Titre : Fruits Love

Disclaimer : Natsumi Tayaka

Genre : Romance et yaoi

Rating : M

Couples : Kyo et Yuki et Ayame et Shigure

AVERTISSEMENT : ce chapitre contient une scène de sexe entre deux hommes, donc si cela vous choque ne lisez pas ce qui suit.

Note : Et voila donc le fameux chapitre d'Ayame et Shigure... Avec du retard, en plus... argh.

Enfermé dans son bureau, Shigure regardait d'un œil morne sa bouteille de whisky désormais vide. Il ne savait absolument pas ce qu'il devait faire. Il aurait donné n'importe quoi pour que tout redevienne comme avant. Comme quand ils étaient jeunes...

Ayame était si beau... et il l'était toujours. Quand il le voyait, le chien n'avait qu'une envie : lui accrocher autour du cou un écriteau "propriété exclusive de Shigure Sôma". Mais il ne le ferait pas.

Hatori, lui, avait su affronter Akito pour l'amour de Kana. Et même s'il avait perdu sa belle, l'hippocampe n'avait jamais dérogé à la ligne de conduite qu'il s'était dès le début assigné. Il avait su conserver son honneur. Mais lui était bien incapable de prendre ses responsabilités.

Shigure soupira. Il savait au fond de lui ce qu'il devait faire. Il devait laisser parler son cœur. Mais cela lui faisait peur. Ce n'était pas pour rien qu'il écrivait des romans à l'eau de rose. Il avait toujours été trop sentimental. Et c'est pour cacher cette faiblesse qu'il se la jouait play-boy, comme s'il se fichait bien de la personne qu'il avait en face de lui du moment qu'elle était mignonne.

Mais c'était faux. Il avait toujours cherché le "grand amour". Et toujours su du plus profond de son cœur, de cet endroit si secret qu'il avait mis sous clé, qu'il l'avait déjà trouvé.

Passablement déprimé, il se leva pour aller voir dans la cuisine s'il trouvait une autre bouteille d'alcool.

°°°°

Ayame, assis sur le bord de son lit, n'avait même pas la force de se déshabiller. Il aurait dû partir. Il le savait. Mais ce baiser... Et puis la confidence de Yuki. Les garçons auraient peut-être besoin de se confier à un adulte, même s'ils ne le considéraient pas comme tel.

Ayame était de plus en plus perdu. Il allait sûrement devoir rester encore un peu. Mais comment ferait-il avec Shigure ? Il prétextait lui faire la tête, mais c'était bien plus que ça. Le chien l'avait délibérément repoussé. Et avait ensuite essayé de le séduire pour qu'il reste.

Que devait-il comprendre ? Avec Shigure, il n'était jamais sûr de rien.

Soupirant, le serpent se releva et décida de descendre pour chercher un verre d'eau. Il ne pouvait vraiment pas dormir.

°°°°

Lorsque Shigure voulut entrer dans la cuisine, il s'arrêta net au seuil de la porte. Ayame était là, un verre d'eau à la main.

Il y eut un instant de flottement, et Shigure, gêné, décida de prendre la parole devant le mutisme du serpent.

« - Heu... Tu ne dors pas ?

- Toi non plus.

- ...

- ...

- Ayame, tu ne crois qu'on pourrait arrêter de se faire la gueule, maintenant ? C'est vraiment puéril comme comportement.

- N'en rajoute pas, d'accord ? Si je reste, c'est uniquement pour Yuki.

- Je crois qu'on devrait s'expliquer.

- Tu as pourtant été assez clair la dernière fois.

- Je sais, mais, s'il te plaît... On ne va pas passer la nuit à discuter debout dans la cuisine ?

- Qui t'as parlé de discuter ? Je vais me coucher. »

Ayame essaya de sortir de la cuisine, mais Shigure l'attrapa par la manche de son kimono.

« - Lâche-moi.

- On doit vraiment s'expliquer.

- ...

- Viens. »

Sans autre forme de procès, Shigure entraîna le serpent dans son sillage jusqu'à son bureau dont il ferma brutalement la porte.

« - Assied-toi s'il te plaît. »

Ayame obéit, toujours aussi impassible, alors qu'au même moment régnait dans son esprit un véritable chaos.

« - J'aimerais savoir pourquoi tu es aussi froid avec moi depuis que nous avons eu cette conversation l'autre jour.

- ...

- Ayame...

- Je crois que c'est plutôt à toi qu'il faudrait poser cette question : pourquoi lors de notre conversation de l'autre jour as-tu été si froid avec moi ?

- ...

- Alors que ce matin tu m'embrassais si passionnément ?

- ...

- Et bien, répond !

- Ayame, je... »

Shigure se leva et marcha jusqu'à la fenêtre. Il appuya son front brûlant contre le verre froid de la vitre, fermant les yeux dans l'espoir que lorsqu'il les rouvrirait il ne serait plus à ce point acculé...

Ayame, à l'autre bout de la pièce, s'en voulait terriblement. Il n'avait pas voulu le blesser. Mais il avait besoin de réponses. Il s'approcha de Shigure :

« - Excuse-moi.

- Non, c'est moi. Je suis un imbécile.

- Ça c'est pas nouveau. »

Le chien esquissa un sourire et s'assit sur le canapé. Le serpent le rejoignit. Shigure, affichant un sourire amer, lui demanda avec brusquerie :

« - Alors ? Qu'est-ce qu'on fait ? »

Le serpent lui répondit doucement :

« - Je ne sais pas. Ça dépend de toi.

- …

- Shigure, ce n'est pas très compliqué tu sais.

- Peut-être pas pour toi, mais pour moi si.

- Regarde-moi… »

Le chien s'exécuta avec mauvaise volonté, son cœur se contractant douloureusement alors qu'il plongeait son regard dans celui si confiant du serpent.

« - Et maintenant dis-moi ce que tu ressens. »

Ce qu'il ressentait ? Shigure se demanda tout d'abord si Ayame n'était en train de se foutre ouvertement de sa gueule. Qu'est-ce qu'on peut bien ressentir devant la seule personne qu'on a jamais aimée ? Mais le serpent était terriblement sérieux.

« - Je…

- Dire ce que tu ressens ne t'engage à rien. »

Le chien soupira.

- Les sentiments que j'éprouve quand je te regarde sont… doux… et agréables… mais je ne peux pas les nommer.

- …

- Comme… un rayon de soleil.

- …

- Quand je te regarde… J'ai envie de te toucher…

- Vas-y… »

Shigure approcha une main tremblant du visage d'Ayame, effleurant sa peau si pâle et si douce. Le serpent essayait de rester impassible, mais il se sentait comme électrifié à ce contact, et ses pensées devenaient de plus en plus chaotiques.

« - Je… Je voudrais pouvoir t'aimer…

- Et tu ne le peux pas ?

- Non…

- Shigure… Si nous ne faisions pas partie des douze… Si j'étais une femme… Pourrais-tu m'aimer ?

- Oui… Mais…

- Pourquoi ne peux-tu pas faire abstraction de tout cela ? Aimes-moi ou oublie-moi, mais ne me laisse pas dans le doute. Je ne veux plus souffrir.

- Pardonne-moi… Je… »

Ayame s'efforçait de regarder Shigure droit dans les yeux. Il ne voulait pas être faible devant lui. Le chien, qui ne pouvait détacher son regard des yeux d'un vert si troublant du serpent, reprit d'une voix plus ferme :

« - Ayame. Je ne pourrais jamais t'oublier. Parce que je ne cesserais jamais de t'aimer. »

Deux larmes coulèrent sur les joues d'Ayame, qui souriait malgré lui.

« - Alors… Où est le problème ?

- Il n'y en a pas… je t'aime… »

C'était maintenant Shigure qui souriait, émerveillé par la simplicité des mots qu'il venait de prononcer. Avec tendresse, le chien prit son serpent dans ses bras.

Puis il se pencha vers Ayame, dont le cœur se mit à battre de plus en plus fort, et fit ce qu'il brûlait de faire depuis si longtemps : l'embrasser.

Alors que Shigure augmentait graduellement l'intensité de leur baiser, mordillant et léchant sans retenue les lèvres du serpent, celui-ci se sentit faiblir dans ses bras.

« - Shigure... Mmmh...

- Tu veux que j'arrête ?

- Noooon... »

Lorsque enfin Shigure estima qu'Ayame avait mérité le droit de reprendre son souffle, il délaissa sa bouche et le laissa appuyer sa tête sur son épaule où elle s'était déjà si souvent reposée.

« - Au fait Ayame... j'y pense...

- Mmh ?

- C'était quoi cette histoire de chocolat au dîner ?

- Euh... de chocolat, tu dis ?

- Oui.

- Eh bien... c'est que... je ne sais pas si je peux te le dire.

- C'est un secret ?

- Vi.

- C'est quelque chose de grave ?

- Non, pas vraiment... enfin un peu quand même.

- Allez, dis-moi.

- Ben... C'est Yuki et Kyo...

- Ils ont fait une connerie ?

- T'as pas remarqué qu'ils étaient un peu bizarre ces temps-ci ?

- Ils se tapent moins dessus.

- Ils sortent ensemble.

- Tu me charries, là ?

- Hé non.

- J'hallucine.

- Hé non.

- Mais...

- Hé oui.

- Comment on va faire ?

- Faire quoi ?

- Si Akito apprend que quelqu'un a touché à ce qui lui appartient, ce sera un bain de sang.

- Mon frère ne lui appartient pas.

- Je sais. Mais il va falloir à tout prix lui dissimuler leur relation.

- Ils ont fait leur choix. Ils savaient ce qu'ils risquaient. Mais ils l'ont fait.

- C'est vrai. Et puis avec Hatori ont sera trois à les soutenir. Ça devrait aller...

- Oui... »

Ayame tourna son pâle visage vers Shigure. Il avait encore les lèvres rouges de leur baiser.

« - Shigure…

- …

- Embrasse-moi encore…

- Puisque c'est demandé si gentiment… »

Shigure attrapa Ayame par les hanches et reprit possession de ses lèvres, assoiffé de ce corps qu'il désirait en dehors de toute mesure. Ayame passa ses bras autour de la nuque de son homme, déjà à moitié assis sur ses genoux, et se colla à lui encore plus, le souffle haletant.

Leurs bouches ne se séparaient, le temps d'un halètement, que pour se retrouver l'instant d'après dans une nouvelle danse effrénée, alors que leurs langues se caressaient, se goûtant l'une l'autre avec délices, retrouvant une saveur qu'aucun des deux hommes n'avait pu oublier.

Ayame ne put retenir un gémissement, sentant son désir s'éveiller lentement mais sûrement, alors qu'il savait que contre lui Shigure était déjà dur.

Le serpent se sépara du chien, le souffle saccadé, et prit le visage de l'écrivain entre ses mains. Il pouvait voir dans ses yeux tout le désir qu'il avait pour lui.

« - Ayame... »

Shigure se savait incapable de résister face à ce corps si désirable... Il délassa la ceinture du kimono d'Ayame. L'ample vêtement tomba sur ses avant-bras, révélant un corps pratiquement nu. Le serpent ne portait qu'un minuscule caleçon en coton blanc.

Le brun déglutit, tandis que les joues d'Ayame se coloraient d'une jolie teinte de rouge. Pour masquer sa gêne, le serpent reprit avec fougue les lèvres de son aimé.

Shigure serrait entre ses bras ce corps à demi nu, ses mains caressaient cette peau si douce et il avait l'impression de perdre pied. Le chien allongea son serpent sur le velours rouge du canapé.

Délaissant avec regret la bouche du reptile, il entreprit de déposer d'aériens baisers le long de sa clavicule, mordillant sa peau jusqu'à faire apparaître de légères marques rouges. Ayame gémissait avec délices, agrippant les cheveux de Shigure. Puis ses mains descendirent, glissant sous le kimono de son amant, caressant cette peau qu'il avait si souvent fait frissonner.

Shigure se débarrassa de ses habits à la diable, comme s'ils lui brûlaient la peau, et entreprit de déposséder Ayame de son dernier vêtement.

Les deux hommes étaient à présent à nus, passionnément enlacés. Ayame reprit l'exploration du corps qu'il aimait là où il l'avait laissée, parcourant de ses doigts de fée chaque millimètre de peau offerte à lui. Il embrassait sans retenue le corps de son amant, taquinant et mordillant ses deux pointes de chair roses.

Le chien se laissait faire, retenant ses gémissements, mais trahi par sa respiration de plus en plus rauque. Lorsque le serpent entreprit de vérifier si les zones érogènes qu'il connaissait si bien étaient toujours à leur place et d'explorer la partie inférieure de son corps, Shigure ne put retenir une exclamation.

Ayame léchait à présent l'intérieur des cuisses de son amant, là où il savait que la peau était encore plus douce qu'ailleurs, et il sentit qu'il était tendu.

« - Détends-toi. »

Sans plus de sommations, il prit son membre en main, exerçant tout du long de plus ou moins fortes pressions.

Shigure s'accrocha au velours du canapé, se mordant violemment la lèvre inférieure.

« - Ayame... Attends...

- Un problème mon amour ?

- Si tu continues, je vais...

- Comme tu voudras... »

Le serpent cessa aussitôt ses flatteries, abandonnant à son désir exacerbé un Shigure encore tremblant. Le chien, partagé entre l'envie d'étrangler Ayame pour son manque de considération et de le prendre dans l'instant, choisit de l'attraper par les épaules et de le serrer tout contre lui. Leurs deux érections se frottaient douloureusement.

« - Shi... ?

- Je t'aime, Ayame.

- ... »

Pour le coup, ce fut le serpent qui se retrouva dans une situation embarrassante lorsqu'il sentit son désir croître de manière éloquente.

Le chien allongea à nouveau son serpent et lui cala un coussin sous les reins. Il l'embrassa, longtemps, avant de descendre une main vers son entrejambe. Il introduit un doigt en lui, puis deux. Ayame ne disait rien, mais ses mains sur la nuque de Shigure se crispèrent. Le chien l'embrassa à nouveau, et entama des mouvements de ciseau.

Peu à peu, Ayame se détendit. Il retrouvait des sensations qu'aucun autre n'avait su lui faire ressentir. Seul Shigure était à ce point attentionné avec lui.

Le chien retira ses doigts et attrapa deux préservatifs dans la poche de son kimono étendu sur le sol.

« - Me dis pas que t'en as toujours sur toi !

- Faut bien entretenir son image...

- Mais bien sûr... »

Avec un sourire, Shigure déchira l'emballage des condoms et entreprit de les protéger tous les deux. Ayame verrouilla ses jambes autour des hanches du chien. A cet instant, ils se regardaient droit dans les yeux. Leurs souffles se mêlaient pour n'en former plus qu'un.

Shigure pénétra lentement Ayame, le ménageant du mieux qu'il le pouvait. Le serpent ferma les yeux, s'habituant peu à peu à la douloureuse présence. D'habitude, la première rentrée lui donnait toujours la nausée. Mais jamais avec Shigure. Lui se souciait toujours de son bien-être.

Le chien commença à bouger, lentement, s'introduisant un peu plus encore. Sa respiration se fit saccadée. C'était tellement bon... Il pénétra en lui encore plus loin, et Ayame cria.

« - Pardon...

- Ça... ça va... »

Shigure embrassa son amant avec passion, et bougea un peu. Ayame gémit, lui murmurant à l'oreille de na pas s'arrêter là, de venir encore... Le chien bougea à nouveau, plus vite, plus fort, et les gémissements d'Ayame reprirent de plus belle.

Shigure, le souffle erratique, ne se lassait pas d'aller et venir dans ce corps qu'il aimait du plus profond de son être, qu'il voulait posséder pour l'éternité. Il embrassa le serpent, encore et encore, emprisonnant ses gémissements dans sa bouche. Les longues mèches d'Ayame se collaient sur son corps en sueur, et il y avait cette odeur, cette odeur si intimement lui, dont Shigure ne pouvait se passer...

Ayame enfonçait ses ongles dans les épaules de Shigure, s'accrochant à lui de toutes ses forces. Il ne contrôlait plus ni son corps ni son désir, et se laissant complètement emporter par cette vague qui le submergeait. Dans cette pièce baignée par la clarté lunaire, il regardait son amant lui faire l'amour, à mesure que le plaisir montait en lui. Shigure était beau, il était un tout. Et Ayame en faisait partie.

« - Je... vais venir... »

Shigure ne savait plus si c'était lui ou Ayame qui avait prononcé cette phrase, mais dans un dernier sursaut de plaisir il se laissa aller dans le corps de son amant. Celui-ci le suivit de près, avec un dernier cri de jouissance.

Le chien se retira du corps de son aimé et se laissa tomber contre lui, haletant. Ayame leur retira à tous deux leurs préservatifs avant de revenir se blottir dans les bras de l'écrivain.

« - Shigure... Je t'aime...

- Moi aussi, Ayame. Moi aussi. »

Les yeux mi-clos, Shigure se laissait tout doucement aller au sommeil, alors que dehors le jour se levait. Alors qu'il serrait dans ses bras celui qu'il aimait le plus au monde, il espéra secrètement que le temps s'arrête à cet instant précis. Dans un dernier éclair de lucidité, il attrapa son kimono et en recouvrit Ayame pour ne pas qu'il prenne froid.

Le serpent regardait son aimé sombrer tout doucement dans le sommeil. Il ne savait pas vraiment s'il avait mérité ce bonheur, mais il voulait en profiter jusqu'au bout, et se laissa lui aussi aller dans les bras de l'homme qu'il aimait. Dans cette odeur de sueur et d'amour, il se sentait bien, et ne voulait pour rien au monde que cela s'arrête.

Et ben c'était long... J'espère que ça vous a plu, parce que moi il m'a fallu trois jours rien que pour les foutre à poil ! lol.

Enfin bon, je vais essayer de poster plus régulièrement à partir de maintenant, et je vous annonce d'ore et déjà que le prochain chapitre raconteras le réveil de tout ce joli monde... je sens que ça va être folklo.

Je tiens juste à faire une petite remarque : j'ai remarqué que dans la grande majorité des fics Furuba, les persos n'utilisent pas de préservatifs. Alors ok, c'est un manga, mais quand même ! Est-ce que vous pensez à tous les risques que vous leur faites prendre ? Protégez-vous et protégez-les ! (c'était la pensée philosophique du jour, mdr).