Titre : Fruits Love
Disclaimer : Natsumi Tayaka
Genre : Romance et yaoi
Rating : M
Couples : Kyo x Yuki et Shigure x Ayame
Note : Vi, je sais, je suis légèrement en retard… Pour changer. Mais bon, ce chapitre est un peu long, et puis c'est le dernier avant l'épilogue, snif. Donc bon, en bref, j'ai eu du mal à l'écrire, j'en suis pas hyper satisfaite, et je suis en retard… uu Gomen !
Le ciel pâle rosissait à peine lorsque le chat ouvrit les yeux. Pourquoi était-ce toujours lorsqu'il n'avait pas cours qu'il n'avait aucun mal à se réveiller ?
Kyo soupira, et s'assit sur le rebord de son lit. Il avait toujours préféré faire des siestes en journée et dormir très peu la nuit. Il savait que c'était une des particularités qui le rattachaient à l'entité du chat. Et inconsciemment, il savait aussi que c'était une des particularités qui le rattachaient à sa petite enfance, dont il n'avait pourtant aucun souvenir.
Mais ce matin-là, Kyo n'avait pas envie de penser à tout ça. Quelque chose lui manquait. La chaleur qui avait réchauffé ses songes durant les deux dernières nuits. La veille au soir, il avait choisi par un accord tacite passé avec Yuki de ne pas dormir avec lui. Sans raison particulière. Peut-être que tous deux avaient juste besoin de prendre un peu de recul par rapport à tout ce qui s'était passé ces derniers jours.
Kyo avait l'impression que tout ce qu'il avait vécu était un rêve, une illusion qui allait s'évanouir aussi vite qu'elle était apparue. Tout était arrivé si vite…
Il avait l'impression que Yuki avait tellement changé. Et que lui-même avait encore plus changé. Il était toujours le même, mais… C'était comme s'il y avait quelque chose de nouveau, quelque chose de magnifique à l'intérieur de lui. Quelque chose qu'il ne voulait surtout pas briser.
Il se leva et s'habilla à la va-vite, sans même prendre le temps de se laver ou de se coiffer. Les bras de Yuki, la voix de Yuki… cela faisait à peine une dizaine d'heures qu'ils s'étaient quittés mais sa souris lui manquait vraiment trop pour qu'il puisse attendre davantage.
Il sortit de sa chambre et entra dans celle de son cousin sans un bruit, persuadé qu'il dormait encore. Mais la pièce était vide.
Kyo fut un instant décontenancé, puis la lumière se fit dans son esprit. Il n'y avait qu'un seul endroit où le rat puisse être.
°°°°
Yuki marchait entre les semis, ses plantes étaient recouvertes de rosée. Il avait emmené avec lui la besace dans laquelle il conservait tout son outillage. Avec le beau temps qu'il y avait eu toute la semaine, de nombreuses tomates étaient déjà mûres. Il pourrait en rapporter à Tohru pour le déjeuner.
Le rat s'accroupit devant un pied de rosier et entreprit de le débarrasser des feuilles mortes et des tiges brisées. La plante serait bientôt en fleur, et des boutons de rose apparaissaient ici et là. 1 Une fois ce travail terminé, Yuki reposa son sécateur et s'assit sur la terre humide.
Il se fichait de salir ses vêtements. C'était tellement agréable de sentir la terre sous se doigts, d'être pénétré par cette odeur d'humus toujours plus forte à cette heure un peu perdue entre la nuit et le jour, lorsque les oiseaux hésitent encore à faire entendre leurs chants matinaux.
Yuki ferma les yeux, et laissa voguer ses pensées dans l'air encore froid de cette journée qui promettait d'être chaude.
Inévitablement, il pensa à Kyo. Le chat avait hanté ses rêves toute la nuit. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Même s'il aurait préféré. Ç'aurait été tellement plus simple s'il ne s'était agi que de désir, ou s'il ne s'était tout simplement rien passé.
Mais le rat ne pouvait rien y faire. Il l'aimait. Après avoir longtemps étés inconsciemment attirés, son cœur et son corps étaient irrémédiablement tombés amoureux. Et il se savait trop faible pour combattre cet amour. Il se sentait tellement faible, alors qu'il aurait voulu être fort. Il aurait voulu pouvoir lui murmurer qu'il n'avait pas peur, qu'il n'y avait pas à avoir peur. Mais ç'aurait été mentir.
Il n'avait jamais cru en l'avenir. Et maintenant il voulait y croire, même s'il savait que la notion d'avenir était après tout la chose la plus relative qui ai jamais existé. Cette volonté avait tout changé. C'était tellement différent.
Une voix radieuse et essoufflée l'arracha à ses sombres pensées :
« - Je t'ai trouvé ! »
Souriant malgré lui, Yuki ouvrit les yeux juste à temps pour voir un chat tout sourire se laisser tomber à côté de lui.
« - Comment t'as su que j'étais là ?
- Ben comme t'étais pas dans ta chambre je voyais pas d'autre endroit où t'aurais pu aller…
- Ah…
- Mais je te dérange peut-être. Excuse-moi, j'ai pas réfléchi, si t'es venu ici c'est que tu dois avoir envie d'être seul…
- Non, non, pas du tout.
- T'es sûr ?
- Reste.
- D'accord… »
Yuki déposa un léger baiser sur les lèvres de son amant.
« - En fait… J'espérais que tu viennes.
- Alors j'ai bien fait… Tu m'as manqué cette nuit. »
Le rat sourit, et serra le chat contre lui. Il disait les choses avec tellement de sincérité.
Kyo se laissait aller dans les bras de son cousin, retrouvant sa voix, son odeur et ses étreintes avec la même émotion que s'ils ne s'étaient pas vus depuis des années.
Il avait toujours pensé que c'était mauvais de trop s'attacher aux choses et aux gens. Puisqu'on finit toujours par les perdre, à moins de disparaître avant eux. Et il avait raison. Mais… c'était aussi tellement bon.
Il se jeta sans préavis sur les lèvres de Yuki, souriant intérieurement de sa propre gaminerie. Le rat tomba en arrière, Kyo allongé sur lui de tout son long.
« - Kyo…
- Voui ?
- Tu pourrais prévenir avant de te jeter sur les gens…
- Ben quoi ? Tu t'es fait mal ? J'ai pourtant bien calculé mon coup, t'es tombé pile dans l'herbe !
- C'est pas de l'herbe, baka ! C'est une plante aromatique hyper dure à faire pousser !
- Ah… Désolé…
- Pas grave…
- On en rachètera… C'est quoi comme plante ?
- De la citronnelle.
- J'aime bien l'odeur.
- Mmh.
- Tu me pardonnes ?
- Embrasses-moi, idiot. »
Et les deux garçons échangèrent un nouveau baiser, qui n'était pas fougueux ou passionné, mais brutalement tendre. Ce qu'ils ressentaient, ils ne le savaient pas vraiment eux-même, mais c'était bien plus agréable que tout ce qu'ils avaient connu jusque là, et ils ne voulaient pas que ça cesse.
Le chat reposa ensuite sa tête sur la poitrine de Yuki, avec un soupir de satisfaction.
« - Dis… Je peux rester comme ça encore un peu ?
- Oui… »
Le soleil monta peu à peu dans le ciel, dardant ses rayons intemporels sur deux corps tendrement enlacés. Une nouvelle journée commençait…
°°°°
« - Allô ?
- Hatori ? C'est Shigure !
- Quelqu'un est tombé malade ?
- Tss, tout de suite les grands mots…
- Tu sais ce qu'on dit : aux grands maux, les grands moyens…
- Ha ha, très drôle. Mais en fait personne n'est malade.
- …
- Mais on aurait bien aimé te voir quand même…
- "On" ?
- Oui, enfin… Moi et Ayame, quoi…
- Il est toujours chez toi ?
- Ben oui…
- Et c'est de ça que tu veux me parler ?
- En fait, non…
- Bon. C'est pas que t'es pas clair, mais je crois que je ferais effectivement mieux de venir.
- Je crois aussi.
- J'arriverais pour le thé, vers 17 heure, ça te va ?
- C'est très bien ! »
Shigure raccrocha le combiné avec un soupir de soulagement. Il avait vraiment besoin de parler de tout ça avec Hatori. Même s'il faisait comme s'il gérait tout et que tout allait bien, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Et pas seulement pour les garçons. Pour lui et Ayame aussi.
°°°°
Par les shôji entrouverts 2, on pouvait apercevoir un rectangle de ciel bleu. A l'intérieur de la pièce, trois hommes étaient assis, à genoux sur les tatamis. Ils buvaient à petites gorgées un thé à l'arôme envoûtant.
Ce respectueux silence fut brisé par un homme au teint pâle dont l'œil était caché par une large frange. Hatori reposa doucement sa tasse dans sa soucoupe, et prit la parole :
« - Bien. Il s'est apparemment passé pas mal de choses ces derniers temps. On va faire les choses dans l'ordre. Yuki est parfaitement guéri. Ayame, tu es encore là, dois-je comprendre quelque chose en particulier ? »
Le couturier, d'ordinaire si assuré, rougit comme une pivoine :
« - Eh bien… Je ne dirais pas que… Mais… »
Shigure prit sa main sous la table, et la serra fortement, lui coupant la parole par la même occasion :
« - Ce n'est pas très compliqué à comprendre. On est ensemble. C'est tout. »
Hatori sourit. Il était heureux pour ses amis. Sans vouloir jouer les marieurs, il avait toujours espéré qu'ils forment un jour ou l'autre un vrai couple.
« - Je vois. C'est bien. C'est la seule chose dont vous vouliez me parler ?
- En fait… non. »
Ayame ne savait pas comment formuler avec des mots ce qui s'était passé, et cherchait des yeux le regard de son amant. Celui-ci, d'un léger signe de tête, l'encouragea à continuer.
« - Voilà… C'est à propos de Yuki et Kyo.
- … ?
- Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais les choses ont changé entre eux.
- …
- Dit comme ça, ça peut paraître dingue, mais… Leurs sentiments ont changé. Ce n'est peut-être qu'une simple amourette d'adolescents, je ne sais pas… Enfin quoiqu'il en soit…
- Attends… Tu es en train de me dire que Yuki et Kyo entretiennent une relation sexuelle ?
- Je m'habituerais jamais à ton côté clinique… Mais bon. En gros, oui, c'est ça.
- … »
Le médecin était dans l'expectative la plus totale. Il s'était attendu à tout, mais pas à ça. Il n'aurait jamais pu prévoir qu'une chose pareille arriverait. La haine peut-elle se transformer en désir ? La violence en affection ? C'était complètement absurde.
Shigure, devant le silence de son ami, sentait sa colère monter à mesure qu'il sentait les doigts d'Ayame se crisper autour des siens.
« - Ne me dis quand même pas que tu es choqué. A leur âge, tu couchais déjà avec n'importe qui. Et ça ne te gênait pas plus que ça.
- Shigure, ce n'est pas de ça dont il s'agit. Kyo et Yuki peuvent bien devenir homos, hétéros ou transsexuels, ça ne changera rien pour moi. Ils resteront les mêmes. Et c'est pareil pour vous. Quoique j'ai pu en dire… vous êtes ma famille. Simplement… Je n'imaginais pas que le rat et le chat puissent un jour ressentir autre chose que de la haine l'un pour l'autre. Mais peut-être que le sexe n'est pour eux qu'un moyen d'évacuer cette haine… »
Ayame, qui sentait son cœur se serrer quand son ami avait d'aussi terribles mots, ne put se retenir davantage :
« - Mais comment peux-tu dire ça ! Tu es horrible… !
- Excuse-moi. Je ne voulais pas avoir des paroles blessantes. Mais ils ont tout les deux tellement souffert… Je ne les pensais pas capables, aussi jeunes, d'ouvrir à nouveau leur cœur. »
Un silence troublé suivit les paroles du médecin. Le chien avait les yeux fixés sur sa tasse de thé, et c'est sans détacher son regard du liquide ambré qu'il reprit les interrogations du dragon là où ce dernier les avait laissées :
« - Après tout… C'est un moyen comme un autre… S'infliger volontairement les blessures de l'amour pour oublier celles causées par la haine… »
Hatori sourit, il reconnaissait bien là l'écrivain qu'était Shigure.
« - Décidément… Les années passent mais pas ton comportement masochiste… »
Le chien et le serpent sourirent à leur tour, et pour une fois sans nostalgie, car l'amitié et la complicité qui les unissait tous les trois ne faisait, elle, pas encore partie du passé.
°°°°
Tout le monde avait déjà pris place autour de la table de la salle à manger quand Tohru entra dans la pièce, titubant sous le poids d'un énorme plat encore fumant :
« - Tadam ! Ce soir, au menu, c'est terrine de tomates aux olives noires sauce basilic ! C'est Ayame qui m'a donné la recette ! »
Ayame était, pour ne pas changer, en prise à un violent accès d'envolée lyrique :
« - Voyons, Tohru… Tout le mérite te revient, à toi qui a su de tes si blanches et parfaites mains préparer ce repas, sans jamais faillir ni douter, ainsi qu'à mon cher frère qui a sué sang et eau sous un soleil de plomb pendant de longs mois afin de te pourvoir de juteuses et inégalables tomates… Remercions le seigneur… »
Les plus jeunes levèrent les yeux au ciel, mais pas dans l'optique d'entr'apercevoir Dieu dans sa toute puissance, tandis que leurs aînés se contentaient de rire doucement.
Le plan de table ce soir là avait été légèrement modifié. Ayame et Shigure étaient assis l'un à côté de l'autre, de même que Kyo et Yuki, tandis que Tohru et Hatori siégeaient en bout de table. Une sorte de complicité s'était installée entre eux.
Tohru n'avait pas arrêté de sourire depuis le matin. Ça faisait tellement de bien de tous les voir en harmonie les uns avec les autres, pour la première fois depuis longtemps.
« - Vous savez… »
Tous les regards se tournèrent vers elle. La jeune fille à l'ordinaire si timide ne put s'empêcher de rougir, mais continua malgré tout :
« - Quand on est comme ça tous ensemble… J'ai vraiment l'impression d'avoir une famille. Avec des parents, et deux frères. Bon, ce serait une famille un peu bizarre, mais… Ça faisait longtemps que je n'avais pas rencontré des gens à ce point chaleureux. »
Le chien, qui se sentait étrangement heureux de cette confession, reprit :
« - C'est vrai… Et c'est d'autant plus étonnant que notre vraie famille n'a pourtant rien de chaleureux. »
Le serpent, quand à lui, avait l'air de croire que Tohru voulait les entraîner dans une sorte de jeu de rôle, et commença à s'affoler :
« - Mais… Mais… Si Shigure et moi on est les parents, et si vous êtes les enfants, alors il est qui Pioupiou-chan ? »
Kyo lança un regard interrogateur à Yuki
« - Je crois qu'il parle d'Hatori… 3
- Hatori ? Ah oui, effectivement… T'es vraiment le seul à comprendre ton frère…
- S'il te plaît, ne m'insulte pas… »
Le chien, de son côté, réfléchissait au rôle que pourrait bien jouer "Pioupiou-chan" :
« - Et bien… Il pourrait être l'oncle sympathique à qui l'on va confier ses malheurs, non ? »
Ayame pouffa :
« - L'oncle ? Tu veux dire la tante !
- Ayame, s'il te plaît, je ne permettrai pas que tu remettes en doute ma virilité…
- Pardon, c'était trop tentant… »
C'est dans cette ambiance typiquement sômalienne que se déroula le repas, chacun s'extasiant sur les mérites respectifs de Tohru et Yuki quand à la préparation de la terrine…
°°°°
L'hippocampe était allongé sur le lit auquel il commençait à être habitué, dans la chambre d'amis. Il avait voulu rentrer à la résidence directement après le dîner mais ses deux meilleurs amis l'avaient forcé à rester pour la nuit.
Cette journée avait vraiment été riche en révélations… Il lui faudrait sans doute un peu de temps pour s'y habituer, mais cela le rendait vraiment heureux de voir que même des Sôma pouvaient trouver l'amour.
En regardant Ayame et Shigure, il s'était senti un peu nostalgique. Il y avait des frôlements, des attentions et des mots qu'ils avaient l'un pour l'autre qui se remarquaient à peine mais que lui ne pouvait s'empêcher de voir. Et c'était pareil pour Kyo et Yuki.
Lui avait perdu toute ces choses en même temps qu'il avait perdu Kana. Elle aurait été tellement heureuse de les voir aujourd'hui, elle qui avait tellement espéré être acceptée par la famille de son amant.
Tohru lui ressemblait tellement… Elles avaient toute les deux ce besoin de chaleur que seul un foyer peut vous donner. La seule différence qui existait entre elle était la force d'esprit de Tohru. Toutes les épreuves qu'elle avait traversé l'avaient rendue capable de résister à énormément de chose.
Kana était elle beaucoup plus fragile. Mais il ne s'en était pas rendu compte, et il n'avait pas su la protéger comme il aurait dû le faire.
Le médecin soupira, et éteignit la lampe de chevet qui éclairait la pièce. Son passé était encore douloureux, mais aussi plein de souvenirs qui le remplissaient de joie, et cela lui laissait un étrange goût d'inachevé.
°°°°
Shigure était assis à son bureau, malgré l'heure tardive. Depuis une semaine, son manuscrit avait avancé de deux lignes, et s'il continuait comme ça sa responsable d'édition allait se débrouiller pour l'emporter avec elle dans la tombe.
Le chien noircissait donc sans relâche des pages autrefois blanches, depuis près d'une heure. Il ne se relisait pas, se contentant de mettre sur le papier des mots, des idées, qui plus tard s'agenceraient en phrases bien tournées.
Il en était au moment où le héros de son intrigue s'introduisait dans la chambre de la femme qu'il essayait de séduire au beau milieu de la nuit… Et c'était la panne sèche. Le spectre de la page blanche revenait d'entre les morts à un moment crucial de son histoire, comme d'habitude.
Avec un soupir d'énervement, il reposa son stylo plume sur la liasse de feuilles qu'il venait de griffonner et leva les yeux de son travail. Son regard fut inévitablement attiré par la forme pâle qui était allongée sur son canapé.
Ayame avait voulu rester avec lui, et s'était endormi, lové comme un serpent sur les coussins. Le chien ne pouvait empêcher son cœur de battre plus fort quand il voyait le corps de son amant ainsi alangui… son corps alangui…
Pris d'un subit élan d'inspiration, il attrapa son stylo et le fit glisser à toute allure sur le papier, ne ralentissant ce rythme endiablé que pour jeter de légers coups d'œil au corps du serpent.
C'était si simple : lorsque son héros pénétrait dans la chambre de son aimée, et la trouvait endormie sur des draps de satin, que pouvait-il ressentir d'autre que ce que lui-même ressentait à ce moment-là ?
Ses lecteurs diraient plus tard que c'était là une des descriptions les plus érotiques qu'il ait jamais écrit.
La nuit et son manteau de plumes glissait doucement sur le chien et le serpent, tous deux perdus dans l'extase du monde onirique de la création qui était le leur, et pourtant reliés l'un à l'autre par un lien ténu mais immuable.
°°°°
Yuki était allongé sur le lit de Kyo, et mieux encore, dans les bras de ce dernier. Pour une fois, il avait voulu venir dans la chambre du chat. C'était la première fois qu'il entrait vraiment dans ce qui était encore il y peu le "territoire ennemi". C'était une chambre d'adolescent normal, bordélique juste comme il faut, mais elle ressemblait tellement à Kyo qu'il n'avait pas pu s'empêcher de sourire.
Et à présent, il était délicieusement enfermé dans les bras du chat, sa tête posée dans le creux de son épaule. La pièce était plongée dans une douce pénombre, à peine éclairée par le clair de lune. Tout comme Yuki, Kyo avait l'habitude de dormir avec la fenêtre ouverte et une légère brise les forçait à se serrer encore plus étroitement l'un contre l'autre.
« - Yuki.
- Oui ?
- Non, rien. Je voulais juste entendre le son de ta voix…
- Je te savais pas aussi fleur bleue, dis moi.
- T'arrêtes pas de te foutre de moi et après tu t'étonnes que je te déteste...
- Tu me détestes ?
- Mmh… Possible… »
Pendant les longues minutes qui suivirent, Yuki se laissa sans résistance embrasser par Kyo, qui n'avait jamais été capable de rester froid plus de quelques secondes quand il était en présence du rat…
« - Kyo...
- Mmh...
- Je me demandais... enfin... Je ne sais pas, je trouve ça un peu bizarre. Tu vois, je suis avec toi, et je me sens bien. Mais ce n'est pas vraiment normal. Parce que être heureux ne devrait pas dépendre de ce genre de chose. Alors est-ce que tu crois que c'est mal que je me sente bien quand je suis avec toi ?
- Moi... J'ai toujours pensé que tant que ça fait du bien, alors c'est quelque chose de bien. Tu ne crois pas ?
- Ça dépend... Parfois il y a des choses qui font du bien, alors qu'on sait très bien que ce sont des choses mauvaises...
- C'est vrai. Mais c'est la même chose, en fait. Personne n'a le même notion de ce qui fait du bien ou pas, et de ce qui est bien ou pas. Alors tant que nous on est heureux comme ça, c'est bon, non ?
- Oui... C'est bon... »
Les deux garçons, tendrement entrelacés, échangeaient dans le velours de cette nuit intemporelle, des caresses et des serments qu'ils auraient voulu éternels. Et qui sait, la volonté n'est-elle pas la clé de voûte de la réalité ?
Notes :
1 Zut, les roses fleurissent pas en même temps que les tomates mûrissent… d'un autre côté, je suppose que tout le monde s'en fout, mais bon… lol, ok, j'arrête avec mes conneries. "
2 shôji : porte coulissante à claire-voie tendue de papier (ça fait quand même plus court à écrire, lol)
3 Jeu de mot pourri sur le fait que "tori" veut dire oiseau en japonais…
Donc voilà, après ça y aura plus que l'épilogue, qui j'espère arrivera plus vite que ce chapitre, lol !
Enfin bon, je sais pas ce que vous avez pensé de ce chap., mais moi qui n'ai pas l'habitude d'écrire des trucs aussi longs je trouve que les parties ne s'accordent pas très bien les unes avec les autres... Bref, comme d'habitude, votre avis est le bienvenu ! "
Et en attendant je voudrais remercier tous mes reviewers, je ne le ferais jamais assez :
Izumi-Rio ; Siashini ; Smirnoff ; toumoulougna ; L'ange gardien ; Ayami ; gunblader121 ; Seddy ; Nekochan Miharu ; Adharas ; Spicy marmelade ; Lara Timquogni ; lily-bulle ; Hichy ; TatooLight
Et tous mes autres lecteurs, je vous aime !
