qu'un quart d'heure. Il sélectionna un nouveau pyjama et alla s'enfermer dans sa vaste sale de bain bleu turquoise d'où il ne ressortit qu'après une heure.
Entièrement vêtu de vert foncé, des pantoufles confortables aux pieds, il descendit les escaliers et alla s'attabler à la table de la cuisine. Un steak cuit à point, de la salade et des pommes de terres sautées l'y attendaient déjà et il ne se fit pas prier pour les dévorer. Repu, sans même se préoccuper du silence de la maison, il enchanta les couverts sales pour qu'ils se nettoient seuls et fit disparaître les restes d'un rapide Evanesco. Il trouva refuge dans son salon où un feu ronflant crépitait dans la cheminée. Muni d'une tasse de thé, il s'assit dans un des fauteuils posés près de la cheminée, ses pieds trouvant naturellement leur place sur le petit pouf devant. Il but quelques gorgées de son thé et, d'un mouvement de la main, fit venir le livre que lui avait confié Hermione.
Comme la fois précédente, il sentit une légère résistance venant du livre pour l'ouverture, mais ne s'en préoccupa pas. Pas même qu'il ne s'inquiéta du frisson qui lui parcourut l'échine quand il tourna la page de garde ou encore du vent qui manqua d'éteindre les flammes présentent dans l'âtre. Une seule chose captiva son attention. Une petite chose ponctuée de lettres et que ses yeux ne cessaient de relire. Une petite chose qui l'avait pétrifié et empli d'un sentiment de bonheur mêlé de confusion.
Sur la seconde page, écrit en rouge, les mots 'Journal de James Potter' semblaient presque briller alors qu'à l'extérieur, la nuit tombait… étrangement vite.
A suivre…
Je sais, je choisis tjs aussi bien le moment de venir vous coller mon 'A suivre...'
Avouez... Vous le détestez, ce 'A suivre...'
(Umbre qui se marre d'avance car cette histoire la fait planer... Malheur à vouuuus...)
