Titre : Fruits Love

Disclaimer : Natsumi Tayaka

Genre : Romance et yaoi

Rating : M

Couples : Kyo x Yuki et Shigure x Ayame

Note : Et ben pour une fois... je ne suis même pas en retard ! Dites merci aux cours de SES où on peut faire semblant de prendre des notes et au Starbuck où j'ai passé 3h au lieu d'aller en cours... (Et non, je ne suis pas une élève sérieuse ! XD)


Lorsque Shigure ouvrit les yeux, la pièce était inondée par le soleil. Mais c'est le corps chaud blotti contre sa poitrine qui fit fondre son cœur. Ayame semblait posé là comme une fleur rare et délicate. Ses cheveux épars auréolaient son doux visage, et un souffle calme s'échappait de ses lèvres entrouvertes.

Le chien se dégagea de l'étreinte du serpent, et s'habilla de ce qui lui tombait sous la main. Il quitta la pièce à regret, pour revenir une dizaine de minutes plus tard avec un plateau garni de toasts beurrés.

Ayame ouvrit les yeux en sentant une main effleurer doucement son visage. Shigure était assis sur le canapé, penché au-dessus de lui. Il souriait doucement, en regardant son amant. La lumière du soleil provenait de la fenêtre juste derrière lui, mais c'était comme si elle venait de l'écrivain lui-même. On aurait dit un ange. Le cœur du serpent fit un bond dans sa poitrine lorsque le chien se pencha un peu plus encore pour déposer sur ses lèvres un chaste baiser.

« - Tu as faim ?

- Euh… oui.

- J'ai fait des toasts. »

Ayame rougit, il se sentait soudain gêné par sa nudité. Il se vêtit prestement d'un kimono, tandis que le sourire de Shigure s'étendait un peu plus encore, et accepta un des toasts que lui proposait ce dernier.

« - Tu es toujours aussi peu doué pour la cuisine japonaise, à ce que je vois…

- On ne se refait pas… »

Une fois qu'ils eurent terminé leur collation (à cette heure de la journée on ne pouvait plus vraiment parler de petit déjeuner), Shigure posa le plateau sur son bureau, qui ne pouvait pas être plus recouvert de désordre qu'il ne l'était déjà.

Le serpent se leva, tout son corps encore alangui par le sommeil :

« - Je vais prendre une douche…

- … »

Ayame s'approcha du chien, et lui souffla dangereusement à l'oreille :

« - …tu veux venir avec moi ? »

Shigure ne prit même pas la peine de répondre, tant cela lui semblait évident, et se contenta de le suivre jusqu'à la salle de bain.

Une fois dans la pièce, il ferma le verrou, et laissa glisser son kimono à terre. Ayame tourna le robinet d'eau chaude, avant de se déshabiller à son tour. Après avoir jeté un regard suggestif à Shigure, il entra dans la cabine de douche, très vite rejoint par ce dernier.

Le serpent commença à savonner son amant avec tendresse, touchant chaque centimètre carré de sa peau, et réduisant progressivement la distance qui séparait leurs deux corps ruisselants d'eau.

Tous deux commençaient à se sentir vraiment excités, mais Shigure voulait faire durer le plaisir le plus longtemps possible…

Il attrapa la bouteille de shampoing et entreprit masser le cuir chevelu du serpent, démêlant mèche à mèche ses longs cheveux. Un entêtant parfum de fleur ne tarda pas à se répandre dans toute la pièce…

« - C'est quoi comme shampoing ?

- Herbal Essence…

- … »

N'y tenant plus, Ayame s'empara des lèvres de Shigure, les projetant tous deux sous le jet brûlant de la douche.

Le chien était de plus en plus excité, et il plaqua son serpent contre la paroi de la douche, dévorant ses lèvres sans pitié. Leurs deux érections se frottaient douloureusement, meurtries plus encore par les projections d'eau.

Ayame passa ses bras autour de la nuque du chien, gémissant son prénom entre leurs lèvres soudées.

Shigure le prit alors en main, son pouce le caressant violemment sur toute la longueur. Le reptile poussa un cri, et mordit l'épaule du chien pour ne pas se laisser aller. Les caresses se firent plus brutales, et Ayame se mit à trembler dans les bras de son amant, emporté par une vague de plaisir et de désir.

« - Shigure… je… mmh… je t'aime…

- Moi aussi… »

Ayame vint dans les mains du chien, avec un dernier gémissement.

Satisfait, le regard un peu vague, il s'agenouilla devant lui. Celui-ci ne s'y attendait pas, et eut d'abord un mouvement de recul, stoppé par le plexiglas de la douche.

La langue de son amant ne lui laissait pas de répit, et glissait partout sur lui, faisant fi de ses gémissements et de ses suppliques. Ayame caressait, aspirait, mordillait parfois, jusqu'à le rendre fou.

« - Shigure… Dis-le…

- Qu… quoi…

- Dis-moi que tu m'aimes…

- Mais oui, je… aah, non, pas comme ça…

- Dis-le moi….

- Je t'aime… Ayame… il n'y a que toi que j'aime… »

Il ne résista plus, et se laissa aller dans la bouche du serpent, éperdu de passion.

Ayame se releva, et Shigure le prit dans ses bras puissants, lui volant un énième baiser. Ils achevèrent de se laver avant de sortirent de la pièce d'eau, transformée en piscine.

Ayame emprunta à Shigure un kimono qu'il enfila à même la peau avant de s'affaler sur le canapé, avec un soupir de contentement.

Shigure se vêtit avec un peu plus de décence et s'assit à son bureau. Au milieu de l'habituel et inextricable fouillis, il y avait son manuscrit, bien en évidence, et inachevé. Le travail a la valeur qu'on lui donne, aurait dit Mark Twain, mais quand le chien voyait son serpent ainsi alangui sur le sofa, il ne pouvait s'empêcher de trouver tous ce qui avait trait à l'effort excessivement ennuyeux.

Avec un soupir, il lança un dernier regard au couturier, se préparant psychologiquement aux heures de travail qui l'attendaient. Sans grande conviction, il lança à Ayame :

« - Il va falloir que je me remette à travailler…

- Je sais.

- C'est bien la première fois que tu ne te mets pas à chouiner parce que je ne m'occupe plus de toi.

- D'abord je ne chouine pas. Et ensuite… S'il est vrai que Mine peut s'occuper de la boutique pendant quelques jours, j'ai par contre pris beaucoup de retard dans les confections…

- Attends… T'es pas en train de me dire que tu vas repartir, là ?

- Et c'est moi qui chouine…

- Ayame ! »

Shigure se leva, renversant sa chaise, le cœur battant les cent-coups. Il avait l'impression que si le serpent partait maintenant, il ne reviendrait plus jamais…

Il se jeta contre la poitrine d'Ayame, le serrant contre lui avec violence.

« - Ayame… Je ne veux pas que tu partes… pas déjà… »

Le serpent enfouit ses doigts dans les cheveux encore humides de son amant, l'entourant de ses bras protecteurs.

« - Il faudra bien que je reparte un jour… Mais si tu veux, je peux rester… encore un peu.

- Merci. »

Les deux hommes restèrent ainsi quelques instants, se rassurant l'un l'autre, voulant croire que cette fois-ci était la bonne, que tout était encore possible.

°°°°

Pendant que Shigure travaillait à son manuscrit, Ayame appela Mine pour lui octroyer royalement un congé exceptionnel. Au point où il en était, il valait mieux fermer la boutique, accepter de nouvelles commandes aurait été suicidaire.

Il sortit dans le jardin, et flâna de longues minutes sur les sinueux chemins de sable blanc. Shigure avait toujours été fasciné par le Japon traditionnel.

Il y avait à l'arrière de la maison un minuscule étang artificiel, agrémenté de jeux d'eau miniatures. En regardant les incessants remous de cette eau mouvante, le serpent ne put s'empêcher de penser à l'utopie du mouvement perpétuel.

Il s'assit sur la petite plage de galet, laissant ses pensées dériver au fil de l'eau…

Les souvenirs de la nuit qu'il venait de passer étaient tellement présents. Et ce n'était pas le vent léger transperçant ses minces vêtements de coton qui faisait frissonner sa peau, mais le souvenir des caresses brûlantes de son amant.

Sa première fois, c'était avec Shigure. Il avait toujours pensé qu'il n'y avait qu'une seule première fois. Mais à chaque qu'ils faisaient l'amour, c'était comme un recommencement. Shigure était le seul à savoir le combler vraiment.

°°°°

L'écrivain était assis à son bureau, un stylo-plume à la main, mais il avait cessé d'écrire. Levant les yeux de son manuscrit, il avait alors aperçu par la fenêtre restée ouverte la pâle silhouette de son amant.

Le serpent était assis au bord du plan d'eau, les jambes nues. L'ample kimono, trop grand pour lui, laissait découvertes ses frêles épaules. Le chien en avait eu le souffle coupé. C'était si… beau. A quoi pouvait-il bien penser à cet instant précis ? Shigure se sentait heureux. L' homme qui était là, c'était le sien, il lui appartenait.

L'esprit résolument ailleurs, il laissa tomber son manuscrit pour la énième fois (il commençait d'ailleurs à sérieusement se demander s'il ne ferait pas mieux de se reconvertir dans la littérature gay) et sortit dans le jardin.

Lorsqu'il entendit des pas derrière lui, Ayame tourna la tête et sourit en apercevant Shigure. Le chien s'assit, silencieux. Tous deux se perdirent dans la contemplation des jets d'eau et des fleurs qui poussaient alentour pendant quelques minutes avant que l'écrivain ne se décide à prendre la parole.

« - Ayame… Si tu voulais, tu pourrais venir habiter ici… La boutique n'est pas si loin que ça, et puis…

- Arrête, ce n'est pas le problème et tu le sais. Même si on excepte les détails pratiques, même si on excepte la réaction que pourrait avoir Akito, j'ai une vie. Je ne suis pas uniquement "moi" tel que tu me connais. J'ai mes amis, mon boulot, et tout le reste. Crois-tu pouvoir me supporter 24 heures sur 24 ? Crois-tu pouvoir accepter tout ce qui fait ma vie ? »

Un ange passa. (N/A : qu'on l'encule ! hum, pardon. XD)

« - Je ne sais pas. Tu as peut-être raison. Mais… »

Le chien soupira.

« - Tu as dû m'en vouloir. Et je comprends. Parce que tu m'aimais et que je t'ai laissé croire que je n'aimais que ton corps. Mais pour moi aussi ça a été difficile. Te savoir près de moi et savoir que je n'avais pas le droit de t'aimer, c'était vraiment dur.

- …

- Alors… Cette fois-ci, j'ai envie que ça dure.

- Moi aussi. On dit qu'à partir du moment où l'on désire quelque chose, cette chose est possible. Donc… c'est possible, non ?

- Oui… sûrement.

- Shigure… Je pense que ni toi ni moi ne sommes prêts pour vivre à deux. Mais ça ne m'empêchera de venir te voir aussi souvent que j'en aurais envie. Et vice-versa.

- C'est les enfants qui vont être contents…

- Oh, ils sont assez grands pour se débrouiller tout seuls

- C'est vrai… On ne les a pas vus grandir.

- Arrêtes, tu parles comme un vieux.

- Et oui, va falloir que je pense à économiser pour ma retraite ! »

Riant comme un gamin, Shigure se jeta sur Ayame pour le renverser sur les galets, picorant sans relâche ses lèvres de petits baisers.

« - Dis-donc, t'es bien fougueux pour un vioque…

- Faut pas se fier aux apparences ! (N/A : ce schweps n'est pas amer… bon, ok, j'arrête mes conneries… --)

Avec un soupir de bien-être, le chien posa sa tête sur la poitrine du serpent, et ce simple contact faisaient s'envoler toutes ses craintes.

Ayame enfouissait ses doigts dans les cheveux de son amant, les yeux mi-clos pour ne pas être blessé par la lumière du soleil. A cet instant, il était heureux, mais son cœur se serrait à la pensée de celui qu'il aurait voulu protéger de toutes les souffrances.

« - J'espère qu'ils ne font pas trop de vagues, au lycée…

- Tu t'inquiètes pour lui, hein ?

- Oui…

- Tu sais, même s'il est encore jeune, Yuki est un garçon très mature. Et Kyo aussi. Je pense qu'ils ont parfaitement compris ce que leur relation impliquait. Et même sans ça, aucun des deux n'est du genre à afficher ce qu'il ressent vraiment.

- Je sais… Mais ils sont trop jeunes pour devoir vivre cachés.

- On est jamais trop jeune pour ça. Et puis ils sont deux. Tant que ça durera, ils seront là l'un pour l'autre.

- C'est vrai… Mais Akito…

- Akito n'en saura rien.

- Il déteste l'amour, mais il a toujours fait très attention à la haine. Et n'importe qui comprendrait que quand il n'y a plus de haine, il y a de l'amour.

- On se débrouillera pour qu'ils aillent le moins possible à la résidence. Et jamais tous les deux en même temps.

- Mais s'il le découvre…

- Avec des "si" on pourrait réinventer le monde. On les protégera, Ayame. Je te promet qu'il ne les touchera pas. Hatori sera avec nous.

- Tu crois ?

- Bien sûr.

- …

- Ne te fais plus de soucis.

- D'accord… »

Ils restèrent enlacés quelques minutes encore, échangeant de furtifs baisers. L'amour entretient l'espoir.


Hé, vous avez remarqué ? Pour une fois c'est le brun que j'ai comparé à un ange… vive l'anti-conformisme ! XD

Mais en fait... je viens de me rendre compte que ce chapitre c'est vraiment n'importe quoi. Il est hyper long en plus.

Sérieux, j'aurais jamais cru en arriver là... bon, on va dire que c'est la faute aux pubs Herbal Essence… XD

Allez, remontez-moi le moral, donnez-moi votre avis ! (le ton à peine suppliant... rhâ, chuis pitoyable... T-T)