Titre : Fruits Love
Disclaimer : Natsumi Tayaka
Genre : Romance et yaoi
Rating : M
Couples : Kyo et Yuki et Ayame et Shigure
Note : Déjà le chapitre 8 ! Comme le temps passe vite ! Attention, les choses s'accélèrent…Yuki fit disparaître dans la poubelle les derniers reliefs du repas. Il souhaita une bonne nuit à tout le monde, et monta se coucher.
Toute la journée, il avait dû supporter le silence de Kyo. Et maintenant, Ayame et Shigure se faisaient apparemment eux aussi la tête. Il avait cru comprendre qu'Ayame repartait le lendemain. Ce n'était pas comme si la présence de son frère l'enchantait particulièrement, mais il avait commencé à s'y habituer.
Il avait l'impression que les relations entre les personnes qui vivaient sous ce toît se dégradaient d'heure en heure. Bientôt, il ne resterait plus rien. Après tout, rien ne les reliait les uns aux autres excepté leurs liens familiaux. Et quelle famille…
Il tournait à présent en rond dans sa chambre, désœuvré. Il ne savait pas quoi faire pour s'empêcher de penser. Car c'était ce qu'il voulait éviter à tout prix. Il ne savait pas ce qu'il devait faire, mais il savait une chose, il ne devait surtout pas se laisser submerger par les sentiments qui avaient envahi son cœur.
A présent énervé de ne pas trouver de solution, car il préférait se laisser aller à la colère qu'au désespoir, le rat sortit sans un bruit de la maison.
A pas furtifs, il marchait sous le clair de lune en direction de son jardin secret. Il ne s'en était pas beaucoup occupé, ces temps-ci.
Rasséréné de se retrouver enfin en territoire connu, il entreprit vaillament de désherber ses plants de poireau. Ça ferait les pieds à Kyo.
Plusieurs secondes passèrent. Yuki s'acharnait à déterrer un pied de pissenlit. Il n'y arrivait pas. Si seulement ses mains pouvaient cesser de trembler.
Et Yuki se rendit compte qu'il avait perdu la partie. C'est toujours une seconde trop tard qu'on se rend compte que, justement, il est trop tard. Le barrage qui retenait jusque là ses sentiments venait de céder.
Recroquevillé sur lui-même, Yuki pleurait, encore et encore, sans pouvoir s'arrêter. Et il pleurait sur lui-même qui était si pitoyable.
Il n'avait jamais rien voulu. Il n'avait jamais voulu ces sentiments, ces peurs et ces doutes. Il n'avait jamais voulu cette vie. Alors pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur lui ? Et pourquoi avait-il aussi fallu que ça tombe sur lui ?
°°°°
Le chat marchait de long en large dans sa chambre. Il avait l'impression que le temps était à l'orage. Que quelque chose allait exploser d'un moment à l'autre. Et que c'était bien sûr lui qui allait tout se prendre dans la gueule.
Il ouvrit la fenêtre d'un geste brusque, et sauta. Retombant sans bruit sur ses quatres pattes, il enfonca ses mains dans les poches de son sweat et marcha d'un pas leste en direction de la forêt. Il avait besoin de se remettre les idées en place.
Le ciel était déjà d'un noir d'encre. Quelques étoiles apparaissaient ici et là. Kyo marchait lentement, savourant le calme nocturne. Les grillons qui se trouvaient sur son chemin chantaient de plus en plus fort lorsqu'il s'approchait d'eux, puis se taisaient brusquement. Des chauves-souris volaient au-dessus de lui, et quelque part une chouette hululuait lugubrement. Les arbres formaient comme un rempart protecteur tout autour de lui. Il se fichait bien de se perdre. Il se sentait chez lui.
Si seulement ces pensées exaspérantes pouvaient cesser de tourner dans sa tête… Mais quoique'il fasse, il en venait toujours à penser à lui. Que faisait-il, en ce moment-même ? Est-ce qu'il dormait déjà ? Kyo se souvenait encore dans les moindres détails de son visage si paisible quand il était endormi…
Mais il ne devait pas penser à ce genre de choses. Il ne le devait surtout pas…
Il déboucha soudain hors de la forêt. Surpris, il regarda tout autour de lui. Il avait marché droit devant lui, sans réfléchir, et s'était très vite éloigné des sentiers qu'il empruntait habituellement. Il ne connaissait pas cette partie de la forêt. Il ignorait qu'elle donnait directement sur une large plaine.
Et là, juste devant lui, il y avait un grand espace cultivé. Un potager. Kyo fronça les sourcils. Comment quelqu'un avait-il pu cultiver leurs terres sans permission ? Puis, le jour se fit dans son esprit. C'était le potager de Yuki. Celui dont il parlait si souvent avec Tohru et Shigure. C'était de là qu'il ramenait tous ces légumes.
Il ignorait qu'il était si près de la maison. Enfin, après tout, c'était plutôt logique. Il commenca à marcher lentement entre les semis. Il reconnut quelques plantes. Là, des salades, et là, il en était presque sûr, des plants de tomate. Le rat avait même planté des fleurs tout autour de son domaine. Kyo sourit. C'était bien lui, ça.
Soudain, il s'arrêta de net. Son sourire se transforma très vite en masque d'incompréhension. Il ne voulait pas y croire. Là, à quelques mètres à peine, il y avait une petite forme recroquevillée. Ses cheveux argentés brillaient faiblement sous le clair de lune. Yuki. Cela ne faisait aucun doute. Mais que faisait-il là ? Il aurait dû être à la maison.
Et surtout… pourquoi son corps était-il secoué de sanglots ? Il pleurait ? Il pleurait… Souffrait-il ? Kyo ne voulait pas le savoir. Cela était déjà bien assez douloureux. Il fixait la petite forme devant lui, si faible, si fragile, et il avait envie de hurler.
C'était absolument indescriptible… comme si quelqu'un avait pris son cœur en tenaille et serrait, de plus en plus fort… C'était insupportable. Devant lui, c'était Yuki qui semblait brisé. Et pourtant, il avait l'impression que c'était son âme à lui qui se déchirait peu à peu.
Pendant quelques secondes qui lui parurent une éternité, il fut incapable de faire le moindre geste. Lorsqu' enfin son corps se mit en branle, il eut l'impression que ce n'était pas lui qui bougeait. Son esprit était ailleurs, enfermé dans un carcan de douleur.
Et pourtant, c'était bien lui qui marchait à présent tout doucement vers Yuki. Il ne voulait pas lui faire peur. Il voulait juste… que cela cesse.
Kyo s'agenouilla, ou plutôt se laissa tomber à genoux. Son cœur battait bien trop fort. Il ne savait pas si Yuki l'avait entendu. D'un geste maladroit, il passa ses bras autour de ses épaules. Et il serra. Du plus fort qu'il le pouvait.
°°°°
Yuki avait l'impression de chuter, encore et encore. Ses larmes coulaient, et sa douleur ne cessait pourtant d'augmenter d'intensité.
Et soudain, il le sentit. Des bras qui l'entouraient. Et qui le serrait de plus en plus fort. Même s'il fut surpris, il n'eut pas peur. Il sentit que ces bras qui le serraient n'étaient pas une menace, ils étaient bien trop tendre pour ça.
Aveuglé par les larmes, aveuglé par la douleur, il se retourna lentement. Ses gestes étaient saccadés. Et son cœur fit soudain un bond dans sa poitrine. C'était lui. Il ne savait pas s'il rêvait, ou quoi que ce soit d'autre, mais ça ne faisait aucun doute, c'était bel et bien lui.
Et ses yeux d'ordinaire si pleins de hargne le regardaient à présent avec une flamme qui exprimait un tout autre sentiment… mais il ne voulait pas y croire. Pas encore. Celui qui le tenait toujours aussi fermement dans ses bras prit alors la parole, mais sa voix était faible, si faible qu'on aurait dit un murmure :
« - Yuki… S'il te plaît… Je t'en supplie, je ferais tout ce que tu voudras, mais ne pleure pas… S'il te plaît, ne pleure pas…
- …
- Yuki… »
Le chat le serrait à présent tout contre lui, et Yuki enfouit son visage dans son cou, ne sachant s'il devait le repousser ou profiter de cette illusion sans doute éphemère.
Il se frotta les yeux avec un geste un peu brusque et se mit à dévisager le chat.
« - Kyo… c'est toi ?
- Ben… Qui veux-tu que ce soit ?
- Je ne sais pas… »
Yuki baissa les yeux. Il ne comprenait rien à ce qui se passait. C'était vraiment trop… surréaliste.
Kyo sentait son cœur cogner de plus en plus fort dans sa poitrine. Yuki avait vraiment l'air si faible… Cela le mettait mal à l'aise, c'était lui normalement le plus faible des deux.
« - Yuki… Dis-moi ce qui ne va pas…
- Ce… Ce n'est rien…
- Les gens ne pleurent pas sans raison, tu sais.
- Je… »
Yuki fixa Kyo dans les yeux, qui soutint tant bien que mal son regard si déroutant. Et soudain, sans que rien ne le laisse présager, les yeux du rat se remplir à nouveau de larmes. Son visage se tordant en une grimace de douleur, il éclata en sanglots.
Kyo en aurait pleuré. Il serra à nouveau Yuki contre lui. Il ne savait pas quoi faire. Comment consoler pareil chagrin ? Il ne voulait pas que Yuki souffre, il voulait que Yuki soit heureux, il voulait que Yuki l'ai…
Kyo prit le visage de son cousin entre ses mains et le força à le regarder. Tout doucement, il essuya les larmes qui coulaient sur ses joues.
« - Ne sois plus triste. »
Kyo ne réfléchit pas. Il ne fit pas ce qu'il devait faire, il fit ce qu'il voulait faire. Il se pencha, lentement, pour ne pas effrayer son cousin, et posa ses lèvres sur celles tremblantes de Yuki.
Yuki ne comprit pas tout d'abord ce que Kyo était en train de faire. C'était tout bonnement incroyable. Les lèvres de Kyo sur les siennes étaient douces et fermes. Il n'avait plus envie de pleurer. Il se sentait au bord de l'évanouissement.
N'étant plus maître ni de ses actions ni de ses sentiments, il laissa échapper un sourd gémissement et entrouvrit doucement les lèvres.
Kyo sentait Yuki se laisser aller dans ses bras et ressera sa prise sur le corps de son cousin. Lorsque celui entrouvrit ses lèvres, il y glissa la langue, désireux d'en goûter chaque parcelle.
Puisqu'il devrait forcément regretter ce qu'il était en train de faire dans un futur trop proche, autant en profiter pleinement.
Le rat et le chat se perdaient dans leur baiser, baignés par la clarté lunaire, oubliant le monde qui les entourait pour ne plus penser qu'au leur. Un monde qu'ils étaient en train de se créer et où l'avenir dont ils rêvaient avait une chance d'exister.
Séparant enfin leurs deux bouches, ils restèrent quelques instants appuyés l'un contre l'autre, le souffle haletant.
Yuki se laissa ensuite aller dans les bras de Kyo, vidé de toute énergie. Plus rien n'avait de sens. Et il s'en fichait bien. Il ne savait pas ce qu'il désirait lui-même. Mais il ne voulait surtout pas que ces bras si puissants le lâchent.
Kyo se sentait perdu. Et alors que son cousin se blottissait un peu plus contre lui, il se dit qu'il n'avait finalement plus vraiment envie de retrouver son chemin…
Yuki se sentit soudain soulevé de terre. Etonné, il s'accrocha au cou du chat, se laissant porter dans cette position qu'il commencait à bien connaître.
« - Kyo… Qu'est-ce que…
- Chut… On rentre à la maison. Tu vas finir par attraper froid. »
Encore une fois, la légereté du rat étonna Kyo. Il reprit lentement le chemin de la maison, serrant contre son cœur son précieux fardeau.
Lorsqu'il arriva enfin devant la demeure de Shigure, Yuki sommnolait. Kyo ne voulut pas le réveiller et le porta dans sa chambre. Il allongea le rat dans son lit, le couvrant du mieux qu'il le pouvait.
Puis, il s'agenouilla au chevet de son cousin, effleurant du bout des doigts sa peau si pâle. Avec un soupir, il se releva, s'apprêtant à retourner dans sa chambre.
C'est alors que Yuki, ouvrant des yeux suppliants, l'attrapa par la manche de son sweat.
« - Reste. S'il te plaît. »
Kyo n'eut pas le courage de refuser…
Ouf, un long chapitre de terminé ! Et quelle fin… à votre avis, que va-t-il se passer… ? Vous allez sans doute être surpris… Allez, je ne suis pas cruelle (je sais, on dirait pas), la suite est juste derrière !
