Titre : Fruit Love

Disclaimer : Natsumi Takaya

Genre : Romance et yaoi (bye bye les homophobes !)

Rating : M (quelques lemons en prévision… ;-P)

Couples : Kyo x Yuki et Ayame x Shigure

Note: Je suis désolée, ce premier chapitre a été un peu long à arriver, mais je ne suis pas beaucoup repassée par chez moi ces temps-ci, et je tenais absolument à le recorriger… Enfin, le voilà ! "


Chapitre 1 :

Alors que la sonnerie stridente annonçant la pause-déjeuner retentissait dans les salles de classe, le flot bruyant et ininterrompu des élèves se déversait dans les couloirs, dirigés par leurs estomacs affamés vers la cafétéria.

Tohru et ses amies, suivies de près par les garçons, marchaient derrière le troupeau à pas plus mesurés. Les mouvements de foule n'avaient jamais rien apporté de bon aux Sôma.

La petite troupe descendait les couloirs menant au réfectoire lorsqu'ils furent rejoints par Momiji et Hatsuharu. Tout en continuant à discuter, ils prirent place dans la file d'attente du self. Faisant abstraction du brouhaha ambiant, le petit groupe passa rapidement entre les rangées de tables, abreuvant de commentaires le repas du jour, composé de pommes de terre et steak haché.

Prenant place à leur table attitrée, au fond de la salle, les adolescents commencèrent leur repas avec entrain, quoique tout relatif pour certains d'entre eux.

Momiji, tout à sa joie débordante, discutait passionnément avec Tohru de leurs cours de la matinée, pourtant d'une platitude déconcertante, tandis que Kyo et Arisa polémiquaient avec emphase sur les avantages respectifs de la boxe française et américaine. Tout ce petit monde s'agitait bien inutilement sous les regards désabusés de Yuki, Hatsuharu et Saki.

C'est alors que Momiji, faisant monter le niveau sonore pourtant déjà élevé de quelques décibels supplémentaires, couvrit de sa voix haut perchée celle de ses camarades pour bien se faire entendre :

« - Hé ! Hé ! Vous voulez pas qu'on aille faire une partie de cartes après les cours ? Il fait super beau ! Et… »

Coupé court dans son élan poétique par une Arisa bien amère, Momiji comprit très vite qu'il allait sans doute devoir se faire une raison :

« - Alors là Momiji, désolée mais ce sera sans moi ! Notre allumé de prof de sport nous a imposé un entraînement intensif cet après-midi, sous prétexte que nous sommes d'une nullité affligeante ! Résultat on va passer deux heures à suer comme des bêtes à jouer avec une baballe. Moi ce soir, c'est douche dès que je suis à la maison ! Franchement, par une chaleur pareille, y a pas idée…

- Oh non ! C'est cet après midi le tournoi de basket ? J'avais complètement oublié !

- Ah là là, Tohru, vraiment, quand est-ce que tu redescendras de ton nuage ? »

Et c'est dans l'hilarité collective que les jeunes sortirent dans la cour profiter des rayons du soleil.

° ° ° ° °

Kyo courait sur le terrain de basket, surveillant le jeu des membres de son équipe. Le groupe des filles jouait sur un terrain à l'opposé du leur, mais même de là où il était il pouvait les entendre glousser et se disputer. Toujours les même qui s'éreintaient. Arisa le tuerait si elle l'entendait, mais encore heureux elle n'était pas dans sa tête.

Pestant contre un de ses défenseurs qui venait de laisser la balle passer à l'ennemi, Kyo n'eut d'autre choix que de se précipiter à l'arrière pour essayer de rattraper la bévue de son coéquipier.

Et encore une fois, à croire que le hasard se jouait de lui, tout en feintant pour essayer de s'emparer de la balle, Kyo se retrouva face au capitaine de l'équipe adverse, qui, bien sûr, n'était autre que l'irremplaçable Yuki…

Les deux garçons se fixaient droit dans les yeux, anticipant chacun des mouvements de leur vis à vis, tournant, sautant, en une danse effrénée, sans que jamais Yuki qui avait récupéré la balle n'ait la moindre ouverture…

Ce ballet glacial durait depuis déjà plus d'une minute, une éternité pour chacun des deux protagonistes, quand Kyo sut soudain qu'il perdrait cette manche. Yuki se mouvait avec de plus en plus de lenteur, accablé par la chaleur. Une fine pellicule de transpiration recouvrait déjà son corps. Une langue mutine se faufila alors entre ses lèvres entrouvertes par son souffle haletant pour venir laper la goutte de sueur qui vacillait sur sa lèvre supérieure…

Déconnecté de la réalité pendant un dixième de seconde, Kyo ne vit pas Yuki en profiter pour le contourner sans plus de manières. Dernier obstacle avant le panier, Kyo eut beau réagir au quart de tour, Yuki marqua incontestablement ce deuxième point du match. Deux à zéro. Kyo en était vert. Et c'est donc avec une rage sans égale qu'il replongea dans la partie, qui aux vues de leur professeur ressemblait décidément de plus en plus à un champ de bataille.

Yuki regardait l'évolution du match avec satisfaction. Tout se déroulait à merveille, et, sauf cas de force majeur, l'issue du match était, pour lui, dès à présent assurée. Si ce n'était bien sûr Kyo qui venait mettre un bémol dans son équation parfaite. Enfin, de toute façon, avec un facteur variable pareil, un cyclone pourrait bien détruire le stade dans l'instant qu'il ne s'en serait même pas étonné.

Le jeune garçon à la chevelure flamboyante se démenait d'ailleurs de plus belle, enchaînant les passes risquées et pourtant habiles. Quittant sa position de stratège, Yuki se replongea très vite au cœur du jeu, mais trop tard assurément… Kyo venait avec une force peu commune de briser les dernières défenses de son équipe et déjà il s'approchait du panier…

D'une légère poussée, Kyo amorça une détente impeccable, la balle entre les mains, comme s'il espérait atteindre le soleil… Tout son corps était alors tendu en une parfaite harmonie, n'étant qu'un outil servant à prolonger sa volonté même jusqu'à son unique but, le large arceau de métal. Y précipitant la balle d'une légère pression des poignets, l'adolescent n'eut qu'à effectuer un aérien retournement pour se retrouver à terre, aussi leste et agile qu'un chat. Se redressant avec orgueil, le jeune félin n'eut pas à chercher longtemps pour croiser le regard du rongeur, et lui intima sa victoire d'un pouce levé en sa direction, agrémenté d'un sourire des plus provocateurs. Et déjà, la balle était remise en jeu.

Tout à sa contemplation, Yuki n'eut ni le temps de réagir à cette provocation gratuite, ni le temps de se demander le pourquoi de la subite peur qu'il voyait dans les yeux de son cousin, ni le temps d'enregistrer l'apostrophe d'un de ses coéquipiers « Sôma, à toi ! », que déjà il recevait en pleine poitrine la balle lancée à sa pleine puissance. Plié en deux, il suffoquait. Incapable de se relever, incapable même de proférer une seule pensée cohérente, le jeune garçon tentait désespérément de happer une bouffée d'oxygène alors que ses poumons s'enflammaient de plus en plus…

Kyo se précipita aussitôt aux côtés de l'adolescent, une boule d'angoisse au creux de l'estomac.

Leur professeur était déjà près de lui et essayait de calmer la crise.

« - Personne n'a de ventoline sur lui ? Bon, on doit en avoir à l'infirmerie... Allez Yuki, respire. Qui peut l'accompagner ?

- Moi monsieur, j'y vais.

- Ok les garçons, allez-y. Ça devrait aller maintenant. »

Soutenant par un bras autour de sa taille son cousin qui gardait une main crispée sur sa poitrine, les deux garçons s'éloignèrent lentement en direction de l'infirmerie.

Dès qu'ils furent à l'abri des regards, derrière le mur du bâtiment principal, Kyo laissa glisser son fardeau au sol en poussant un profond soupir.

« - Ah là là, Yuki, vraiment, tu ne sais plus quoi faire pour te faire remarquer, hein ! Et puis franchement, tu devrais faire un petit régime, t'es vraiment pas léger...

- Va te faire... »

Plié en deux par une nouvelle quinte de toux, Yuki fut bien en peine de finir sa phrase.

« - Baka ! »

De nouveau angoissé par l'état de santé de Yuki, Kyo essayait à présent de lui faire reprendre son souffle. Appuyant le buste de son cousin contre le mur de brique pour dégager au maximum sa poitrine, Kyo lui faisait effectuer des exercices respiratoires simples en appuyant ses mains sur ses pectoraux.

« - Allez Yuki, quoi, vraiment, c'est pas le moment, alors arrête de paniquer et respire lentement. Voilà, c'est bien... »

Peu à peu, Yuki retrouvait une respiration normale.

« - Dans ton état, il vaut mieux que tu rentres à la maison, non ? »

Yuki, bien qu'à contrecœur, confirma d'un signe de tête.

« - Bon, ben on y va, alors.

- Les cours… tu n'as pas à…

- Quoi, tu ne crois quand même pas que je vais te laisser rentrer tout seul dans cet état ? Tohru me tuerait si tu faisais par ma faute une syncope sur le bord de la route. Bon, c'est sûr que sans moi, la classe va manquer d'ambiance, mais je ne vais pas non plus louper une occasion pareille de manquer les cours, hein ? Alors sois gentil et laisses toi faire, maintenant. »

° ° ° ° °

Kyo marchait le long du chemin qui traversait les terres des Sôma, portant Yuki dans ses bras. Ce dernier s'accrochait fermement à sa nuque, comme s'il craignait d'être lâché.

Il fermait les yeux et appuyait sa tête contre la poitrine de son cousin, tentant de faire abstraction de ce qui l'entourait pour se concentrer sur sa respiration encore chaotique. Mais si le chant des oiseaux et le parfum des fleurs ne l'atteignaient pas outre mesure, il est par contre des choses qui lui étaient difficiles d'ignorer. Les mains de Kyo dans son dos et sous ses genoux. La chaleur qui émanait de ce corps et détendait ses muscles crispés par le manque d'oxygène. Et le battement, le battement si puissant et régulier, si vivant, de ce cœur qu'il entendait pulser dans cette poitrine. Pour la première fois, face à son cousin Yuki se sentait bien et avait envie de se laisser aller.

Kyo s'inquiétait. Ce qui était d'ailleurs sûrement le plus alarmant. Mais comment pouvait-il en être autrement alors q'il sentait le corps de Yuki, si combatif d'habitude, se laisser aller tout doucement entre ses bras, et sa respiration, quoique plus régulière, se ralentir considérablement ?

Il ne pouvait s'empêcher de resserrer sa prise sur ce petit corps à l'allure si fragile. Enfin, la maison était en vue. Kyo hâta le pas, en espérant que les battements de plus en plus affolés de son cœur n'avaient pas été remarqués…


Fin du premier chapitre ! Le second sera la suite presque directe de celui-ci. En attendant, vous pouvez toujours me donner votre avis sur ce début !