Riza venait de vivre un après-midi des plus éprouvants. Elle tenait à peine sur ses jambes quand elle revint à l'hôtel. Mina était obligée de la soutenir. Riza s'assit sur le lit. Elle resta un moment le regard dans le vague, et finit par éclater en sanglots. Le lieutenant entendait encore les coups de feu et les cris de panique des déportés. Riza ne savait pas comment elle avait fait pour ne pas craquer plus tôt. Mina resta à côté d'elle, les mains sur les épaules de la jeune femme. Même elle n'avait eu à vivre ça, prenant généralement ses victimes par surprise. Petit à petit, les sanglots de la blonde cessèrent.
" Ce n'est pas possible d'être à ce point inhumain !" dit-elle.
Riza prit un mouchoir. Elle avait connu la guerre pourtant, mais le confit d'Ishbal n'avait pas atteint une telle barbarie. Quand Riza avait affronté ces combattants, ils étaient armés pour commencer, et on ne les avait pas envoyé dans des camps pour mourir. Riza essuya ses yeux rougis par les pleurs. Dire qu'elle allait devoir subir ça pendant un moment encore ! Et dire aussi que son autre moi aimait ce genre de passe-temps !
Riza avait aperçut la pierre philosophale des nazis. Elle n'était pas aussi grosse que celle de son monde. Le lieutenant se disait que puisque c'était suite à un contact avec cette pierre qu'elle avait atterri ici, un autre pourait lui permettre de rentrer. Si toutefois elle parvenait à ouvrir un passage.
Pendant ce temps-là, Roy et Jean revenaient des courses. Riza était partie la veille, et le chef du réseau se sentait triste. Tout à coup, ils virent un attroupement devant un immeuble. Des gars sortaient en tenant une civière couvret d'un drap blanc. Le vent soufflait.
" Un meurtre ?" fit Jean.
" On dirait bien." répondit Roy.
Le vent souffla plus fort, et le drap blanc s'envola dévoilant la victime. Roy laissa tomber ses filets. Jean resta bouche bée. Sur la civière se trouvait une femme blonde au visage connu pour tout deux.
" Non ... non pas elle ..." souffla Roy.
Les gars mirent la civière dans une ambulance.
" RIIIZAAAA !" hurla Roy en se précipitant.
Mais l'ambulance démarra, et il ne put que courir après. Jean le rejoignit.
" Riza ... elle est morte ... ma Riza est morte ..." articula Roy.
" Viens il faut qu'on rentre." dit Jean.
Il lui donna ses filets de guerre, et tous deux rentrèrent. Roy s'enferma dans sa chambre, et laissa libre cours à son chagrin. Jean annonça la nouvelle aux autres, qui furent peinés. Après avoir éliminé le traître qui menaçait la résistance, ils avaient fini par l'apprécier. Roy lui, se jura de faire payer ce crime aux nazis. C'était de leur faute si Riza était morte. Ils allaient le payer au prix fort.
" Mon ange ... ma petite Riza, je te promet que ton meurtre ne restera pas impuni." dit-il.
Durant les jours qui suivirent, les résistants de Roy s'attaquèrent à nombre de convois allemands. Et à chaque fois, leur chef les massacrait. Cet accès de violence les étonna, car ça ne lui resemblait vraiment pas.
" Roy bon sang arrête ! Tu t'abaisse à leur niveau là ! " fit Breda en l'éloignant d'un soldat sur lequel il cognait depuis un moment.
" Justement ! Qu'ils comprennent leur douleur, ça leur fera pas de mal ! " répliqua Roy en se dégageant.
Jean et Breda échangèrent un regard. Le chagrin dû à la perte de la femme qu'il aimait le conduisait à cette extrémité, mais en même temps, ils n'avaient jamais autant lutté contre l'occupant. Mais il ne fallait pas non plus qu'il perde le nord.
Naturellement, les nazis entendirent parler d'eux et décidèrent de réagir. Les représailles allaient être terribles.
" Il faut absolument empêcher ça. Les Allemands projettent d'attaquer un petit village proche de celui où se trouve Roy et sa bande. Je dois le prévenir en vitesse." pensa Riza.
De retour à l'hôtel, elle informa Mina de ses intentions. La jeune fille fut également d'accord.
" Reste à trouver comment lui faire parvenir le message. Nous ne pouvons pas quitter le quartier sans éveiller l'attention." rappela Mina.
" Je sais. Sauf si on fait ça de nuit."
Riza griffona le message en vitesse. Le soir venu, elle sortit de l'hôtel à vélo et fit route vers le maquis des résistants. Pour y voir, le lieutenant avait noué une lampe au guidon de son vélo. Après avoir longuement pédalé, elle arriva dans le sentier qui conduisait au repaire des résistants. Riza abandonna son vélo dans un fourré, et se dirigea à pied vers la ferme, plus précisément du côté de la chambre de Roy. Il n'était pas à l'étage, ça facilitait la tâche de la blonde.
Riza ouvrit la fenêtre, et coinça son message dedans. Théoriquement, Roy ne pouvait pas le manquer. Elle referma doucement la fenêtre, et retourna à son vélo. Riza pédala aussi qu'à l'aller pour rentrer à son hôtel. Les rayons du soleil tirèrent Roy de son sommeil, le jour suivant. Le brun se leva encore endormi, et alla ouvrir sa fenêtre. Il vit alors une feuille pliée en deux coincée dans la fenêtre.
Roy fronça les sourcils, et ouvrit les volets pour pouvoir lire. Il déplia ensuite la feuille.
" Les nazis vont attaquer le village de Ste Marie-des-anges dans deux jours, en représailles de vos actions. Tenez-vous prêts. Signé R.H." lut-il.
R.H ? Comme ... comme Riza Hawkeye ? Impossible elle était morte ! Pourtant ces initiales ... Roy avait un doute. Se pourrait-il qu'elle ne soit pas décédée en fin de compte ? Il l'avait pourtant vue sur la civière l'autre jour, et la pâleur de sa peau ne laissait aucun doute. Quoi qu'il en soit, Roy décida de prendre ce message au sérieux. Il s'habilla, et se rendit dans la salle à manger pour informer ses compagnons de la nouvelle.
" Tu crois vraiment que c'est elle ?" demanda Kain.
" Je l'espère vivement. Deux jours, ça fait un peu juste pour s'organiser. Je vais immédiatement contacter d'autres réseaux." répondit Roy.
Il regarda une dernière fois le message, et s'installa pour déjeuner. Il mangea rapidement du reste. Ceci fait, Roy se rendit dans une imprimerie où on l'on éditait les journaux de la résistance. Il trouva l'imprimeur, et lui expliqua son cas.
" Entendu, je vais faire passer un avis codé." répondit-il.
" Bien, moi je peux contacter un autre chef de résistance." annonça Roy.
Roy se sauva, pour aller trouver Grégoire. Quand il sut toute l'affaire il hocha la tête :
" Compte sur nous."
" Merci."
Le message de Roy fur passé dans divers journaux. Il reçut bientôt des réponses de quatre autres maquis environnants. Avec le sien et celui de Grégoire cela faisait six en tout. Ils pourraient défendre le village. Roy mit également au courant le maire du coin de la visite des nzais. Il savait pour le connaître que celui-ci n'était pas un partisan de ces barbares.
" Je te remercie de nous prévenir. Ici il y a des collabos comme partout, mais une bonne majorité déteste ces foutus nazis. Ils prendront les armes sans hésiter." répondit le maire.
" Nous nous posterons aux alentours. Laissez-les entrer dans le village, on les prendra en tenaille. Ah, il devrait en principe y avoir une jeune femme blonde avec eux. Surtout ne la blessez pas, elle est de notre côté." prévint Roy.
" Une espionne ? D'accord, je ferais passer l'info."
Roy le remercia, et retourna à son maquis. Il n'y avait plus qu'à attendre.
Riza apprit comme elle s'en doutait qu'elle ferait partie de l'expédition. Pourvu que Roy aie prit son avertissement au sérieux ... autrement le village courait au massacre. Les nazis partirent à la date prévue, de bonne heure le matin. Le trajet se déroula sans incident, et ils entrèrent au village. Une sentinelle des résistants donna le signal d'approche. Le maire vint à la rencontre des soldats allemands. D'un coup d'oeil il repéra Riza.
" Nous venons pour un recensement. Rassemblez vos gens sur la place publique. annonça le nazi.
" Bien, je vais sonner la cloche de l'église, ils comprendront." répondit le maire.
" Nous les attendrons là-bas." continua le soldat.
Le maire s'éloigna, et réprima un sourire. C'est ça les gars, attendez-nous là-bas, pensait-il. Il sonna la cloche de l'église, alertant par là-même les résistants qui commencèrent à se rapprocher.
" Hé ..." fit un nazi en voyant les villageois arriver.
" Quoi ?" demanda son supérieur.
" C'est normal qu'ils soient armés ?"
Le chef de l'expédition observa les villageois. Maisn oui, ils étaient armés ! Et ils les encerclaient en plus. Le soldat comprit aussitôt ce qui se passait.
" C'est un piège ! Feu à volonté !" ordonna-t-il.
En entendant ça les villageois ouvrirent le feu les premiers. Riza s'était arrangé se pour se retrouver cachée par les soldats. Hélas, elle savait que d'autres allaient rappliquer. Ca ne fit pas un pli : une escouade arriva, à bord d'un camion pourvu d'une mitrailleuse. Heureusement, les résistants déboulèrent au même moment et canardèrent les nazis dans le camions.
" Ils sont trop nombreux ! On doit se replier !" lança Riza.
Elle avait sortit une arme et faisait exprès de manquer ses cibles. Chacun étant occupé à sauver sa peau cela passa inaperçu..
" REPLI !" s'exclama le S.S.
Les soldats allemands otbempérèrent tout en continuant à tirer.
" Ils se dirigent vers l'église ! On va pouvoir se faire du nazi grillé !" exulta un villageois.
Les villageois coincèrent les portes de l'église. Certains allumèrent des chiffons enfoncés dans des bouteilles d'alcool. Puis ils les balancèrent dans l'église.
" Arrêtez ! Notre alliée est là-dedans !" s'exclama Roy en accourant.
" Oh merde ! Je l'avais oubliée celle-là !"
" Espèce de crétin ! Si jamais elle meurt à cause de vous je vous abats comme des lapins !" jura Roy.
Des explosions retentirent, puis ce furent des cris. L'église brûlait et elle brûlait bien. Avec tout le bois et le papier qu'il y avait dedans, quoi de plus normal.
" NOOOON ! RIIIIZAAAAA !" hurla Roy en se précipitant vers l'église.
Falman et Kain le retinrent.
" Mais t'es fou ou quoi ? Tu veux brûler toi aussi ?" fit Vato.
" Elle a besoin de moi ! Lâchez-moi je dois aller l'aider !" fit Roy en se débattant.
Ils perçurent ensuite un bruit de vitre cassée. Roy profita de la distraction de ses compagnons pour se libérer. Il alla voir sur le côté. Riza était là, par terre inconsciente. Des soldats tentèrent de sortir, et il les abattit un par un. Quand les flammes apparurent à la fenêtre, il lâcha son fusil pour se précipiter vers Riza. Roy la souleva dans ses bras, et revint vers les autres.
" Venez, on va l'amener chez le docteur." fit le maire en approchant.
Roy le suivit au pas de course. Une fois chez le docteur, il la déposa délicatement sur un lit. Elle était vivante, il avait peine à le croire. Il s'en était fallu d'un cheveux pour qu'il ne la perde. Roy prit un linge qu'il trempa dans un bol apporté par le docteur. Ensuite, il mouilla doucement le visage de la jeune femme.
" Hmmm ..." gémit-elle en tournant la tête.
Riza ouvrit les yeux, pour découvrir Roy penché sur elle. Il lui sembla qu'il avait les larmes aux yeux.
" Coucou." dit-il doucement.
" T'as eu mon message." sourit-elle.
" Oui. Tu as sauvé une centaine de vies."
" On ne sait pas comment vous remercier d'ailleurs." fit le maire.
" Ce n'est pas la peine, je me devais de réagir." répondit Riza.
" On va vous laisser vous reposer, vous l'avez bien mérité." annonça le docteur.
Lui et le maire quittèrent la pièce. Riza se redressa.
" En arrivant j'ai eu peur que tu ne ... mmph !" commença-t-elle.
Roy venait de la bâillonner d'un baiser. Le rythme cardiaque de Riza s'accéléra considérablement quand elle sentit la langue du brun caresser la sienne. Elle savoura ce baiser, avant que Roy ne l'interrompe.
" Ma Riza ... j'ai cru que tu étais morte." murmura-t-il en frottant son nez contre le sien.
" Ah bon ? Pourquoi ?" s'étonna-t-elle.
" Eh bien, en revenant du marché avec Jean, on t'as vue passer sur une civière, recouverte d'un drap blanc." raconta Roy.
" Ah oui ! En fait ce n'était pas moi, mais un agent nazi qui me ressemblait furieusement. J'ai pris sa place pour en savoir plus sur leur nouvelle arme." expliqua Riza.
" Leur nouvelle arme ?" répéta Roy en s'écartant.
" Voui. Quelque chose de très puissant. Mais ne t'inquiètes pas, je gère la situation."
" Tu as infiltré l'ennemi ... c'est très risqué ça ma puce. Trop risqué même, j'aimerais autant que tu abandonne." fit Roy en lui caressant la joue.
" C'est hors de question. Ils m'ont vue, et surtout cette ... arme comme ils disent, va me permettre de rentrer chez moi." répliqua Riza.
" Chez toi ? Tu prétends encore venir d'un autre monde." releva Roy.
" Je ne prétends pas j'affirme."
Roy soupira, avant de se pencher et de l'embrasser à nouveau. Riza était un peu perdue : elle avait rêvé des années durant de ce moment, et quand il arrivait enfin c'était dans un autre monde avec quelqu'un qui n'était pas son colonel. Qui dit mieux en matière d'ironie ?
Roy descendit dans le cou, et l'enlaça. Riza rejeta la tête en arrière pour lui offrir sa gorge. Il la fit s'allonger doucement, et poursuivit ses caresses. Riza passa une main dans la crinière brune avec un soupir de plaisir. Son esprit lui disait qu'elle ne devait pas le laisser aller trop loin. La rupture risquait d'être douloureuse. Mais une autre voix lui soufflait qu'une telle occasion ne se reproduirait sans doute jamais. Et puis elle le désirait tant ... Riza se tendit vers lui quand il passa une main sous son haut.
" Hmmmh ... je ne devrais pas ... sachant que je vais partir bientôt je peux pas le laisser continuer. Plus facile à dire qu'à faire ! J'en rêve depuis toujours. Puis il a une odeur si attirante, et ses caresses me font frissonner quelque chose de mignon." pensa-t-elle les yeux clos.
Roy s'attaquait à présent aux boutons de son chemisier, et enfin sa peau qu'il goûta avec gourmandise. Là, plus question pour Riza d'écouter la voix de la raison. Elle fut incapable de penser à autre chose qu'au plaisir qui affluait par vagues. A part peut-être lui rendre ses caresses ...
