Titre : Fruits Love
Disclaimer : Natsumi Tayaka
Genre : Romance et yaoi
Rating : M
Couples : Kyo et Yuki et Ayame et Shigure
Note : Et voilà le chapitre 7 ! Attention, les choses se compliquent drôlement entre notre chien et notre serpent préférés !
Shigure était allongé dans un transat devant la maison, les yeux mi-clos. Cette fois c'était certain, sa responsable d'édition allait les tuer tous les deux, mais qu'importe, il avait décidé de prendre un jour de repos. C'était parfois bien agréable d'être son propre patron… Et puis de toute façon, une forte migraine (vaincue à grand renfort d'aspirines) l'avait empêché le matin-même de se mettre au travail.
Shigure se laissait donc aller à une douce quiétude, se laissant envahir par le parfum des fleurs. Les enfants étaient au lycée, et quelque part dans la maison Ayame s'activait pour préparer le déjeuner. Ils avaient décidé de le prendre dans le jardin. C'était tellement plus agréable.
Le chien avait décidé que ce n'était pas une journée où il se préoccuperait de ses soucis. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin, c'est ce dont il essayait de se persuader.
°°°°
Ayame termina de mettre le couvert sur la petite table en fer forgé et apporta les plats sans plus attendre.
Shigure avait l'air détendu, et cela le mettait lui aussi de bonne humeur.
« - Et voilà !
- Ça m'a l'air délicieux.
- Tu ferais mieux de goûter avant de dire ce genre de choses…
- Hum, tu as raison.
- Au fait, je pense rentrer demain dans l'après-midi.
- C'est noté. »
Les deux amis devisèrent ainsi toute la durée du repas, alors que le soleil montait de plus en plus haut dans le ciel.
°°°°
Immobile devant l'évier, Ayame laissait l'eau couler sur la vaisselle sans réagir. A cause de la chaleur, Shigure s'était réfugié dans le petit salon pour se détendre.
Et soudain, Ayame en eut assez de jouer la ménagère. Ce n'étai tpas ce qu'il voulait. Toutes ses mauvaises pensées de la nuit refirent soudain surface, et il recommença à se sentir mal.
D'une main tremblante, il coupa l'eau, puis se rendit dans le petit salon. Shigure était assis sur le canapé, et feuilletait le journal du jour.
Ayame s'assit en face de lui, soudain gêné. Il ne savait plus pourquoi il était venu, il n'aurait pas dû…
La voix chaude et sucrée de Shigure lui fit reprendre ses esprits :
« - Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Ayame releva craintivement les yeux vers lui. Le regard tendre et consolateur de Shigure les lui fit rapidement baisser.
« - Je… Je me demandais…
- Dis-moi.
- Yuki. Il m'a à peine adressé la parole hier soir. En fait, il ne m'a même pas adressé la parole…alors…
- Hé, Ayamé, c'est bon, calme-toi. Tu le connais, non ? Il est comme ça. A moi non plus, tu sais, il ne m'a pas adressé la parole. Allez, viens-là. »
Attirant le serpent à lui, il le serra dans ses bras avec une attitude presque maternelle, sa détresse le faisant bien trop souffrir pour qu'il puisse y rester insensible.
« - Je sais, mais… je suis son frère… et pourtant il ne me parle pas. Je sais qu'il n'a aucune estime pour moi, et tu vois, il a raison, parce que je n'ai jamais vraiment été un grand frère pour lui, mais…
- Ayame, ne dis pas ça. Tu sais que c'est faux. Tu as été son grand frère autant que tu l'as pu, souvent égoïste, soit, mais comme l'aurait été n'importe quel adolescent de 16 ans. Yuki a cherché en toi le réconfort qu'il n'a pas pu trouver chez votre mère, et même si tu l'avais voulu de toutes tes forces, tu étais si jeune que tu n'aurais pas été capable de le lui donner. Ne t'accuses pas à tort. Et tu as tout fait pour rattraper le temps perdu. C'est lui qui est encore trop faible pour t'ouvrir son cœur. Laisse-lui le temps. Ce n'était qu'un enfant, et il va avoir besoin de beaucoup de temps pour se remettre de toutes ces choses. Et il aura aussi besoin de ta présence, même s'il ne le montre pas.
- Alors… tu crois qu'il m'aime un peu ?
- Je crois qu'il t'aime beaucoup. »
Méditant ces paroles, le serpent se laissa aller contre la poitrine, si large, du chien. Il se sentait déjà un peu mieux.
« - Et toi, Shigure ?
- … ?
- Et toi, tu m'aimes ? »
Le chien prit une profonde inspiration.
« - Ayame… Tu devrais arrêter de penser au passé, maintenant. Tout ça, c'est fini depuis longtemps. Tu le sais, non ? Hatori et moi t'avons aimé. Tu nous a aimé. On s'est bien amusés, tous les trois, c'est vrai. Mais Hatori est tombé amoureux et tout ça a été fini. Tu ne pensais quand même pas que ça allait durer toute la vie, hein ? On a tous fait des rencontres sympas, depuis, et tu devrais passer à autre chose, non ? Tu sais, toi et Hatori vous resterez toujours mes meilleurs amis. Ça ne changera pas.
- Oui.
- Allez, essaye de te détendre. Moi je vais aller m'allonger un peu. C'est qu'il fait une de ces chaleurs, aujourd'hui ! »
°°°°
Enfermé dans la salle de bain, Ayame s'accrochait des deux mains au lavabo. Il fixait son visage dans le miroir sans le voir. Il se passa un peu d'eau sur le visage. Ses jambes tremblaient. Il se laissa soudain glisser à terre, vidé de toute énergie.
Appuyant sa tête contre la cuvette des WC, il ferma ses paupières douloureuses. Il ne devait surtout pas craquer. Mais il n'avait pensé que ce serait si dur.
Comment avait-il seulement pu prononcer ces mots si durs avec autant de conviction ? Est-ce que les nuits d'amour qu'ils avaient passé tous les deux, quand Hatori n'était pas là, n'avaient aucune signification ? Les serments qu'il lui avait fait n'avaient donc aucune valeur ?
Lorsque Hatori était parti, c'était Shigure qui n'avait pas voulu continuer. Pas lui. Et il ne lui avait jamais dit pourquoi.
Après ça, Shigure était sorti avec tout un tas de filles, et lui était resté tout seul. C'était injuste. Lui n'avait rencontré que des hommes brutaux et sans cervelle qui l'avaient laissé tomber les uns après les autres. Et il ne pouvait jamais parler de ces hommes de passage à ses soi-disant meilleurs amis. Hatori était trop obnubilé par la douce Kana, et après l'avoir perdue il n'avait plus voulu entendre parler de leurs vies amoureuses respectives, tandis que Shigure réfutait complètement son homosexualité. Il ne voulait même pas en entendre parler. Pour lui, ce n'était donc qu'une petite amourette comme les autres…
Et puis l'affaire concernant son petit frère avait refait surface. Oh, bien, sûr, Akito avait tout étouffé, mais eux savaient.
Assis à même le carrelage glacial, Ayame remuait ces pensées, ressassant sans cesse ce passé qui était le sien même si il faisait tout pour l'oublier. Il avait mal, et il savait qu'il n'y avait qu'une chose à faire : attendre que ça passe…
°°°°
Seul dans sa chambre, Shigure était assis sur le bord de son lit. Prenant sa tête entre ses mains, ses doigts entrelacés appuyant sur sa nuque à lui en faire mal, le chien essayait à tout prix de contrôler cet esprit qui lui échappait. C'était douloureux… Douloureux au point qu'il croyait qu'il allait en devenir fou. Le ciel était bleu, les oiseaux chantaient, et lui il croyait mourir.
Il ne voulait pas ça… Il n'avait jamais voulu ça.Mais ce n'était pas possible. Pourquoi ne le comprenait-il pas ! Le front sur ses genoux, les yeux clos, le chien se répétait inlassablement ces mots : "Ce n'est pas possible…".
Et sur ses joues, des larmes coulaient, un flot de larmes qui ne tarissait pas. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas pleuré… C'était même la première fois depuis qu'il l'avait quitté…
Hé ben c'est pas joyeux… Oui, je sais, c'est de ma faute, mais bon, ça m'empêche pas d'être triste pour eux ! (et pourquoi c'est toujours les pauvres uke qui se prennent tout dans la gueule ? Nous vivons dans un monde injuste…ToT)
