Chapitre 11

Le sentiment d'insécurité et de panique refusait absolument de la quitter.

Elle l'avait lu cette lueur folle dans son regard, cette lueur qui signifiait clairement qu'il ne reculerait devant rien…

A quoi s'était-t-elle attendu ? Elle savait pertinemment qu'il était prêt à tout, elle l'avait vérifier avec le meurtre de Lilly, elle l'avait vécu…

Il y avait eu ce refus d'obtempérer, elle avait essayer sans pouvoir y parvenir.

La rue était trop déserte, la nuit trop présente, Aaron trop fort…

Alors elle avait su que sa lutte était vaine, et l'obscurité s'était emparée d'elle.

A son réveil, la panique s'était réveillée à son tour, comme une douleur impossible à soulager.

Aaron se précipita de fermer le coffre de sa voiture et la nuit la saisit à la gorge, encore une fois, et cette chaleur ! Cette chaleur en devenait insupportable !

Réfléchir, respirer, réfléchir…RESPIRER !

C'était déjà arrivé. Aaron l'avait déjà séquestrée, et elle s'en était sortie.

Son père était arrivé, il viendrait peut être à nouveau ?

Et s'il ne venait pas ? susurra une légère voix dans sa tête.

Après quelques minutes passées à se débattre, les yeux de Véronica s'accoutumèrent à l'obscurité ambiante, mais les mains liées derrière son dos, elle ne pouvait rien tenté, rien à part fulminer…

Elle en état à ce stade de réflexion lorsque la voiture stoppa brutalement, la projetant par la même occasion contre les parois du coffre.

Aaron ouvrit le coffre et la sortit sans ménagement.

Au seul éclairage de la lune, la lueur qui brillait au fond de ses yeux en était encore plus inquiétante.

Véronica regarda autour d'elle. Pas âme qui vive à des centaines de mètres, d'autant qu'elle pouvait en juger en pleine nuit.

- Où est-ce qu'on est ?

- Quelle importance petite vipère. Tu ne vivras pas assez longtemps pour apprécier les lieux !

- Lâchez moi Aaron, je ne comprends pas.

- Bien sur, essaie encore de me prendre pour un idiot et je te bâillonne !

Tu as joué avec le feu jeune fille, tu n'aurais jamais du te mesurer à moi !

- Vous me faites mal Aaron !

Les mains d'Aaron resserraient le bras de Véronica à tel point qu'elle crut qu'il allait se briser.

Sans s'en rendre compte, des larmes apparurent au bord de ses yeux.

Elle les essuya d'une main avec détermination.

Elle ne voulait pas montrer sa faiblesse devant ce malade !

- Il suffisait que tu te tiennes éloignée, mais tu n'as pas pu !

La détective en herbe a préféré se montrer toujours plus entreprenante, plus curieuse, voilà où tout ça nous mène à présent ! continua Aaron, tel un démens, en secouant Véronica de plus belle.

- Où est-ce que tu les as mis ?

- Je ne comprend pas…je…

La voix de Véronice se tu dans la nuit au moment où la main d'Aaron s'abattit violemment sur son visage.

- Assez de mensonges ! Avance maintenant !

Aaron continua de la pousser sans ménagement vers l'intérieur de la seule maison des alentours.

Furtivement même si elle était apeurée, Véronica observa attentivement les détails de la maison.

C'était comme si personne n'y avait vécu depuis des lustres.

La poussière et les toiles d'araignées y avaient élus domicile.

Son attention fut cependant détournée par une simple photo. Mais pas n'importe quelle photo, une photo d'Aaron, de sa femme et de Logan. Au temps des jours heureux songea Véronica amèrement…

Ils étaient donc dans une des maisons des Echolls…mais laquelle ?

Aaron la mena jusqu'à la cave où la froideur des lieux engendra instinctivement un frisson le long du dos de Véronica.

Aaron la fit asseoir et lui noua une corde autour des jambes, avant de sortir son arme et de l'agiter devant le nez de la jeune fille.

La respiration saccadée, Véronica avait bien de la peine à respirer correctement.

Elle se concentra et invita mentalement l'ensemble de son corps à cesser ces tremblements incessants.

Aaron se releva puis commença une ronde grotesque au milieu de la pièce.

Le corps de Véronica se détendit dès qu'il s'éloigna.

Retrouvant un semblant de cohérence, elle força son esprit à analyser la situation.

Et la situation, elle la connaissait très bien.

C'était comme une mauvaise pièce de théâtre qui se déroulait inlassablement devant ses yeux.

Sans quitter des yeux Aaron, elle tendit légèrement sa main sans oser tout te fois se contorsionner.

Dans sa précipitation, Aaron avait négligé d'ôter le sac de Véronica.

Idiot. Typiquement Aaron…

Elle saisit son portable et envoya un message à la seule personne qui pourrait désormais l'aider : Logan.

Le fait de se retrouver à nouveau prisonnière, envoyant ce même message de détresse à Logan, la replongea dans les souvenirs qu'elle voulait oublié.

Peine perdue ! Véronica réprima une grimace de dégoût au souvenir de Beaver la maîtrisant, de Beaver la touchant, la menaçant…

Elle se ressaisit en songeant que Logan serait là…bientôt…elle le savait.

Elle avait confiance.

Aaron n'avait pas remarqué son petit manège, il fallait bien avouer que Véronica n'avait pas traîné pour écrire son SMS : A l'aide. Ta maison d'enfance. Environ 20 kms. Danger

Elle espérait que Logan avait compris, elle espérait qu'il viendrait, c'était son dernier espoir…

Logan entra sous la douche en sifflotant au moment où son portable sonna…trop tard pour qu'il entende…

- Reprenons commença Aaron en se rapprochant à nouveau de Véronica

Où as-tu caché ces foutues cassettes ?

Véronica savait qu'elle devait gagner du temps.

Du temps jusqu'à l'arrivée de Logan, elle y croyait dur comme fer.

- Comment avez vous su Aaron ?

- Tu me sous estimes Véronica, et par la même occasion, tu as tendance à te sur estimer !

Ta signature sur le bon de livraison, sourit Aaron, le BABA si tu veux mon avis.

Tu ne pensais quand même pas pouvoir m'échapper ?

C'est lorsqu'il sorti nonchalamment de la salle de bain, une serviette autour de ses hanches, que Logan remarqua la petite lumière émanent du portable.

Une lueur d'incompréhension passa furtivement sur ses traits à la lecture du message.

Puis il se ressaisit et lâcha son portable dans la précipitation.

Il enfila son jean et son T-Shirt avant de sauter dans la voiture…

Qu'est-ce que c'était que cette histoire ?

- Assez parler !

Maintenant tu vas me dire où elles sont, et vite !

- Je ne les ai plus mentit Véronica

- Arrête de me prendre pour un idiot hurla Aaron en brandissant à nouveau son arme, mais cette fois il la posa contre la tempe de Véronica.

Celle-ci sentit son sang se figer.

Elle avait déjà était en danger maintes et maintes fois, mais jamais elle ne s'était sentie si menacée.

Jamais elle n'avait vu sa dernière heure arriver…

Elle ferma les yeux tout en déglutissant péniblement.

Il y avait des tas de théories sur la mort. Voit-on réellement sa vie défiler devant ses yeux ? se demanda-t-elle en tremblant.

Une voix déchirant le silence qui s'était établi se fit entendre.

Cette voix c'était l'espoir oublié, cette voix c'était à nouveau une bouffée d'air pure.

Logan…Logan…Logan

C'était la seule pensée cohérente qu'elle était capable d'assimiler.

Il était là…enfin !