Titre : Je veux savoir pourquoi ?
Auteur : Olidée
Genre : Romance
Couple : Sévérus Snape/Remus Lupin et Drago Malefoy/Harry Potter (pour ne pas changer)
Disclaimer : Inclinons nous devant la grande J.K Rowling qui grâce au monde qu'elle à créer nous permet à nous de faire des fanfictions avec ses personnages.
Résumé : Il ne tient plus, il veut savoir pourquoi. Après deux jours de longue cogitation, il finit par débarquer furieux en plein cours de potion pour une « petite » explication…
Note : Je trouve que Snape est plus jolie que Rogue, c'est pourquoi je l'utilise dans cette fic. Sinon c'est Drago Malefoy et non Draco Malfoy (j'aime pas) que j'utilise, comme dans toutes mes fics. Au début je pensais pas faire un couple Drarry mais finalement….
Note 2 : C'est ma première fic sur et je l'ai faite pour mon amie Coqcigrue, qui ma dédicacé son premier slash. Merci d'avoir pensé à moi, merci de partager mes passions et merci de corriger mes écrits truffées de fautes.
Note 3 : Ben voila la suite tant attendue. Je pensais être plus rapide sur ce coup, mais mon fixe m'a planté, une semaine avant mon départ en vacances. Si bien que j'ai pas peu écrire un ligne, surtout que là où j'étais c'était que des clavier américain, pas d'accents, le A à la place du q et le q à la place du a, enfin rien pour me facilité la tache. Bref je suis revenu, mais mon fixe, n'en fonctionne pas plus. Donc le temps de trouver le problème de cette machine, de la réparer, etc. et ben, le temps passe quoi. Bref, malgré l'attente, voila la suite de Je veux savoir pourquoi ? DSL si ce chapitre n'est pas vraiment top. La fatigue sûrement.
Note 4 : petite lexique pour une meilleur lecture.
Retour vers le passé
Retour vers le présent
Mots : pensées des personnages
(1): rira bien qui rira le dernier.
(2): anguille sous roche.
(3): de deux choses choisissions la moindre.
(4) : un petit ange
Bonne lecture.
Je veux savoir pourquoi? partie 3
Avec beaucoup d'aisance et une grâce non calculée, Drago digne hériter des Malefoy, slalomait entre les corps mouvants ivres d'alcool, ignorant les propos salaces et les insultes en tout genre qui volaient à travers le bar. Par Morgane d'où sortent tous ces gens ?
Après la déclaration faite par son camarade à son égard, il avait passé un bon quart d'heure perdu dans ses pensées meurtries, avant de se ressaisir. Un Malefoy ne doit pas paraître abattu, il doit toujours se dominer quelle que soit la situation. Il s'était paré comme à son habitude et était descendu d'un air triomphateur pour débouter sur une véritable fourmilière humaine. Sa moue dégoûtée et méprisante passait inaperçu dans toute cette foule.
Contournant un groupe d'hommes se tenant par la taille en beuglant une soit disante chanson à boire, il se fit violement bousculer par une femme bien en chair. Recherchant une posture équilibrée Drago se retrouva coincé entre deux hommes beaucoup plus imposants que lui, qui débutaient ce qui semblait être un combat.
Paniqué le blond tenta une sortie vers la gauche, mais les supporters faisaient déjà barrage. Il lui fallait une autre sortie maintenant, car il entendait monter, dans son dos, la verve des adversaires. Il se retourna juste à temps pour voir un gigantesque poing se précipitant vers lui. Une grimace digne de Weasley pouvait alors se lire sur son visage. Sa belle peau délicate et fragile, allait être grièvement abîmée. En moins de temps qu'il faut pour dire quidditch, Drago se baissa évitant de peu l'assaut.
Partir ! Partir et vite, tels étaient les pensées du jeune aristocrate marchant à quatre pattes sur un sol immonde, évitant les pieds et les flaques d'alcool. Heureusement qu'il s'était paré d'un sort de nettoyage automatique, sinon il n'aurait pas pu réussir cette exploit … inavouable. Lui, un Malefoy, le dernier de sa lignée, fuyant recroquevillé. Bah ! De toute façon on avait beau dire, il était persuadé qu'il faisait partie des hommes les plus courageux de sa noble famille.
Il avait fait la guerre lui (bon, ce n'était pas un argument très percutant, surtout quand l'histoire est jalonnée de ce genre de faits), mais lui au moins avait bravé sa famille (son père en fait, car de toute façon sa famille n'était pas très grande. Il n'était pas un rouquin), arborant des idées différents et se battant, baguette à la main, pour elles. Alors oui, il était courageux, même à quatre pattes se frayant un chemin parmi les nuisances incompétentes et inutiles de ce bar à cafards.
« Pourquoi était-il là, déjà ? POTTER. C'était la faute de ce monsieur-je-me-mêle-de-tout-et-tout-particulièrement-de-ce-qui-ne-me-regarde-pas. Et où était-il passé d'ailleurs ? Après sa grande conversation et sa … non, non, non, ne pas penser à ça, surtout maintenant. Et si Potter me voyait ? »
Cette soudaine prise de conscience le redressa immédiatement sur ses pieds. Non pas qu'il ne voulait pas que le dénommé Potter voit l'objet de ses désirs en position désavantageuse (ou trop suggestive, tout dépend du point de vue) mais belle et bien parce que le super héros du monde magique était son ennemi de toujours et qu'il était hors de questions qu'il est un quelconque avantage sur lui.
Pointant son nez aristocrate en avant, il se mit à chercher son adversaire préféré, mais dans cette marée humaine, il ne distinguait rien, sauf peut-être cette ouverture là-bas. Il ne se rappelait pas l'avoir vu avant, de plus il lui semblait que le pub était plus grand.
Soulevant les épaules, rien d'étrange en soit il s'avança vers l'embrassure. Une autre pièce tout autant noire de monde s'offrait à lui. Surplombant la salle il laissa son regard méprisant et hautain balayer l'assemblée.
Cela ne faisait pourtant pas longtemps qu'ils étaient là, et pourtant ils présentaient un état de sobriété bien avancé. A peine leur verre était-il vide, qu'il se remplissait automatiquement pour se vider immédiatement et se remplir instantanément. Ce petit jeu durerait sans doute la nuit, pas étonnant qu'ils soient déjà graves à terre.
Drago passa en revue toutes les tables devant lui pour constater la même mise en scène pittoresque. Des hommes et des femmes entremêlés, riant jovialement sous les effets de l'alcool. Soudain le visage naturellement blême du jeune sorcier se figea. A la table là … non pas possible, une pouliche sur les genoux une autre minaudant un main sur son visage … non ce n'était pas réel. C'était un rêve, un rêve … où plutôt un cauchemar.
D'abord la forêt du silence, ensuite cette mansarde de soifards, après Potter et maintenant ça. Argh ! Pas lui, pas après tout ce qu'ils s'étaient dit, pas maintenant avec la place qu'il occupait dans son cœur.
Drago Malefoy fils de mangemort, destiné à devenir mangemort lui-même, avait passé son enfance à tenter des satisfaire un père autoritaire imbu de sa personne et insatiable, qui lui donnait une éducation aristocrate la plus parfaite possible. Drago avait beau se plier, se courber, se tordre, s'aplatir où s'étaler, il n'était jamais parvenu à rendre son géniteur fier de lui. Emprisonné dans son giron familial, le jeune homme passait plus de temps à tout faire pour contenter son patriarche qu'à se construire une personnalité propre. Il avait d'ailleurs eu du mal à s'écarter de la ligne droite dans laquelle son père l'avait enchaîné, mais à force de conseils, de discutions, et de questionnements, il y était arrivé.
Drago n'aimait pas les moldus, de ça, pas de quoi avoir honte, mais de la à déclencher un massacre il n'en avait jamais été d'accord. Pourtant il n'y pouvait rien, il suivait tête baissé (au 2eme sens parce qu'un Malefoy ne baisse pas la tête) son père, jusqu'au jour où IL lui avait posé la question. « Jeune M. Malefoy, que pensez-vous des idées du Lord ? » Il avait fièrement récité le discours bien poli de son père sur le sujet. Pourtant à peine à la moitié de son texte, son cher et bien aimé parrain avait détourné son regard, l'air las et déçu. Drago vexé s'était alors tu. « Je connais parfaitement les opinions de votre père Drago, ce que je veux aujourd'hui ce sont les vôtres ».
Ce fut, le premier pavé dans le lac de son subconscient. Par la suite, le maître de potion de Poudlard en avait jeté plein d'autres, lui offrant ainsi la possibilité de choisir, de prendre SA décision. L'homme ne s'était pas contenté que de cela. Il lui avait permis de se forger un caractère bien à lui et de devenir le jeune adulte qu'il était aujourd'hui.
Séverus Snape, son professeur préféré, parrain et mentor, buvant d'une main, draguant de l'autre était une vision bien trop insoutenable pour son filleul qui se promit de mettre un terme définitif et irrévocable à cette situation avant demain soir.
Une claque se voulant amicale, sur son dos, le fit vaciller. Le rire gras qui suivit ce geste ne laissa place au doute : le rustre sans éducation. Maintenant qu'il le tenait il n'allait pas le lâcher. Il allait lui expliquer entre quatre yeux, sa façon de penser. Drago se retourna et prit un air des plus malefoyen pour entamer la discision qui allait suivre.
-Ah, puisque je vous tiens, laissez moi vous dire …
-Le dîner va être servi le blond, le coupa le gérant toujours joviale.
-Vous n'aviez pas vu que j'étais entrain de vous parler pour m'inter …
-T'cherches ton amoureux ? J'les installé à ma meilleur table.
Drago se figea au mot « amoureux ». Une fois encore cet homme croyait que lui et Potter étaient ensemble, mais cette fois-ci il ne fit aucune remarque. Il préféra tiquer sur « ma meilleur table ».
-Votre meilleur table ? Fit-il d'une voix traînante. Si elle est d'aussi piètre qualité que la chambre, autant manger dans une porcherie.
Le gérant éclata de rire.
-Décidément p'tit blond t'me rappel un ami de c'bon vieux Sev.
-Quoi ? Croisa Drago le regard écarquillé espérant avoir mal compris.
-Ben ouais, un blond aus'i p'sque com'e toi, mais un vrai e'merduer lui. Toi t'es sympa, v'la passé là, le brun est là.
Pendant que le gérant décrivait ce qui semblait être Lucius Malefoy, il avait entraîné, un Drago, sidéré d'apprendre que son si distingué père avait mis les pieds dans ce bourge, à sa suite. Descendant la volée de 3 marches, ils s'étaient arrêtés à la dernière, juste devant une étroite baie.
-Attendez, répliqua enfin Drago sorti de son trouble. Quand vous dites Sev, vous parlez de Severus Snape ?
-Severus Snape ? Répéta l'homme un moue interrogatrice. Peut-être, termina t-il en haussant les épaules.
Son jeune interlocuteur soupira profondément tout en roulant des yeux.
-Décidément vous êtes irrécupérable, tonna Drago. Et je n'admets toujours pas votre intrusion dans la chambre, j'exige des …
-Oh ! 21h ! j'suis en r'tard. Oh la p'tit, allez va t'installer, coupa t-il une fois de plus sans vis à vis, le poussant pour le faire entrer dans l'étroit passage auprès duquel ils discutaient.
Drago, choqué, se laissa glisser entre deux gros poteaux, pour déboucher sur un petit coin, ouvert sur le reste de la salle, mais accessible que par la minuscule ouverture qu'il venait d'emprunter. Bien qu'offrant une vue folklorique l'attention du blond ne s'y attarda pas ni même sur la décoration passée et vieillote, aux couleurs rouge bordeaux et marron glacé. Seule l'attitude du propriétaire des lieux l'intéressait.
Ce campagnard de bas étage, sans compter d'être rustre, sauvage et impoli était aussi un être extrêmement pervers. Profité aussi honteusement de son minable statut de gérant pour abuser de sa clientèle était tout simplement abjecte. On n'indique pas son chemin à quelqu'un en lui touchant les fesses. Non, non, non, on pointe, GRACIEUSEMENT, sa main dans la direction à prendre. On ne la pousse pas par le cul.
Cette fois-ci s'en était trop. C'était la goutte d'eau qui avait fait déborder le chaudron. Il allait s'occuper de lui, façon Serpentard, et lui ôter toute idée de : Malefoy sympa.
-Je suis ici, héla Harry.
-Et alors, Potty, railla le blond un sourire carnassier aux lèvres.
Se retournant, Drago vit, en plus de son interlocuteur, deux charmantes brunes enchanteresses. Le sourire méchant du blond se transforma immédiatement en sourire séducteur, mode attrape minettes, option ravage.
Parfaitement félin, Drago s'atabla avec grâce et délicatesse à côté de son camarade. Un bras sur la table, l'autre sur ses jambes, un regard de braise, le gentleman irrésistible faisait déjà roucouler ces dames.
-Heu … Katry et Managol, je vous présente l'ami dont je vous ai déjà parlé : Bob Foimauvais.
Harry Potter, le survivant, amoureux fou d'un Malefoy insupportable, avait parfaitement remarqué le changement de comportement du dit Malefoy. Une pointe de jalousie au fond du cœur, il avait décidé d'affubler son bien aimée, extrêmement aristocrate, fier de l'être et noble de surcroît, d'un nom ridicule. Les regards assassins que lui jetaient le nouvellement rebaptisé, Bob, lui confirmait qu'il avait réussit son coup.
-Ca va Bob ? Questionna Harry faussement innocent.
Drago plissa les yeux et le regarda froidement. « Bien sûr que ça va ! Pourquoi ça n'irait pas, hein ? C'est une journée merveilleuse. D'abord la forêt des horreurs puis ce taudis dirigé par un satyre, ensuite le prestigieux espion de l'ordre ivre mort dans les bras de sangsues, et maintenant toi, Potter, ennemi hier, soupirant aujourd'hui tu viens, un fois de plus, de m'insulter. Parmi tous les noms d'emprunts digne d'un Malefoy : Achille de la Courjolivet, Ardus Langchiffte ou encore Phileas Bleck, il a choisi Bob, Bob Foimauvais. Ça veut dire quoi ça ? Que mon merveilleux foie est malade ? POTTER verra bien qui lancera le dernier sort (1). »
Sans plus de protestation, Bob reporta son attention sur les demoiselles en face de lui, sortant la panoplie complète du tombeur. Le temps ne parut jamais aussi long à Harry Potter que la quinzaine de minutes où l'objet de ses désirs amadouait des proies autres que lui.
C'était trop injuste. Il maudissait sa curiosité malsaine. S'il n'avait pas suivi les deux Serpentards, il n'aurait pas été là, assis à regarder SON Drago flirter avec ces filles. Il ne se serait pas senti si mal à le voir vaquer à une occupation pour laquelle il excellait (rumeur de couloirs à Poudlard). Bien malgré lui, l'espoir d'une relation amoureuse avec le vert et argent, qu'il avait refoulé, l'avait immergé, le tiraillant de toute part, l'obligeant à lui révéler ce qu'il s'était promi de taire.
Il pleuvait, il ne s'en était même pas rendu compte. Le souffle court, il respirait bruyamment par la bouche. Les larmes qui coulaient sur son visage se mélangeaient à l'eau de pluie, et ses cries de détresses s'estompaient dans la nuit glaciale. Il tenta de se redresser, mais la boue à ses pieds le fit glisser. Le contacte visqueux et froid, lui fit comprendre qu'il était vivant, qu'il l'avait battu : le mage noir, le seigneur des tenèbres, Lord Voldemort, de son vrai nom, Tom Elvis Jedusor, était mort. Harry se dit alors qu'il pouvait se reposer maintenant que tout était fini, une vraie sieste où il pourrait réellement dormir.
Une main affolée sur son dos, un voix suppliante entrecoupée de larmes, le tira subitement des confortables bras de Morphée.
-Oh Merlin, non! Harry, Harry …
C'était Hermione, sa bonne vielle amie Hermione Granger, toujours fidèle au poste, elle s'inquiétait, il devait la rassurer et il le fit.
-Mione, je suis pas mort pas la peine de me secouer comme ça, affirma t-il d'un enraillée.
-Quel dommage ! Ça nous aurait fait des vacances prolongées, mieux éternelles, intervint une voix traînante.
Cette voix si « chaleureuse » le fit sourire. Il était vivant et même très en forme. Tout allait bien, alors. Envahi par un sentiment d'allégresse, il se leva. Un peu chancelant son amie l'aida.
-Oh, Harry, tu sais que tu m'as fait peur. Quand je t'ai vu …
-Etaler dans la boue.
-Malefoy, gronda Hermione à l'égard du blond avant de reprendre pour son ami. Je me suis dit …
-Enfin Potter est à sa place.
-MALEFOY, répéta la brune.
-Quoi Granger ? Il n'y aurait que toi qui aurait le droit de donner ta version des faits ?
Le « ah » silencieux qu'elle fit avec sa bouche, et les regard noirs qu'elle lança au garçon blond, le fit sourire. Mione était vexée. Il se sentit revivre. Si la jeune fille pensait répliquer à l'attaque de Drago, ce dernier ne lui en laissa pas le temps.
-Trêve de plaisanteries. Il faut lancer le signal pour avertir les autres membres de l'Ordre que le Lord n'est plus.
Pinçant les lèvres, la Gryffondore acquiesça d'un léger signe de tête, et leva sa baguette. Celle-ci s'envola sans préavis, et les deux rouge et or fusillèrent du regard le vert et argent qui ne s'intéressait absolument pas à eux. Drago avait à son tour levé sa baguette et un rayon vert argent fusait dans le ciel, dessinant la marque des ténèbres : un gigantesque crâne où un serpent lui sortait par la bouche.
-Je te laisse assener le coup final, Potter, cracha t-il d'une voix imperceptiblement lasse.
Toujours soutenu par Hermione, le regard plein de reconnaissances et de promesses futurs, lui offrant son plus beau sourire pour le remercier de ce geste, il pointa lui aussi sa baguette vers le haut. Du filet rouge doré en sortit et un phénix flamboyant, se dirigea en plein sur la marque des ténèbres, l'éventrant et la faisant exploser. Seul dans le firmament, l'animal ailé poussa un cri de victoire.
Sa compagne lui sauta au cou, folle de joie. Encore plus déséquilibré, il tenta tant bien que mal de se redresser, mais c'était peine perdue, et ils tombèrent dans la boue en éclatant de rire. Il la serra à son tour dans ses bras, posant sa tête sur son épaule, pour un moment de douceur, mais son cœur s'étiola. Drago, son binôme durant la bataille, leur avait déjà tourné le dos, s'éloignant, disparaissant presque de sa vue.
Une larme perla dans le coin de son œil. Il comprit alors que rien ne pourrait les unir, qu'il devrait se battre contre ce sentiment naissant, le traquer, l'étouffer dans l'œuf pour le faire disparaître. Sa victoire eut un goût de défaite. Agrippant la robe de sa vis à vis, il pleura toutes les larmes de son corps au creux des bras d'une Hermione confuse.
L'arrivée du gérant fit sortir Harry de ses songes. L'homme à la carrure toujours imposante et balèze, avait entouré autour de sa taille un morceau un tissu rose bonbon et portait des gants jaune poussin. Il tenait un minuscule paquet entre le pouce et l'index de sa main droite. Pendant que Drago se demandait comment faisait-on pour avoir aussi peu de goût, Harry lui se demandait s'il y aurait passé de nourriture pour eux quatre.
-Alors les p'tits j'unes, vous liez l'amitié.
Harry fit un petit sourire tandis que Drago, Katry et Managol pouffèrent.
-J'vois vous vous entendez bien, j'espère q'même que ces d'moiselles, vous embête pas t'ro les amoureux, clama le gérant en posant son petit paquet sur la table. A peine posé, le soit disant petit paquet devenu une gigantesque nappe recouverte de virtuailles en tout genre et de boissons pour tous les goûts.
Harry qui craignait devoir allez se coucher le ventre vide se sentit ragaillardi, sentiment qui se multiplia devant l'air déçu des deux charmantes jeunes filles.
-Merci beaucoup M., souria Harry.
-De quoi Potty ? Questionna Grago les yeux plissés.
Pour toute réponse, Harry lui fit un clin d'œil avant de reporter son attention sur leurs camarades féminines.
-Mangeons avant que ça ne refroidisse.
Le dernier des Malefoy passé maître dans l'art de l'insatisfaction grâce à son père, voulut critiquer le repas qu'il avait à peine regardé : de toute façon ce n'était pas la peine il y avait forcement quelque chose qui clochait. Il porta son regard sur l'emplacement où se tenait le gérant : vide. Le propriétaire s'était volatilisé, mais ce n'était qu'à charge de revanche.
La table bien garnie faisait le bonheur d'Harry, Katry et Managol qui mangeaient joyeusement, en racontant les aventures de leurs vies. Les deux jeunes filles étaient des étudiantes canadiennes de première année en médicomagie qui profitaient des week-ends pour voyager. Managol, plus mûre et plus patiente que Katry, avait un regard de chat malicieux qui rappelait à Harry son amie Hermione. Katry vive et empressée semblait agir sans trop réfléchir. Harry qui se faisait appeler Arthur Potty, étudiant lui aussi de première année, mais en formation d'auror, appréciait cette discussion. Bien que son esprit lui disait qu'il manquait quelque chose, il continuait à engloutir les cuisses de dindon grillé, en regardant Katry mangeait avec plaisir un maïs et Managol vidait avec aisance un verre de Whisky pur-feu. La conversation allait bon train quand Managol posa un regard stupéfait sur la seule personne qui n'y participa. Drago, bras et jambes croisés, bouche pincée, les regardait dégoûté.
-Bob Chéri (le dit Bob le fusilla du regard) tu ne manges pas, mon chou ?
-Potty au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, après tout ce ne serait pas étonnant, il n'y a pas de couvert, cracha le blond outré.
-QUOI ? Manqua de s'étouffer Managol.
-Pas de fourchette, pas de couteau, même pas une assiette, argumenta Drago.
Katry s'écroula sur la table, pendant qu'Harry observait la table constatant d'effectivement qu'il n'y avait pas de couverts.
-Mais Bob, voyons, c'est tout a fait normal, l'informa Managol. C'est un pub style médiéval.
-On… On … dididi …. Rait, Ha ! ha ! ha ! Uuuunnn aristocrate Ha ! ha !ha ! Clama Katry entre deux fous rires.
Cette fois ce fut Harry qui manqua de s'étouffer. Mais c'est un aristocrate.
Bob, véritable noble, fulminait devant le peu d'intérêt que portaient ces miséreux à son problème hautement important. Il s'éloigna des insensibles pour s'adosser sur la paroi en bois du bar. Une fois que le calme fut revenu, Managol prit la parole.
-Excusez moi, mais j'ai l'impression que vous êtes venus ici par inadvertance.
La moue contrie d'Harry lui donna raison.
-Donc vous n'êtes pas venus pour la soirée de la pleine lune ? Continua la jeune fille.
Au mot pleine lune, Drago frissonna. Etait-ce juste l'évocation du mot et tout ce qu'il sous entendait qui le faisait réagir ou le vent frais un peu humide qui s'engouffrait derrière ses oreilles ? Il ne s'attarda pas sur la question.
-La soirée de la pleine lune, répéta Drago de sa voix traînante.
-Ce pub est connu dans le monde entier pour ces soirées de pleines lunes.
Drago souleva un sourcil d'incrédulité. Cette bicoque d'alcooliques ? Connue ?
-Explique la légende Mana, intervint Katry en saisissant à pleine main une saucisse.
Drago grimaça devant ce geste ou alors à cause du vent qui s'engouffrait à travers les planches de bois putrides de l'établissement soulevant une odeur répugnante.
La dite Mana fit un mouvement de tête, lâcha sa feuille de laitue et entama un longue tirade entrecoupée par les commentaires de Katry.
-Il s'agit en faite de la légende de Taverna, la reine de la pleine lune. On raconte qu'il y a longtemps, sur ces terres vivaient un seigneur moldu avec sa famille, sa cour et ses paysans. Ce noble seigneur avait une jeune fille fort belle qu'il ne savait à qui promettre car nul des soupirants qui se présentaient, n'avaient grâce au yeux du père. Un mage passa dans la région et les deux jeunes gens tombèrent fou amoureux l'un de l'autre. Le seigneur qui était contre leur union, les obligeait à se rencontrer dans un lieu secret, dans le château, que le mage avait ensorcelé. Hélas, ils furent découverts et le seigneur fit pendre le jeune mage. Ce dernier avant de mourir promit au seigneur une mort horrible de la main de sa fille. Tous oublièrent très vite ces paroles et reprirent leur vie comme si de rien n'était. Seule la jeune femme se mourrait d'amour pour son aimé et se réfugiait dans leur lieu secret resté intact. Un soir la jeune fille demanda à la pleine lune de l'aider à se venger. Cette dernière exauça son vœux et la transforma en loup la journée, fille la nuit et loup-garaou les soirs de pleines lunes. Elle fit planer sur les terres de son père une vague de terreur, convertissant à sa meute les paysans imprudents. La région se vidait petit à petit et la rumeur courait comme quoi le seigneur gardait en son sein la bête. Pour les rassurer, le seigneur promit de protéger tous ceux qui resteraient les soirées de pleines lunes, en les contenants dans le château. Se fiant au jugement de leur maître, dès la première pleine lune, tout furent enfermé dans la forteresse. Dès les premiers rayons de l'astre nocturne, les loup-garou se transformèrent effrayant et mordant les moldus présents. La jeune femme alla jusqu'aux appartements de son père et le mit à mort dans de cruelles conditions. Ensuite, elle fit de l'assemblée sa meute.
Pendant toute la tirade de Managol, Harry avait préparé des sandwichs pour Drago, qu'il lui avait tendu. Le jeune blond aurait bien voulu envoyer Potter se faire foutre lui et ses sandwichs, mais il avait l'estomac dans les talons et acceptait impassible le pain garni avec amour que lui avait tendu son camarade.
-Depuis la région est devenue une forêt, domaine des loup-garou. Et les soirs de pleines lunes, les habitants se réunissent dans un seul lieu pour commémorer ce moment, laissant les loup-garou hurler à l'extérieur.
A cet instant Drago crut entendre un reniflement derrière lui, chassant cette idée saugrenue, il avala son dernier morceau de pain, prêt à répliquer.
-Cette histoire est truffée d'aberration.
-Moi je la trouve très belle, un peu triste et cruelle mais…
-Potty, personne ne t'a demandé ton avis, surtout si c'est pour faire des commentaires sans substances.
-Moi aussi je la trouve très belle, renchérit Katry.
-Oui, mais il n'a pas tort, il y a pleins d'incohérence.
-Alors comment vous expliquez que la région soit le domaine des loups-garous et puis il y a le château aussi, persista Katry.
-Aucune importance, car il est impossible qu'une simple moldu réussisse à invoquer le pouvoir de la lune. Et comment expliquer que personne ne se soit posé de questions sur sa disparition durant la journée ? Comment la magie de leur lieu secret soit resté intacte après la mort du mage ? Et le plus invraisemblable, pourquoi les villageois se sont-ils laissés enfermer dans le château alors qu'ils soupçonnaient la châtelaine d'être la cause du problème ?
-T'as vu tout ça rien qu'en écoutant Managol parler Dra…Bob, le félicita Harry.
-Et je n'ai même pas fait de comparaison avec les faits historiques.
-Et ça donne quoi si tu le faisais ? Demanda curieuse, Katry.
-Ce serait trop compliqué pour un esprit vide comme le tient
-Heu… Bob chéri, ce n'est pas moi qui t'ai posé la question, tu sais ?
-Je sais Potty, je sais.
Un silence gêné s'installa. Harry, assassinant Drago du regard, ne disait rien mais il aurait bien pris l'aristocrate pour le jeter dehors par la peau des fesses, l'abandonnant au créatures de la nuit qui peuplaient la forêt. La sage Managol rompit le silence.
-Donc voilà, pour assister à cette soirée ma cousine et moi nous sommes venues du Canada. Et ce matin nous avons visité le château.
-On prétend que le lieu des amoureux serait toujours actif, annonça Katry portant son attention uniquement sur Harry, mais on ne l'a pas trouvé.
-Je vous conseille d'y aller. C'est vraiment très beau.
-Merci Managol, on ira demain.
A cette dernière phrase, Drago croisa ses bras sur son torse, s'adossant confortablement sur la paroi en bois, tout en soulevant un sourcil sceptique.
-J'ai des choses plus importantes à faire que d'aller rendre visite à trois pauvres pierres dispersées dans une prai …
Bang ! Le bruit d'un objet contendant projeté avec force contre le mur fit sursauter Drago qui alla trouver refuge sur les genoux d'Harry. Le serpentard que l'on sait très digne, une moue effrayée, le regard en alerte enlaçait à l'en étrangler le brun, par le cou.
« Que… est… », furent les seuls mots que put prononcer le jeune homme aristocrate, car un hurlement de bête sauvage retentit au dehors. Drago se crispa resserrant un peu plus son étreinte meurtrière. Harry qui à première vue aurait pu être ravi d'avoir son aimé sur les cuisses, tentait en vain –il faut dire au vue de la situation l'effrayait aussi- de le repousser.
Un second hurlement prolongea le premier et une symphonie sinistre suivit. Le calme qui régnait alors dans le pub, glaça le sang de l'invertébré (du serpent). Plusieurs coups contre les murs du bar s'enchaînèrent par la suite. Drago et Harry –presque mort- regardaient le bois gondoler à un rythme régulier.
-Une fois par mois, la reine et sa meute sortent les griffes, lança la voix maintenant parfaitement connue du responsable des lieux
-C'est la nuit de la pleine lune, enchaînèrent en cœur le bar tout entier en faisant tinter leur verres.
Sans plus de cérémonie, le brouhaha ambiant du pub reprit, semblant même plus dense. Katry et Managol toutes existées tendirent leurs verres en direction des deux garçons totalement ébahis. Perdant toute superbe, Drago imitait les poissons, une critique muette aux bords des lèvres. Irrémédiablement fidèle à lui-même, Harry une moue innocente, tentaient en vain de comprendre et de respirer.
-Ben, alors les garçons vous trinquez pas.
-C'est ridicule, siffla Drago remis de ses émotions, mais toujours imperturbablement raccroché à Harry.
-Dis plutôt que tu n'as pas compris, lança Katry un sourire rancunier.
-Ne sois pas stupide Katry, j'ai parfaitement compris que cette ruine en bois, était mondialement connue pour satisfaire des ivrognes à la recherche d'un prétexte pour se saouler. Ce qui me sidère, c'est que cette bande incapable le fasse la nuit la plus dangereuse du mois. Vous avez vu l'état de cette mansarde ?
Harry ayant retrouvé la force physique qu'était la sienne avait desserré la pression qu'exerçait Drago avec ses bras, autour de son cou, mais ne les avait nullement retirés. D'ailleurs, plus au fait de la situation grâce au blond, il l'avait à son tour enlacé par la taille.
-Dra… Bob, à mon avis …
-Pour avoir un avis Arthur Potty, il faut d'abord être capable d'analyser les faits, hors pour ça il faut un cerveau.
Harry sourit doucement. Malefoy un jour, Malefoy toujours, et puis tant que c'était lui qui l'insultait, il pouvait l'accepter. Fidèle à son expérience Malefoyenne : ne pas contrarier sa seigneurie, Harry poursuivit comme si de rien était.
-Ce pub tient depuis des années, il tiendra ce soir.
-Ho ! Mais ça c'était avant que tu débarques super Potty. Parce que où tu passes, tout trépasses.
-Katry et Managol vous n'avez pas peur vous ? Questionna le brun.
-Je n'ai jamais dit que j'avais peur, rouspéta le blond.
-Tu ne l'as pas dit mais c'est tout comme, insinua Katry.
-Certainement pas, le rabroua Drago. Je constate juste que si le cabanon qui nous sert d'abri venait à s'effondrer, les paysans du coin imbibé d'alcool, seraient incapable de se défendre.
-Moi, intervint calmement Managol, je pense comme Arthur, il a tenu avant, alors il tiendra encore. Donc pas de quoi s'affoler.
-Bien dit Mana, l'encouragea Katry.
-Trinquons dit Harry son verre de Whisky pur-feu à la main.
Un clic retentit sous les regards atterrés de Drago.
-Avez-vous la moindre idée du danger que nous courrons à rester ici ?
-Trouillard, se moque Katry dont l'alcool commençait à embrumer l'esprit.
-Je n'ai pas peur combien de fois faudra t-il vous le répéter ?
-Autant de fois que tu nous parleras de risque, de danger, d'hécatombe railla Harry.
Ce fut à ce moment là que Drago se rendit compte de la position dans laquelle il était : assis sur les genoux d'un homme qui venait de lui déclarer sa flamme, enlacé contre lui. Sans rien laisser paraître de son trouble, il fit glisser ses bras hors du cou d'Harry tout en répliquant :
-Voilà ce qui arrive quand on s'inquiète pour les autres, ils vous tournent en ridicule.
Pendant qu'Harry et Managol pouffaient gentiment, le vert et argent jeta un œil critique sur le reste du bar. Une farandole pêle-mêle où « Où est le loup-garou/dehors » était beuglé, semblait être dansée. De là où ils étaient, il ne pouvait pas voir son parrain, mais il imaginait sans peine ce qu'il faisait : il se saoulait comme les autres.
Dehors toujours à hurler et à frapper les loup-garous continuaient à menacer. Jugeant que l'endroit le plus en sécurité était déjà là où il était : les genoux du sauveur du monde magique, Drago prit sur lui et reporta son attention sur la conversation de sa table. Katry complètement saoule, tyrannisait sa cousine pour aller danser, tandis que celle-ci expliquait à un goinffre sans vergogne les rituels de cette soirée.
-Oui mais comment être sur qu'aucun loup-garou n'entre dans le bar avant la pleine lune ? s'informait Harry.
-Le sort de la porte d'entrée, super héros, tu l'as oublié celui-la ? Pourtant tu t'es rétamé lourdement.
-Toi aussi je te signale, contra Harry stoppant le mouvement de nourriture mise en bouche qu'il amorçait.
Ce qui provoqua la coulée d'un beau filet roux sur une chemise en soie immaculé qui n'appartenait pas à celui qui la portait mais à celui qui tétanisé avait suivi l'action et qui regardait avec horreur le résultat. Que disait-il déjà ? Potter t'es mort ! Maintenant on pouvait aussi lire un article dans la gazette du sorcier intitulé : Grand deuil pour la communauté sorcière, une tache a eu la peau du sauveur. L'article était même illustré, lui, Drago Malefoy dansant sur une tombe la chemise martyrisée à la main. Une pointe de tristesse le tira de sa pensée. Par Salazar pourquoi était-il triste ?
-Potter, murmura t-il pour l'intéressé, tes parents ne t'ont pas appris à manger ?
-Drago, rétorqua Harry des plus sérieux, tu sais bien que mes parents sont morts.
-Serais-tu en train de me confirmer que les moldus, car ce sont eux qui t'ont élevé, sont des êtres sans éducation ? Drago sortit sa baguette.
-Que comptes-tu faire avec ça ? Lui demanda le brun méfiant.
-Parce que tu espères vraiment que je laisse cette tache disgracieuse sur MA chemise ? Et ne compte pas sur le fait que je te laisse lancer un sort de nettoyage. Tu le raterais.
-Malefoy, je ne suis pas si nul que ça.
-En DCFM tu es un temps soit peu doué, mais pour le reste tu es parfaitement Londubatien.
-Oh, tu viens de reconnaître que je suis doué, Drago.
-En plus d'être mal voyant, t'es mal entendant, Potter.
Profondément occupés à se chamailler, ils n'avaient pas vu leurs voisines sortirent un sourire aux lèvres. La première katry nageant dans une nappe phréatique d'alcool, heureuse d'aller enfin rejoindre le cœur de la fête, après tout c'était pour ça qu'elle était venue non ? Et la seconde, beaucoup plus sobre, taquine de laisser les deux « amoureux » ensemble pour des moments plus intimes.
-Toi qui a plus d'argent qu'un Weasley de base, tu devrais te faire soigner, cracha Drago avant d'enchaîner un sort de nettoyage pour faire disparaître la tache. Et un Malefoy averti valant quatre Weasley, il rajouta un sort de nettoyage automatique.
-Pourquoi souris-tu bêtement, Potter ?
-T'ais tu rendu compte que tu es assi sur mes genoux (Harry fit glisser une de ses mains sur la cuisse de Drago qui se crispa) et que les filles sont parties, répondit le sauveur toutes dents dehors.
L'aristocrate se retourna précipitamment pour constater qu'en effet Katry et Managol n'étaient plus là. Sentant que le danger émanait maintenant de l'endroit qu'il avait jugé le plus sécurisant, l'esprit de Drago bougea.
Combien de temps sont-ils restés là sans se dire un mot ? Harry n'en savait rien, mais il appréciait ces moments où rien n'existait d'autre qu'eux. Le blond, un peu ailleurs, avait posé sa tête sur son épaule, le ramenant, une fois de plus depuis qu'il était ici, aux jours de la grande bataille. Ça n'avait pas été facile d'accepter Malefoy comme partenaire, parce que c'était Malefoy tout simplement. Qui aurait voulu de cette aristocrate prétentieux, borné et méchant ? Personne. Ce fut bien pour cela qu'on lui avait refilé le paquet. Non mais quelle idée avait-il eu lui aussi !
Dumbledore leur avait précisé qu'ils allaient travailler en duo et qu'ils étaient libres de choisir leur binôme. Remus avait immédiatement, sans donner l'air d'y avoir réfléchi, choisit Snape. Il aurait dû se douter à ce moment là qu'il y avait parchemins sous grimoire (2). Mais non, il avait juste pensé qu'il voulait surveiller le serpent en l'honneur des maraudeurs mort au combat. Il se rappelle même s'être dit qu'il fallait du courage pour supporter un vert et argent.
Bref, à la requête du directeur, il avait d'abord refusé que quelqu'un meurt en le suivant, mais le chef de l'ordre avait été ferme et catégorique : le phénix avancerait dans les ténèbres par petits groupes de deux. Ok, il ne fera pas son difficile et acceptera la personne qui voudra de lui. Et c'est là que venait son erreur.
Persuadé que son bon vielle et fidèle ami Ron serait son second il n'avait rien exigé, mais Hermione rapide comme l'éclair qui avait vu les couples se former (et Ginny accaparé par sa mère la responsable en chef des ressources humaines et de l'équipement, Tonks au bras de Charlie, Blaise étonnamment avec Krum) calcula qu'il ne lui restait plus que Ron ou Malefoy, que même Pansy avait dédaigné pour un beau brun. De deux sorts choisissons le plus efficace (3) ou de deux chaudrons transportant le moins lourd (3), elle avait fondu sur Ron comme un chat sur sa proie. Et Ron, entre celle qu'il aime et son meilleur ami, choisit de protéger sa dulcinée.
Pourquoi n'avait-il pas dit : « Ok, très bien, vous voulez que je choisisse qui mourra une fois de plus à cause de moi, et bien je choisis Ron ? Parce qu'il avait beau ne pas réfléchir très vite, il s'avait qu'un Serpentard digne de ce nom, comme l'est Drago Lucius Malefoy, ne se laisserait pas mourir pour un Potter.
Leur premier contact fut habituel.
-Tes amis t'on abandonné Potty Potter ? Ils n'ont pas envie de mourir à cause de toi ?
-Non, ils ont préféré céder leur place à quelqu'un d'autre. Toi Malefoy.
-C'est dans cette vaine entreprise que tu places tes espoirs, super Potter ?
-Potter tout court, ça ira. Et où sont tes amis à toi, Malefoy. Ils ont jugé que suivre le fils d'un MANGEMORT dans l'antre des MANGEMORTS était trop risqué.
-Ils ont juste une vision différente de la fin du monde. Pansy préfère passé ses derniers jours sur terre dans les bras d'un apollon sensible à son charme, et Blaise tente la tactique imparable qui consiste à se cacher derrière un gros tas muscles. Et toi, l'excuse de tes fidèles est sans doute protéger la personne aimée.
Le silence qui s'installa ensuite entre eux fut apaisant. Comme enveloppé dans une brume de douceur, Harry se sentit calme, presque comme s'il recherchait à faire la paix avec Malefoy. Sentiment qui se confirma lorsque harassé par une journée de lutte, un ange au visage envoûtant s'endormit près de lui. Et aujourd'hui se putti était toujours là. Un moment merveilleux où il n'y avait plus de vacarme, plus d'odeur d'alcool, de graisse, de sueur, plus de table, de chaise, de pub. Seul comptait le rythme souple du blond, sa peau sucrée et sa présence sur ses genoux.
Une bourrasque brutale contre les planches du pub les fit tous deux sortirent de leurs pensées nébuleuses. Drago, qui se rappelait le cheminement logique de sa pensée, eut une fois de plus l'envie de se déconnecter de la réalité, mais le petit coup d'œil rapide qu'il lança sur Harry le dissuada. Les yeux verts émeraude du survivant brillaient de malice. En effet, le brun, grâce à se soudain rappel à l'ordre, venait de lui faire entrevoir que si l'espoir avait pu renaître, il fallait l'exploiter à fond et que c'était ce week-end où jamais.
Glissant une main dans le dos de Drago :
-Dis Drago ? Nous deux, c'est vraiment sans espoir ?
Drago, qui ne s'attendait pas à cette question, ne sut quoi répondre. Après tout, ça ne faisait que quelques heures que cette nouvelle perspective lui avait été présentée. Pour le sauver un loup-garou s'acharna une fois encore contre le pub.
-Ce taudis finira par céder un jour ou l'autre. Pourvu que ce ne soit pas ce soir.
Voyant que Drago faisait celui qui n'avait pas entendu, Harry entra dans son jeux tout en continuant ses caresses.
-En tant qu'héros de guerre nous ne devrions pas craindre quelques loups-garous.
-Potter, premièrement je n'ai pas peur, je te l'ai déjà dit. Ce n'est pas pour toi que je m'inquiète mais pour mon parrain.
-Et moi qui avais cru que c'était pour les paysans du coin, se moqua Harry.
-Potter je suis sérieux. Dans l'état où il est, il ne doit même pas se rappeler à quoi sert une baguette.
-Bah ! C'est pas étonnant il nous a toujours répété qu'on en avait pas besoin dans son cours.
-POTTER, le rouspéta Drago, en fronçant les sourcils. Tu le fais exprès ou c'est ton esprit qui avance au ralenti ?
Harry ouvrit la bouche pour répondre mais Drago l'interrompit.
-Pas la peine de répondre Super Potty Potter, je connais déjà la réponse.
Devant ce compliment qui n'en était pas un, « le Super Potty Potter » fit la moue. Saleté d'aristocrate, se dit le survivant, mais il avait un moyen de reprendre le dessus dans cette discussion.
-Ca te plait d'être sur mes genoux, Drago ?
Sire Drago Lucius Malefoy, noble et élevé comme tel resta stoïque face à cette question. Aucun geste brusque, aucun changement de teint seul le laps de temps entre la question et la réponse trahissait son angoisse. Un ouragan passait en lui chamboulant la loi des « un Malefoy doit toujours … » Pourtant passant entre les gouttes de pluie et contournant les bourrasques de vent :
-3eme il y a plus que « quelques loups-garous »
-Et ma main caressant ton dos ?
-Nous sommes dans la forêt du silence.
-J'aimerais t'embrasser.
Drago ferma ses écoutilles.
-Ils doivent être au mois une petite centaine.
-Je suis sûr que tes lèvres ont le goût du sucre.
Harry glissa sa main dans le pantalon de Drago qui se cambra, mais ce dernier tentant toujours d'ignorer la situation, persista dans son discours.
-Les loups-garous ne sont pas comme les mangemorts (une main se glissa sur sa chemise) leurs morsures nous condamnent (la main d'Harry passa de son dos à son ventre laissant sa peau en fusion) et puis (il hésita) et puis (Harry faisait remonter sa main sur ses pectoraux).
-Ta peau a la douceur de la soie, la caresser est un délice.
Drago sentait chacun des doigts d'Harry sur son épiderme. C'était comme une brûlure au fer rouge mais sans d'atroces souffrances. Juste un feu sans flamme qui se consume éternellement. Le jeune sorcier brun avait tracé une ligne droite sur l'abdomen de son compagnon atteignant du majeur le mamelon du blond. L'aristocrate tentait de se contrôler. Il avait envie de hurler, sauter mais ne sachant pas si c'était de peur ou de joie, il hésitait. Salazar, pourquoi hésitait-il ?
-Et puis… s'entêta Drago.
-J'ai envie de jouer avec. Je peux ? Demanda Harry tout en débutant une rotation circulaire sur le morceau de chair carré.
-Et puis, bredouilla Drago le cœur battant à tout rompre, je connais l'histoire des trois petits cochons.
Harry cligna des yeux. Il n'avait pas imaginé qu'il était aussi fatigué, et maintenant il se mettait à entendre des voix. Il était persuadé avoir entendu Malefoy dire qu'il connaissait l'histoire des trois petits cochons. Il était sans doute l'heure d'aller se coucher.
-Il se fait tard, Drago. Je suis tellement fatigué que j'ai cru que tu parlais de l'histoire des trois petits cochons.
-Mais c'est exactement ce que j'ai dit, Potter. Je connais l'histoire des trois petits cochons.
Décidément, il était vraiment las. Les phrases de Drago lui parvenaient déformées. Une fois encore, il avait cru entendre prononcer les mots « Trois petits cochons ». Comme si c'était possible, surtout si ça vient du grand Drago Malefoy. Rabaissant sa main, fixant la moue hautaine de l'aristocrate, le sauveur se concentra. Vraiment il n'avait pas de chance. C'était le soir où jamais pour séduire le vert et argent, et lui il entendait a moitié tout ce que lui disait le blond.
-Excuse moi Drago, mais je suis pas très concentré là, tu disais quoi ?
-Je connais l'histoire des trois petits cochons, Potter.
Harry grimaça d'incompréhension. Il renifla, soupira, se mordit la lèvre inférieure.
-Je crois qu'une bonne nuit de sommeil me fera du bien, car j'ai l'impression d'entendre que toi, tu me parles de l'histoire des trois…
-POTTER, c'est exactement ce que je dis : je connais l'HISTOIRE DES TROIS PETITS COCHONS.
-Des trois petits cochons ? Hurla presqu'Harry le regard hirsute.
-Ca fait trois fois que je te le dis Potter. Ne me dis pas que tu ne connais pas cette histoire ? Le darda Drago un rictus au coin des lèvres.
-Si je connais, ce qui m'étonne c'est que toi tu connaisses, c'est moldu pourtant ?
-Moldu, certainement pas, c'est une histoire de sorciers.
-Peut-être, fit Harry. Mais je vois pas le rapport.
-C'est tout toi ça Potter.
-Drago, l'engueula Harry.
-Les trois petits cochons, c'est connu, non ? Tu veux pas que je te raconte l'histoire tout de même.
Un Malefoy racontant l'histoire de trois petits cochons ? S'il voulait ? Mais où était Rita ? pour une fois qu'elle pouvait se faire un vrai scoop en or . Harry étira ses lèvres pour dessiner un sourire d'encouragement. Drago soupira devant tant d'ignorance et débuta son récit.
-Il y a trois petits cochons.
-Sûr, vu que c'est l'histoire des trois peti…
-Potter, ne m'interromps pas bêtement.
-Ils sont de quelles couleurs ? Rose, blanc …
-Rose (Drago marqua une pause, en jetant un regard noir à Harry). POTTER.
-Ok, continue. Donc il y a trois petits cochons.
-Oui trois (Drago leva une main et énuméra). Le grand frère, le cadet et (Harry tentait de pouffer en silence). Potter si ça t'intéresse pas dis le !
-Si, si ça m'intéresse, poursuit, marmonna le brun s'empêchant de rire.
-Le grand frère, le cadet et le petit frère, répéta le blond.
-Et tu connaîtrais pas leur noms, par hasard ?
-Potter si tu continus, j'arrête.
Harry lui fit un sourire enfantin et garda le silence.
-Ils devaient construire une maison chacun. Le petit frère était très pauvre, sans le sous, il bâtit un clapier en paille, qu'il nomma le Terrier.
-Malefoy, le rouspéta Harry.
-Et ses descendants sont les Weasley.
-Malefoy !
-Le second tout aussi pauvre en fit une maison en bois comme cette ruine.
Harry jeta, à son interlocuteur, un regard septique.
-L'aîné.
-Laisse moi deviner, il avait beaucoup d'argent.
-Tout à fait.
-Et il a fait bâtir une maison en brique ?
-Non, la brique c'est pour des gens de conditions modeste. Comme toi Potter.
-Oh ! Merci Malefoy.
-C'était une maison en marbre.
Harry le regarda incrédule.
-Dans l'histoire elle est en brique.
-Sans doute seulement dans la version des moldus.
-Moi je crois plutôt qu'elle est en marbre seulement dans TA version, Malefoy.
-Tais toi Potter, laisse moi raconter. Donc l'aîné avait un maison en marbre et…
-C'est descendants sont le Malefoy.
-POTTER !
-Quoi ?
-Les Malefoy ne … Oublie Potter t'expliquer serait une perte de temps. Donc un jour un loup-garou…
-Un loup.
-Un loup-garou passait. C'était un très grand voleur.
-Il avait pas plutôt faim.
-Pourquoi aurait-il faim, Potter ? Il pouvait se sustenter de n'importe quoi dans la forêt. Non, il en avait après leur argent. C'était un bandit de grand chemin.
-Tu confonds pas plutôt avec Robin des bois.
-Rondin de bois ? Le questionna Drago.
-Non Robin des bois, le bandit qui volait l'argent des riches pour le donner aux pauvres.
Drago écarquilla les yeux. Comment cela était possible, le jeune homme imaginait déjà, un grand brun, costaud, un foulard autour de la tête, débarquant chez lui au manoir Malefoy, pointant une baguette sur sa personne tout en saisissant un gros sac pleins de Gallions. Puis il le voyait dans un petit salon entourer de rouquin plongeant ses mains dans le sac et faisant voler dans toute la salle les pièces d'or.
-Il faut immédiatement arrêter cet individu, Potter, clama Drago en saisissant Harry par les cheveux. C'est un fou, un danger public. Comment la société peut-elle laisser ce mécréant en liberté.
-De quoi tu parles Malefoy, cria Harry en arrachant les mains de sa muse de ses cheveux.
-De ce Rondin de bois. Ce voleur sans morale.
-Au contraire il en avait beaucoup. Le roi lui-même l'a ensuite récompensé de son acte de générosité.
-Générosité ? Maugréa Drago. Faire un don, c'est être généreux, Potter. Prendre Mon argent pour le donner aux WEASLEY, c'est une calomnie, une injustice sans précédant.
Il était beau, clamant haut et fort sa condition d'aristocrate pédant, ces gestes gracieux, sa moue hautain, sa voix affolée, le rendait à la fois divin et ténébreux. Harry le regardait incertain, devait-il le secouer pour le faire taire, où s'approcher pour l'embrasser. Déglutissant péniblement, il opta pour une tierce solution.
-Ce n'est qu'une histoire Drago. Personne ne viendra te rendre ton précieux argent pour le donner à Ron ou à Ginny.
-J'espère bien, Potter. Celui qui fera cela je lui réserve un petit sort à ma façon.
Harry secoua la tête.
-Ce n'est que de l'argent, Drago. T'es pas un peu obsédé par ça ?
-Pas du tout, c'est juste que c'est mieux d'en avoir que d'être un Weasley.
-Malefoy, termine ton histoire, le rouspéta Harry. Et laisse les Weasley où ils sont.
Drago se redressa de tout son long, pointa sa moue altière, un brin vexé. Soupirant profondément, il avait appris avec le temps que la patience d'un Potter à ses limites et qu'elles sont vite atteintes, notamment si on salissait ses amis.
-Le loup-garou alla devant la maison des deux frères pauvres, il leur ordonna de leur remettre leurs biens. Bien sûr les deux cochons refusèrent alors le loup-garou leur dit : « Eh bien, je soufflerai, je gronderai, et ta maison s'écroulera. ». Comme ils refusèrent toujours, le méchant loup-garou…
-C'est un loup, Drago.
-Le loup-garou souffla, gronda et leur maison s'écroula. Lorsqu'il alla devant la maison du frère aîné, il recommença son cirque, mais la demeure en marbre resta debout. T'as enfin compris ?
-Non, contra Harry en croissant les bras, le regardant fier.
-Potter, t'es bouché ou quoi ? T'as pas entendu que la maison en bois s'est écroulé quand le loup-garou s'est acharné contre elle.
-Si j'ai entendu mais je vois toujours pas le rapport.
-C'était une maison en bois. En bois. C'était une ruine, comme celle-ci. Tu comprends maintenant.
Harry regarda son bien aimé un sourire malin aux lèvres.
-J'avais parfaitement compris où tu voulais en venir Drago. Je voulais juste t'entendre me raconter l'histoire des trois petits cochons.
Drago ferma les yeux, renifla, secouant doucement sa tête, il venait de se faire avoir, et en beauté. Fâché ? Lui ? Pourquoi ? Un nouveau grognement le fit sursauter. Déglutissant, il se cala un peu plus sur Harry mais rencontra une petite bosse. Pas besoin d'être un expert pour savoir sur quoi il était tombé. Décidément ce n'était pas sa journée. Feintant de ne pas avoir remarqué quoi que ce soit, il proposa à son camarade, sans le regarder, de monter. La réponse enjouée, bien trop positive d'Harry, l'effraya un peu, mais il se leva tranquillement.
