Central
Un mois et demi. Il avait passé un mois et deux semaines sans son lieutenant. Roy se demandait encore comment il arrivait à supporter ça. En tout cas, son amour pour elle s'en trouvait renforcé. Roy aimait Riza, et il allait tout faire pour la ramener. Quitte à donner un voire plusieurs de ses membres. Hayate vint comme chaque soir l'accueillir quand il rentrait. Le colonel avait tenu à le récupérer. Le chien était le seul lien avec Hawkeye, comme une part d'elle.
" Salut bonhomme. Tu ne t'es pas ennuyé ? " demanda Roy en se mettant à la hauteur du chien.
" Wof ! Non. Et maman, tu me la ramène quand ? "
Roy caressa le toutou, qui posa deux pattes sur sa cuisse et lui lécha consciensieusement le visage. Hayate était la seule chose capable de le faire sourire à présent. Le colonel se leva ensuite, pour lui donner sa pâtée. Puis il se servit son dîner. Ensuite, Roy se rendit au salon pour lire son journal. Hayate le suivit, et l'interrogea du regard pour monter sur le canapé.
" Allez grimpe." dit Roy en tapotant le siège.
Le chien ne se fit pas prier, et s'installa à moitié sur ses genoux. Une fois sa lecture terminée, Roy replia le journal et caressa le chien pensivement. Hayate lui léchait la main de temps à autre. Roy lui, finissait par se confier à l'animal qui lui prêtait toujours une oreille attentive, et lui répondait.
" Tu sais Hayate, je vais me répéter mais ta maîtresse me manque horriblement. Moi et les p'tiots on n'arrive pas à se décider pour ouvrir cette saleté de Porte. Il faut dire que cette histoire de péage, comme Al le dit, nous freine considérablement. Sans parler du fait que nous ne sommes pas sûrs à cent pour cent de la trouver, même si on l'ouvre." raconta Roy.
Hayate émit un couinement désolé. Le colonel reporta ses yeux sombres sur lui.
" Ouais je sais. C'est pénible comme situation. Mais je crois que j'ai assez tergiversé. Je vais ouvrir cette Porte et aller chercher Riza, où qu'elle se trouve et quel que soit le prix à payer. Tu va me dire que j'aurais dû faire ça depuis des jours, et t'as pas tort."
" Hé ho ! Je suis pas sadique non plus ! Moi non plus j'aurais pas envie de perdre une patte ou autre ! " pensa Hayate.
" Mais je vais la ramener. Je me le suis juré." continua Roy.
" Je sais j'étais là. Bon, c'est pas que cette discussion m'ennuie, mais si ça continue y va me faire hurler à la mort. Voyons si je peux nous remonter le moral."
Hayate sauta à bas du divan, pour aller chercher un frisbee qu'il présenta à Roy. Le colonel sourit. L'animal faisait tout pour qu'il se sente mieux. Exactement comme sa maîtresse. Roy prit donc le disque, et le lança au chien qui l'attrapa au vol. Ils jouèrent ainsi pendant une heure. L'humeur du brun s'en trouva considérablement améliorée.
" Allez suffit ! Je vais me coucher." décréta Roy.
" Wouf ? "
" Oui, toi aussi."
Hayate alla donc reposer son frisbee dans le panier contenant ses jouets, avant d'aller dans celui qui lui tenait lieu de lit. Roy se toiletta, enfila son pyjama et se coucha à son tour. Quelques instants plus tard, il sentit un mouvement sur son lit, et quelque chose de doux soulever son bras pour se glisser en dessous.
Roy sourit. Hayate attendait toujours qu'il éteigne la lumière pour venir se coucher à côté de lui.
" Riza va penser que je lui donne de mauvaises habitudes." songea-t-il.
Tant pis. Roy se rapprocha du chien, imaginant ( !!!!) qu'il s'agissait de Riza.
France.
Riza se leva, prête à affronter une nouvelle journée de prise de tête. Faire fonctionner la pierre philosophale s'était avérée plus difficile qu'elle ne l'aurait cru. En réalité, elle avait rapidement trouvé comment faire, mais pour ne pas éveiller les soupçons Riza retardait l'ouverture. Et il lui fallait trouver comment ouvrir la Porte sans que les nazis le remarquent.
" Je pourrais essayer l'alchimie. Après tout j'ai les connaissances nécessaires." dit-elle à Black Star tout en se brossant.
" Je n'arrive toujours pas à croire cette histoire de monde parallèle." répondit l'adolescente.
" Je sais, Roy non plus. Vous verrez bien quand je ne serais plus là."
" Tu compte l'abandonner ? Et moi aussi ?" demanda Mina en se présentant à la porte de la salle de bain.
Riza soupira, et finit de nouer ses cheveux en queue de cheval.
" Je ne vous abandonne pas. Vous comptez beaucoup pour moi, mais ma place est parmi les miens." répondit Riza.
Elle rangea sa brosse et quitta la pièce. Mina ne savait plus quoi penser. Quelques instants plus tard, toutes deux se présentèrent sur leur lieu de travail. Le lieutenant avait son idée pour ouvrir ce passage. Auparavant, elle aurait une dernière chose à faire. Tout en travaillant sur l'activation de la pierre, Riza peaufinait mentalement son plan. Il lui faudrait agir dans ce monde, mais aussi dans le sien. Car elle pensait que la pierre s'y trouvait encore.
" S'ils l'ont déplacée, qui sait où je vais atterrir." pensa-t-elle.
Peu importe, le plus dur serait fait. Si Riza ne se pose pas à Central, gagner la cité ne sera pas compliqué. Tout à son idée, elle ne vit pas le temps passer. Le grand soir comme elle l'appelait arriva vite. Une fois sortie de chez elle, Riza entreprit de rejoindre la base des résistants dirigés par Roy. Ce dernier entendit frapper doucement à sa fenêtre. Il se leva et alla voir.
" Riza ma chérie !" s'exclama-t-il en la découvrant.
Il ouvrit sa fenêtre, et l'aida à grimper. Ceci fait, il l'embrassa longuement.
" Comment se fait-il que tu sois là ?" demanda Roy.
" Ecoute ... j'ai quelque chose à te montrer." dit-elle.
Son ton un peu charginé l'alarma. Riza sortit par la fenêtre, pendant qu'il s'habillait. Roy la rejoignit, et attrapa un vélo auquel il attacha une lampe torche. Puis il suivit la blonde sur la route sombre. Riza le fit entrer dans la bâtisse après avoir assomé et ligoté deux gardes. Roy se demandait toujours ce qu'elle voulait qu'il voie. Au bout d'une demi-heure, ils arrivèrent dans une salle où trônait la pierre philosophale. Black Star les attendaient à côté.
" Qu'est-ce que c'est que ça ?" demanda Roy en découvrant le caillou.
" La nouvelle arme des nazis. Elle devrait leur conférer la victoire sur vous tous. Je vais tenter de s'expliquer le plus clairement possible ce que c'est exactement." répondit Riza.
Central.
De leur côté, Roy et les frères Elric avaient décidé de passer à l'action. Précisons qu'il faisait jour dans leur monde. Les voilà donc de retour dans cette ville disparue par l'avidité d'un de ses habitants. Roy avait fait en sorte que personne ne connaisse l'existence de la pierre philosophale à cet endroit. A force de réfléchir, Ed s'était que peut-être la pierre permettait de passer outre le droit de passage.
" En effet, ça se pourrait bien." dit Roy à la fin de sa théorie.
" Il va de soi qu'Al et moi en profiterons ensuite pour retrouver ce que nous avons perdu." crut-il bon de préciser.
" Evidemment. Dès que Riza sera de retour parmi nous, tu pourras en disposer comme bon te semble." reprit le colonel.
Le trio arriva au bord du trou. Al avait transmuté une trappe couverte par une bonne couche de terre, afin que les curieux ne viennent pas contrarier leur plan. Roy déroula une corde, qu' Edward attacha à un piquet planté pas loin. L'alchimiste blond descendit le premier, suivit de Roy et d'Al. L'alchimiste de flamme se chargea d'allumer les torches environnantes. Puis tous trois s'avancèrent vers la salle où se trouvait la pierre légendaire.
" Bien. Vous êtes prêts à ouvrir cette Porte les enfants ?" demanda Roy.
" Ce n'est pas que j'ai vraiment envie de revoir ce truc, mais on ne peut pas laisser le lieutenant là-dedans." dit Al.
" C'est clair ! Bon, on y va." décida Edward.
France
Roy avait écouté l'histoire de Riza jusqu'au bout. Il restait encore sceptique, aussi lui fit-elle une démonstration en transmutant une lance comme celle que faisait parfois apparaître Edward.
" Alors ... tu disais la vérité à propos de cet autre monde." dit-il.
" Oui. Et ... aujourd'hui je dois rentrer chez moi. Si je t'ai demandé de venir, c'est pour qu'ensuite tu détruise la pierre, et pour te dire adieur aussi." continua Riza.
Roy sentit son coeur tomber dans sa poitrine comme une pierre. Lui qui n'était pas tombé amoureux depuis des mois, voilà que l'élue de son coeur devait le quitter. Ca le rendait très triste, mais en même temps il la comprenait.
" Je ne veux pas que tu parte." dit-il en lui prenant les mains.
" Je sais oui. Sache que je ne fais pas ça de gaieté de coeur, mais je dois rentrer."
Roy la serra contre lui aussi fort qu'il put. Riza lui rendit son étreinte assortie d'un baiser langoureux. La jeune femme étreignit ensuite Black Star.
" Porte-toi bien ma petite, et sauve-toi loin des nazis." lui dit-elle.
La tueuse hocha la tête. Riza la relâcha, et se dirigea vers la pierre philosophale. Si sa théorie était exacte, elle serait bientôt chez elle. Riza posa les mains dessus, et sentit l'énergie incroyable du joyau se répandre en elle. Le lieutenant lança une transmutation. Elle se retrouva l'instant d'après devant la fameuse porte.
" Hé toi ! Ramène-moi dans MON monde !" lança-t-elle.
Les deux battants s'ouvrirent, dévoilant les yeux et les éclats d'enfants. Les bras noirs vinrent ensuite s'enrouler autour d'elle et l'attirèrent à l'intérieur. Riza retrouva la lumière dorée ainsi que le bout du tunnel. De l'autre côté de la porte, dans son monde, Ed et Roy approchaient les mains de la pierre. Soudain, la terre se mit à trembler.
" C'est quoi ? Un tremblement de sous-terre ?" fit Al.
" Vaut mieux pas rester là !" dit Ed.
" Non pas maintenant non !" s'exclama Roy.
Néanmoins il suivit les garçons au-dehors. Ils s'éloignèrent le plus possible de la source du séisme. Il y eut une lumière d'or qui s'échappa du trou, en même temps que le tremblement s'accentuait , forçant les alchimistes à reculer davantage.
" YAOUCH ! Bon sang, pouvait pas me faire atterrir sur mes pieds non !" s'exclama Riza.
Le lieutenant venait en effet se scratcher comme une crêpe sur le sol. Elle se releva et épousseta la terre de ses vêtements. Tout à coup, elle entendit un grand cri :
" RIZA !"
En tournant la tête elle vit Roy foncer vers elle.
" Roy ! Euh colonel !" dit-elle contente.
Cela l'étonna de voir son supérieur courir vers elle. En même temps, ça lui faisait très plaisir. Il la serra dans ses bras à lui briser la colone.
" Waaaaaooouuuuuffff !" fit Riza.
" Riza ! Ma Riza, mon lieutenant ! Tu es là, tu es revenue !" s'exclama-t-il.
Ladite Riza rougissait de plus en plus. C'était tellement inattendu de se retrouver dans ses bras. Elle avait été dans ceux du Roy de l'autre monde, mais là c'était différent. C'était l'homme qu'elle aimait. Ce dernier s'écarta pour la regarder.
" Tu n'as rien ? Tu n'es pas blessée ? " demanda-t-il inquiet.
" N-non ... tout va bien." dit-elle.
Roy lui tenait le visage entre les mains. Il ne tarda pas à le couvrir de baiser, n'arrangeant pas la couleur de teint de la jeune femme.
" Ma Riza à moi ! Je suis si heureux de te revoir ! Pardonne-moi de t'avoir laissée seule ce jour-là." reprit-il en la berçant.
" ..."
Riza aussi était heureuse de le revoir. Elle finit par le serrer contre elle à son tour, respirant avec bonheur son parfum. Roy l'escorta ensuite jusque chez elle.
" Hou ! Ca a besoin d'être aéré." constata-t-elle.
Elle se mit aussitôt en devoir d'ouvrir toutes les fenêtres. Roy la regardait faire, les yeux brillants d'amour.
" WAAAH !" s'exclama Riza depuis le salon.
Roy accourut aussitôt :
" Qu'est-ce qui se passe ?" demanda-t-il.
" Je suis en train de penser à la montagne de dossiers qui doit m'attendre sur mon bureau !" répondit Riza.
Roy la regarda cinq secondes, puis éclata de rire. Il rit à gorge déployée durant un moment, sous le regard surpris de sa subordonnée.
" Oh que c'est bon de te revoir, ma belle !" dit-il les larmes aux yeux.
Hein quoi ? Ma belle ? C'est à moi qu'il parle, se demanda Riza.
" Et mon toutou il est où ?" reprit-elle en regardant partout.
" Chez moi. Je m'en suis occupé durant ton absence." répondit Roy, calmé.
" Vraiment ? Merci beaucoup." dit Riza agréablement surprise.
" Mais de rien voyons. Allez viens, on va aller le chercher."
Roy la prit par la main, re-bonjour la rougeur, et ils se rendirent chez lui. Hayate fit une fête monstre à Riza, qui le lui rendit bien sous le regard attendri de Roy.
Puis il alla prendre le panier du chien et celui de ses jouets, pendant qu'elle portait Hayate qui n'en finissait pas de lui faire des bisous. Le trio retourna donc chez Riza. Roy les laissa à contrecoeur. Il voulait rester le plus longtemps possible auprès de sa chère Riza, mais il devinait qu'elle avait besoin de se remettre.
Le lendemain, les retrouvailles joyeuses continuèrent au Q.G. La jeune femme leur raconta son aventure là-bas, sans préciser sa relation naissante avec le Roy de l'autre monde. Puis il fallut bien se remettre au travail. Sauf que ... le colonel préférait passer son temps à baver devant son lieutenant plutôt que de remplir ses dossiers. Et comme on s'en doute, lui et Riza restèrent le soir pour terminer la paperasse en retard.
" Je vois que certaines choses n'ont pas changés ici." fit-elle remarquer.
" Si tu veux savoir la vérité, je l'ai fait exprès. Tu pourras demander aux autres, j'arrivais à finir mon travail relativement dans les temps." répondit-il.
Oo ! Il l'avait fait exprès. Ben voyons. Riza demanda le pourquoi du comment en apportant une dernière pile, et vit son supérieur afficher un large sourire et se lever.
" C'est tout bête en fait, ma petite fleur." répondit-il en s'approchant d'elle.
Gné ? Qu'est-ce qui lui arrivait ? Instinctivement Riza recula au fur et à mesure qu'il approchait.
" Si j'ai pris du retard disais-je, c'est pour qu'on puisse rester seuls tous les deux. Rien que toi et moi mon adorable lieutenant." continua Roy.
Riza reculait toujours, surprise de sa voix et de son regard tendre. Elle n'aurait jamais pensé que ça lui serait un jour destiné, malgré ses plus secrètes espérances. La jeune femme finit par heurter son bureau, et se retrouva ainsi coincée. Roy se pencha, et appuya ses mains sur la table.
" Tu m'as tellement manqué ma Riza à moi." dit-il d'une voix gémissante.
" Ah ... ah bon ... euh ..." articula-t-elle.
Roy remarqua la tension de sa belle et plissa les yeux un instant.
" Je te fais peur ma mignonne ?" demanda-t-il.
" Peur moi ? Alors là pas du tout !" dit-elle d'un ton peu convaincant.
Roy s'éloigna d'elle légèrement.
" Ne t'en fais pas, je te ferais pas de mal. Tu me fais bien confiance non ?" demanda-t-il en caressant son visage.
Il lui prit également la main et l'embrassa. Riza ne savait plus où se mettre.
" Oui je ... je vous fait confiance. C'est juste que ... c'est ... si ..."
" Inattendu ?" compléta le colonel.
" Oui !"
" Moui je comprends. Mais en fait, je ... je voulais que tu sache que je tiens énormément à toi. Tout autant que j'ai besoin de toi. Ma puce." avoua Roy.
Houlà, vite une chaise avant que Riza ne tombe dans les pommes. Etait-elle bien revenue, ou bien la Porte lui faisait-elle vivre une illusion ? Elle se rappela le choc de son arrivée, et sut qu'elle ne rêvait pas.
" Je ne le savais pas." dit Riza à mi-voix.
" Et moi je n'en ai pas pris conscience assez tôt. En fait, j'ai réalisé ce que je ressentais le soir de ma rupture. Quand on s'est embrassé." reprit Roy.
Il semblait mal à l'aise maintenant. Que devait dire Riza alors.
" Donc ... si je voulais qu'on reste seuls ... c'est parce que ... - il inspira un grand coup - je voulais te dire que je t'aime."
Une bombe tombant à ce moment-là ne l'aurait pas davantage ébranlée. Riza fixa Roy pendant un loooong moment.
" Quoi ?" dit-elle.
" Je t'aime Riza. Je te jure que c'est vrai et profonds. J'ignore si tu va me croire, mais ce ne sont pas des mots que j'ai dit souvent. Même pas à mon ex. Je m'y était attaché, parce qu'elle te ressemblait. Un moment j'avais l'impression que c'était avec toi que je sortais. Nous avons rompu parce qu'elle a compris que je ne l'aimais pas vraiment." raconta Roy.
Riza vit qu'il était sincère. Elle voyait aussi qu'il avait peur qu'elle le rejette. Ce fut alors un vrai feu d'artifice dans son coeur. Riza lui attrapa le visage, et l'embrassa passionnément. D'abord surpris, Roy réagit avec ferveur.
" Je t'aime aussi Roy. Je t'aime depuis toujours." chuchota-t-elle.
Roy sourit de toutes ses dents, et l'embrassa à nouveau.
