Chapitre 8 : Qui sème le vent récolte la tempête (faut que j'arrête avec mes proverbes pourris !lol !mais ça correspondait tellement bien...)

DRIIIIIING

La porte allait s'ouvrir. Il allait ouvrir la porte. La porte allait être ouverte par lui.

Ma petite Hermione,ce n'est pas en revoyant l'ensemble des formes grammaticales que tu vas retarder ce moment !

Qu'il avait été difficile ce début de matinée,la partageant entre impatience et pure terreur.

En se levant, elle avait montré une agitation fébrile, se préparant en 23,4 secondes chrono et parlant à toute vitesse de tout et n'importe quoi, clouant pour une fois le bec à ses intarissables compagnes de chambrées...qui n'avaient toujours pas compris le rapport entre le prochain match de Quidditch et la confection de la crème au beurre...

En Histoire de la Magie,elle avait été prises de tremblements convulsifs et ses notes avaient fini par ressembler à un amas de gribouillis illisibles. Pour la première fois de sa courte vie, un Ron pas bien sûr d'être réveillé dût prêter son cours à l'élève prodige.

En classe de Soins aux créatures magiques, son enthousiasme débordant l'avait poussée à ne pas se contenter de brosser soigneusement la crinière des licornes à poil bleu : en deux temps trois mouvements, elle avait sublimement tressé les crins azurs et avait même confectionné des cache-oreilles aux créatures parce-que-c'est-vrai-quoi-on-ne-pense-jamais-qu'elles-pourraient-avoir-froid-aux-oreilles-ces-pauvres-chéries-en-plus-il-va-faire-froid-cet-hiver-c'est-sûr-mais-oui-t'es-mignonne-comme-ça-et-est-ce-que-je-vous-ai-parlé-de-la-crème-patissière ?

Mais là, devant la lourde porte de chêne, il n'y avait plus ni fébrilité ni réelle peur, elle était juste dans l'expectative, étrangement calme, même si elle redoutait un peu le grincement de gonds qui ne venait pas.

Il n'est peut-être pas là...Malade ? Ou il n'ose plus sortir ? Hihihi...

La porte s'ouvrit.

Humph !

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DRIIIIIING

Ouvrira, ouvrira pas ?

Elle était derrière la petite porte, certainement avec son air arrogant et satisfait,hérité de sa trop grande fréquentation de ce fichu Potter.

Ouvrira, ouvrira pas ?

Elle était derrière la porte massive, certainement avec ses cheveux tombant librement sur les épaules,sa tenue impeccable et ce regard finalement profond et troublant.

Ouvrira, ouvrira pas ?

Elle était si près, avec sa perfidie, sa fierté, son sourire moqueur, son corps tentateur qui le narguerait.

Ouvrira, ouvrira pas ?

Elle était si loin, avec son innocence malgré tout, son intelligence sidérante, son sourire irrésistible, son corps tentateur qui l'inviterait.

Ouvrira, ouvrira pas ?

Il était juste là, son démon blanc.

Ouvrira, ouvrira pas ?

Il était là-bas, son ange noir.

Severus,arrête ça et décide-toi !

Il soupira. Sourit. Se leva. Marcha. Prit la poignée. Perdit son sourire. Hésita. Respira.

La porte s'ouvrit.

Troisième manche,Miss Granger...

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Calme ! Qui a dit qu'elle était calme ! Elle avait à peine entraperçu la robe noire qu'elle s'était remise à trembler.

Elle se faufila dans la salle au milieu de ses camarades, évitant soigneusement de le regarder par peur d'en rester tétanisée. Elle s'assit au troisième rang avec Neville Londubat , Gryffondor sympathique mais maladroit, et sortit lentement ses affaires, l'ensemble de ses muscles crispés.

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Elle se faufila dans la salle au milieu de ses camarades, ne lui adressant pas un regard, sûrement pour bien lui montrer son mépris. Severus lui ne la quitta pas de ses yeux plissés de rage. Elle s'assit au troisième rang avec Neville Londubat, Gryffondor stupide et inapte, et sortit lentement ses affaires en une attitude que le professeur jugea nonchalante et insolente.

Un courant d'air fit claquer la porte à son insu.

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Elle l'avait entendu claquer violemment la porte, puis il s'était installé à son bureau. Elle gardait obstinément la tête tournée vers le mur, où brûlait une demi-douzaine de torches, mais elle pouvait sentir un regard glacial et haineux sur elle.

Elle tenta de concentrer ses idées sur autre chose. La crème vanillée, tiens. Le plus important est d'avoir des gousses fraîches et...

Elle ne remarqua pas qu'il avait commencé à parler. Pas plus qu'elle ne nota que Neville s'était levé pour aller chercher les ingrédients et en avait fait tomber la moitié en revenant. Et elle ne se rendit aucunement compte que Severus Rogue, qui venait d'enlever dix points à Gryffondor pour maladresse congénitale , se tenait maintenant à moins d'un mètre d'elle, soit la largeur de son petit bureau.

« Miss Granger ! »

Elle en tomba de sa chaise.

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Elle tournait la tête vers le mur, marque évidente de son désintérêt total pour le cours. Severus bouillonnait. Elle se croyait tellement supérieure !

Elle ne montra aucun signe de réaction lorsqu'il annonça la préparation du jour et leur ordonna d'aller chercher les ingrédients. Son regard se fit encore plus lourd.

Et ce benêt de Londubat qui venait encore de tout casser !

« Londubat, espèce d'incapable cornichon ! (N.A :petite référence au tome 1,où j'adore le premiers discours de Rogue !hihi !) La maladresse, même congénitale,se soigne, jeune...manchot ! Dix points en moins pour votre maison d'imbéciles ! »

Il espérait que cette attaque primaire ferait réagir Hermione, elle qui détestait par-dessus tout que l'on juge quelqu'un par sa descendance. Mais elle ne feignit même pas de l'avoir entendu.

S'en était trop ! La hargne, ça passait, il aimait la voir en colère. L'insolence, à la limite, même s'il devait se retenir de la gifler une nouvelle fois en public. Mais l'indifférence, il ne pouvait supporter.

C'était le considérer comme rien, c'était le mettre plus bas que terre.

C'était renier son existence.

C'était intolérable pour lui le professeur.

C'était insupportable pour lui l'ex-enfant rejeté.

C'était invivable pour lui l'amant transi.

Il passa comme une flèche devant les deux premiers rangs et vint se planter devant elle, les bras croisés et le dos plus droit que celui de la chaise.

« Miss Granger ! » tonna-t-il

A son grand étonnement, elle tomba littéralement de la chaise en question, visiblement surprise. Il ne fit pas un geste pour l'aider à se relever, alors que les Serpentards étaient écroulés de rire sur leurs tables et que certains Gryffondors se mordaient les lèvres pour ne pas en faire autant.

Elle resta donc par terre, l'air éberlué et ...terrorisé.

Severus hésita un moment sur la conduite à tenir, mais se renfrogna de suite : elle n'avait pas fait que feindre l'ignorance, elle n'avait vraiment rien écouté de ce qui s'était passé depuis le début du cours !

Elle fit mine de se redresser, mais la voix tonitruante qui sortit de la bouche de Severus la cloua au sol.

« Puisque cette heure matinale ne semble pas convenir à votre capacité d'assiduité, Granger, vous viendrez réaliser cette potion ce soir à 20h, dans mon bureau ! Aucune protestation ! Sortez maintenant ! Ce ne devrait pas être un déchirement pour vous vu l'intérêt que ce cours suscite chez vous ! »

Elle n'eut pas la force, ou le courage, de répondre. Il se calma un peu et ses yeux cessèrent de lancer des éclairs. Cependant, c'est d'un ton glacial et menaçant qu'il ajouta :

« Et je retire évidemment vingt points à Gryffondor pour votre attitude. Ne soyez surtout pas en retard ce soir si vous ne voulez pas voir enfler les comptes. Sortez ! »

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Oh mon Dieu était-ce ça que les Gaulois craignaient tellement ? Etait-ce ça que l'on ressentait quand le ciel nous tombait sur la tête ?

Il n'avait jamais crié aussi fort. Elle ne pouvait plus bouger. Elle ne pouvait plus parler. Elle ouvrait la bouche mais aucun son n'arrivait à en sortir.

Puis il se calma et sa tension revint petit à petit à un taux convenable. Quand il lui intima une nouvelle fois de sortir, elle retrouva brusquement l'usage de la parole. Mais sitôt que les mots eurent franchi ses lèvres, elle souhaita être aphone à vie.

« Vous êtes sûr que l'on parle bien des comptes là ? »

Non non non non non non non,c'est pas moi, j'ai pas dit ça, non non non non Ô Grand Merlin mage parmi les mages,je...

« Excusez-moi, Granger, j'ai quelque mal à comprendre...Qu'insinuez-vous donc par-là ?

'Rien...rien...

'Je ne me contenterai pas d'un petit rien, Granger, il va falloir que vous vous expliquiez plus clairement. Pour cela, une semaine de retenue devrait suffire...

'Une semaine ! Mais...

'Taisez-vous ! Et cela fera encore dix points pour Gryffondor,assurément...Sortez avant de prendre un mois !

'Mais...

'SORTEZ ! »

Elle s'enfuit sans demander son reste, loin de cet homme fou. Cet homme qu'elle avait rendu fou. Cet homme qui allait peut-être bien la rendre elle-même folle.

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Elle s'enfuit piteusement,à toute vitesse,loin de lui, trop loin de lui. Mais il se dit que ce n'était qu'un court répit. Ce soir elle ne se défilerait pas. Elle n'en aurait pas l'occasion. Il ne la laisserait pas reprendre le dessus. C'était lui le maître des jeux(N.A :ptêtre bien que c'est lui qui est caché derrière le masque à Fort Boyard !lol),et personne d'autre. Ce soir elle allait souffrir comme lui avait souffert.

Il réprima un petit rire.

Vous pouvez courir, Granger, vous reviendrez toujours vous jeter dans ma gueule...

Et le loup continua son cours comme si de rien n'était.

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A 19h, Hermione demanda à un Elfe de Maison de lui apporter son dîner dans le dortoir, le déjeuner du midi ayant été très écourté par le retour du professeur de potions dans la Grande Salle.

A 19h15, elle décida de ne pas se rendre en retenue ce soir, ni les soirs suivants d'ailleurs, et ce quel que soit le prix à payer pour Gryffondor : elle savait qu'il serait beaucoup plus fort pour elle si elle descendait dans les cachots cette nuit.

A 19h17, elle se rendit compte que la colère de Rogue n'en serait que pire et elle se remit à trembler de tous ses membres.

A 19h35, elle avait fini de réciter sa prière pour la 43ème fois.

A 19h55, Harry et Ron, repus et rieurs, la trouvèrent recroquevillée sur un grand fauteuil de la salle commune,livide.

« 'Mione, ça ne va pas ?

'Si...Si, Harry, ne t'inquiètes pas !

'C'est à cause de Rogue, hein ? Quel enfoiré ! C'était injuste de te coller pour ça ! Une semaine en plus ! A croire qu'il a trouvé un jouet plus intéressant qu'Harry pour passer sa frustration ! Sale vieux...

'Ne dis pas de bêtises, Ron ! – le coupa Hermione – Il ne s'acharne pas sur moi. J'ai été très distraite,il l'a mal pris,il en a fait toute une affaire, vous savez comment il est ! C'est tout ! Et puis...de toute façon...je n'irai pas le voir ce soir !

'QUOI !

'QUOI ?

'Oh ça va ! Comme tu l'as dit, Ron, cette retenue est injustifiée. Donc je n'irai pas. Et je rattraperai les points en Etudes des Moldus,ça ira...

'Mais...'Mione...c'est de Rogue qu'on parle là ! Si tu n'y vas pas, il va devenir fou furieux ! J'ose même pas imaginer ce que ça serait demain... Il serait capable d'enlever tous les points de Gryffondor et de me noyer dans son chaudron pour se défouler !

'Harry, ne dramatise pas bon sang ! Et puis regardez,il est 20h05 passées, c'est trop tard, même si j'y allais maintenant il serait hors de lui ! Alors...

'Hermione ?

'Neville, c'est pas le mom...Neville ? Pourquoi...pourquoi tu trembles ?

'Il y a...quelqu'un pour toi devant...devant le tableau...

'...Qui ? – demanda-t-elle d'une petite voix,même si elle connaissait déjà la réponse

'Le Pro...Professeur Ro...Rogue... »

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19h58. Aucun bruit de pas. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit en avance, mais on ne savait jamais.

19h59. Toujours rien. Etrange.

20h00. Aucun coup à la porte. Bon,une dernière minute,peut-être que sa montre est déréglée,et ce sera l'occasion de lui enlever quelques points avant de lui enlever quelques vêtements...

20h01. Le néant. Les doigts de Severus pianotaient de plus en plus vite sur le bureau. Il fallait lui laisser le bénéfice du doute, peut-être s'était-elle faite interceptée par Rusard.

20h02. Raaah ! Au diable ce foutu doute ! Il sortit en trombe de ses appartements et c'est quatre à quatre qu'il gravit les marches menant à l'étage des Gryffondors.

Il arriva au niveau du portrait de la Grosse Dame au moment où celui-ci s'ouvrait pour laisser entrer Neville Londubat. Très bien, ça lui éviterait d'entrer et de faire un scandale dans la salle commune.

« Londubat ! Oh par pitié arrêtez de sursauter au moindre bruit ! Faites venir Miss Granger ! TOUT DE SUITE !

'Oui...oui monsieur... »

Il attendit là deux longues minutes,durant lesquelles sa colère eut le temps de s'amplifier jusqu'à atteindre des sommets jamais conquis.

On ne faisait pas attendre un Rogue ! Jamais !

Si Severus s'était vu, il se serait presque fait peur.

Il était écarlate et tremblait de fureur,les poings serrés, le regard avadakedavresque, il commençait à suer, le coin de ses lèvres était retroussé sur ses dents soudées,tous les muscles de son visage étaient tendus à l'extrême. (N.A :bon il est pas content quoi !lol)

Enfin le tableau s'ouvrit et elle sortit timidement. Aussitôt sa tension retomba et le sang quitta son visage,mais pour se diriger vers une autre partie de son corps. Sa colère elle était intacte.

Un moment il reste immobile,la toisant de toute sa hauteur.

Puis le passage se referma.

Alors il se jeta sur elle.

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Elle ne dit rien quand elle se retrouva face à face avec lui et qu'il la fusilla du regard.

Elle ne dit rien quand il se rua sur elle et l'empoigna fermement par le bras, la serrant à lui faire mal.

Elle ne dit rien tout le temps qu'il la traîna en bas des escaliers et jusqu'aux sombres cachots,marmonnant des choses incompréhensibles.

Elle ne dit rien lorsqu'il la jeta littéralement dans son bureau.

Elle ne dit rien quand il verrouilla la porte et lança divers sorts d'isolements, résignée à subir son courroux.

Mais lorsqu'il se réempara d'elle et la poussa violemment contre le mur, elle laissa échapper un cri, son crâne ayant heurté durement la pierre.

A partir de ce moment, elle ne cessa de crier et de geindre.

De surprise quand il lui arracha purement et simplement tout ce qu'elle portait.

D'excitation quand il se mit à malaxer brutalement sa poitrine et ses hanches en se serrant contre elle.

De plaisir quand sa main glissa entre ses cuisses écartées tandis qu'il dévorait son cou.

De réprobation quand il la retira.

De surprise encore quand il la força à s'agenouiller,puis à se mettre à quatre pattes.

De peur quand, alors qu'il se plaçait derrière elle, elle comprit.

De douleur quand il la pénétra sans douceur, brusquement, entièrement, déchirant son hymen d'un seul coup de rein...

Il donna encore deux coups violents et commença à aller et venir en elle plus lentement, se cramponnant à ses hanches.

Elle avait mal, terriblement mal. C'était pire que d'être martelée de mille poings. Elle ne put retenir ses larmes.

Si mal.

Elle ne désirait qu'une chose : que ça s'arrête, vite. Qu'elle puisse partir et ne jamais le revoir. Elle l'entendait haleter derrière elle et sentit la nausée monter. Plus jamais.

Que ça s'arrête par pitié !

Mais elle ne voulait pas s'abaisser à le supplier. C'était ce qu'il voulait. Alors elle réfréna ses gémissements plaintifs et subit sans plus rien dire, attendant que le supplice s'achève.

Il butait de plus en plus vite contre elle, les mains crispées sur sa taille étroite. Il gémissait de plus en plus franchement,elle avait l'impression qu'il s'insinuait en elle de plus en plus profondément, de plus en plus douloureusement. Les larmes baignaient le visage de la jeune fille mais elle se retenait de produire le moindre sanglot. Elle ne percevait que des bribes de ce que lui disait : « mauvaise...punie...sale gamine... ». Elle ne voulait pas comprendre. Elle ne voulait pas entendre. Elle voulait mourir sur place.

Enfin, après ce qu'il lui parut des heures, elle sentit le liquide chaud se répandre en elle. Il resta un instant serré contre elle, puis se retira et se redressa vivement, comme si elle le répugnait.

Elle s'affala au sol, le corps endolori, les genoux meurtris.

Si mal.

Elle céda : elle se mit à pleurer doucement. Elle tentait d'évacuer le sentiment de dégoût qui venait de l'envahir. Elle aurait souhaité être à mille lieues d'ici. Elle aurait souhaité remonter le temps, revenir à ce jour où elle s'était subitement intéressée à son monstre de professeur et se donner des baffes jusqu'à l'oublier. Elle aurait voulu ne jamais le rencontrer. Elle aurait voulu ne jamais naître.

Elle ne pouvait pas bouger, elle n'en avait pas la force. Et elle espérait utopiquement que si elle restait immobile, il allait oublier sa présence et ne pas lui infliger d'autres traitements de la sorte. Mais elle n'y croyait bien sûr pas et ses sanglots s'amplifièrent malgré elle.

Alors, contre toute attente, elle sentit des mains la relever précautionneusement, puis des bras la soulever presque tendrement.

Elle ne se débattit pas. Trop faible,trop résignée. Prête à subir une nouvelle épreuve.

Mais les bras la déposèrent délicatement sur le lit et l'abandonnèrent là.

Trop épuisée pour ouvrir les yeux.

Une substance coula entre ses lèvres entrouvertes.

Même plus la force de pleurer. Trop dépitée.Trop brouillée... Trop... confuse...

Elle sombra.

§§§§§§§§§§

Il était comme fou. De colère, de douleur et de désir à la fois.

Il ne savait plus ce qu'il faisait. Il ne savait plus où il était. Il ne savait plus qui il était.

Tout ce qu'il savait, c'était qu'il la voulait. Elle, pleine de mépris et de suffisance, il la voulait.

Et il la voulait soumise.

Basse.

Inférieure.

Anéantie.

Quand il s'enfonça puissamment en elle, ce fut de toute sa haine et de toute son amertume. C'était comme s'il déversait dans l'étau charnu toute sa rancœur. Il ne pensait plus qu'à une chose : faire mal. La faire crier. Jusqu'à ce qu'elle le supplie,et encore après.

Et elle cria.

Mais elle ne supplia pas, être empli d'arrogance.

Il retarda tant bien que mal l'explosion finale, voulant faire durer le châtiment, prolonger la punition à tant d'effronterie et de vice.

L'orgasme fut extraordinaire. Une vraie délivrance. Il le délivra de sa frustration, de sa peine, de sa fureur...

Il se laissa un instant aller contre les fesses soudées à son bassin.

Puis il se rappela : où il était, qui il était, ce qu'il venait de faire.

Il s'extirpa du petit corps tremblant et s'éloigna aussi vite que ses jambes flageolantes le lui permettaient. Il se retint difficilement à la chaise du bureau et tenta de rassembler ses esprits.

Non, non, non, non, non ! Ce n'était pas possible ! Il ne venait pas de faire ça ! Severus Rogue, Maître des Potions, ne venait pas de violer une élève de l'école où il enseignait ! Il ne pouvait pas avoir fait ça ! C'était seulement son imagination !

Mais alors son imagination débordait de réalisme... Car il était bien là, vêtu seulement de sa chemise, reprenant difficilement son souffle, alors qu'elle était étendue par terre, entièrement nue, recroquevillée en une position protectrice, toujours tremblante...

Il entendit un reniflement. Non,elle ne tremblait pas. Elle pleurait...

Fut-ce l'aspect fœtal et donc complètement pur de la posture de la jeune fille ? Fut-ce ses larmes pleines de tristesse et de désespoir ? Fut-ce son expression mortifiée ? Quelle que fut la ou les raisons, Severus Rogue, Maître des Potions, eût terriblement honte d'avoir violé une élève de l'école où il enseignait...D'avoir violé tout court. Pas le genre de honte qui lui aurait juste fait craindre pour sa réputation et son poste. Non, une honte profonde, un dégoût total de lui-même.

Pauvre petite...

Elle sanglotait de plus en plus fort. Si seulement il pouvait tout effacer. S'il pouvait remonter le temps, revenir à ce jour en classe où...

Il réfléchit, pesa le pour et le contre.

Mais non, si les choses s'étaient passées c'était que ce devait être ainsi, il ne pouvait rien y faire. Réécrire l'histoire, c'était refuser d'assumer sa monstruosité. Et ça ne changerait rien, d'autres choses peut-être pires arriveraient...

Pire ? Y'avait-il vraiment pire ? Il venait de la détruire...

TADAM ! Et oui, chers auditeurs, pour votre plus grand plaisir, Dark Side est de retour !

Et merde...t'es tenace toi décidément ! Qu'est-ce que tu veux encore ?

Je suis juste de passage, c'était pour te rappeler que ton but initial était effectivement de la détruire, alors arrête de te prendre la tête tu me files la nausée !

C'est faux, ce n'était pas ce que je voulais ! Pas comme ça...

Alors là excuse-moi mais je t'arrête tout de suite ! Si tu permets on va fouiller dans notre mémoire...Alors...Magie noire...non... Maraudeurs...ouhlà non ! Ah,voilà, c'est là ! On va faire un classement chronologique d'accord ? Voyons : 'des pensées où chair, soumission et plaisir faisaient bon ménage',hinhin, 'complètement soumise à ses envies',blablabla, 'contre le mur', hum...ah celle-là je l'aime beaucoup : 'la prendre là,tout de suite, sans préliminaires,la pénétrer violemment,lui faire mal',voyez-vous ça ! Ensuite... 'anéantie',et...

FERME-LA !

Oh, ça va ! Je ne fais que te montrer que tout se passe comme tu le voulais !

NON !Non ! Va-t-en ! Tu m'embrouilles...

Haha, dis plutôt que je t'éclaires sur ta véritable personna...

CASSE-TOI !

Oui monsieur...

Severus savait qu'il avait voulu ce qu'il s'était passé, que ce n'était pas que la conséquence d'une folie passagère,et sa honte augmenta.

Non, il ne pouvait rien faire pour effacer cette soirée. Il ne pouvait pas changer ses horribles actes. Mais il pouvait tenter de soulager les blessures de son élève,ou du moins de les amoindrir. Il pouvait essayer de se racheter.

Il se dirigea vers elle. Il hésita à la toucher,de peur de briser le corps frêle qui gisait à ses pieds. Il la souleva délicatement et l'emporta derrière le paravent. Elle ne réagit pas,les yeux clos, sûrement pour ne pas voir son tortionnaire. Il l'installa confortablement sur l'épaisse couverture et alla fouiller dans ses étagères. Il revint avec une potion bleutée destinée à la faire tomber dans un sommeil profond et réparateur.

Il fit doucement couler le liquide dans sa gorge et attendit. Elle s'endormit vite.

Il passa un baume apaisant sur les cuisses et les hanches de la jeune fille,couverte d'ecchymoses. Aucune pensée malhonnête ne traversa son esprit alors qu'il laissait glisser ses mains sur elle.

Elle n'était plus un objet de jouissance.

Elle était un être blessé, un être qu'il avait blessé, et qu'il devait soigner.

Elle était un être torturé dont il ne voulait plus être le bourreau.

Aussi, quand il l'enlaça, ce ne fut pas un mouvement intéressé.Ce fut un geste protecteur.

Quand d'un coup de baguette magique il rabattit une autre couverture sur leurs corps serrés, ce ne fut pas pour leur créer une sorte d'intimité. Ce fut pour ne pas qu'elle ait froid.

Quand il l'embrassa doucement sur le front, ce ne fut ni un prémice sexuel ni un baiser amoureux. Ce fut juste pour la réconforter dans son sommeil.

Mais quand il s'endormit enfin, il aurait voulu que ce soit pour ne jamais se réveiller et avoir à affronter le regard de sa victime.