Harry jeta un dernier coup d'œil au ciel s'assombrissant avant de s'engouffrer à la suite de son camarade.
Il pénétra alors dans un endroit sans jour, où tout était noir, avant de voir devant lui, un point lumineux. Il s'avança vers ce point mais à peine avait-il posé un pied devant lui qu'il s'étala de tout son long, sur le sol, comme une serpillière. Harry pesta contre lui-même. Le grand sorcier Harry Potter, l'élu, le survivant, celui-qui-avait-échappé-plus-de-fois-qu'il-n'en-faut-au-célèbre-mage-noir-et-qui-pour-finir-l'avait-éliminé, n'était pas foutu de constater que l'entrée d'un pub minable était munie d'un sort.
-Alors p'tit gars ? Toi aussi tu essayes de nettoyer l'entrée mon pub, émit un voix forte et enjouée. Ha ! Ha ! Ha !
Harry souleva sa tête et un halo de poussière le fit toussoter. En se redressant sa main essuya une substance poisseuse qui se trouvait au sol. Berck ! Une fois debout, il put admirer un Drago furieux, pestant dans sa barbe, se dépoussiérant rageusement. Quand ce dernier remarqua l'air amusé du brun sur sa personne, il se retourna énervé.
-Vas-y Potter ! Moque toi. Mais sache que tu n'es pas en meilleur état que moi.
Harry se regarda et constata que Drago avait raison. Il était sale et poisseux. Ses mains en étaient noires. Il grimaça de dégoût et s'essuya sur sa tenue, mais ce fut pire. Résigné à ne pas pouvoir faite grand-chose, il se mit à chercher le responsable de cette situation. Le bar était sombre et crasseux. Le miroir derrière le comptoir n'était même plus capable de montrer l'intérieur de la pièce. A chaque table une bonne poignée d'hommes et de femmes en tout genre, buvaient, buvaient et … buvaient.
-Ben alors m'ssieurs, qu'est qui vous amène 'ci ? Reprit la voix grosse voix joyeuse.
Drago à deux doigts d'un homme imposant, muni d'un tablier blanc couleur crème passée, se crispa. Seuls ses yeux en direction d'Harry prouvaient qu'il était vivant. Ce dernier pensa que le blond venait de subir un stupéfix et regarda d'un sourire bête l'aristocrate qui lui lança alors des regards noirs.
-Alors p'tit bon'ome, qu'est que j'peux faire pour vous ? Reprit l'homme toujours enjoué, en déposant vigoureusement sa serviette sur ses épaules, soulevant un nuage de poussière qui alla sans plus de cérémonie directement dans le visage de Drago.
-Commencez par éviter de nous asphyxier, tonna le blond.
L'homme imposant le regarda comme s'il venait de constater sa présence. C'est alors qu'Harry intervint.
-Heu…Nous cherchons le professeur Snape.
-Snape ? Répéta l'homme. Ca me dit rien. Et les gars, hurla-il à l'assemblée, vous c'nnais un Snape, vous ?
De bruits sourds en raclement de gorges bruyantes et de moues interrogatives, la réponse ne se fit pas tarder : non personne ne connaissait de Snape. Drago, maintenant réfugié près d'Harry, depuis l'attaque des postillons, remuait sur place comme si quelque chose le démangeait.
-Drago que fais-tu ?
-Potter, partons.
-Partir ! A cette heure-ci ? Y a que les fous qui feraient ça ! La nuit tombée p'tit gars, tu veux mo'rir ? Grogna l'homme les sourcils froncés.
-Heu… c'est-à-dire, enchaîna Harry.
-Allez p'rce que ta une bonne tête le brun, je vous fais une ristourne à toi et à ton amoureux, pour la chambre. Un vrai petit nid douillé pour les couples à la recherche de moments forts.
Alors là c'en était trop pour Drago. Peut-être qu'il avait dit une stupidité en parlant de sortir en pleine nuit dans la forêt du silence, mais l'affublé de POTTER comme petit ami, ça, s'était de la démence.
-Sachez, monsieur, pour votre gouverne que ce n'est pas MON petit ami, répliqua le blond.
-Bah, t'sais ici, on n'est pas très regardant, lui répndit l'homme en haussant les épaules.
Drago ouvrit la bouche puis la referma.
-Alors les p'tits jeunes la Chambre ?
-Oui, merci Monsieur, on la prend.
-Ca f'ra 3 Gallions, p'tit gars.
Lorsque l'homme se fut éloigné d'eux, Drago s'écarta de Harry pour mieux le critiquer.
-Tu aurais au moins pu négocier le prix du taudis dans lequel on dormira, Potter.
-Il nous fait déjà une ristourne Drago ! Je ne vais pas encore négocier ?
-Une ristourne ? Il a surtout vu que t'étais un pigeon, Potter.
-Mais Malefoy, si tu voyais qu'on se faisait avoir pourquoi n'es-tu pas intervenu.
-Le plaisir de te voir embobiner, Potter.
-Non, je dirais plutôt le plaisir de devoir payer une fortune, la nuit passée dans des draps poussiéreux.
Harry venait de moucher l'aristocrate et il en était sacrément fier. Ça lui faisait la même chose à chaque fois qu'il réussissait à remettre le vert et argent à sa place. Et d'ailleurs il ne s'arrêta pas là, en si bon chemin.
-C'est sans doute ta façon à toi de dire que tu recherches l'exotisme et l'aventure, Malefoy.
Si les regards pouvaient tuer, Harry serait déjà six pieds sous terre. Mais bon, il n'en était rien et Drago devait encore supporter le sourire vainqueur du survivant. Qu'il avait horreur de ce sourire de tout-va-bien, regardez-je-suis-le-meilleur.
L'homme, qui devait sans erreur possible être le gérant de l'établissement, revint vers eux pour leur tendre une clé et leur indiquer l'escalier qui menait à la partie « hôtel » du pub. Les deux jeunes adultes, même pas encore diplômés de Poudlard, se faufilèrent dans une embrassure étroite et montèrent un escalier à pente droite. Ils débouchèrent sur un minuscule palier de deux portes. L'une portait une incription « privé » (sans doute les appartements du gérant) et l'autre, la « chambre Elisabeth », la leur.
Harry plongea délicatement le bout de la clé dans la serrure. Après deux secondes (il avait compté) d'attente, il tourna la clé une première fois. Un bruit grinçant se terminant dans un « bloc », accompagna son geste. Il attendit encore deux secondes avant de tourner une fois de plus la clé dans la serrure, mais celle-ci refusa de s'exécuter. Le cerveau d'Harry raccorda le neurone action au neurone interprétation, pour analyser la situation : la porte était déverrouillée. Il retira donc la clé et posa lentement sa main sur la poignée. Son cœur battait à tout rompre. Comment pouvait bien être cette chambre ? Le sauveur était surexcité. La tension de voir cette pièce était intenable. Et oui, depuis la fin de la guerre, il fallait bien se distraire de temps à autre surtout quand on était l'élu et qu'on avait déjà accompli sa mission. Cette aventure improvisée, qui sait, pourrait bien se révéler être très amusante.
Harry ouvrit la porte sur une chambre pas très grande, à la tapisserie rose avec des petites fleurs beiges. Un lit deux places, aux draps couleurs rouge sang trônait au centre de la pièce. Sur la droite, une table avec deux chaises et sur la gauche, une commode et une baignoire en fonte. A la vue de cette pièce, le cœur d'Harry explosa littéralement de joie. Quelle tête allait faire Malefoy en voyant ça ?
Harry se décala de l'entrée pour laisser Drago pénétrer à son tour dans la pièce, mais à peine avait-il mis les pieds dans la chambre, que l'aristocrate se figea, une expression d'horreur sur le visage. Son regard alla du lit, à la table, s'attarda frénétiquement sur la baignoire en fonte, avant de terminer son observation sur l'autre occupant de la pièce. Le sourire satisfait d'Harry sur sa personne lui fit comprendre le laisser aller de son attitude. Relevant la tête, enfilant son masque hautain, Drago pénétra pleinement dans la chambre.
-Je vais prendre un bain Potter. Tourne toi !
Drago Malefoy, traître pour les partisans de tu-sais-qui et toujours fils de mangemort pour les opposants de tu-sais-qui, alla jusqu'à la… baignoire et déglutit péniblement en l'observant. Mais qu'est-ce que c'est que ce lieu ? Et puis ça, c'est quoi ? On fabrique plus ça de nos jours ! Je n'ai vu ça que dans les livres, moi ! Ça marche comment bordel ! Merlin, au secours.
Amusé par la situation, Harry alla s'allonger sur le lit. Bras repliés derrière la tête il regardait Drago. Ce dernier se ressaisit, ouvrit sa cape et sortit : un peigne, une brosse, trois tubes différents de crèmes, deux gants de toilette, quatre serviettes, du savon et du shampoing qu'il posa sur la commode. Puis il sortit sept chemises, autant de pantalons et autant de robes de sorciers qu'il fit léviter. Il poursuivit en sortant un miroir à pied et des pantoufles en formes de tête d'ours en peluche qu'il posa au sol. Le tout sous le regard médusé de son ennemi de toujours.
-Malefoy, tu sors toujours avec tout ça sur toi ?
-Je suis ravi que tu ais enfin décidé de m'appeler par mon nom de famille, Potter. C'est vrai que nous ne sommes pas ami, malgré les évènements de la guerre. (Harry soupira bruyamment). Tu devrais apprendre à être plus patient. (Harry renifla) Et pour répondre à ta question, depuis la grande bataille, qui a quand même duré trois jours de suite, je te le rappelle, OUI. Il est hors de question que je me retrouve dans la même situation que ces jours là. Pas propre, pas laver, pas de vêtements convenables, pas de coiffure parfaite, et ça pendant trois jours Potter ! Trois jours !
Harry avait envie de pouffer de rire devant l'aberration de la situation, mais il se contenta de toussotements. Il ne faut pas trop blesser sa Majesté.
-Tu sais DRAGO, moi aussi j'étais là ces TROIS jours là, se moqua Harry.
-Potter, tu as toujours été habillé comme un sac. Il est normal que tu n'éprouves pas le besoin d'être impeccable en permanence, lui lança le blond, s'afférant autour de la baignoire pour en comprendre le fonctionnement.
-Faux. Je ne suis pas habillé comme un sac, DRAGO. C'est juste que je n'éprouve pas le besoin permanent de pavaner.
-Je ne pavane pas, Potter, répondit l'aristocrate vainqueur - il venait de comprendre comment activer la baignoire. Et cesse de m'appeler Drago. Je t'appelle Harry, moi ? Non.
-Tu devrais pourtant. Ca te détendrait.
Drago jeta un regard écoeuré à Harry.
-Tourne toi Potter, lui demanda t-il en laissant tomber sur le sol, sa cape.
-Pourquoi ? Questionna candidement Harry.
-Que je sache, tu as bien tes loupes sur ton nez ? Drago retira ses chaussures.
-Quoi ? Me tourner parce que tu te changes ?
-Oui, Potter. (Il dénoua sa ceinture et elle alla rejoindre le sol.) Tourne toi maintenant. Je fais…
-Drago, on est constitué de la même façon.
-Sache pour ta culture Potter que je plais aussi bien aux filles qu'aux garçons, annonça Drago les bras croisés sur sa poitrine.
-Malefoy, je crois que tu te donnes trop d'importance. Je ne pense pas succomber à tes charmes, alors tu peux te déshabiller tranquillement, sans rien craindre, s'énerva Harry.
-Ô, comme ça sa sainteté Potty Potter, non seulement trouve que j'ai du charme, mais en plus veux me mâter à poil.
Harry fut tellement remonté par cette dernière réplique qu'il se leva du lit et alla se planter devant Drago, le mettant ainsi au défi de l'empêcher de le regarder se déshabiller.
-Tu veux peux être un strip-tease Potter ?
-Je demande à voir, railla Harry.
Un défi ? Potter lui lançait à lui un défi ? Quel idiot ! Dans ce domaine là, c'était lui le meilleur. Il était le tombeur de Pourdlard, le meilleur coup de ces dames –et de ces messieurs, ça lui arrivait de temps à autre. Alors un strip-tease, c'était une chose facile. Relevant la bravade qui lui avait été lancé, Drago avança tel un félin sur Harry. Son sourire charmeur aux lèvres et ses yeux brûlants de convoitise, il poussa le brun jusqu'au lit et l'allongea.
Harry, angoissé, regrettant d'avoir défié Drago, se laissait faire la peur au ventre. Pourtant, il ne pouvait nier qu'à cet instant le blond était plutôt attirant. Déglutissant péniblement, il regarda Drago se lever, une jambe de chaque côté de ses cuisses. De là, il avait une belle vue sur un corps parfait. Harry trouva qu'il faisait subitement chaud dans la chambre.
Cette impression ne fit que s'accroître à chaque bouton de chemise qui se défaisait. Et quand Drago fit glisser le bout d'étouffe, montrant un torse svelte, aux pectoraux saillants et bien dessinés, le survivant sentit la chaleur se concentrer sur son bas ventre. Lorsque le bouton du pantalon sauta, Harry en eut le souffle coupé et il sentit un feu naître entre ses jambes. Le bruit de la braguette s'ouvrant titilla son pénis. Le pantalon glissa si sensuellement des jambes de Drago qu'Harry crut que bout de tissu le faisait exprès. Cette fois-ci, il sentit nettement l'étroitesse de son propre pantalon.
Drago était vêtu, alors en tout et pour tout d'un boxer noir contrastant avec sa peau si blanche et qui mettait en valeur ses cuisses musclées. Harry aurait donné cher pour voir aussi Drago de dos.
-Es tu prêt Potter ? Je vais retirer le dernier vêtement, gloussa sensuellement Drago.
L'aristocrate, délicatement, fit couler sur sa peau le dernier rempart de sa nudité. Le survivant n'avait jamais vu plus beau spectacle, et, les yeux remplis d'étoiles, il put admirer grâce à sa position, d'abord une toison blonde presque blanche, puis une verge délicieuse.
Dans sa prison de tissu le pénis du brun le suppliait de faire quelque chose. Harry ne put que constater que ce qu'il avait éprouvé le soir de la grande bataille était vrai, réel et insupportable.
La guerre faisait rage. Il se battait depuis plus de huit heures contre les mangemorts en compagnie de Drago et la nuit tombait. Succombant aux plaintes de son binôme, ils avaient trouvé une cachette pour se reposer. A peine assis, le blond s'était endormi, laissant un élu ayant pour seule occupation de surveiller les alentours. Très vite il se mit à repenser aux derniers évènements et son attention comme ses réflexions convergèrent toutes vers l'endormi. Harry passa le reste de la soirée à le regarder dormir comprenant que le seul obstacle à ses vrais sentiments envers Drago venait de s'évaporer.
Toutes ces années de haines et de mépris ne servaient qu'à cacher une émotion toute aussi forte mais plus positive : l'amour. Un amour sans doute à sens unique. En tout cas, la vision si parfaite et totalement nue de son bien aimé était à deux doigts de lui faire perdre la tête. Comme un appel irrésistible, Harry redressait la tête vers le membre pendant du blond, la bouche légèrement ouverte.
-Rouhla ! Les p'tits amoureux je vous dérange. Bah, vous occupez pas de moi. Vous avez le temps de remettre ça, mais juste deux p'tits choses avant que je vous quitte. Ce soir, c'est la pleine lune, alors il y aura pas mal de bruit, et aussi le dîner c'est en bas à 21h. Ben va'la, j'vais vous la'sser.
L'homme repartit comme il était venu après son intervention.
Drago Malefoy, prince incontesté des Serpentards, unique héritier de la toute puissante et richissime famille du même nom, défenseur de la première heure des traditions sorcières : ne pas plier, ne pas supplier, ne pas s'abaisser, ne pas s'humilier,.. et jeune héros de la grande guerre se tenait plié en quatre, caché sous le lit honteux d'avoir été surpris nu dans une position trop suggestive et se répétant inlassablement : Potter t'es mort ! Il s'imaginait déjà ses deux mains autour du cou caramel du brun, le serrant, le secouant comme un prunier. Il voyait déjà le survivant le supplier de le laisser vivre, implorant son pardon à genou ; mais l'honneur des Malefoy étant bafoué, seule la mort pouvait laver l'affront.
Une main sur son épaule le fit sursauter et sa royale tête d'aristocrate fit la connaissance d'un battant du lit. Cette fois c'était sûr : Potter était mort ! Il allait l'étrangler pour l'avoir humilier de cette façon (il réservait le même sort au rustre sans éducation qu'était le gérant) puis il allait le ridiculiser devant tout le monde pour lui foutre la honte, ou l'inverse, qu'importe.
-Il est parti Drago. Tu peux te relever, dit Harry confus.
Et en plus il lui donnait des ordres. C'en était trop. Repoussant violement la main d'Harry, Drago se leva furieux, prêt à se battre. Il fixa rageusement son vis-à-vis et …Vous saviez que le dénommé Harry avait bien une tête en plus que lui, qu'il était plus large d'épaule aussi, plus musclé, plus puissant physiquement (et magiquement, n'en parlons même pas). Argh ! S'il frappait le brun, celui-ci répliquerait sans ménagement et sa belle peau risquerait d'être marquée. Un frisson de peur parcourut tout son corps : son joli épiderme doux et si parfait, brutalisé par Potter. Ah ça non, jamais ! Il allait se contenter de ce qu'il savait très bien faire : l'injurier.
-Potter ! Toi et tes idées débiles ! Regarde ce qui arrive, cria le blond.
-C'est étrange Drago. Pendant une seconde j'ai cru que tu voulais me frapper.
Comment le savait-il ? Comment l'avait-il deviné ? La stupéfaction traversa le visage de Drago quelques secondes, mais bien vite (remerciant son éducation) il se ressaisit. Dessinant un rictus de dédain sur sa moue, il s'avança et fixa Harry, l'air supérieur.
-Tu détournes la conversation, Potty. Aurais-tu quelque chose à cacher ?
-C'est plutôt toi qui détourne la conversation, Drago. Aurais-tu eu peur de moi ?
-Ha ! Ha ! Ha ! Peur de toi Potty ? La seule personne qui avait peur de toi est morte.
-Je suis persuadé que tu voulais me frapper. Mais tu t'es ravisé à la dernière minute. Pourquoi ?
-Pourquoi voulais-tu que je te fasse un strip-tease Potter ?
-Ce n'est pas moi qui voulais que tu fasses un strip-tease, Malefoy. Et d'ailleurs c'est toi qui en a parlé le premier.
Harry commençait à s'énerver.
-Tu aurais pu refuser, continua Drago, voyant parfaitement l'irritation naissante chez son interlocuteur.
-Pour que tu ais une ascendance sur moi ? JAMAIS, hurla le brun.
Drago n'eut pas le temps de voir le regret passer dans la rétine d'Harry. Ce n'était pas ce qu'il voulait dire. Dire ça empêchait beaucoup de choses mais de toute façon avec Drago, c'était couru d'avance. Depuis quand l'espoir était-il revenu ? Depuis le strip-tease ?
-Potter quoi que tu fasses j'aurais toujours une ascendance sur toi. Je suis un Malefoy.
Ça y est, il l'avait sorti sa généalogie. Encore heureux qu'il ne présente pas chacun de ses ancêtres. Harry était fou de rage. Il préféra aller s'asseoir sur la petite table plutôt que de continuer cette conversation. Malefoy n'avait pas changé. La guerre ne l'avait pas fait mûrir. Il restait puéril, refusant obstinément le dialogue. Ils étaient de jeunes adultes. Il étaient majeurs, alors pourquoi se chamailler comme des enfants ?
Bien sûr de temps en temps c'était rôle, ça mettait du piment dans la vie : comptabiliser les baffes restait quand même leur sport favori. Mais là… Là, dans la situation actuelle, ne serait-il pas préférable de dialoguer, discuter. Se faire surprendre dans la position où ils étaient, cela ne méritait-il pas une conversation ? Même un « je suis désolé, Drago. Je ne pensais pas que cet homme débarquerait ». Suivi d'un : « c'est pas grave Harry, ce n'est pas de ta faute ». Bon, peut-être qu'il voyait trop grand (surtout Harry de la part de Drago). Mais la suite… Il avait bien vu que Malefoy voulait le frapper, (preuve que la situation l'avait gêné) pourquoi le nier ? La putain de fierté de merde des Malefoy.
Harry soupira en secouant la tête. Des éclaboussements d'eau parvinrent jusqu'à son ouie. Drago était dans l'eau. Il se baignait. Harry aussi avait bien besoin d'un bain. Et pourquoi pas ?
Dans l'eau, Drago prenait un bain bien mérité. Il venait de moucher le super héros. Jamais Potter n'oserait parler de ce strip-tease (improvisé) et de la mésaventure avec l'inculte sans s'impliquer jusqu'au cou lui-même. Reposant sa tête sur le rebord froid de la baignoire Drago ferma les yeux pour se détendre un peu. C'est alors qu'un remout vint troubler sa tranquillité. Il n'avait pas bougé pourtant. Le second lui parut suspect et la marée qui suivit le tétanisa : Potter, encore et toujours lui.
Harry Potter, le plus Gryffondor des Gryffondors, héritier des Potter et des Black, défenseur du monde sorcier contre le terrible mage noir, chesfde ceux qui avait survécu et échappé plus d'une fois à la mort en personne (Voldemort) et héros tout puissant de Poudlard, de la grande guerre, du monde sorcier et de la gazette du sorcier, faisait de bulles dans une baignoire en fonte, sous l'œil atterré d'un Serpentard.
Il s'était dévêtu rien qu'en y pensant, trop pressé de rejoindre le beau blond dans son bain. Mais n'ayant pas prévu de plan, passé l'euphorie des premières minutes : l'excitation de la farce, l'entrée furtive dans l'eau, la tête de Drago, il s'était vite retrouvé bête dans une situation embarrassante, sous l'œil inquisiteur et méprisant d'un aristocrate acerbe. C'est pourquoi replié sur lui-même, ayant une folle envie de toucher son aimé, mais aussi la peur de le faire, il faisait des bulles dans l'eau. Et, c'est qui, qui parlait de maturité tout à l'heure ?
-Potter ! Arrête ça, brailla Drago en lui lançant un peu d'eau sur le visage.
Harry redressa la tête, une moue d'enfant prit en fauet faisait briller son regard.
-Pourquoi tu ne m'appelles pas Harry, Drago ?
-Parce que je n'en vois pas l'utilité. Et sors de mon bain, Potter.
-Ce serait plus convivial, surtout que nous avons fait la grande bataille ensemble et que nous avons partager beaucoup de choses en TROIS jours.
-Je suppose que c'est pour la convivialité que tu es venu me rejoindre.
Ce fut au tour d'Harry de poser sa tête sur le rebord de la baignoire. Pourquoi diable essayait-il d'avoir une conversation avec un type qui ne doit même pas savoir ce que conversation voulait dire. Drago, qui avait horreur d'être ignoré, lui donna un coup de pied.
-Malefoy, lança Harry las.
-Tu vois bien Potter, toi aussi tu préfères m'appeler par mon non de fam…
-Quel âge as-tu Drago ? Le coupa Harry
-Quoi ?
-7 ans, 11 ans, 13 ans grand max.
Le brun semblait à la fois terriblement énervé et sérieux.
Drago voulut rétorquer, mais ne voyant pas où son camarade voulait en venir, il se contenta d'ouvrir puis de refermer la bouche, cherchant la bonne réplique pour casser son ennemi.
-Tu te comportes comme un enfant, Drago. Pourquoi tu ne veux pas avoir une conversation sérieuse avec moi ? Hurla presque Harry. Qu'est ce que tu aurais à perdre. Ta fierté ? A mon avis, ici, tout le monde s'en fout de ta fierté. Personne à épater, il y a juste toi et moi, Drago. (Harry s'emportait ne retenant pas sa colère). Pour une fois dans ta vie, mets ta putain de fierté sur le côté et discutons.
Harry sortit de l'eau, sans se préoccuper de l'état d'âme de son voisin, dupliqua la grande serviette de Drago, et commença à se sécher. Drago toujours dans l'eau, vacillait entre la colère et la surprise. Potter lui donnait encore des ordres, Potter lui criait dessus, Potter voulait discuter, Potter était sérieux….
-Drago ! Sors de là qu'on discute, lui lança fermement le brun en se parant des vêtements du blond après les avoir ajusté à sa taille.
Le dit Drago fulminait devant l'aplomb de son compagnon d'infortune, mais l'autre semblait si sérieux qu'il s'exécuta. Mais il allait devoir quand même attendre qu'il est terminé de se préparer.
Allongé de nouveau sur le lit, les bras croisés derrière la tête, Harry désabusé regardait Malefoy s'essuyer. Il était devant son miroir, debout sur une serviette de couleur verte. Il avait séché ses mains avec la petite serviette rose. La grande serviette avait servi pour le corps alors qu'Harry se demandait à quoi pouvait bien servir celle en blanc. Drago se pencha un peu pour essuyer ses cuisses présentant ainsi son postérieur au survivant. La vue plut à ce dernier qui sentait d'anciennes sensations revenir en force.
Souriant légèrement mais bêtement, il se mit à détailler le blond à son insu. Cela ne dura pas longtemps car Drago se saisit de la serviette blanche et se mit à sécher ses parties intimes. Harry bénit le miroir d'être là car Drago était de dos et il n'aurait pas pu voir le blond passer avec véhémence la serviette sur son pénis. Mais pourquoi Drago s'était-il arrêté ? Un autre rituel d'aristocrate sans doute ? Mais on dirait qu'il regarde quelque chose dans le miroir ?
Toujours son sourire béa et son air stupide sur le visage, Harry essaya de voir ce que Drago regardait dans son miroir. Il fronça les sourcils suivit la trajectoire du regard du blond et tomba sur… lui. Un sourcil levé, un moue septique, Drago le dévisageait lui, lui qui regardait, le blond se… Et pu..rée de mer…credi. Harry bondit hors du lit et faussement innocent se mit à compter les fleurs sur la tapisserie. Il ne put ainsi voir le sourire carnassier qui orna les lèvres du vert et argent.
-Harry, susurra une voix traînante mais suave, dans son dos, tu ne voulais pas une conversation ?
Le dit Harry acquiesça de la tête et n'osant toujours pas regarder, un peu honteux de s'être fait surprendre à mater avidement Drago, alla s'asseoir sur le lit. Il sentit le lit bouger et s'affaisser sous le poids du Serpentard quand celui-ci s'assit en face de lui.
-Alors Harry, prêts à discuter ? demanda le blond toujours d'une voix sensuelle.
Mais pourquoi m'appelle t-il Harry subitement, se questionna le brun.
Le sauveur du monde magique prenant son courage à deux mains (quel est l'imbécile qui a dit que les Gryffondors étaient courageux ?) souleva la tête pour écarquiller les yeux d'incompréhension. Devant lui Drago était vêtu pour tout et en tout d'une chemise ouverte. Harry sentit que la conversation n'allait pas être simple.
Enfin regardé ! Drago en profita pour écarter les jambes ne cachant absolument rien. Persuadé d'être irrésistible et sensuel, provocateur mais désiré, il se permit même un léger mouvement de hanche.
-Tu ne veux plus discuter Haaaarryyyyyy ?
-Qu'est ce que tu fais, Malefoy ?
-Tiens, les rôles sont inversés. Je t'appelle Harry et toi tu m'appel…
-Qu'est ce que tu fais, Malefoy ? Répéta le brun déjà énervé.
-Tu ne voulais pas discuter, Haaaa
-Arrête avec cette voix débile tu m'énerves, s'emporta Harry.
Avait-il raté son coup ? C'est vrai qu'il en faisait des tonnes. Il savait que sa sainteté Potty n'aimait pas l'artificiel. Il le désirait brut alors il l'aurait brut.
Repliant ses jambes pour une vision tout aussi alléchante, il se lança.
-Tu me désires, Potter, n'est ce pas ?
Harry fit une grimace.
-Ne nie pas, Potter.
-Je ne nie pas, Malefoy.
-Tu veux mon corps ?
Harry soupira.
-Tu n'en veux pas ?
-Je n'ai pas dit ça.
-Alors approche.
Harry écarquilla les yeux.
-Mais c'est donnant, donnant.
Le brun se renfrogna.
-Tu parlais de la fierté tout à l'heure et tu disais que je devais la laisser de côté. Tu as raison.
Drago ne s'était jamais imaginé revoir tant de froideur sur le visage d'Harry.
Cela remontait à la grande bataille, la bataille finale. Après avoir neutralisé leurs poursuivants, ils étaient revenus au cœur de la bataille. Le retour fut lourd et douloureux. Les cadavres longeaient leur route. Drago en avait eu des hauts le cœur et il marchait avec difficulté. Il s'arrêta horrifié devant le corps de Grégory Goyle, son ami pas très intelligent, mais très fidèle chienchien. Harry lui avait alors pris la main pour le ramener à la réalité et ce fut à cet instant qu'il le vit pour la première fois. Sans expression, sans sentiment, froid, tellement froid. Ensuite, Harry ne lui lâcha plus la main et ils marchèrent enjambant les cadavres, mais plus ils avançaient et moins Drago reconnaissait son ennemi juré. Lui qui était si jovial, si souriant… Mais il n'avait pas peur. La magie que dégageait Harry à ce moment là était si puissante, qu'il savait que rien ne lui arriverait, comme si le brun le protégeait. Bien sûr qu'il le protégeait ! C'était l'élu, le protecteur de la veuve et de l'orphelin. Il aurait bien voulu continuer avec Harry, aller avec lui au devant du Seigneur des ténèbres, mais lorsqu'Harry lui avait lâché la main, Drago avait compris que la bataille finale allait avoir lieu et que le brun pourrait y aller. Le sauveur lui avait alors jeté un dernier coup d'œil, comme s'il avait puisé en lui pour pouvoir avancer et terminer sa tache. Le visage d'Harry alors était de marbre, même lui après des années, n'avait pas paru si froid. Il l'avait quitté à contre cœur. C'est de ça que Potter parlait quand il disait : nous avons partagé beaucoup de choses ?
Drago baissa la tête.
-Ne fais pas cette tête, Potter. Il n'y a rien de mal dans ce que je te propose.
-Je demande à voir Malefoy, l'invectiva le brun.
-Je laisse ma fierté de côté Potter, ça devait suffir.
Harry ne silla pas. Drago le regarda alors droit dans les yeux.
-Tu me prends, tu t'amuses, tu me fais ce que tu veux, comme bon te semble. Tu pourras assouvir le moindre de tes désirs. En échange (il marqua un court silence) je veux avoir le droit de voir ma mère à Azkaban.
Harry ne fit pas le moindre geste, approbateur ou non.
-Le ministère refuse toujours que les mangemorts ait de la visite, même à moi, un héros de guerre, et même pour voir ma mère qui n'en a pris que pour cinq ans. Ils ne cessent de dire que lorsque les visites seront autorisées ils me feront signe, mais je sais qu'elles ne le seront pas avant des années. Mais à toi, Potter, le grand héros, le sauveur, l'élu, le vainqueur, on ne te le refusera pas. Tu es trop important pour eux, ils se plieront à toutes tes volontés. C'est un marché honnête.
-Tu donnes beaucoup, non ?
-Je te connais Potter. Tu as trop bon cœur pour accepter, alors il faut que l'enjeu soit important.
-Si tu me connais si bien, comment peux-tu penser que j'accepterais ?
-Ton regard. Quand tu me regardais tout à l'heure, tu avais l'air satisfait, comme si pouvoir me voir était l'unique chance de ta vie de pouvoir le faire. Je ne sais pas depuis quand tu me désires, mais il semble évident que tu y avais renoncé. Je t'offre la chance de pouvoir le faire.
-Tu penses donc que je suis si corruptible que ça ? Si facilement marchandable ? Tu penses que ma morale et mon honneur se laissent guider par les désirs ?
Drago s'assombrit. L'œil noir de Potter et ses paroles ne lui présageaient rien de bon. S'il savait depuis combien de temps il se battait contre le ministère pour pouvoir voir sa mère… Son seul tort avait été d'être une épouse soumise et d'avoir fermée les yeux sur les activités de son mari et de ne pas l'avoir suivi, lui, son fils quand il le lui avait proposé. Elle n'aurait rien fait de plus que ce que Lucius lui aurait demandé, c'est-à-dire rien, et elle aurait été libre aujourd'hui. Drago savait, grace à son père, que tous les hommes sont corruptibles. Il suffit de leur donner ce qu'ils veulent. Et Harry le voulait lui, il insista.
-Autant de fois que tu le voudras Potter. Jusqu'à ce que ma mère sorte. Presque cinq ans.
Drago n'avait pas quitté Harry du regard, et malgré leur échange rien n'avait changé sur le visage du brun. Le Gryffondor bougea enfin. Il s'approcha de Drago, tel un chasseur sans cœur, face à face, il planta ses émeraudes dans les jumelles grises.
-Je te prends, je m'amuse, je te fais ce que je veux comme bon me semble. J'assouvis tous mes désirs, même sadique autant de fois que je veux pendant les cinq prochaines années.
A chaque mot, Drago avait acquiescé, satisfait que Potter accepte enfin le marché. Son cœur battait la chamade prêt à chavirer, un arrière goût d'amertume ternissait sa victoire. Il savait très bien comment s'appelait ce qu'il faisait et pour se donner plus de courages, il se jeta avec grâce et félinité sur Harry lui appliquant de chauds baisés dans le cou.
Harry repoussa Drago sans trop d'effort et alla s'asseoir sur le bord du lit.
-Quoi ? demanda le blond le plus calmement possible, passant une main dans les cheveux du brun. Je m'y prends mal, tu as des préférences, lui murmura t-il à l'oreille.
Vigoureusement Harry souleva Drago et l'assit à ses côtés. Après que l'air d'incompréhension se soit dissipé sur le visage du blond, Harry, qui lui-même avait repris sa moue habituelle, se lança. C'était à son tour de parler.
-Drago, je n'accepte pas ton marché. D'abord parce que c'est de la prostitution, et que je trouve ça dégradant, et ensuite parce que …. parce …parce que je ne veux pas que ton corps. Le sexe est une étape (Drago toussota). Bon d'accord, c'est super important. Mais pouvoir tenir dans ses bras quelqu'un qu'on aime à mon avis c'est primordial. L'aider quand elle est en difficulté, la soutenir, la conseiller, la consoler et tout ça juste par amour. Juste pour être avec elle, pour faire partie de sa vie, pour la voir rire et pleurer. (Harry marqua une pause). Je suis tout prêt à t'aider pour ta mère, sans que tu ais besoin de te donner, t'humilier ou te vendre. Je le ferais juste parce que ça te fait plaisir, juste pour te rendre service. Gratuitement - notion que tu ne connais pas - parce que l'amour que j'éprouve pour toi n'a besoin de rien en échange, même pas que tu m'aimes. Il a juste besoin de savoir que tu vas bien.
Harry se leva et regarda Drago qui avait la tête baissée.
-Je t'aime Drago. Je m'en suis rendu compte durant la grande bataille. Cette …cette guerre je l'ai gagnée pour toi. Pour qu'il ne t'arrive rien. Pour que tu n'ais plus à te battre. Pour que tu n'ais pas à mourir. Je ne veux rien en échange. En tout cas rien de faux, rien de factif. Je prendrais ce que tu me donneras. Ta haine, ton amitié, ton …amour ?
Harry s'avança jusqu'à la porte.
-Je t'aime Drago, même avec ton caractère de merde et ton côté petit chef prétentieux.
Sur ce, il sortit.
Drago resta seul dans la pièce, totalement absent. Harry venait de lui dire trois mots que même ses parents ne lui avaient jamais dit, peur d'en faire un faible : Je t'aime. Harry avait des sentiments pour lui qui… qui… l'amour que j'éprouve pour toi n'a besoin de rien en échange. Le sauveur du monde n'avait pas sauvé le monde magique juste parce que c'était son devoir, cette guerre je l'ai gagné pour toi, et malgré tout, je ne veux rien en échange. Ce n'était pas humain ça. Ça n'existe pas des gens qui juste pour être avec elle, pour faire partie de sa vie, pour la voir rire et pleurer. Jamais on ne lui avait dit ce genre de chose, je t'aime Drago , jamais il n'avait espéré pouvoir entendre ça même avec ton caractère de merde, tout ça juste pour lui, pour qu'il ne t'arrive rien, une personne toute dévouée à je prendrais ce que tu me donneras, ta haine, ton amitié, ton …amour.
Pour que tu n'ais pas à mourir.
Une personne à moi.
Tenir dans ses bras quelqu'un qu'on aime.
Une personne pour moi
Je t'aime Drago, même avec ton caractère de merde et ton côté petit chef prétentieux
Une personne qui me prend comme je suis.
Ça existe….
Je ne veux pas que ton corps, je t'aime Drago.
