Titre : Fruit Love

Disclaimer : Natsumi Takaya

Genre : Romance et yaoi (bye bye les homophobes !)

Rating : M (quelques lemons en prévision… ;-P)

Couples : Kyo x Yuki et Ayame x Shigure

Note: Et voilà le deuxième chapitre, où Ayame fait sa première – et bruyante – apparition !


Hatori s'activait dans son bureau, dans une vaine tentative de mettre la main sur son stéthoscope, introuvable à cette heure. Le coup de fil de Shigure l'inquiétait au plus haut point. Les crises de Yuki n'étaient à l'accoutumée pas aussi soudaines. Le jeune homme devait être dans un état psychologique bien fragile pour s'être ainsi laissé submerger.

Soudain, la sonnerie du téléphone retentit dans la petite pièce, faisant sursauter le jeune médecin. Avec un grognement exaspéré, ce dernier décrocha le combiné.

« - Allô ?

- Ha-chan, c'est moâââ ! Dis, dis, tu voudrais pas passer prendre un thé à la maison ? Et après on pourrait faire une dodo party ! Allez, dis oui !

- Franchement Ayame, si c'est pour me faire perdre mon temps, tu ferais aussi bien d'aller te recoucher.

- Oooh ? Tu es pressé ? Je suis sûre que c'est encore la faute d'Akito ! Il nous gâche toutes nos soirées, celui-là, de toute façon ! Et…

- Bon sang, Ayame, tu vas la fermer, oui ? Parce que là, tu vois, c'est pas Akito qui est en train de clapser mais ton petit frère bien-aimé ! Alors laisse moi faire mon travail, tu veux ?

- …

- …

- QUOI ! Hatori ! Méchant ! Fallait me le dire avant ! Bon, moi je vais immédiatement chez Shigure ! Et toi… attends… ne me dis pas que t'es encore là ! Mais cours ! Vole ! Fais quelque chose ! Allez ! »

Les bips annonçant que la communication avait été coupée résonnaient déjà, tandis que Hatori restait planté au milieu de la pièce, pantelant. Ce maudit serpent n'avait décidément aucun sens commun…

Avec un soupir de lassitude, Hatori quitta la résidence des Sôma sans plus tergiverser.

° ° ° ° °

Kyo était assis à la table de la cuisine, sa tête reposant sur ses bras repliés. Les yeux grands ouverts, il contemplait la pièce sans la voir. Shigure, après avoir en vain essayé de le convaincre de retourner en classe, travaillait dans son bureau. Il pouvait entendre Ayame faire les cent pas dans le salon.

Et là haut, dans la chambre de Yuki qui lui paraissait à la fois si proche et si lointaine, Hatori auscultait son jeune cousin. Alors que les secondes s'égrenaient lentement dans la petite cuisine, la tension était de plus en plus palpable. Tous attendaient le verdict.

Soudain, un raz-de-marée sembla pénétrer dans la maison. Tohru, les cheveux en désordre et au bord de la crise d'apoplexie, se précipita dans la cuisine :

« - Kyo ! Ah ! Tu es là ! Je suis vraiment désolée ! Le travail a fini plus tard que prévu ! Et comme je ne vous ai pas vu à la sortie des cours, j'ai vraiment eu peur ! Où étiez-vous passés ? »

Devant l'absence de réaction du chat, Tohru resta quelques secondes interdite. Puis, apparaissant à la porte du salon, Shigure se chargea de lui fournir quelques explications.

Dès qu'elle eut pris connaissance des derniers évènements, Tohru se transforma en une véritable boule de nerfs ambulante. Ayame et elle faisaient la paire, angoissant à grand renfort de tirades hystériques pour l'un et désespérées pour l'autre. L'apathie dans laquelle était tombé Kyo peinait à contrebalancer le sentiment d'angoisse qui régnait à présent dans la maison.

Enfin, Hatori fit son apparition dans le salon où tous s'étaient réunis, comme si un conseil de guerre s'était tout à coup révélé indispensable.

Le jeune médecin, qui semblait déjà passablement fatigué, prit la parole sans plus de détour :

« - Sa vie n'est pas en danger. Mais si vous continuez de faire un boucan pareil, je crains par contre pour son équilibre psychique. Enfin, quoiqu'il en soit, la crise est passée. Une bonne nuit de repos, et il sera sur pied. »

Un vent de soulagement souffla sur toute la maison. Tohru et Ayame entreprirent alors de s'auto morigéner eux-mêmes pour le raffut qu'ils avaient fait.

Hatori suivit Shigure dans son bureau pour s'entretenir avec lui des quelques détails concernant la santé du jeune rat que les "enfants" n'avaient pas à entendre.

Kyo n'avait pas bougé d'un poil depuis que Hatori avait terminé son rapport. Son visage était toujours aussi inexpressif. Et pourtant, dès les premiers mots prononcés par le médecin, il s'était senti soulagé d'un poids immense. Comme si son cœur s'était soudain remis à battre. Requinqué par l'énergie qui l'avait jusque-là déserté, le jeune homme se leva d'un bond et apostropha Tohru :

« - Hé ! Tu crois-pas qu'il serait temps qu'on se mette au dîner ? Je peux t'aider si tu veux, ça ira plus vite, et puis on est plus nombreux que d'habitude…

- Tu as raison ! J'avais complètement oublié avec tout ça ! Et Yuki doit avoir faim maintenant !

- Oh oui alors, renchérit Ayame, qui était bien décidé à se rendre utile. Je peux même vous apprendre à faire des boulettes de riz au citron confit ! »

La petite troupe disparate s'engouffra dans la cuisine, unis par un but commun : servir au jeune malade un repas digne d'un prince pour qu'il se remette au plus vite.

° ° ° ° °

Yuki reposait sur son lit, le visage paisible. Sa peau était cependant aussi livide que les draps. Après avoir vaguement grignoté la nourriture pourtant appétissante qui lui avait été servie (et grimacé en avalant les fameuses boulettes de son frère), le garçon s'était endormi, assommé par les médicaments que lui avait prescrit Hatori.

A son chevet, une petite troupe toujours aussi hétéroclite s'était réunie. Shigure était retourné travailler et Hatori était allé se coucher, après avoir bien fait comprendre à tous que de toute manière Yuki ne se réveillerait pas avant le lendemain matin.

Mais les autres étaient restés, bien que la fatigue les forçait désormais à régulièrement aller se passer de l'eau sur le visage pour ne pas s'endormir.

Ayame ne pouvait se résoudre à abandonner son jeune frère, craignant qu'au cours de la nuit il n'ait besoin de son aide et qu'il ne soit pas là, comme trop souvent jusqu'à présent. Tohru culpabilisait encore de ne pas s'être renseigné auprès de leur professeur de sport sur ce qui avait bien pu arriver aux garçons, et était bien décidée à être présente lors du réveil de Yuki.

Kyo, quant à lui, assis à califourchon sur une chaise retournée, aurait été bien incapable de détacher son regard du visage de son cousin. Il avait prétexté tenir compagnie aux autres, mais ce n'était pas l'unique raison de sa présence. À partir du moment où il avait confié Yuki à Hatori, il n'avait plus pu contrôler les sentiments qui lui étreignaient le cœur.

Il y avait d'abord le sentiment d'impuissance, puis la culpabilité, et surtout, plus que tout, l'angoisse. La terrible angoisse qui ne vous lâche plus lorsqu'elle vous tient. Il avait longtemps cherché d'où lui venait cette peur irrationnelle, puis avait abandonné, préférant s'employer à la faire taire. Et le seul moyen qu'il avait trouvé pour cela était de rester auprès du malade.

Lentement, à mesure que les étoiles se faisaient plus brillantes, la tension retombait. La chaleur rejoignait la terre, et la vie semblait sombrer dans une lente léthargie. Le silence se faisait plus profond, comme amplifié, et par ce fait terriblement bruyant. Les grillons chantaient leur chanson millénaire, rythmant ce qui pourtant ne semblait pas en avoir besoin.

Peu à peu, Morphée envahit la chambre, gagnant lentement ceux qui lui résistaient encore. Tohru, après avoir quelque temps dodeliné de la tête, finit par s'assoupir dans son fauteuil. Ayame était allé se dégourdir les jambes, mais ne revint pas. Kyo présuma qu'il avait rencontré un canapé accueillant en cours de route, et ne lui en tint pas rigueur.

Lui-même, peu à peu se sentait s'embourber dans les limbes du sommeil. Et lorsqu'il fermait pour quelques secondes les yeux, il pouvait entendre la respiration de Yuki.

C'était quelque chose de très particulier. D'abord, le jeune malade inspirait, lentement – et quelque chose montait, montait – et ensuite il expirait, encore plus lentement – et la chose redescendait, tout doucement. Yuki respirait par la bouche, comme s'il eût craint qu'en respirant par le nez il ne puisse aspirer assez d'air pour remplir ses poumons et finisse par suffoquer.

Les yeux fermés, Kyo écoutait cette respiration. Et, inconsciemment, il s'appliquait à la suivre. C'était comme un jeu, où il ne devait surtout pas faire de faux pas. Il guettait l'inspiration du rat, l'anticipait pour la prendre au même instant, puis expirait, soulagé de ne pas avoir manqué le pas. Suivant ce rythme régulier, il finit par s'endormir, rasséréné sans qu'il sache pourquoi.

° ° ° ° °

Perdu dans ses rêves, Yuki essayait en vain de leur résister. Pourquoi, il n'en savait rien. Mais il détestait plus que tout se laisser aller sous l'emprise des psychotropes, même si c'était pour son bien. Alors il se démenait, cherchant le chemin qui le ramènerait vers la conscience.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, l'obscurité le prit par surprise. Il refréna sans trop de mal l'angoisse qu'il sentait monter en lui, et chercha du regard sa montre sur la table de chevet. Avant de se souvenir que c'était Hatori qui l'avait déshabillé, et que l'objet de son désir pouvait donc se trouver n'importe où.

Il vit alors Tohru, assoupie dans un fauteuil. Un fin sourire étira ses lèvres. Ce genre de comportement lui ressemblait bien. Il allait élever la voix pour lui conseiller d'aller se recoucher dans son lit si elle ne voulait pas attraper froid, lorsqu'il l'aperçut.

Le menton posé sur ses avants-bras eux-mêmes appuyés sur le dossier de la chaise, dans un équilibre plus que précaire, Kyo dormait. Tout d'abord, Yuki ne comprit pas. Que faisait-il là ? Ce n'était pas logique. Peut-être tenait-il compagnie à Tohru ? Décidément, ça n'avait pas de sens.

Parfaitement calme lorsqu'il dormait, le visage du chat n'exprimait à cet instant plus aucun sentiment de velléité, et il s'en trouvait transformé. C'était comme une seconde nature qui s'éveillait sous les yeux de Yuki.

Yuki renonça alors à justifier son cousin et à comprendre la raison de sa présence. Car cette dernière le soulageait. Sans qu'il eût pu dire pourquoi. Et c'est enfin apaisé qu'il replongea dans un sommeil qui cette fois n'avait rien d'artificiel.


Bon, je sais pas si on peut dire qu'on avance beaucoup, mais c'est déjà ça… " Dans le prochain chapitre, vous apprendrez si oui ou non Ayame s'est bien écroulé dans un canapé au lieu de revenir auprès de son frère…