Auteur : Umbre77
Titre : Journal d'un père
Rating : M, peut-être
Résumé : Bouquiniste, Hermione recueille un livre mystérieux qu'elle confie à son meilleur ami, Harry Potter, sans se douter des immenses ennuis qu'elle lui lègue.
Petit mot de l'auteur : Voilà pourquoi je ne dois pas aller à la bibliothèque à vélo en écoutant des chansons de Dragon Ball Z ! Voilà pourquoi je ne dois pas acheter de carnet… Pourquoi il est mauvais que je n'aie rien à faire de l'année… Bref… Voilà. Bonne lecture.
Mot supplémentaire: Et voici le chapitre 3. J'espère qu'il vous plaira tout autant que les autres. Journal prend peu à peu de l'importance dans ma vie. Je travail avec acharnement dessus, car je vais peut-être le réadapter en originale par la suite, dans l'intention de l'envoyer à un éditeur. M'enfin, ce n'est qu'un vague projet. Néanmoins, vous êtes mes premiers "testeurs". Merci d'avance aux reviewers.
A Yami Aku. En la remerciant de son avis si important.
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Chapitre 3 : Une attaque Nocturne
Harry avait eu beaucoup de mal à s'endormir, cette nuit-là. Savoir que son père avait vécu une aventure en Inde, une aventure des plus mystérieuses, l'avait troublé. Bien sûr, il ignorait beaucoup de chose sur James Potter, mais il n'avait jamais imaginé que son père puisse avoir vécu des choses sans ses amis et, qui plus est, dans un autre pays. Et ces choses noires et blanches ? Qu'étaient-elles ? Avaient-elles oui ou non attraper son père ? Et si oui, comment avait-il fait pour y survivre ? Trop de questions se bousculaient dans son esprit et ce ne fut que tard la nuit qu'il ferma l'œil.
Le lendemain, pourtant, il fut réveillé aux aurores par son réveil. Car, comme chaque matin, il devait s'occuper de ses fleurs. Ce fut en traînant les pieds qu'il sortit de son lit pour se déshabiller et enfiler ses vêtements. Que tous cela étaient pénible ! Il se vêtit sans même faire attention à ce qu'il enfilait, ce qui expliqua qu'il se retrouvât avec un pantalon violet et un haut jaune. Cadeaux des jumeaux Weasley qu'il ne pensait pas porter un jour, mais même ! C'était une vraie horreur ! Malgré tout, il ne se changea pas et, après avoir avalé deux tasses de café et un bon petit déjeuner, il alla s'enfermer dans ses serres jusque midi.
Quand il débarqua dans sa cuisine, seulement, il se rappela tous ce qu'il avait appris la veille. La curiosité déferla de nouveau et, tout en se préparant un sandwich, il composa le numéro de Remus Lupin au téléphone et mit le haut-parleur de celui-ci. Les sonneries répétées se firent entendre dans toute la cuisine et il s'en fallut de peu avant qu'il ne tombe sur le répondeur. Heureusement, Remus décrocha avant.
« Allo ? demanda son ancien professeur.
– Bonjour Remus, dit Harry, tout en refermant son sandwich. C'est Harry…
– Harry ! Bonjour ! Comment te portes-tu ?
– Fort bien, répondit le brun, s'installant sur une chaise, près du téléphone. Et vous ?
– Tout aussi bien, même si la pleine Lune approche… »
Harry eut un vague sourire. Pauvre Remus… Il avait de plus en plus de mal à supporter les transformations, avec l'âge.
« Je vous appelle pour une raison bien précise, Remus, dit-il.
– Ça, je m'en doutais bien. Qui a-t-il ?
– Saviez-vous que mon père écrivait un journal ? »
Il y eut un moment de silence.
« Oui, je le savais. Mais ils ont tous brûlé, dans… dans l'incident. »
Harry hocha de la tête.
« Tous, sauf un, dit-il. Il a atterrit entre mes mains, par accident… Et je vous avoue que son contenu m'a surpris. Que pouvez-vous me dire sur la mission en Inde qu'il a accompli alors que ma mère m'attendait ? »
Remus se tut un long moment, si bien qu'Harry eut le temps d'avaler le quart de son sandwich.
« Pas grand-chose, dit Remus. Il est parti sous ordre du ministère, avec une quinzaine d'hommes et il est revenu seul. Seul et… amnésique. »
Harry faillit avaler de travers.
« Amnésique ? demanda-t-il.
– Oui… Il avait oublié tous ce qu'il s'était passé dans cette jungle. Il avait même oublié ce qu'il allait y chercher. »
Le brun fronça les sourcils.
« Et donc, il ne vous a jamais rien raconté.
– Non, rien… sauf qu'il y faisait très chaud. C'était tous ce dont il se souvenait. »
Harry hocha pensivement de la tête.
« Et ceux qui avaient orchestré cette expédition ? Ils n'ont pas retenté quelque chose ? Ou de lui arracher les verres du nez ? »
Remus se tut un long moment, de nouveau.
« Remus ? appela Harry.
– Oui, je… Ceux qui ont tout organisé. En fait, ils… Ils sont morts peu de temps après le départ de James et de son équipe.
– Pardon ? fit Harry, se levant d'un bond et manquant de laisser tomber son sandwich.
– Ils sont tous morts. Deux ou trois jours après le départ de James. C'est pour ça que nous avons été inquiets et que nous avons envoyé une équipe de secours. Et seul James a été retrouvé. »
Le brun fronça les sourcils.
« Mais encore ? » demanda-t-il.
Remus hésita encore un long moment avant de répondre.
« Ceux qui avaient tout organisé sont morts… brûlés de l'intérieur, selon la presse. Il y avait de la poudre noire, autour d'eux. »
Harry sentit un long frisson lui parcourir le dos.
« Quant à ton père… Quand il a été retrouvé… il était couvert de poudre, lui aussi.
– De poudre noire ? demanda Harry, surpris.
– Non, dit Remus. Il était couvert de poudre blanche. »
Harry resta immobile un long moment. Il eut un léger frisson et, pour il ne sut trop quelle raison, se retourna, certain de trouver quelque chose derrière lui. Mais ce n'était qu'un hibou. Ça ne l'empêcha pas de sursauter.
« Harry ? » appela Remus.
Le concerné eut un rire nerveux et, se traitant d'idiot, se redressa pour décrocher la missive du volatile.
« Ce n'est rien, Remus, dit-il. Je crois que ressasser les vieilles histoires étranges n'est pas bon pour les nerfs », dit-il.
Remus rit légèrement.
« Oh, je suis sûr que tu t'en remettras, dit-il. Bon… Tu veux savoir autre chose ?
– Non, rien de particulier, merci.
– Un plaisir de te renseigner. Passe une bonne journée.
– Bonne journée, Remus. »
Il entendit son ami raccrocher et fit de même. Soulagé, il se laissa tomber sur sa chaise, riant encore de sa peur passée. Il se rappela alors du papier qu'il tenait en main et s'empressa de l'ouvrir.
Cher Survivor,
Nous tenions à vous informer que votre petite annonce est publiée ce jour dans notre quotidien. Ne soyez donc pas étonné de recevoir diverses lettres de parfaits étrangers dans les jours qui suivent.
Respectueusement,
Le rédacteur en Chef du Chicaneur.
Alors son annonce était publiée… Voilà qui promettait d'être intéressant. Cela dit, ce n'était pas la bonne journée. Il espérait rendre visite à Hermione et à son magasin sur le Chemin de Traverse. Or, si quelqu'un lui envoyant une lettre voyait son hibou en sa compagnie, il serait vite désigné comme étant 'Survivor'. Qu'à cela ne tienne, il resterait chez lui. Hermione pouvait attendre et puis… Cela l'amusait beaucoup, de l'agacer à la faire attendre ! Sur cette pensée, il rit et continua à manger son sandwich, non sans avoir renvoyé le hibou au préalable. Il dégusta son repas avec plaisir avant de retourner dans ses serres. La numéro huit lui posait quelques difficultés à cause d'une chenille qui s'était introduite là et dévorait les feuilles bien aimées de ses plantes. Et comme il était tout sauf disposé à la laisser faire, il était bien décidé à l'attraper.
Cela lui prit tout l'après-midi. Il avait d'abord commencé par chercher le dernier endroit où elle avait grignoté avant de pouvoir enfin la trouver. Et si la magie l'avait bien aidé (un accio chenille était toujours le bienvenu) il n'avait pu lancé le sort qu'une fois proche de l'insecte. Jeter l'enchantement en étant éloigné aurait pu perturber ses plantations.
Harry n'était pas contre les chenilles, seulement lorsqu'elles dévoraient ses plantes. Ainsi, il ne la tua pas et se contenta d'aller la déposer bien plus loin de ses serres. Content de lui, il retourna arroser chaque plantation avec la même patience que la veille, sauf la serre numéro 15. Il y resta jusqu'à la tombée de la nuit. Il avait du prendre le temps de s'occuper de chaque plan avec patience, car les roses manquaient soudainement d'énergie. Préoccupé de leur santé, il avait perdu beaucoup de temps à leur dispenser un peu de son engrais miracle, celui-là même qui donnait à ses fleurs une couleur flamboyante et une longévité bien plus grande.
À vingt et une heures, seulement, il pensa à rentrer chez lui, fredonnant avec patience. Comme chaque fois, il laissa ses chaussures de travail à l'extérieur puis rentra, accrochant son tablier à la patère près de la porte. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir trois hiboux et deux aigles sur sa table, les volatiles attendant patiemment son arrivée. Il grimaça en découvrant des fientes, mais, d'un sort, régla le problème. Il s'avança ensuite et enleva chaque lettre. Seul deux hiboux repartirent. L'aigle et la chouette attendirent patiemment, visiblement désireux d'avoir une réponse. Il préféra donc commencer par les lettres leur appartenant, tout en faisant apparaître une mangeoire et un baquet d'eau.
Souriant en les voyant se précipiter sur le contenu des bols, il ouvrit la lettre de l'aigle avec curiosité.
Cher Survivor,
J'ai lu votre annonce ce matin et je serais fort heureux de faire votre connaissance. Vos mots m'ont énormément intéressé, de part leur humour et leur clarté. Mais permettez-moi de me présenter : mon pseudonyme est Templas. J'ai trente ans, la peau foncée d'un oriental et les cheveux qui vont avec. Pourtant, j'ai les yeux bleus aussi clair que le ciel en hiver. Dans la vie, je suis gardien pour le ministère.
Et vous, dites-moi ? À quoi ressemblez-vous ? Que faites-vous ? Qu'aimez-vous ?
J'espère avoir rapidement une réponse,
Templas.
PS : J'habite assez loin… Laissez mon aigle se reposer toute une nuit puis envoyez-le-moi… Merci d'avance.
Harry haussa un sourcil et regarda l'oiseau. Déjà, celui-ci s'était endormi, perché sur la chaise en face de la table. Il sourit et prit la seconde lettre, la chouette semblant bien réveillée, elle.
Cher Survivor,
Votre annonce a attiré mon attention, de part votre pseudonyme. Quel étrange nom… Quoi que le mien n'est pas des mieux.
Vos mots, bien que d'un banal affligeant, m'ont plu. Ainsi, j'ai pensé que nous pourrions faire plus ample connaissance via courrier, voir plus, si affinités.
Dans l'espoir d'avoir de vos nouvelles,
Amicalement,
Drarry.
Harry haussa un sourcil. Drarry ? Quel nom étrange ! Mais plaisant, il devait l'admettre. Levant la tête vers la chouette, il remarqua que celle-ci semblait s'impatienter.
« D'accord, dit-il. Je vais répondre, je reviens ! »
Prenant la lettre, il quitta la cuisine pour se rendre dans le salon. Là, il s'installa au bureau, allumant la petite lampe de travail. Il prit un morceau de parchemin et s'assura que son nom et adresse n'y étaient pas écrits. Il avait quelques feuilles de son magasin et ce serait dommage de crier si vite son identité. Satisfait de trouver une page totalement blanche, il attrapa un stylo et se mit à écrire rapidement.
Cher Drarry,
On ne peut pas dire que vous mâchez vos mots, mais cela me plaît. Les ronds de jambes me sont insupportables !
Il est vrai que votre pseudonyme est singulier, mais je l'aime bien. Il ne manque pas de singularité. Je serais ravi de faire plus ample connaissance avec vous. Mais votre lettre ne me donne pas vraiment d'élément pour commencer. Enfin soit…
Je me lance en premier. Quel âge avez-vous ? À quoi ressemblez-vous ? Je n'ose vous demander votre métier, car cela est peut-être révélateur. Cela dit, si cela ne vous gêne pas de me le révéler, n'hésitez pas.
Personnellement, j'ai 20 ans. Je suis quelqu'un d'assez calme, en général. J'ai les cheveux noirs, les yeux verts… Je suis grand, je pense. En tout cas, je ne suis pas un nabot. Mon métier est assez calme, ce qui me plait. Je préfère ne pas le dire. Vous risqueriez de savoir qui je suis…
J'espère que ces petits éléments vous satisferont et que votre réponse ne se fera pas trop attendre ;
Survivor.
Harry relut sa lettre souvent, avant d'aller la donner à la chouette. Il l'accrocha avec un petit ruban mauve qu'il avait sous la main et l'envoya, l'oiseau disparaissant dans la nuit. Harry poussa un soupir et regarda les missives restantes ainsi que l'aigle… Les autres attendraient bien qu'il ait mangé, quand même…
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Cher Survivor,
Je m'attendais à recevoir votre réponse bien plus tôt… visiblement, la ponctualité n'est pas votre fort ! Mais je suis sûr que vous avez une bonne excuse, je ne vous en veux pas.
Alors, si nous devons faire plus ample connaissance, je propose que nous ne parlions d'aucun élément devant nous révéler publiquement. Pas maintenant, en tout cas. Après tout, je ne sais pas si vous êtes un psychopathe dangereux ou si vous êtes un gentil garçon courrant dans les vertes prairies.
Cependant, je peux vous dire que j'ai le même âge que vous ! Ce qui est déjà un bon point. J'ai les cheveux blonds et les yeux bleus. Je suis grand également pour mon âge. Quant à mon métier, je ne le dis pas non plus. Trop révélateur, vous pourriez venir déposer des cadavres de rats devant ma porte…Ne riez pas, ça m'est déjà arrivé !
Cela dit, nous ne sommes pas là que pour parler de ce que nous sommes, comment nous sommes, où nous sommes et j'en passe. Passons à une question bien plus intéressante… Selon votre âge, si vous êtes allez à Poudlard, vous étiez de la même année… Ainsi, je n'hésite pas à demander… Quelle maison ? Ou plutôt non ! Surtout, ne la dites pas. Je veux deviner moi-même ! Faites-en autant de votre côté, cela sera très amusant.
A bientôt j'espère !
Drarry.
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Cher Templas,
Je suis heureux que mes mots vous aient plu. J'ai pris grand soin dans la rédaction de mon annonce. Votre pseudonyme est très plaisant. Il doit vous allez à ravir, si j'en juge à votre descriptions.
Personnellement, j'ai les cheveux noirs, les yeux verts et ma peau…est bronzée. Je ne peux mieux la décrire, je pense. Je passe beaucoup de temps à l'extérieur, sinon, elle serait plus claire.
J'aime beaucoup de choses ! Une lettre ne suffirait pas à tout dire. Mais j'aime tout particulièrement la tranquillité. J'étais autrefois un homme d'action, alors je profite du repos que m'offre la mort de Vous-Savez-Qui. J'aime la nature, la télévision, les bains moussants, voler… Le beige est ma couleur préférée ! Et je déteste l'eau.
Et vous ? Je serais ravi d'en apprendre un peu plus, sur vous… À très bientôt j'espère ;
Survivor.
PS : Votre aigle s'est bien reposé. Quel est son nom ?
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Cher Drarry,
Vous êtes culotté ! Je suis persuadé que vous étiez à Serpentard. Vous avez leur franc-parler ! J'étais en effet très occupé, le jour où vous m'avez envoyé votre lettre. Il faut savoir que mon travail me prend toute la journée et toute la soirée. Il ne faut donc pas vous étonner de ma lenteur quant à mes réponses !
Je suis entièrement d'accord ! Je n'ai pas envie que Vous veniez chez moi pour déposer un chaton enragé devant ma porte. Cela dit, je vous rassure. Je ne suis ni un psychopathe, ni un garçon parcourant les vertes prairies. Enfin… Si on peut dire. Je suis fort proche de la nature, de part mon métier, mais je ne parcours pas les vastes prairies en lançant des gerbes de fleurs derrière moi. Et vous, dites-moi ? Êtes-vous du genre décoration glauque ou bisounours ? Je vous avoue que je vous imagine – bien que ne connaissant pas votre visage – dans des coussins de soie, vautré comme seul peu l'être un homme élégant. Pourquoi cette image ? Sans doute à cause du ruban de soie, ou de la qualité du papier… Ou peut-être à cause de l'encre turquoise que vous utilisez, celle-là même qui répand une agréable odeur de myrtille.
Je suis du genre confort et décoration claire. Si cela peut vous rassurer, je n'aime pas tuer les rats et encore moins en déposer toute une brochette devant votre maison. Si je devais déposer quelque chose, se serait des fleurs. Ni plus, ni moins. Les aimez-vous ?
Oui, je suis allé à Poudlard. Ma maison, je vous laisse la deviner, étant donné que c'est là votre plaisir. Mais si nous sommes de la même année, je crains que vous ne découvriez rapidement qui je suis. J'espère que non, car vos lettres me plaisent et j'aimerais continuer cet échange.
À très bientôt,
Survivor.
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Cher Survivor,
Je me surnomme Tactique et j'aimerais vraiment faire votre connaissance. Vous êtes gay, selon votre annonce. Ça tombe bien, moi aussi. Ça vous dirait, une rencontre, voir plus ?
Tactique.
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Cher Tactique,
Je suis navré, mais je ne souhaite pas faire de rencontre dans l'immédiat. Je préfère d'abord tenter de connaître les personnes à qui je m'adresse. Si cela vous tente, vous savez ce qui vous reste à faire ;
Survivor.
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Cher Survivor,
Vous me semblez beau. Peut-être suis-je un peu sûr de moi en disant cela, mais bon… Cela ne coûte rien, après tout. Vous aimez donc passé du temps à l'extérieur, si j'en crois le fait que vous y êtes souvent. J'aime ça également.
Tout comme vous, je suis proche de la nature et la tranquillité est mon travail, en quelque sorte. Je m'arrange en tout cas pour que personne ne dérange ce que je garde. Je ne connais pas la télévision. C'est un objet moldu, je suppose… Les bains moussants… Je n'en ai jamais pris ! Je me lave sur place, dans mon travail, car je dois y rester constamment. Ma couleur favorite est l'or, mais s'est sans doute parce que j'en vois beaucoup (non, je ne travaille pas dans une banque) !
Quand vous dites que vous étiez un homme d'action et que vous profitez de votre repos, voulez-vous dire que vous accepteriez de vivre des aventures une fois reposé ? Ou au contraire, êtes-vous tout disposé à vivre en paix jusqu'à la fin de votre vie ?
À très bientôt,
Templas.
PS : Mon aigle s'appelle Shadow.
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Cher Survivor,
Je suis culotté et j'en suis très fier. Dans la vie, il faut avoir du culot. Parce que sinon, comment voulez-vous avoir ce que vous voulez ? On ne vous le donnera pas tout frais dans le bec. Alors je suis culotté et j'obtiens ce que je veux. En cela, j'avoue… J'étais un Serpentard ! Je suis ravi que vous reconnaissez en moi leurs merveilleuses caractéristique. Car il n'y a pas de mal à être Serpentard et à avoir de l'ambition. Les ambitieux peuvent faire de grandes choses (autre que de tuer des gens).
Votre travail vous prend toute la journée ? Mais que faites-vous donc ? Vous élevez des hippogriffes ?
Un chaton enragé ? Mais ce n'est pas mon genre. Si je voulais vous faire du mal, je déposerais devant votre porte une plante. Pas n'importe laquelle, bien entendu. Une carnivore… Cela serait bien plus amusant qu'un chaton !
Vous êtes proche de la nature, dites-vous ? Et vous avez vingt ans… Merlin ! Êtes-vous Neville Londubat ? … Mais non, suis-je bête, Neville Londubat n'a pas les cheveux noirs, ni les yeux verts… Par contre… Harry Potter, si ! Et je crois savoir qu'il est fleuriste. Quelle étrange coïncidence… vous aimez les fleurs, vu que vous m'en déposeriez une sur le pas de ma porte. Ai-je bien trouvé, cher Harry ? Sérieusement, Survivor… C'est ridicule ! Cela dit, je sais votre maison, à présent.
Vous êtes donc un homme de tranquillité, de confort et de décoration claire. Nous nous plairons, dans ce cas. Je n'aime pas ce qui est glauque. Je trouve que les cachots de Poudlard l'étaient bien assez. Je suis un homme de soleil. Non, en fait, je suis un homme d'astres. En ce sens où je passe mon temps le nez dans les étoiles ou fixé sur le soleil. J'aime la soie, j'aime ce qui est chique, mais pas à l'excès. J'aime le luxe discret. Ainsi, peu de chance de me voir dans des coussins de soie. Par contre, si vous en avez, je ne dirais pas non à une éventuelle proposition pour venir m'y vautrer. Car je suis paresseux, j'admets…
Par contre, je ne sais pas ce que sont les bisounours et je ne veux pas le savoir. Rien qu'au nom, cela m'écoeure. Mon papier, mon encre et mon ruban vous plaisent ? Tant mieux. C'est votre idée, après tout. Vous avez mit un ruban violet à ma réponse, la première fois. Je continue sur votre lancée.
Pour répondre à votre question, oui, j'aime les fleurs. Enfin, je ne m'en préoccupe pas, comme vous. J'achète de temps à autre un bouquet et puis basta. Cela dit, je serais ravi que vous m'en donniez une. On dit que vous faites du bon travail.
Parlons sérieusement à présent. Je souhaite continuer de discuter avec vous. Savoir votre identité m'est égal. Vous restez pour moi Survivor, même si je sais qui vous êtes. Je ne suis pas une groupie, je ne donnerais pas nos lettres à des journaux, bref, je me tape de qui vous êtes. Cela dit, c'est à vous de choisir si nous continuons ou pas. J'espère que oui.
Bien à vous,
Drarry.
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Cher Survivor,
Je suis gay, mais pas une fille. Faire la connaissance et me taper la causette, c'est pas mon truc. Par contre, j'aime le sport en chambre. Soit vous dites oui, soit on se voit plus, c'est comme vous voulez.
Tactique.
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Survivor,
Pourras-tu survivre longtemps face à moi ? Je pense pas. Je vais venir te faire ta fête, tu peux me croire !
Sad.
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Cher Drarry,
Ainsi, vous savez qui je suis. Je ne sais trop comment réagir face a cela. Nié ne sers à rien, vous avez trop d'éléments en main. Je pense que je vais continuer notre correspondance, parce que je vous avoue aimer ça. Mais je vous préviens d'avance qu'une seule allusion de ce qui se passe à qui que ce soit, je cesse toute lettre échangée. Excusez-moi d'être méfiant, mais les journalistes me courrent sur le haricot !
Vous êtes donc culotté, ambitieux, homme d'astres et de rêverie et d'un luxe discret. Cela n'aide pas pour découvrir qui vous êtes, car bien des Serpentard correspondent à votre description. Cela dit, je trouverais bien qui vous êtes. Après tout, vous savez, pourquoi pas moi ?
Vous savez à présent que je suis fleuriste. Ainsi, je vous le dis : je me lève tôt le matin et me couche tard le soir pour m'occuper de mes plantes. C'est un travail de longue haleine, pour que mes fleurs soient belles. C'est pour cela que je ne réponds que le matin, le midi ou le soir.
Une plante carnivore ? Mais pour qui me prenez-vous ? Je suis fleuriste ! Et même si c'est une plante magique, moi aussi, j'ai eu des cours avec Mme Chourave. Je saurais donc les reconnaître et me tenir éloigné, pas de chance pour vous.
Personnellement, je déposerais un explosif dans un sac auquel je mettrais le feu. Paniqué, vous taperiez dessus avec votre pied et lorsqu'il exploserait, vous n'auriez plus qu'une jambe. Astucieux, non ?
Figurez-vous que j'ai choisi le pseudonyme de Survivor en me disant que, peut-être, vous ne me reconnaîtriez pas. Après tout, se désigner dès le départ… Mais bon, autant pour moi, vous m'avez reconnu et très vite. Je ne sais pas si je dois m'en sentir vexé ou stupide. Pas besoin de me dire que la seconde proposition est la meilleure, je le sais !
Je n'ai pas de coussin en soie, je n'aime pas ça. Ça me donne de l'urticaire. Enfin, je vous rassure, votre ruban ne me fait rien, mais si je reste trop longtemps en contact avec de la soie, je m'énerve vite. Sans soute à cause de sa texture trop soyeuse et trop douce. Mais j'ai des coussins quand même et… Pour ce qui est de vous y vautrer, attendez encore quelques lettres. J'aimerais vous connaître mieux, quand même !
Paresseux, dites-vous ? J'ignorais que la paresse et Serpentard pouvaient s'allier. Ça doit donner quelque chose de très intéressant.
Vous aimez les fleurs ? Quelle est votre préférée ? Peut-être en ai-je, qui sait… ?
Je n'avais même pas fait attention à la couleur du ruban que je vous ai mis, je vous l'avoue. Cela dit, à présent, j'y fais attention. Celui qui accompagne cette lettre vous convient-il ?
Moi aussi, un jour, je saurais qui vous êtes. Je vous en fais le serment !
Bien à vous,
Survivor.
oOo
Cher Tactique,
Nous cesserons ici notre correspondance. Si j'ai besoin d'une partie de jambes en l'air, je ne passe pas par une annonce, mais par un bar.
Survivor.
oOo
Sad,
Je vous conseille de cesser vos menaces ou de consulter quelqu'un. Vous avez visiblement un léger problème.
Survivor.
oOo
Cher Templas,
Je vous remercie de dire que je suis beau, bien que vous eussiez du mal à en juger sans ma photo. J'aime l'extérieur, en effet. Le soleil est quelque chose que j'aime, mais l'hiver ne me dérange pas.
Vous devez donc protéger quelque chose. Ne travailleriez-vous pas au département des mystères ? Si c'est le cas, je vous souhaite bonne chance. J'y suis allé une fois… Plus jamais, j'espère !
La télévision est en effet un objet moldu. Cela vous permet de voir ce qu'ils appellent des films. Ce sont des images qui se succèdent très vite, si bien que vous avez l'impression de voir cela en temps réel et en vitesse réelle. C'est très ingénieux et très divertissant.
Vous n'avez jamais pris de bains moussants ? Merlin ! Je serais tenté de vous envoyer un bidon de ce magnifique produit, juste pour que vous essayiez. Mais je ne veux pas épuiser Shadow plus qu'il ne l'est. Mais où diable habitez-vous pour que ce pauvre oiseau soit si fatigué ?
J'ai été un homme d'action et j'aspire à ne plus jamais l'être. Cela est bien trop épuisant. J'aime bien entendu que les choses bougent, mais pas trop. Je veux des mouvements typiques de la vie. C'est-à-dire un compagnon, peut-être adopter des enfants… Mais surtout, surtout, plus de danger, plus de combats… La guerre contre Voldemort m'a largement suffis. Oui, je suis disposé à vivre en paix jusqu'à la fin de ma vie. Et vous, Templas ?
À très bientôt j'espère,
Survivor.
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Harry se laissa aller en arrière, poussant un long soupir. Il regarda Shadow disparaître dans le ciel déjà obscur et bailla à s'en décrocher la mâchoire. Cette correspondance commençait à le fatiguer. Il se couchait tard pour pouvoir satisfaire les personnes qui lui envoyaient ces messages, ou en tout cas, pour satisfaire Templas et Drarry.
Il avait été terriblement perturbé de savoir que Drarry l'avait reconnu. Cependant, il semblait que son Serpentard ne dirait rien à la presse, ce dont il lui était infiniment reconnaissant. Voir son nom en première page accompagnée de toutes les missives échangées ne lui plaisait guère. Mais il semblait raisonnable.
'Attention, c'est un Serpentard… Entre ce qui est vrai et faux, il y a une marge, chez ce genre de spécimen…'
Harry eut une moue. Il n'aimait pas trop ce genre de pensée. Il avait l'impression de pouvoir faire confiance à Drarry.
Templas, lui, était différent. En quelques lettres, il avait appris beaucoup de choses sur lui, mais fort peu, contrairement à Drarry. Il avait dix ans de plus que lui… L'écart avait peut-être une influence quelconque.
Soupirant, Harry préféra chasser ses pensées néfastes de sa tête et se leva pour s'étendre. Il replaça la chaise de son bureau et éteignit toutes les lampes du salon et de la cuisine. La correspondance lui demandait peut-être de se coucher tard, mais au moins, c'était distrayant et il avait de quoi occuper ses soirées. Un léger sourire orna ses lèvres à l'idée que, peut-être, il pourrait occuper ses soirées un peu mieux si un de ses correspondants se montraient suffisamment convainquant. Drarry avait déjà fait une allusion. Cela voulait dire qu'en tant qu'Harry Potter, il ne lui déplaisait pas. Mais était-ce à cause du nom ou du physique ?
Une moue sur les lèvres, Harry se stoppa devant le grand miroir à pied de sa chambre. Il laissa ses yeux descendre sur son corps mince, s'avouant à lui-même qu'il n'était pas si mal que ça. Harry n'était pas hypocrite, ni même complexé, mais d'une certaine manière, il se voyait toujours comme le garçon trop mince et trop petit qui avait vécu dans un placard. Pourtant, il savait qu'il avait grandi, changé… Mais il ne pouvait s'empêcher de trouver ses genoux trop noueux, son ventre trop maigre, ses cheveux trop ébouriffés.
'Ça te donne un style, Harry', lui avait dit Hermione.
Mais pour lui, le seul style qu'il y avait, c'était le style d'un clochard !
Soupirant, il préféra se secouer et alla se laver, tout en essayant de ne pas observer son corps plus encore. Il sortit très vite de la douche, la fatigue l'empêchant de s'attarder sous l'eau chaude. Il attrapa un pyjama beige et éteignit la salle de bain pour se glisser dans son lit, bien heureux. Cette nuit-là, il ne prit même pas la peine de lire quoi que ce soit, trop fatigué qu'il était. Il éteignit sa lampe de chevet, se roula en boule tout en serrant un pan de sa couverture contre lui et s'endormit aussitôt.
Ce fut dans la confusion totale qu'il se réveilla. Une sirène désagréable lui vrillait les tympans et il ouvrit deux yeux épuisés. Seules les ténèbres de sa chambre l'accueillirent et il grimaça. L'alarme de la propriété s'était déclenchée. Quelqu'un, donc, était entré. Et quelqu'un de mauvais, sans quoi, l'alarme ne se serait jamais déclenchée ! Fronçant les sourcils, il lui fallut pourtant du temps pour totalement émergé et se lever de son lit.
Pourtant, instinctivement, il se dirigea vers un large panneau de bois. D'un mouvement de la main, il le fit coulisser, dévoilant une quinzaine de petits écrans où sa maison et ses serres apparurent. Les caméras de surveillance n'étaient pas son idée, mais celle de Ron, pour sa protection suite à la mort de Voldemort. Cela dit, il fut heureux de les avoir installées lorsqu'il distingua, le long de sa maison, plusieurs silhouettes noires en mouvement.
Fronçant les sourcils, Harry s'approcha de l'écran pour mieux les distinguer. Dans la nuit, on aurait pu penser que c'était des Mangemorts, mais il ne connaissait pas de Mangemorts volant.
'Des Détraqueurs ?', pensa-t-il.
Il regarda un peu mieux. Non, il y en avait trop. Si c'était des Détraqueurs, il en aurait sentit le froid. Or, il n'y avait aucun effet lié à ces sombres créatures. Malgré tout, un long frisson le parcourut. Des silhouettes noires… Harry se sentit blêmir, alors que les mots de son père lui revenaient en mémoire.
'Cette fois, c'était des créatures bizarres. On aurait dit des Détraqueurs. Elles étaient noires et très grandes. Presque vaporeuses, comme de la fumée. Parfois, elles disparaissent et apparaissent ailleurs. C'était terrifiant. Les hommes qui se faisaient attraper s'embrasaient complètement.'
Il ne sut trop pourquoi, il sut qu'elles venaient pour lui. Elles étaient là parce qu'il avait lu le journal. Et qu'il n'aurait pas dû. La résistance… La résistance que le journal émettait avant de s'ouvrir n'était pas là parce que le journal était privé, mais parce qu'il y avait un danger à le lire. À découvrir. Mais découvrir quoi ? Harry frissonna et regarda de nouveau les écrans. Elles n'étaient plus dans le jardin, mais dans la maison. Dans le salon. Harry grogna et, d'un pas lent, il marcha jusqu'à sa garde-robe. Il enleva son pantalon de pyjama et attrapa un autre en toile qu'il enfila. Il était large, ce qui lui permettait de faire de grands pas sans que le tissu ne frotte contre ses jambes. Satisfait, il tira fort sur les cordons se trouvant au bas du pantalon, les jambes se refermant ainsi à sa cheville et ne touchant pas le sol. Cela fait, il enleva son haut tout en surveillant les caméras. Les créatures se promenaient dans la maison, mais aucune n'avait commencé à envahir l'étage. Harry fronça les sourcils en les regardant évoluer. Elles s'approchaient des armoires, les longeaient attentivement…
'Elles cherchent le journal'
Il ne sut pas d'où lui venait cette certitude, mais c'était ainsi. Elles cherchaient le journal pour l'emmener ou le détruire.
'Mais est-ce qu'elles veulent seulement le journal ?'
Il attrapa un t-shirt lui moulant le corps et l'enfila. D'un pas alerte, il retourna à sa table de chevet pour sortir sa baguette qu'il fourra dans sa poche spéciale. Il revint ensuite vers les caméras, observant le déplacement. Ils étaient aux nombres de huit, apparemment. Trois étaient dans le salon et cherchaient, deux dans les couloirs, une dans la cuisine et une autre dans la salle à manger. Harry regarda dans le salon et aperçut le journal de son père, posé sur le coin de la cheminée, là où il l'avait laissé. Les ombres en étaient encore éloignées.
Quelque chose, dans la caméra de la cuisine, attira son attention. Une des ombres s'était arrêtée devant la caméra et semblait immobile. Il fronça les sourcils mais eut un brusque recule quand l'ombre sauta sur la caméra, l'image disparaissant aussitôt.
'Elles vont m'attaquer !'
C'était une certitude. Elles étaient là pour détruire tout élément. Qu'ils soient écrits ou oraux !
Sur cette pensée, les années de guerre éveillèrent en Harry un élément de survie depuis longtemps endormi. Il devait soit partir de là, soit les détruire. Mais pouvait-on détruire quelque chose de vaporeux ? Il secoua la tête. Il l'ignorait. Il ne savait même pas ce qu'étaient ces choses, mais Hermione, elle, le saurait sûrement. Sa seule chance était de la retrouver.
'Mais je veux récupérer le journal avant, pensa-t-il. Et mes lettres… Je veux sauver les lettres de Drarry…'
Sur cette pensée, il regarda de nouveau les caméras. Celle des escaliers était encore opérationnelle et une des créatures s'y aventurait. Il grimaça et, d'un pas alerte, ouvrit son armoire pour sortir la cape d'invisibilité de son père. D'un mouvement souple, il l'enfila. Il ne savait pas si ses choses pouvaient le voir à travers de la cape, mais il ne perdait rien en essayant ! D'un pas tout aussi méfiant, il attrapa un sac vide et, tout en enlevant sa cape, le mit sur son dos. Il remit la cape aussitôt et regarda de nouveau la caméra. La chose était dans le couloir. Elle se déplaçait doucement. Celles du salon étaient encore loin de la cheminée et de son secrétaire.
Son cerveau fonctionnait à cent à l'heure. Il devait se hâter. Il fallait qu'il trouve une solution. Le couloir était impraticable. L'escalier aussi, s'il en jugeait par les deux formes s'y glissant. Inspirant vite, il sentit l'adrénaline se répandre dans ses veines et son cœur accélérer désagréablement. Il ne pouvait pas rester là. Elle était juste devant la porte de sa chambre. Harry se tourna vers le montant de bois. Il sentit une étrange odeur de brûlé et son cœur s'arrêta un instant quand il comprit. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir ce que la chose avait fait.
'Salope,… Elle est en train de cramer ma porte !'
Une sorte de rage se répandit en lui. Ces bestioles pouvaient tout faire brûler, si elles le voulaient. Lui compris ! Il fallait qu'il agisse vite. Faisant face aux écrans de nouveau, il regarda sa porte embrasée et les flammes qui léchaient déjà les murs du couloir, noircissant le papier peint. Une de ces choses avait mis le feu à la cuisine et une autre avait fait prendre la bibliothèque du salon. La maison allait entièrement brûler.
Une vague tristesse l'envahit à cette pensée, mais il se figea en regardant l'écran de sa chambre. Elle était juste derrière lui. Une créature noire, vaporeuse. Comme le décrivait son père. Son cœur accéléra encore. Elle ne bougeait pas. Pas du tout… Il regarda de nouveau les écrans. Celles dans le salon s'étaient éloignées de la bibliothèque et de la cheminée. Visiblement, elles avaient simplement décidée de faire brûler toutes les preuves. Harry déglutit. Il regarda la créature derrière lui de par l'écran. Et au moment même où elle poussait un sinistre cri, il transplana.
Ce fut entre la bibliothèque en feu et le divan qu'il apparut. Il sut tout de suite que les créatures le voyaient. Les deux présentes dans la pièce pivotèrent et le regardèrent. Pendant un long moment, personne ne bougea. Puis, soudainement, elles se jetèrent sur lui, telles deux longs draps noirs. Il se jeta en avant et elles percutèrent le brasier qu'était la bibliothèque. Lui, n'hésita pas, il fit le poirier, la cape découvrant ses jambes, juste avant de le couvrir complètement alors qu'il retombait près du secrétaire. Il attrapa toutes les lettres qui se trouvaient dessus et les fourra dans son sac par magie. Le temps qu'il se retourne et il vit les choses noires, alors couvertes de flammes, longées le plafond, brûlant ce dernier. Il regarda la cheminée. Il pouvait y arriver, mais il devait attendre la dernière minute.
Une créature surgit du couloir, l'empêchant de réussir son plan. Il grogna et, d'un bon spectaculaire, parvint à atteindre le canapé derrière lequel il se retrouva. Il se redressa et attrapa le journal sur la cheminée, le mettant dans son sac de la même manière que les lettres. Il se retourna, sans prendre garde à la créature noire qui se cachait dans la cheminée. Celle-ci bondit et il poussa un cri en sentant une vive brûlure se répandre dans son épaule. Il ne s'attarda pas et se dégagea vivement. Sans hésiter, il transplana de nouveau, mais la douleur ne lui permit pas de se concentrer. Il atterrit juste devant la maison et entendit les créatures hurler. Préférant ne pas se retourner, il partit en courrant entre les serres et, lorsqu'il entendit la porte de la cuisine exploser littéralement, se plaqua contre une paroi de verre.
Ce ne fut qu'à ce moment là et avec un frisson de peine intense qu'il remarqua que la cape de son père ne fonctionnait plus. Le trou fait par la créature, lorsqu'elle lui avait saisi l'épaule, avait fini d'éliminer ce précieux atout. Pestant contre les choses, il enleva le tissu inutile et le regarda tristement. Plus par sentimentalité qu'autre chose, il la plaça dans son sac par magie. Il s'appuya de nouveau contre le verre de la serre, plaçant sa main sur son épaule brûlée. Du sang s'en écoulait doucement et la douleur l'élançait dans la poitrine et dans le reste de son membre, jusqu'au bout des doigts. Il espérait sincèrement qu'Hermione pourrait l'aider à se soigner. Quoi qu'aller chez elle serait peut-être un peu dangereux.
La tête appuyée contre la vitre, il mit un certain temps à réagir. Ce ne fut qu'en sentant une chaleur fulgurante dans son dos qu'il eut l'intelligence de se jeter en avant et de rouler. Au moment même, la serre derrière lui se transforma en une boule de feu. Harry leva la tête et sentit une colère sans borne l'envahir. La serre numéro neuf… Celle des lys. Regardant derrière, il s'aperçut que les autres étaient également en feu. La créature qui dormait au fond de lui se réveilla et poussa un grondement menaçant. Ses fleurs… Des mois de travail acharné… Des heures à veiller sur elles. À faire attention à elles… Ses yeux le brûlèrent désagréablement et il se redressa d'un bond et poussa un long cri. Au même moment, la serre numéro dix explosa, juste à côté de lui. Il ne s'en déstabilisa pas pour autant.
Son cri mourait sur ses lèvres lorsque quatre détonations se firent entendre. Quatre des choses noires apparurent autour de lui, mais il se contenta de leur lancer un regard de pure haine. On ne touchait pas à ses fleurs sans en payer le prix ! Il n'eut même pas besoin de se concentrer pour ériger autour de lui une large bulle d'eau. Les créatures poussèrent un cri et, alors que toutes ses serres étaient en train de brûler, les quatre autres vinrent à la rescousse. L'une d'elles tenta de l'atteindre, mais ce ne fut que pour crier d'avantage, l'eau leur faisant visiblement mal. Constatant cela, Harry eut un large sourire et, levant les bras, il envoya de l'eau à chaque chose, toutes finissant par crier et par s'éloigner.
Mais elles s'approchèrent de nouveau, visiblement plus en colère encore. Elles s'embrasèrent et se jetèrent sur la bulle avec plus de forces encore, l'eau et le feu donnant naissance à une bouffée de vapeur insupportable. Ébranlé, Harry sentit une chose lui toucher la joue, une autre la cuisse et le ventre. Il cria, mais eut le réflexe de transplaner.
Comme la dernière fois, il n'alla pas bien loin, mais suffisamment que pour déstabiliser les créatures. Il transplana une seconde fois, près de la serre numéro quinze, puis près de la dix-huit. Là, il envoya une onde de magie vers la serre numéro treize puis la huit et partit en courrant. Il savait que son subterfuge ne durerait pas longtemps et que les créatures finiraient par se douter que les ondes ressenties étaient un leurre.
Dans les ténèbres de la nuit, il courut aussi vite que possible, les serres en feu projetant des ombres qui le déroutait. Il ne se laissa pas abattre et courut encore, sautant par-dessus sa clôture en vitesse. Courbé en avant, il se maudit d'avoir enfilé un t-shirt blanc et grimpa tout aussi vite dans les taillis surplombant la colline, derrière les serres.
Ce ne fut qu'une fois arrivé au sommet, à genoux, tremblant de froid, de peur et de douleur, qu'il se permit de s'arrêter. Essoufflé, il se retourna, comme pour vérifier que les choses n'escaladaient pas la colline. À la place, ce fut un spectacle plus horrible encore qu'il vit. Celui de sa maison, point brillant dans la nuit, et de ses serres, longues traînées de lumières, qui brûlaient, complètement.
A suivre…
oOoOooOoOo
Et voilà, l'action commence... Et vous rendez-vous compte? Ce satané ff veut pas me laisser faire ma mise en page! Résultat, on mets des O à la place des barres. J'espère que ce détail ne vous chamboulera pas (j'en doute, mais bon, moi, ça m'énerve! vilain ff! Na!)
J'espère que ce chapitre vous a plu, en tout cas. Il s'y passe beaucoup de chose, j'espère donc avoir beaucoup de remarques, qu'elles soient bonnes ou mauvaises!
A bientôt peut-être,
Umbre
