Chapitre 8

- Tu vas me dire à qui tu les as donné espèce d'écervelée ?

- Lâche moi Aaron tu me fais mal répondit Lilly d'une voix plaintive tout en essayant de se dégager de l'étreinte forcée de son ex petit ami.

- Tu vas me répondre ! hurla Aaron comme un démon en la secouant de + belle.

- Tu vas réveiller tout le monde répliqua Lilly en le toisant, toute peur ayant désormais quitté son regard, laissant place à une moquerie narquoise qui, elle le savait, rendait Aaron complètement fou.

Je ne les ai donné à personne enfin ! Elles sont dans ma chambre, pas de panique.

- Pas de panique ? PAS DE PANIQUE ? Les vidéos sont dans mon coffre fort imbécile ! Et Dieu sait qui a les originales !

Lilly accusa le coup et c'est d'une voix blanche qu'elle lui répondit.

- Je … Je ne comprends pas, je t'assure.

Ce qu'elle lu dans les yeux d'Aaron fut loin de la rassurer…

Véronica se plaqua contre le mur des voisins tout en intimant à son cœur de battre moins vite.

Elle frotta ses mains moites contre sa jupe avant de risquer un nouveau coup d'œil à la fameuse scène surréaliste qui se jouait à quelques mètres d'elle.

De là où elle était, elle ne pouvait bien entendu pas les entendre mais elle avait plus d'une fois était tentée d'intervenir en apercevant Aaron secouer sa meilleure amie.

Une multitude de pensées lui traversaient l'esprit, et bien entendu, toutes en même temps.

Serait-elle assez rapide pour intervenir si la vie de sa meilleure amie était en jeu ? Pourrait-elle réellement lui venir en aide ? Comment Aaron pouvait-il venir jusqu'à elle ? N'avait-il donc peur de rien ?

Elle savait Aaron prêt à tout, prêt à tuer, et le savoir sans pouvoir l'empêcher la rongeait de l'intérieur. Elle se sentait responsable de Lilly, et cette fois, s'il lui arrivait malheur, ce serait entièrement par sa faute…

Véronica cru apercevoir Aaron tendant un papier à Lilly puis la dévisager intensément pendant ce qui semblait une éternité avant de repartir aussi vite qu'il était venu, de sorte que Véronica se demanda un instant si elle n'avait pas imaginé toute la scène.

Lilly resta un moment debout au milieu de son entrée de maison, comme hagarde, avant de revenir brusquement à la réalité et rentrer sans un regard en arrière.

Véronica ne savait absolument plus pour quelle raison elle était venue. Quelle importance ?

Elle rebroussa chemin et rentra chez elle.

Se rendormir pour 1h30 n'était pas l'idée la plus géniale qu'elle avait pu avoir, elle le savait, elle ressemblait à un Zombie, ça aussi elle le savait…

Donner le change à son père comme si de rien était ? Mission impossible…

- Tu es rentrée tard cette nuit déclara-t-il impassible.

Mentir ou ne pas mentir, là est la question…

- Avec Lilly, Logan et Duncan, on a prolongé la soirée chez Logan répondit-elle rapidement tout en évitant bien de croiser le regard de son père.

Il n'était pas dupe, mais qu'aurait-elle pu dire d'autre ? « Oui je suis rentrée tard parce qu'après avoir bu au point d'être complètement à l'ouest, j'ai passé la nuit avec Logan »

Mauvaise idée. Ça aurait enclenché le mode « Père en furi » et ce n'était vraiment pas le moment.

Elle savait d'avance que cette journée allait être longue, très longue…

Véronica arpenta le couloir la tête baissée, espérant de tout son soul pouvoir arriver en cours sans encombres, et surtout sans avoir à croiser le moindre visage familier.

Le nez dans ses chaussures, elle obliqua sur la droite en direction du cours de littérature anglais -rien de mieux pour finir sa nuit- lorsqu'elle entra de plein fouet dans Logan.

Elle ferma les yeux et respira bruyamment. Il ne manquait plus que ça.

Leurs regards se croisèrent brièvement avant que Logan ne recule sans dire un mot puis s'éloigne tranquillement sans la regarder.

Bouche bée et plantée au milieu du couloir, Véronica le suivit du regard tout en fronçant ses sourcils.

Elle devait bien avouer qu'en dehors de cette perplexe rencontre, elle était déçue, déçue qu'il l'ignore après la nuit dernière.

Elle ravala sa contrariété et jeta un œil à sa montre. Encore 15 minutes avant le début du cours. Une éternité !

Véronica se dirigea donc d'un pas décidé vers… les toilettes. La planque idéale.

C'est une fois à l'intérieur qu'elle laissa la pression s'évacuer.

Elle se passa de l'eau fraîche sur la figure puis sursauta au reflet que le miroir lui renvoya.

Lilly se tenait derrière elle, le visage fermé, les bras croisés sur sa poitrine.

Et Merde…

- Salut Lilly tenta Véronica d'un air dégagé.

- Tu m'expliques ? répondit Lilly d'un ton froid surprenant sa meilleure amie par la même occasion.

L'heure n'était plus aux faux semblants.

- Peut être que tu pourrais commencer par me dire de quoi tu parles…

- Ne joue pas les innocentes, ça ne marche pas avec moi Miss Marshmallow !

L'espace d'un instant, Véronica imagina que Logan lui avait tout dit, le baiser, la nuit à l'hôtel, tout…

- Comment as-tu fais pour mettre la main sur les vidéos ? s'enerva-t-elle

A quoi tu joues ? Tu te plantes si tu crois que tu peux faire chanter Aaron Echolls la défia-t-elle

- Ecoute moi bien Lilly commença Véronica en baissant la voix d'un ton.

Aaron est quelqu'un de très dangereux, je te conseille de rester très loin de lui !

- Oh non ! Ne me dis pas que…que tu as une liaison avec lui ? Toi, ma petite Véronica ? Et tu es jalouse c'est ça ?

Lilly sautillait sur place, effacée la froideur dont elle avait fait preuve tout à l'heure.

Et ce retournement de situation fit éclater Véronica de rire.

Comment Lilly pouvait avoir à ce point l'imagination hyperactive ?

La sonnerie retentit soudain, empêchant toute réponse de sa part.

- On en reparle tout à l'heure lui envoya-t-elle gaiement avec un clin d'œil avant de sortir des toilettes.

Véronica ne pu s'arrêter de rire après son départ, même si le rire se transformait peu à peu en rire nerveux bien compréhensible devant cette situation loufoque.

Logan avait écouté les cours d'une oreille distraite toute la matinée.

Il ne pouvait cesser de penser à elle.

Ses yeux, sa bouche, la façon dont il avait pu la blesser en ne lui adressant pas la parole, en évitant même de la regarder…

Pourtant il la regardait, chaque fois qu'il pouvait. A la dérobée, sans même qu'elle s'en aperçoive, du moins le croyait-il.

Il cherchait désespérément à la faire sortir de son esprit, mais plus il essayait, plus elle s'imposait à lui, inlassablement…

Pourtant tout le monde, y comprit eux 2, savaient qu'ils n'avaient rien en commun !

Logan se demandait encore comme « ça » avait pu arriver.

Il avait toujours trouvé Véronica mignonne, mais pas au point de n'avoir qu'une seule envie, la plaquer contre le mur et l'embrasser fougueusement.

Alors il avait agit de la seule manière qu'il connaissait, comme un Jackass, et il avait continué à l'heure du déjeuné…

A l'heure du déjeuner et les grouillements de son ventre aidant, Véronica décida qu'elle allait, enfin, affronter tout le monde courageusement.

Malgré les regards qu'elle imaginait sur son passage, elle se dirigea droit vers la table où Duncan et Lilly l'attendait et s'installa à côté de son petit ami tandis que Logan les rejoignit quelques minutes plus tard.

Cette façon qu'il avait d'éviter soigneusement son regard commençait à l'exaspérer plus que fortement.

- Youhouuu !

- Quoi ?

- La terre à Mars ! Tu étais où ? Demanda Duncan en déposant un baiser au creux de son épaule.

Le coup d'œil furtif que Logan lança à Duncan ne lui échappa pas et son visage s'empourpra tandis qu'elle s'éloignait de Duncan.

Ne pas oublier que Duncan est mon petit ami se coatcha-t-elle mentalement.

Et le petit ami parfait qui plus est !

Oui mais ton petit ami parfait a pris la poudre d'escampette dans la vie réelle susurra une petite voix à l'intérieur de sa tête. Où était-il quand tu avais besoin de lui ?

Duncan avait très vite cessé d'être le petit ami parfait…

Quant à Logan, tout était tellement compliqué avec lui, mais une chose était certaine, elle savait qu'elle pouvait compter sur lui, sans hésiter, elle savait qu'il était là pour elle quoiqu'il arrive, et c'était de ça dont elle avait besoin, non, correction faite, c'était juste de lui dont elle avait besoin…

Véronica ne pu stopper la sensation de nausée qui s'empara d'elle lorsque Logan embrassa Lilly passionnément, comme pour mieux la défier.

Et il y arrivait parfaitement, mieux, Véronica se sentait trahie. Comment peut-il me faire ça ?

Pourtant, il fallait bien qu'elle garde en tête que Logan était le petit ami de Lilly.

Si Lilly n'était pas morte, leur histoire n'existerait pas pensa-t-elle tristement.

Sentant l'émotion la dépasser, elle se leva brusquement et retourna à l'intérieur du lycée, sous le regard perplexe de ses camarades.

Elle n'avait pas vu Logan la suivre, elle ne l'avait pas entendu s'approcher d'elle.

Elle ne pris conscience de sa présence que lorsqu'il posa les mains sur ses épaules pour la pousser vers les toilettes.

Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous avec ces foutus toilettes ?

Comme dans ses souhaits, il la plaqua contre la porte tout en la verrouillant et l'embrassa tendrement, pas comme leur 1er baiser, et pourtant c'était tout aussi intense.

Véronica sourit spontanément lorsqu'il embrassa le bout de son nez puis son cou.

- Qu'est-ce qu'on est en train de faire ? lui chuchota-elle

- Aucune idée lui répondit-il en riant contre son cou.

Ces mots, si familiers pour elle, l'enveloppèrent dans un bien-être cotonneux.

Elle passa ses mains autour de son cou pour profiter un peu plus de sa chaleur avant de déposer un nouveau baiser sur ses lèvres.

Au diable tout le reste…