Chapitre 10
- Ce n'est pas ce que tu crois Lilly !
Elle avait réellement pu dire une chose aussi stupide?
Au vu de la moue dubitative adoptée par sa meilleure amie, Lilly n'était pas dupe.
Trouver son petit amie bouche collée à sa meilleure amie n'engendrait pas mille explications.
Incapable de croiser son regard, Véronica chercha silencieusement de l'aide du côté de Logan.
- Je suis désolé clama-t-il précipitamment en direction de Lilly.
- Des…? Tu es désolé ? s'exclama Véronica, soudain prise d'un accès de fureur qui alluma une petite flamme amusée dans les yeux de Lilly.
Visiblement gêné, Logan leva imperceptiblement les yeux au ciel, cherchant une aide quelconque qui se révéla imaginaire.
- Evidemment ! De la façon dont elle nous as trouvé !
Avoue que ce n'était pas la façon idéale pour elle de l'apprendre quand même !
- Sans blague ! Mais tu…
- Hum Hum…
Un silence assourdissant suivi l'intervention certes discrète mais résolue de Lilly.
- Loin de moi l'idée de vouloir vous interrompre dans votre querelle d'amoureux, mais si je suis ici, c'est pour une raison précise.
J'ai une envie pressante figurez-vous ! Et les toilettes des hommes sont de l'autre côté du couloir Logan ! continua-t-elle en lui adressant un clin d'œil.
- Mais…Lilly…
- Oustttt !
Logan ne demanda pas son reste et sorti - courant s'il avait pu – sous le regard aiguisé de ses 2 petites amies…
La sortie de Logan relâcha instantanément la pression qui s'était déposée sur les épaules de Véronica.
La bouche sèche, elle tenta désespérément de déglutir.
- Lilly commença-t-elle sans réellement savoir par où commencer
Bras croisé au dessous de son imposant décolleté, Lilly se contenta d'attendre, ce qui n'augurait rien de bon, songea Véronica…
- Dis quelquechose, hurle, frappe, insulte ! Mais par pitié dis quelquechose demanda Véronica d'un ton suppliant.
- Tu sors avec Logan.
Ok. Les faits, rien que les faits. Logan était effectivement son petit ami…
Que pouvait-elle bien répondre à ça ?
Nooon, les lèvres de ton petit ami se sont malencontreusement retrouvées sur les miennes lorsqu'il est accidentellement entré dans les toilettes des filles ?
- Ne me regarde pas comme ça Lil !
Toi non plus tu n'as pas qu'un seul petit ami !
Le jardin d'enfants. Elle était retourné droit au jardin d'enfant.
N'y tenant plus, le sourire en coin de Lilly se transforma en un grand et bref éclat de rire.
- Espèce d'idiote ! Tu as la tête de quelqu'un qui vient d'être pris la main dans le sac !
Mais ahhhh, tu viens d'être prise la main dans…je préfère retirer cette vision déplaisante de mon esprit finalement plaisanta Lilly.
- Je pense que faire la fille qui n'est pas fâchée c'est encore pire… se renfrogna Véronica.
- V, Logan et moi avons une relation assez compliquée mais ça fait un petit moment qu'on sait.
- Vous savez ?
- Qu'on est plus amoureux ! Tu crois vraiment que je n'ai rien vu de votre petit manège ?
Tu caches très mal tes sentiments Ronnie…
- Pourquoi tu n'as rien dit ?
- Pourquoi tu n'as rien dit ?
- Je ne voulais pas te faire de la peine Lil, tu es ma meilleure amie !
- Et bien pour ma part ça m'amusait !
Et bien que je ne sois pas « éplorée » par la situation, tu n'as plus intérêt à me cacher ce genre de secret miss !
- Les secrets du genre toi et Weevil ?
- Sauvés par le gong déclara Lilly en entendant la sonnette des cours retentir bruyamment.
Aaron Echols abaissa doucement la visière de ses lunettes de soleil.
Cette pimbêche de Véronica Mars sortait enfin du lycée.
Le sourire de satisfaction qui était apparu quelques secondes plus tôt s'effaça au profit d'un rictus de colère dont seul Aaron avait le secret.
Rien n'y personne ne se mettrait sur son chemin. Pas même son fils !
Logan avait passé le reste de la journée en cours.
Il était présent…physiquement, mais son mental était à 100 000 lieux.
Il n'avait pas trouvé l'occasion de parler à Véronica, il se contenter de lui poser mille et une questions par le regard.
Questions où elle répondait de façon indéchiffrable, ce qu'il trouvait exaspérant.
Pourtant, il devait bien se l'avouer, même s'il s'en voulait d'avoir été surpris par Lilly, au fond, cette situation l'arrangeait bien.
Il restait cependant le cas Duncan…
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas Véronica le précéder vers la sortie du lycée.
Spontanément et sans lésiner sur la bousculade, il la rejoignit en 3 temps 3 mouvements.
- Alors ?
- Alors rien ? demanda Véronica comme si elle même cherchait à se convaincre
- Rien bien ou rien ça sent la catastrophe ?
- Je pense qu'elle ne va pas nous découper en morceaux avant de nous jeter dans le canal le plus proche.
- Ahhh…euh… ça m'a l'air d'être une bonne chose, non ?
- Je crois que oui lui sourit Véronica.
- Il faut que je parle à Duncan enchaîna-t-il sombrement
Il faut qu'il sache avant de l'apprendre autrement que par nous.
- Tu as raison, je suppose que c'est le bon moment puisque Lil est au courant…
Il faut qu'on lui parle ensemble, ou mieux, que ce soit moi qui lui parle.
- Non, tous les 2, je pense que…Allo ?
- Logan, c'est moi
- Papa ? Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai besoin que tu passes à la maison me rapporter le scénario qui se trouve dans mon tiroir de bureau. J'en ai absolument besoin.
- Maintenant ?
- Oui ! Maintenant Logan, que je ne te le dise pas 2x !
- D'accord ! répondit Logan de mauvaise foi avant de raccrocher et d'hausser les épaules
Je dois faire un petit détour. On se rejoint chez Duncan dans une heure?
- Ok !
Logan jeta un coup d'œil aux alentours avant d'empoigner brusquement Véronica pour l'embrasser.
- Bientôt on aura plus besoin de surveiller si quelqu'un peut, ou pas, nous voir… murmura-til à son oreille avant de monter dans sa voiture.
ça y est, il y était presque.
Dans quelques instants, Véronica serait seule…alors elle lui donnerait ce qu'il voulait, avec ou contre sa volonté…
Loué cette voiture « de classe moyenne » était une idée judicieuse, comme toutes ses idées par ailleurs. Le meilleur moyen pour passer inaperçue tout en prenant Véronica en filature.
Il s'arrêta au bord d'une rue qui lui sembla déserte, stoppa le moteur, et en descendit calmement.
La surprise qu'il lu dans les yeux écarquillé de Véronica lui procura un sentiment de supériorité rarement égalé…
Avant qu'elle ne puisse s'enfuir ou pousser le moindre cri, sa large main contenant le mouchoir imprégné de chloroforme s'était déjà abattu contre son nez…
