Mina venait de remarquer le nom inscrit sur la couverture.
" Tiens elle a le même nom que toi." dit-elle.
" Tu crois pas si bien dire ! Riza est en fait le diminutif d'Elizabeth." ajouta le lieutenant.
Le déclic d'une arme les suprit. Mais ce ne fut rien quand elles se retournèrent. Riza se trouvait en présence de sa jumelle. Sauf qu'elle affichait un air encore plus froid que le sien. Un air ... comme celui de Mina, alias Black Star. Un air de tueuse.
" Si vous croyez que je n'avais pas remarqué que quelqu'un était venu chez moi." dit Elizabeth.
Riza se demanda si elle avait noté leur ressemblance plus que frappante.
" Comment ça se fait que tu me ressemble à ce point toi ?" demanda Elizabeth.
" D'une, vous ne me tutoyez pas on a pas gardé les cochons ensemble. De deux, vous ne me croiriez pas." rétorqua Riza.
" Mouais. Deuxième question, et cette fois-ci je veux une réponse claire, autrement je me fâche. Qui vous a donné mon adresse ?" reprit l'agent.
" Nous avons de bonnes sources." dit Mina.
Elizabeth darda ses yeux caramel sur l'enfant.
" Rien que ça ! Et qui sont ces sources ?"
" C'est moi."
Elizabeth haussa un sourcil d'incompréhension. Riza réfléchissait à toute vitesse quant au moyen de les tirer de là. Elle en conclut que Mina devait attendre le bon moment pour attaquer. Donc, Riza devait attirer l'attention de l'agent nazi afin que son amie puisse agir.
" Toi ? Comment une gamine pourrait-elle avoir accès à ce genre d'information ?
" Est-ce vrai que vous essayez de créer la pierre philosophale ?" demanda Riza.
" D'où tu connais ça ?" demanda Elizabeth.
" Je sais, c'est tout. Je connais beaucoup de choses sur l'alchimie, certainement bien plus que vous."
Cette fois, elle avait l'entière attention de leur adversaire. Riza espérait que Mina saurait en tirer profit.
" Je me demande si vous savez que l'alchimie ne marche pas dans ce monde. Donc, il se peut que votre pierre ne serve à rien. Même que vous ne puissiez pas la fabriquer." continua le lieutenant.
" Hmm, t'es vraiment bizarre toi. Mais rassure-toi, la création de la pierre avance bien. La victoire sur les Alliés et les inférieurs nous est quasiment acquise. La race aryenne va régner sur le monde." répondit Elizabeth.
Riza fut horrifiée d'entendre ça venant de ... de ... d'elle-même en fait. Elle se rendit à peine compte de ce qui se passait. Mina avait lancé un couteau qui avait désarmé l'agent, puis un autre qui s'était fiché dans son front. Seule la chute de sa jumelle la fit revenir à la réalité. Riza se regarda, et un frisson la parcourut.
Ainsi, dans un autre monde elle était un monstre.
" Nous n'étions pas si différentes. Moi aussi j'ai ôté la vie à des tas de gens." pensa-t-elle.
" Ben aide-moi ! On va pas la laisser comme ça !" lança Mina en soulevant le corps.
Riza se ressaisit, et l'aida à porter le cadavre. Les filles la cachèrent dans le placard à balais.
" Ca commence vraiment à se corser pour moi. D'abord je me retourne contre eux, et maintenant je leur fais perdre un précieux agent." dit Mina.
" Je me demande si elle nous a dit la vérité à propos de la pierre. Si c'est le cas, les résistants et les Alliés sont mal barrés." fit Riza songeuse.
" Moi je ne comprends rien à cette histoire. Néanmoins, je crois savoir comment vérifier ses dires."
Riza regarda Mina l'air interrogateur.
" Tu ressemble à cette femme comme deux gouttes d'eux. Si tu faisais passer pour elle, on en saurait davantage." expliqua l'enfant.
" C'est une idée. Sauf que je me demande si je saurais être aussi froide. Qui plus est je ne sais rien de son comportement." répondit Riza.
" Maintenant qu'on en est débarrassée, tu n'as qu'à essayer de glisser dans sa peau. Explore sa vie autant que possible, quand tu te sentiras prête nous entrerons en scène." continua Mina.
" Entendu."
Riza sortit de la pièce pour commencer son travail. Elle examina les quelques photos dans le salon, dans des albums. Ensuite, elle alla voir quel genre de vêtements elle portait. Riza trouva surtout un journal intime qui allait lui être fort utile. Elle jeta un oeil à un réveil. Mieux valait rentrer, les gars devaient se poser un tas de questions. Riza embarqua les notes concernant la fabrication de la pierre, puis elle et Mina revinrent au maquis. Roy les y attendait devant l'entrée.
" Roy ? Mais qu'est-ce que tu fais debout ?" fit Riza.
" Je peux savoir où tu étais ? Au cas où tu l'aurais oublié, on est en guerre ! Si jamais les nazis nous trouvent on est bons pour les camps de concentration !Quand tu pars préviens-nous enfin, au lieu d'agir comme une idiote ! " s'exclama-t-il furieux.
" Non je n'ai pas oublié ! Ce que je suis en train de faire pourrait sûrement vous sauver la peau et celle des Alliés, môssieur Mustang !" riposta-t-elle.
" Quoi ?"
Roy la suivit à l'intérieur de la ferme.
" Attends ! Tu peux être plus claire ?" demanda-t-il en lui attrapant le bras.
Mais Riza se dégagea, attendit que Mina soit entrée dans sa chambre avant de lui claquer la porte au nez.
" Riza ! Ouvre-moi cette porte tout de suite !" s'écria Roy en tambourinant dessus.
" Désolée, y paraît que j'agis comme une idiote. Alors ouvrir une porte, tu pense bien que ce n'est pas dans mes cordes !" s'exclama-t-elle.
Roy sourit malgré sa colère. Il avait été si inquiet en apprenant son absence, et qu'il lui arrive quelque chose. La revoir le soulageait mais le rendait furieux aussi.
" S'il te plaît." reprit-il d'une voix calme.
" Rien à faire !"
Roy soupira et appuya sa tête contre la porte. Havoc passa à ce moment-là :
" On dirait un vieux couple qui se dispute !" lança-t-il amusé.
" De quoi je me mêle ?!"
A l'intérieur de sa chambre, Riza avait commencé la lecture du journal intime, pendant que Mina décryptait les notes. Ce que lisait le lieutenant la dégoûtait et l'effrayait. Elizabeth détaillait les activités nazies en tout genre, et n'omettait rien. Ni l'état des corps quand il y avait eu une fusillade, ou encore les tortures infligées aux malheureuses victimes de cette folie barbare. C'est que son autre moi y prenait plaisir en plus. Ca lui plaisait de torturer de gens, de les tuer, sous prétexte qu'ils étaient différents.
" Et c'est dans la peau de cette créature que je dois me glisser. Je ne sais pas si j'en sortirais indemne." se demanda-t-elle.
Riza resta donc enfermée dans sa chambre des jours durant. Roy commençait à croire que c'était de sa faute. Il lui avait simplement demandé de les prévenir si d'aventure elle devait s'absenter, pas de s'emmurer. Il tenta plusieurs fois de lui adresser la parole, mais Riza restait neutre, voire indifférente. Ce qu'il trouvait pesant à la longue.
" Riza je t'en prie, il faut qu'on discute tous les deux. Tu as tendance à m'éviter depuis quelque temps. Si c'est à cause de l'autre jour, quand je t'ai insultée sache que j'en suis profondément désolé. Mais ça ne doit pas faire de nous des ennemis." dit-il.
" Tu n'y es pour rien. Je suis simplement très occupée. Je ne t'en veux pas du tout rassure-toi. Ta réaction était parfaitement normale." répondit-elle.
" Mais tu peux tout me dire, tu sais. Tu me fais assez confiance pour ça non ?"
" Bien sûr, seulement pour ton bien-être, et celui de nombreuses personnes il vaut mieux tu ne sache rien."
" Riza ..." insista Roy.
Elle s'arrêta, et lui posa une main sur la joue :
" Je te fais entièrement confiance Roy. Depuis le début. Maintenant, montre-moi que toi aussi tu as confiance en moi."
" Tu ne fais rien de dangereux au moins ?" s'inquiéta-t-il.
" ... non."
Riza détestait lui mentir, mais si elle le mettait au courant de son plan il risquait de vouloir en être. Or Riza ne voulait surtout pas qu'il soit en danger. Roy avait déjà été blessé, pas question que ça reproduise. Au bout de quelques jours, Riza se senti prête à infiltrer les nazis. Black Star l'accompagnerait. Auparavant, le lieutenant informa le chef de résistance de son départ.
" Tu t'en va ? Mais où ? Pourquoi ?" demanda Roy, attristé par cette nouvelle.
" Je te l'ai déjà dit, il vaut mieux que tu ne sache rien. Continue ta lutte, moi je vais agir sur un autre front." répondit-elle en déposant sa valise dans le coffre d'une voiture dérobée, celle de l'agent nazis en l'occurence
" Non Riza, tu ne peux pas t'en aller comme ça et me laisser en plan. J'ai le droit de savoir ce que tu manigance !" insista Roy en se plantant devant elle.
Riza soupira. Aussi têtu que son colonel.
" Pas question. Ce que je dois faire ... est bien trop risqué."
" Je m'en doutais. Tu prépare un coup dangereux, c'est ça ? Dans ce cas, laisse-moi venir avec toi."
" Non Roy. Tes hommes ont besoin de toi. Et si tu insiste, je te préviens que je n'hésiterais pas à t'assomer. J'ai été claire ?" avertit Riza.
Roy s'écarta alors pour la laisser passer.
" Attends." reprit-il en la retenant par le poignet.
Avant qu'elle ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, Riza se retrouva dans ses bras et surtout, les lèvres de Roy sur les siennes. Il l'embrassa à la fois avidement et désespérément.
" Fais bien attention à toi, et reviens-moi vite d'accord ?" murmura-t-il, le front contre le sien.
" Oui je ... ferais aussi ... vite que possible." répondit-elle.
Roy la relâcha, et s'éloigna vivement. Riza n'eut plus qu'à monter dans la voiture.
" Dire qu'il a fallut que j'atterrisse dans un autre monde, pour avoir un baiser de lui. Quelle ironie." se dit Riza en démarrant.
Quelques heures plus tard, Riza arriva à l'endroit où son autre moi travaillait habituellement. Une caserne.
" Bon : voyons voir si j'arrive à entrer dans la peau du personnage. Tu trouve que mon air est assez froid ?" demanda Riza en se tournant vers Black Star.
" C'est parfait. Tâche de le conserver en toute circonstance." répondit l'adolescente.
Riza hocha la tête, et elles descendirent du véhicule. Riza remarqua les soldats la regardaient avec crainte. Tout à coup, un homme qui était le double d'Archer vint à leur rencontre. Le lieutenant parvint à masquer sa surprise.
" Tiens ! Vous avez fait connaissance toutes les deux ?" demanda-t-il.
" Par hasard. Mais son aide m'a été précieuse." répondit Riza.
" Je n'en doute pas. Votre collaboration est une excellente chose. Avez-vous ramené les notes que je vous avais confié Elizabeth ?" reprit Archer.
" Les voici. Elles m'ont été très utiles." répondit Riza en lui tendant un dossier.
Archer sourit, et leur demanda de les suivre dans son bureau. Il les fit asseoir, avant de s'installer lui-même.
" La création de la pierre avance bien, m'avez-vous dit alors de notre dernier entretien. Justement, une nouvelle fournée de détenus arrivera cet après-midi. Vous savez quoi en faire." annonça-t-il.
" Tout à fait monsieur. J'ai hâte d'y être." fit Riza en esquissant un sourire.
" Je m'en doute bien, vous connaissant ... remarquez, c'est tout à votre honneur. Vous contribuez grandement à la réalisation du projet de notre fürhrer. Il a entendu parler de vous d'ailleurs, et souhaite vous rencontrer un de ces jours."
Riza feignit l'étonnement. Intérieurement, elle mourait d'envie de lui exploser le casque ainsi qu'au responsable de toutes ces horreurs. L'entretien prit fin avec la prise d'un rendez-vous pour continuer la création de la pierre philosophale.
" Ca va tu tiens le coup ?" demanda Mina.
" Je te dirais ça quand j'aurais évacué mon stress."
Riza arriva à proximité d'un champ de tir. Pile ce qu'il lui fallait. La jeune femme s'y dirigea d'un pas vif et empoigna un pistolet, dont elle vida le chargeur sur une cible relativement loin. Mina ignorait qu'elle tirait aussi bien. Les soldats alentour eux, ne parurent pas l'être le moins du monde. Riza vida trois chargeurs avant de se sentir plus calme.
" Seriez-vous en colère miss Hawkeye ?" demanda Archer derrière elle.
Riza plaqua un sourire sur son visage avant de se retourner pour lui répondre.
" Que voulez-vous, l'excitation de ce qui va se passer tout à l'heure ... faut bien que j'évacue."
" Oui c'est sûr ! Je vous laisse poursuivre dans ce cas."
Il s'en alla. Riza tira encore un peu histoire de, puis quitta la caserne. Elle et Mina avait loué une chambre à proximité. Riza alla se planter devant sa fenêtre, qui donnait sur la caserne.
" Savoir que j'ai ça sous le nez me file la nausée." confia la blonde.
" M'est avis que ce n'est rien à côté de ce qui t'attends cet après-midi." fit Mina avec justesse.
" En effet. Je vais devoir tuer des gens qui ne le méritent pas."
Encore, pensa-t-elle. Riza appuya la tête contre la vitre. Vivement qu'elle puisse rentrer chez elle.
