Titre : Fruits Love
Disclaimer : Natsumi Tayaka
Genre : Romance et yaoi
Rating : M
Couples : Kyo et Yuki et Ayame et Shigure
Note : Et voilà la suite !
Le soleil semblait être levé depuis quelques heures déjà quand Shigure émergea du sommeil. Il jeta un coup d'œil à son horloge murale. Et ne put retenir une exclamation exaspérée lorsqu'il prit conscience qu'il était 7h30 passées.
Se relevant tant bien que mal, il essayait d'une main de rattacher la ceinture de son kimono et de l'autre de repousser Ayame qui s'accrochait à lui comme un mollusque. Un exploit qu'il n'était pas près de réussir.
Heureusement, Ayame commençait lui aussi (bien que difficilement) à émerger des bras de Morphée.
« - Bé ? Keskispass ?
- Les enfants ne se sont pas réveillés.
- … ?
- Ah oui, tu n'étais peut-être pas au courant, mais faire des études implique avoir des horaires fixes.
- Oh mon Dieu ! Mais alors… ils vont être en retard ! C'est terrible ! Je vais faire des crêpes !
- … »
Les monologues d'Ayame se passaient vraiment de commentaires. Ne sachant pas vraiment s'il était agacé ou amusé, Shigure prit le parti de sourire et grimpa vaillament les escaliers.
Hatori fut le plus facile à réveiller. Un chaste baiser déposé sur ses lèvres et le jeune médecin était sur pieds tandis que Shigure avait lui une trace de main imprimée sur la joue droite.
Lorsqu'il entra dans la chambre des "enfants" il fut tenté de ne pas les réveiller. Endormis, ils formaient un tableau angélique.
Tohri reprit assez vite ses esprits, et passa tout aussi vite en mode "crise d'angoisse" quand elle comprit que les cours commençaient 20 mn plus tard.
Kyo, lui, râla pour la forme, mais manqua de se prendre le chambranle de la porte en pleine figure tant son esprit était encore embrouillé par le sommeil.
Hatori resta seul à seul avec Yuki pour lui faire subir un rapide examen.
Le reste de la petite troupe était en bas, dévorant les crêpes d'Ayame. Personne n'eût le présence d'esprit de lui demander comment il était possible de préparer 30 crêpes en moins de 10 mn.
°°°°
Trois adolescents marchaient d'un pas vif sur le chemin qui menait au lycée. Le temps était au beau fixe et pourtant l'ambiance au sein du groupe était plus qu'orageuse.
Kyo, renfrogné, essayait de distancer ses camarades sans se faire remarquer. C'était sans compter sur Tohru, qui l'interpellait toutes les deux secondes pour qu'il approuve sa position.
La jeune fille, en proie à une violente crise de colère, poursuivait Yuki, impassible comme à son habitude, de terribles imprécations.
« - Mais enfin Yuki, vraiment, ce n'est pas possible, ça ! Hier tu avais pratiquement les deux pieds dans la tombe et aujourd'hui tu veux reprendre les cours ! Tu es complètement inconscient !
- Tohru, Hatori a dit que j'étais complètement rétabli et que je pouvais reprendre les cours si je le désirais.
- Ah, n'essaye pas de détourner la conversation, hein ! Tu verras, quand tu seras tombé dans un coma post-traumatique irrémédiable ! Tu feras moins le fier ! Tu es malade et tu dois te reposer ! Et… oh, et puis zut, tu pourrais essayer de le convaincre toi aussi Kyo, non ! Réagis, enfin !
- Oui.
- Ah, tu vois, même Kyo est d'accord avec moi ! Tu ne peux pas…
- Tohru, s'il te plaît, tu es vraiment gentille, mais Hatori m'ademandé de ne pas me fatiguer, alors par pitié, pour une fois, tais-toi. »
Là-dessus, Yuki planta les deux jeunes gens pour pénétrer dans le lycée.
« - Non mais quelle tête de mule ! Vraiment, des fois, il est pire que toi Kyo !
- … »
Vexée, Tohru s'empressa de rejoindre ses amies pour pouvoir se plaindre allègrement.
Kyo resta seul, planté au milieu de la cour. Avec un haussement d'épaule, il rejoignit sa classe sans se presser. Il avait vraiment mangé trop de crêpes. Et de toute façon, il se fichait bien d'être en retard.
°°°°
Yuki soupira. Ce cours était vraiment inintéréssant. Il connaissait par cœur toutes ces notions. Cela faisait déjà 10 mn qu'il s'efforçait, sans y parvenir, de conserver un visage sérieux et concentré plus de 30 secondes.
Son regard s'échappait inévitablement vers la fenêtre. Des oiseaux, des moineaux peut-être, voletaient d'arbre en arbre dans la cour de récréation.
Son esprit était cloisonné entre deux désirs. Il y avait la peur de se faire interroger alors qu'il ne suivait pas, peur qui maintenait malgré lui son esprit en éveil, et cet autre sentiment, ce désir qui le poussait à relâcher la pression et à se laisser aller, à laisser ses pensées vagabonder quelques instants au gré de leurs envies. Ce second désir l'emportait indubitablement.
Il avait assuré à Hatori qu'il se sentait parfaitement remis, ce que le médecin avait confirmé après auscultation. Et pourtant, alors qu'il était assis là, sur cette chaise, dans cette salle de classe, Yuki se sentait terriblement faible. Mais peut-être que ça n'avait aucun rapport.
Il avait l'impression d'avoir l'esprit encore embrumé par les calmants qu'Hatori l'avait forçé à prendre. Il avait l'impression qu'il n'était pas vraiment réveillé.
Cette nuit était si confuse dans son esprit. Il s'en souvenait à peine. Mais il avait dormi comme il avait rarement aussi bien dormi de toute se vie. Les calmants, sans doute. Ou autre chose ?
Même si ses souvenirs étaient vraiment très confus, comme si ses rêves avaient un instant interféré avec la réalité, une chose était restée très claire dans son esprit.
Après l'avoir aidé à faire passer la crise après le match, après l'avoir porté dans ses bras jusqu'à la maison, après lui avoir apporté son repas avec les autres, Kyo l'avait veillé. Et plus que toutes les autres choses, c'était cette dernière qu'il ne comprenait pas. Mais alors vraiment pas.
Pourquoi ? C'était la véritable question. Depuis quand ce stupide gamin immature s'inquiétait-il pour quelqu'un d'autre que lui-même ? Excepté pour Tohru, bien sûr. Celle-là aurait bien été capable de faire fondre la banquise d'un seul sourire. Rien qu'à l'évocation de la jeune fille, Yuki sentait un peu de soleil réchauffer son cœur.
Tohru inspirait naturellement aux gens ce genre de sentiment. Mais pas Kyo. Venant de lui, c'était inconcevable. Alors pourquoi… !
°°°°
Au fond de la classe, Kyo se balançait doucement sur sa chaise, l'esprit ailleurs. Il joua un instant avec son stylo bille, le faisant rouler d'un bord à l'autre de la table, puis s'en désintéréssa. La voix monotone du professeur l'endormait. La nuit avait été courte (N/A : et ce n'est que le première ! )
Devant lui, la classe attentive ou faisant semblant de l'être, prenait des notes sans conviction. Tohru buvait les paroles du professeur et jettait des coups d'œil expectatifs aux notes de sa voisine de table, Arisa. La pauvre avait l'air complètement perdue.
A gauche, près des grandes fenêtres, Yuki ne faisant même pas semblant d'écouter. Kyo fronça les sourcils. Ce comportement n'était pas dans les habitudes du chouchou n°1. Et pourtant, le regard vide, il avait l'air captivé par le spectacle de ses pensées.
"Étrange", se dit Kyo. Finalement, Tohru avait peut-être raison. Il allait faire une syncope et s'en mordrait les doigts. Ce serait bien fait pour lui, tiens. Après tout, c'était de la faute de Yuki si lui se sentait si mal aujourd'hui. Il pouvait bien accuser les crêpes ou la fatigue, au fond il le savait bien. Tout était de la faute de cet imbécile.
Kyo était exténué physiquement, soit, mais pas autant qu'il l'était psychologiquement. Ces dernières 24h avaient été éprouvantes. Il n'avait pas l'habitude de se poser autant de questions, il n'avait pas l'habitude de se remettere en cause… et il ne voulait plus y penser du tout. Tout ce qu'il avait pu dire ou penser cette nuit-là faisant à présent partie du passé, et le resterait.
C'est la résolution que prit Kyo, le regard fixé sur le visage si pâle de son cousin, à l'autre bout de la classe.
°°°°
De nombreuses heures de cours s'écoulèrent, souvent indisociables les unes des autres, et la pause déjeuner arriva enfin.
Toute la petite troupe disparate des Sôma et de leurs sympathisants se rendit au réfectoire, rien ne pouvant troubler leurs habitudes bien établies.
La conversation allait bon train, et à les regarder discutailler joyeusement, on aurait pu croire qu'il ne s'agissait que d'une bande d'adolescents comme les autres.
Un autre observateur averti des drames qui les avaient tous déchiré aurait cru à une mascarade. Comment pouvaient-ils ainsi respirer la joie de vivre ? Même Hatsuharu prenait parfois part à la conversation.
Le malheur n'entache pas l'innocence.
Pourtant, deux adolescents d'ordinaire enjoués ne prirent pas ce jour-là part à la conversation. Le rat et le chat brillaient par leur apathie. Chacun plongé dans ses pensées, ils n'avaient même pas conscience que leur comportement risquait d'alerter leurs camarades.
Ces derniers avaient décidé d'un accord tacite de les laisser tranquilles, étant à leur égard aussi prévenants que s'ils étaient tout deux convalescents.
Alors que cette chaude journée s'étirait en longueur, deux adolescents se lancaient des regards furtifs, s'observaient, prenant conscience de leur propre présence alors qu'ils prenaient conscience de la présence de l'autre…
Et voilà ! Un nouveau chapitre de fini ! Promis, la suite arrive le plus vite possible ! En attendant, que vous ayez aimé, détesté, ou que vous vouliez m'insulter pour mon retard, y a qu'une seule solution, review ! (oui, je suis maso XD)
