Adieu ! Je crois qu'en cette vie
Je ne te reverrais jamais
Dieu passe, il t'appelle et m'oublie
En te perdant, je sens que je t'aimais
Alfred de Musset
La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.
Jules Renard
Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices.
Balzac
A défaut du pardon, laisse venir l'oubli.
Alfred de Musset
Car j'ai jugé pur et cru limpide, un être aussi noir que l'enfer et aussi sombre que la nuit- :toi.
Shakespeare.
Les heures, les minutes, les secondes passaient et Harry voyait son père disparaître petit à petit. On était déjà mardi soir et James, Sirius, Remus et Peter devaient partir le lendemain tôt dans la matinée. La journée s'était déroulée à une vitesse impressionnante. Harry avait depuis le début de ces deux jours, vraiment apprécié la compagnie de son père, de son parrain et de Remus. Ils ne virent plus Peter qui s'était réfugié dans le bureau de Dumbledore et ne semblait pas vouloir en sortir. Tout le monde évitait de faire allusion à ce dernier ainsi qu'à ce qu'il venait d'apprendre. Personne ne souhaitait voir un silence pesant s'installer. Pas maintenant en tout cas. James posait sans cesse des questions sur la vie d'Harry et il était chaque fois impressionné et fier d'avoir un tel fils. Sirius s'amusait à dire que Harry avait décidément un caractère de cochon mais que vu ses géniteurs, c'était totalement normal. Il n'avait pas souhaité connaître la façon dont il était mort, pour lui savoir que c'était en sauvant Harry lui suffisait. En début d'après midi, ils avaient rendu une visite à Hagrid qui s'en était réjoui puis ils s'étaient ensuite dirigés vers la grande salle pour dîner quand, en chemin, ils croisèrent Malefoy et ses deux acolytes, Crabble et Goyle.
-Regardez qui voilà ! S'exclama Malefoy sur un ton sarcastique. Fils et père Potter, Black, Lupin, Granger et Wes-moche.
-Tiens, bonsoir la fouine! Répondit James. A ce que je peux voir tu as amené cette fois ci avec toi tes deux brebis galeuses !
-Sur un autre ton Potter ! Cracha Drago.
-Désolé, mais ce n'est pas dans nos habitudes d'obéir aux ordres ! Répliqua Sirius.
-Oui et tu en es mort ! riposta t-il.
-Mieux vaut mourir libre que servir pour la fin du de ses jours un mage psychopathe, déséquilibré et menteur de surcroît !
-Revois ta notion de liberté, Black. Je t'apprendrai que tu étais recherché par toute la communauté sorcière et que tu ne pouvais pas sortir de ta maison sans risquer de te faire prendre !
-Libre ne signifie pas pouvoir bouger et sortir à sa guise, libre c'est pouvoir penser et agir comme on l'entend, libre c'est dépendre de personne ! Ouvre ton esprit de temps en temps, Malefoy, sinon tu va devenir aussi pitoyable que ton pauvre père et ton maître !
-Mesure tes paroles !
-Sinon quoi ? Tu vas me tuer ?
-Ta cousine s'en chargera !
-Serpent de malheur, je vais te tuer ! Cracha t-il en s'avança, l'air menaçant.
James le stoppa d'un bras tandis que Drago arborait un sourire.
-Dis-moi Drago, intervient Hermione, J'ai entendu dire que ton père avait réussi à s'enfuir d'Azkaban et j'aimerais savoir que compte t-il dire à Voldemort pour s'excuser de sa misérable défaite de l'année dernière ! Il ne doit pas être très content, Voldy !
-Misérable défaite est un euphémisme, Hermione ! Compléta Harry. Imagine la scène : lui mangemort et sorciers de renom s'est fait battre par quelques adolescents sans expériences et sans puissances ! Moi, si j'étais à sa place, j'aurais tellement honte que je ne sortirais plus de chez moi !
Ron éclata de rire devant la réplique de Harry ce qui accentua encore un peu plus la fureur de Drago.
-Tu ne t'en sortirais pas comme ça, Potter ! Menaça t-il sur un ton glacial.
-Bouh ! J'ai terriblement peur !
Sirius éclata de rire puis ajouta :
-Si tu crois que tu peux le tuer, vas-y tente ta chance mais si j'étais toi, je me méfierais ! Penses-tu vraiment réussir là où Voldemort à échouer…Combien de fois Lunard, déjà ?
-Cinq fois Patmol !
-Oui, voilà, Cinq fois ! Cinq tentatives, cinq défaites. Cela a du être dur à encaisser !
Drago vira en blanc et ses lèvres devinrent si fine, qu'elles ne ressemblaient plus qu'à un trait. Il jeta un regarda meurtrier à Harry mais qui n'échappa pas à James.
-Je te préviens, Déclara James sur un ton posé mais froid, et je te conseille de le dire à tous tes amis, si tu touches un cheveu de Harry, tu vas le regretter, tu as ma parole ! Que je sois mort ou pas, handicapé ou blessé, malade ou un fantôme, prisonnier ou ministre, tu vas en pâtir ! Plus jamais tu n'auras la vie tranquille, je te pourchasserais nuit et jour, je rendrais tes jours tellement insupportables que tu me demanderas à genoux de t'achever ! Si tu touches un cheveu, ta vie va devenir un enfer et à côté Voldemort ne sera rien ! Si tu lui touches un cheveu, tu va connaître la fureur des Potter et la rage d'un maraudeur et je te préviens que ça ne fait pas un bon mélange ! Maintenant, tu déguerpis de ma vue, tu me fais mal aux yeux ! Retourne dans ton nid de cafard et restes-y ! Et rappelle-toi, d'une chose, c'est que James Potter en colère c'est pire qu'un cataclysme !
Drago serra ses poings mais ne préféra rien dire. Il partit sans demander son reste mais se promit une chose ; Il allait se venger ! On n'insultait et on n'humiliait pas un Malefoy sans en subir les conséquences ! Il ne savait pas encore quoi mais une chose était sur, c'est que James Potter allait payer cet affront ! C'était un serpentard et il allait ruser ! Il n'allait pas foncer tête baissée comme ces crétins de Griffondor ! Il allait ruser, recherché le point qui faisait mal et une fois tout en place : il frapperait !
-Je l'ai déjà dit, il est beaucoup trop impressionnable ! Déclara Sirius.
-Si j'étais toi, je me méfierais ! Conseilla Remus, il ne va pas lâcher le morceau comme ça ! Les serpentards sont connus pour être rusés et tenaces !
-Qu'il vienne ! Déclara James ! Je l'attends !
Ils finirent donc leur chemin dans un parfait silence, chacun à ses pensées. Harry avait été surpris par les paroles de son père. Il comprenait désormais mieux pourquoi on disait que son père était craint, il comprenait mieux pourquoi un jour Dumbledore lui avait dit qu'il veillait toujours sur lui, même mort !
Quand ils rentrèrent dans la grande salle, la plupart des élèves étaient déjà installés, Ils allèrent donc se placer rapidement à leur place. A côté de Dean, Peter était assis. James, Sirius et Remus le foudroyèrent du regard mais contre toute attente, Peter ne baissa pas le regard !
Le repas se passa dans une ambiance particulière. Tout le monde souhaitait parler de tout et oublier tout mais la présence de Peter à seulement quelques mètres d'eux, leur rappelait que rien n'était rose. Ce fut pour Harry, le repas le plus long de toute sa vie, par ailleurs chaque élève épiait ses faits et gestes, depuis son altercation avec Rogue.
-Cela va finir par me rendre fou ! S'écria Sirius. Qu'est ce qu'ils ont tous, à nous regarder comme des rats de laboratoire?
-Je croyais que les maraudeurs aimaient bien se faire remarquer ! Observa judicieusement Hermione.
-Remarquer, oui ! Répondit James, mais épier, non !
-Je ne vois pas la différence ! Dit Harry.
-Toute la différence est là, justement, déclara Remus. Quand on se fait remarquer,c'est qu'on le veut bien et puis on s'arrange toujours pour que ça nous mette en valeur tandis que épier, c'est contre son gré et c'est très désagréable dans tous les sens du termes !
-Pour moi, c'est la même chose, annonça Harry. Que je me fasse remarquer ou épier, c'est pareil au final : je n'ai plus d'intimité, plus de vie privée, tout le monde sais tout sur tout, que ce soit vrai ou faux ! La célébrité a beau faire rêver des milliers de gens, c'est l'horreur à l'état pur ! Les gens vous aiment quand vous êtes un héros selon les journalistes ; ils vous détestent quand vous êtes traité de fou, prétentieux et les je-ne-sais-quoi-d'autre-mot; Ils ont pitié de vous quand on raconte les horreurs que vous avez vécues, mais en réalité, peu sont le nombre de personne qui vous aime réellement ! Ils sont là, selon ce que dit la presse et croient à tout ce qu'on leur dit les yeux fermé tant que ça permet de les faire cancaner ! Ils en ont rien à faire que vous soyez heureux, triste et que vous avez mal ! Lorsqu'ils n'ont plus besoin de vous, ils s'arrangent soit pour vous humilier le plus possible, soit pour vous rendre la vie impossible ! Je peux vous assurer d'une chose, c'est que si un jour, j'arrive à vaincre Voldemort en m'en sortant vivant, ils seront pendant les premiers temps à mes pieds mais très vite, ils vont s'en lasser et ils trouveront à nouveau, des choses à me reprocher ! En réalité, ils n'en ont rien à faire !
Quand Harry eu fini sa tirade, il continua de manger comme si rien ne s'était passé. Pourtant en ces quelques phrases Harry avait confirmé les inquiétudes de James. Harry étouffait dans ce monde où sa destinée était déjà toute tracée. Il plongea son nez dans son assiette et essaya de manger mais il n'avait plus d'appétit, d'ailleurs plus personne ne mangeait exceptait Harry. Un froid s'était installé entre la petite troupe. Sans vraiment le vouloir, Harry avait mis mal à l'aise tout le monde. Jamais il ne s'était à ce point révéler sur ce qu'il pensait de sa célébrité mais il fallait que ça sorte. Soudain, un bruit sourd retentit. James tourna le tête et vit que Peter venait de renverser un plat par terre.
-Un bon à rien, commenta Sirius avec dans la voix, aucune sympathie. Il retourna vite à sa soupe sans se soucier une minute à ce rat.
James quant à lui, il ne pouvait pas détacher son regard de Peter. Il avait l'air tellement inoffensif, si chétif qu'on avait du mal à croire qu'il puisse un jour les trahir, qu'il ose les vendre à Voldemort. Quoi que si James y réfléchissait bien, Peter avait toujours eu une tendance à fuir et à abandonner ce qui lui était cher ! De plus son animagus représentait peut être ce côté caché. Un Rat. Un animal discret qui ne paraît pas méchant mais qui au fond de lui, est d'une cruauté sans égal, près à tuer pour ses intérêts ! La rage monta en James. Comme s'il sentait le poids de son regard, Peter tourna sa petite tête et croisa le regard froid et sévère de James. Celui de Peter était sec et vitreux. Soudain, égal à s'il venait de recevoir un sort, le corps de James se crispa, son ventre se comprima, ses mains devinrent moites et une peur inconnue s'empara de lui. Des images apparurent alors, des personnes qu'ils connaissaient, des voix qu'ils connaissaient, sa voix…
« Lily tenait contre elle un bébé, son visage était triste.
Une prophétie.
Un gardien du secret.
Sirius ? Peter ? Remus ?
-Prend Peter, James, personne ne se doutera que se sera lui, alors que moi…
-On doit se cacher, Lily, on le doit.
-James !
-James !
-J'ai peur, James !
Lily épouvantée serre un bébé dans ses bras.
Elle crie !
Elle pleure !
Elle a peur !
IL arrive !
-Sauve-toi, Lily ! Sauve-toi avec Harry ! Je le retiens !
La peur !
Des cris !
Un rire !
Les pleures d'un bébé !
Des supplications !
Le hurlement d'une femme !
Une porte qui claque !
Un sanglot !
Un jet vert ! »
-James ? Demanda la voix de Remus. Ca ne va pas ?
-Si…c'est…rien…je vais….je…bien. répondit il évasif en continuant de regarder Peter.
IL se leva finalement de table sous le regard interrogateur de ses camarades et sortit de la grande salle. Il avait besoin de prendre l'air. Ses jambes tremblaient, il avait l'impression d'être ailleurs, loin de Poudlard, loin de tout cela ! Il marcha jusqu'à la lisière de la forêt et s'adossa à un arbre. IL ferma les yeux. Il avait vu, il avait vu sa mort…il avait senti Voldemort s'approcher…Il avait senti le froid envahir son corps tout doucement. Il avait lut dans les yeux de Lily la peur…la souffrance…la peine… Comment avait il pu faire cela ? Les dénoncer à Voldemort ! James Potter avait peur…peur ! Lui, qui était si fort, si courageux qui s'amusait à risquer sa vie, avait peur…
-Qu'est ce qui s'est passé ?
James ouvra lentement ses yeux et découvrit ses deux amis en face de lui avec sur le visage une expression inquiète.
-Je t'ai vu regarder Peter, continua Remus, puis au bout d'un moment tu es devenu tout blanc. Que s'est t-il passé ?
-Rien.
-James ! Gronda Sirius. Ne commence pas à faire celui qui n'a rien ! Je te connais suffisamment pour savoir que tu ne vas pas bien ! Même maintenant, si tu as retrouvé un peu de couleur, ton teint est encore pâle et ton regard effrayé ! Que se passe t-il ?
James soupira.
-J'ai tout vu, confia t-il. Tout ! J'ai vu ce qui va se passer ! Je t'ai entendu me dire de prendre Peter ! J'ai vu sa trahison ! J'ai vu Voldemort me tuer. Lily a crié, elle a crié d'une voix si…si…effrayé ! Elle a pleuré, Sirius ! Elle avait peur et serrait Harry contre elle, de toutes ses forces pour le protéger ! J'ai senti au moment où il approchait que la mort venait. J'ai eu peur, Sirius. Peur, tu comprends ? J'ai senti mes veines se glacer, mes yeux ne voyaient plus que ce spectre ! J'étais pétrifié ! Je n'arrive plus à bouger ! Quand j'ai vu ses yeux rouges, quand j'ai entendu son rire, il était….J'ai essayé de le retenir pour que Lily puisse s'enfuir avec Harry mais…il était trop fort…il était si grand… Lily courait…elle avait peur…elle est morte et je n'ai rien pu y faire pour y changer quoi que ce soit !! Je lui avais donné ma confiance…il nous a trahi…il nous a tué…il a tué Lily…et condamné mon fils… C'était notre ami !
James avait des larmes qui coulaient le long des ses joues, il les essuya rageusement du revers de sa main. Remus et Sirius ne savaient pas quoi dire. Que pouvaient ils dire ? Rien ne pourrait apaiser cette colère, rien si ce n'est l'oubli.
-Si j'avais su, reprit il sur un ton froid, si je l'avais su, je t'aurais laissé le massacrer, Sirius ! Je t'aurais laissé le tuer ! Il ne mérite rien d'autre ! Si je le vois sur mon chemin, je peux vous jurer qu'il va connaître ma colère ! Il comprendra pourquoi je m'appelle Potter !
Les trois garçons ne prononcèrent plus un mot, ils restèrent ainsi à fixer les ombres des arbres. En chacun d'eux une rage bouillait, une rage qui ne demandait qu'à sortir.
Vers huit heures du soir, le professeur McGonagall les interpella et les informa que le directeur les attendait dans son bureau. Les trois maraudeurs se dirigèrent donc vers la statue.
-Asseyez-vous, ordonna Dumbledore en leur montrant trois sièges.
Ils s'assirent.
-Je crois qu'il est nécessaire que nous nous parlions…, vous avez appris en très peu de temps des choses qui ne sont pas faciles à encaisser. Je m'en doutais un peu que vous le découvririez, surtout connaissant vos caractères respectifs et celui de Harry. J'avoue n'avoir rien fait pour y remédier mais je pensais que cela ferait du bien à Harry de connaître son père ainsi que ses deux amis. Je me suis rendu compte, un peu tard je vous le conçois, que ce n'était pas une excellente idée. Seulement avec l'age, je me rends compte que même si je crois faire pour le mieux, je n'y arrive pas toujours. J'aimerais que vous compreniez que même si vous connaissez votre futur, rien de ne doit changer, les conséquences pourraient en être terrible !
-Vous nous demandez de faire comme si de rien n'était ? S'étonna Sirius.
-Il en est hors de question ! S'exclama James. Je ne vais pas rester à ne rien faire en sachant que Peter va nous trahir ! Je ne vais pas retourner à mon époque et continuer ma vie comme si je ne savais rien !
-Je vous comprends, James ! Déclara Dumbledore. Personne ne peut continuer sa vie normalement en connaissant le futur, c'est tout bonnement impossible ! Et c'est pour cela que je voulais vous parler avant votre départ ! Demain matin, vous irez vous rendre à l'infirmerie, là bas, on vous fera boire une potion…
-Vous allez nous effacer la mémoire ? Demanda Remus.
-Je ne veux pas qu'on efface ma mémoire ! s'exclama Sirius
-Il est hors de question que j'oublie ! S'écria James.
-Je ne vous demande pas votre avis, répliqua poliment Dumbledore, c'est la condition pour que vous repartiez ! Cette condition je vous l'impose et vous devez y faire avec !
-Pourquoi ne nous l'avoir dit, alors que vous sachiez que l'on accepterait pas ? Interrogea Sirius.
-Parce que je considère que vous devez en être informer, c'est la moindre des choses que je puisse faire. En votre mémoire. Maintenant, je vous demande de retourner dans vos dortoirs et d'éviter les détours. Bonnes nuits, Messieurs !
Le directeur se leva. Les trois maraudeurs en firent de même et sortirent du bureau, les nerfs à bout. Ils marchèrent dans les couloirs en silence, chacun dans ses pensées, mais une fois arrivée devant le tableau de la grosse dame, James s'exclama :
-Je n'oublierai pas ! Tant que je serais vivant, je me souviendrais !
Il rentra ensuite dans la salle commune d'un pas plus que déterminé, monta les marches menant à son dortoir et déclara :
-Nous avons une stratégie à mettre en place !
IL regarda sa montre.
-Il est vingt et une heures trente, il nous reste dix heures !
°¤°¤°¤°¤°¤°¤°
Harry, Hermione et Ron passèrent la soirée dans la salle commune à finir leur devoir.
-Tu devrais peut être passer ta soirée avec ton père, Harry ! Remarqua Hermione.
-Il a rendez-vous avec Dumbledore, répondit il sans lever les yeux de son parchemin.
-Harry ? Qu'est ce qui ne va pas ?
-Pourquoi tu me demandes ça ? Je vais très bien.
-Non ! Tu allais très bien ce matin, cette après-midi, mais pas maintenant ! Dit Ron.
Harry soupira.
-A table, quand on mangeait, juste avant que mon père sorte de table. J'ai vu des choses ! Je regardais Peter et là des flashs me sont apparus. J'ai vu la mort de mes parents ! J'ai vu Sirius les conseiller de prendre Peter, j'ai vu Voldemort s'approcher, j'ai vu mon père mourir ! Je crois que lui aussi la vue et c'est pour cela qu'il est sorti de table ! C'est pour cela que je ne suis pas allé le rejoindre dehors, car s'il a vraiment vu ce que j'ai vu, je n'étais pas le mieux placé pour lui parler.
-Tu crois vraiment qu'il a vu…tout…tout ça ? Questionna Ron.
-Oui ! J'en suis certain. Il regardait lui aussi Peter… Seulement, je pense qu'il a senti autre chose…il a senti la peur…il ressenti toutes les émotions…quand Voldemort va le tuer !
Ron et Hermione restèrent coi, incapable de prononcer un mot, puis enfin Hermione murmura :
-Tu dois avoir raison Harry. Il avait l'air si….effrayé…
-Non, il n'était pas effrayé…il était anéanti !
°¤°¤°¤°¤°¤°¤°
Un jeune garçon se faufilait doucement entre les bureaux de la classe. Il était minuit. Il s'approcha du seul chaudron et regarda son contenu. Sur son maigre visage cireux, un sourire sadique apparut. Ses yeux bleus étaient froids comme de la glace et calculateur. Il avait promis qu'il se vengerait, sa vengeance était proche… Bientôt, le prix de la victoire serait à lui…en réalité elle était déjà à elle depuis bien longtemps, depuis plus de dix-sept ans ! Il s'avança avec élégance vers le fond de la salle et regarda d'un œil mauvais les petites fioles qui étaient posées délicatement sur le bureau de son professeur. Il sortit de la salle, aussi discret qu'une fouine et referma la porte. Son professeur était décidément bien négligent, d'habitude il fermait toujours sa salle de cours de manières à ce que personne ne puisse y rentrer… Le jeune garçon secoua la tête et poussa un soupir moqueur. Il retourna dans son dortoir, pensant à ce qu'ils venaient de faire, quelques minutes plutôt. Il rit. Son rire froid et glacial se propagea dans le couloir vide menant à la salle commune des Serpentards. Drago Malefoy venait de se venger, une vengeance dont il savait d'avance, qu'elle serait pleinement réussie.
-Quel abominable rat ! ricana t-il.
°¤°¤°¤°¤°¤°¤°
Le lendemain matin, les trois maraudeurs semblaient en pleine forme malgré la nuit blanche qu'ils avaient passé. Ils se dirigèrent vers Harry, Ron, Hermione et Ginny qui discutaient tranquillement devant la cheminé.
-Amis du jour, bonjour ! S'exclama Sirius sur un ton joyeux ! Que diriez vous d'aller manger ? Je ne sais pas si vous l'entendez mais mon ventre cri famine !
-Tu es bien de bonne humeur ! Remarqua Hermione.
-Une bonne nuit de sommeil redonner des forces à n'importe qui ! mentit il avec aplomb.
Hermione haussa les épaules et ils purent tous descendre dans la grande salle. Tandis que Ron, Remus et Hermione discutaient et que Ginny et Harry étaient à l'avant, Sirius se pencha vers James et lui murmura :
-C'est bien ton fils ! Chuchota t-il ! Une rousse ! Encore une, et en plus elle a du caractère ! A croire qu'il l'a fait exprès !
-C'est vrai qu'elle ressemble à Lily…mais elle ne pourra jamais l'égaler dans mon cœur ! Lily est unique…
-Si tu le dis, Cornedrue !
Les deux maraudeurs échangèrent un regard entendu et continuèrent leur route.
Tous assis à la table des griffondors, ils mangeaient avec appétit.
-Elle a un goût bizarre cette nourriture, commenta Ginny.
-Je ne trouve pas ! Répondit Sirius en engloutissant un œuf. Ché délichieux !
-Sirius…, dit Remus, ne parle pas la bouche pleine !
-oui, bien sur mon petit lunard !
-Dis-moi Ginny, commença James, alors comme ça tu joues au Quiddich ?
-Oui !
-Un point de différent avec Evans !Annota Sirius. A quel poste tu es ?
-Je suis attaquantes mais je remplace Harry quand il est en retenue !
-Harry a des retenues ? Un point de commun avec James ! Constata Sirius.
-Sirius arrête avec tes comparaisons ! Dit James, tu deviens lourd !
-Je n'ai jamais le droit de rien faire ! Se plaignit il. Si c'est comme ça, je me tais !
-Tu n'as jamais réussi à te taire plus de dix minutes de suite ! remarqua Remus.
-Tu veux qu'on pari ? proposa Sirius.
-Tu tiens réellement à perdre ? Demanda James.
-Je pourrais te surprendre…
James secoua sa tête de droite à gauche avec un sourire sur les lèvres.
-D'accord, alors on parie que le jour où tu sortiras avec Lily, je ne prononcerais pas un mot pendant une matinée ! Si je gagne, j'aurais le droit de te charrier pendant une journée et si je perds…
-Si tu perds…, coupa James, si tu perds, tu dois révéler à Marie que tu la trouves mignonne !
Sirius sembla étudier la question pendant un petit moment puis finis par accepter. Voyant le regard interrogateur des quatre griffondors, Remus décida bon d'expliquer.
-Marie à un caractère, comment dire, explosif ! Elle s'entend à merveille avec Lily surtout en ce qui nous concerne, les maraudeurs !
-Mais contrairement à Lily, Marie trouve que c'est Sirius qui a la grosse tête ! Ils sont sans cesse en train de se crier dessus et Sirius préférait mourir que de lui avouer qu'elle lui plait bien !
-Bon ! STOP ! TERMINUS ! Cria Sirius. Pas besoin de déballer ma vie sur un plateau !
Tout le monde éclata de rire sous la mine enfantine de Sirius. Le repas se passa dans une ambiance de détente même si l'inquiétude du départ se faisait sentir ! Lorsque l'heure arriva, les trois maraudeurs se levèrent en même temps et sortirent de la grande salle pour se diriger vers l'infirmerie. Mille pensés se pressaient dans leur esprit ! Tout ce qu'ils avaient appris en si peu de jours, tout ce qu'ils n'auraient jamais pu imaginer leur fut révélé ! Derrière eux, Harry , Hermione et Ron les suivaient.
L'entré dans l'infirmerie se fit en silence, pas pour ne pas mettre en colère l'infirmière, non mais seulement parce qu'ils n'avaient rien à dire, rien qui puisse apaiser ce sentiment si fort qui les brûlait de l'intérieur. Une envie de crier, de se révolter contre ce monde injuste protestait dangereusement en eux ! Chacun tentait d'enfouir ce qu'il ressentait et préférait garder le silence de peur de ne dire des bêtises, des bêtises qu'ils regretteraient aussitôt. Ils s'assirent tous d'un coin, regardant chacun leur pied. Les maraudeurs devaient partir dans quelques minutes. Harry savait que Dumbledore ferait en sorte qu'ils oublient tout ce qu'ils avaient appris. Il ne le souhaitait pas. Il avait la chance de pouvoir changer sa vie mais il n'en avait pas le droit, il le savait et il le respectait même s'il avait mal.
James se repassa leur stratégie en boucle dans sa tête, il avait prit une potion anti-oubliette qu'ils avaient spécialement concocté pour cette occasion. Cela leur avait prit la soirée mais ils avaient réussi ! James se leva, regarda tour à tour Sirius et Remus puis ils sortirent chacun leur fiole contenant, un liquide bleuté et l'avalèrent discrètement tandis que Ron, Hermione et Harry cherchaient l'infirmière. Un sourire triomphant apparu sur les lèvres des trois maraudeurs quand le directeur pénétra dans la pièce. Il avait son allure toujours aussi imposante que d'habitude mais dans son regard une expression indescriptible scintillait.
-Bonjour, déclara t-il. Je vois que vous êtes prêt à partir. Je ne vais donc pas retarder plus longtemps le moment du départ ! Je crois que ce moment est suffisamment pénible pour tout le monde, pour m'attarder. Je vais donc demander à ces messieurs là, de venir prendre leur potion…
-Il est hors de question que je prenne ceci ! déclara posément mais avec détermination James en croisant ses bras sur sa poitrine.
-Ce sera de même pour moi ! insista Sirius en venant se placer à côté de son ami.
-Je les approuve totalement ! Appuya Remus, en s'avançant pour rejoindre ses deux amis.
Dumbledore les observa pendant un petit moment mi-amusé, mi-désespéré. Hermione et Ron semblaient étonner qu'ils puissent s'opposer aussi frontalement à Dumbledore, tandis que Harry détaillait son père et ses deux amis avec un sentiment profond qui lui disait de les rejoindre et de combattre avec eux, la loi spatio-temporelle.
-Je ne peux pas vous laisser retourner à votre époque, tel quel ! soutint Dumbledore. Ce n'est pas que je ne le souhaite pas mais je n'en ai pas le droit. Croyez-moi, quand je vous dis que je souhaite plus que tout que le futur soit changé, Harry le souhaite autant que moi si ce n'est plus, tout le monde le souhaiterait ! Vous étiez très apprécié, tous les trois. Mais je ne peux pas, j'avoue que je suis peut être lâche mais je ne peux pas… C'est contre toutes les lois de la magie…
-Pourtant vous ne les respectez pas toutes, vous vous opposez au ministère ! Riposta Sirius, mais vous ne pouvez pas nous aider, c'est cela ?
-Ne le prenez pas ainsi, monsieur Black ! J'ai fait beaucoup de faute ces derniers temps mais celle-ci, je ne la ferais pas ! Si ça s'est passé comme cela, c'est que ça devait se passer !
-Mais…
-Il a raison ! Coupa Harry.
Son intervention étonna tout le monde, surtout au fait qu'il soit du côté de Dumbledore, il s'étonna même lui-même. Au plus profond de lui, son cœur lui disait qu'il ne devait rien dire, qu'il devait se taire pour laisser triompher son père, mais sa raison l'encourageait à faire le contraire. C'était vrai, il n'écoutait presque jamais sa raison, et qu'il se fiait plus à son instinct et à son cœur mais aujourd'hui…Aujourd'hui, c'était bien différent, il devait laisser son père partir… il devait le laisser vivre sa vie.
-Le professeur a raison, répéta t-il.
-Harry, entends-tu ce que tu dis ? Demanda James.
-Je sais, je sais mais il a raison ! Oublier est le meilleur moyen pour tout le monde ! Croyez que ça m'en coûte de vous dire cela mais je n'ai pas le droit de vous laissez détruire votre vie ainsi ! Si tu pars avec ce que tu sais, tu vas gâcher ta vie car tu voudras à tout prix éviter ce futur là, seulement d'une façon ou d'une autre ça arrivera. Vous allez passer vos années à chercher à vous protéger ! Est cela que vous appelez vivre ? Je sais aussi que tu ne diras rien à maman, parce que j'aurais fait pareil, seulement en te taisant tu la feras souffrir, vous souffrirez ! Tu es peut être mort jeune, mais tu es mort en connaissant l'amour, tu es mort honorablement, parce que grâce à toi et maman, je vis. Sirius quant à toi, tu vas permettre à Remus de sortir de l'ombre où il se cachera pendant de nombreuses années et il va connaître que c'est Peter qui vous a trahi ! Grâce à vous, je vais connaître mon père, je vais apprendre beaucoup de choses sur mes parents parce que vous serez là pour me les racontez ! Imaginez que si vous changez le passé, le futur en aura les conséquences ! Voldemort ne disparaîtra peut être pas et il tuera des milliers de gens, Tonks ne sera peut être pas avec Remus ! Vous allez me dire que ce n'est pas une petite chose comme ça qui pourra bouleverser le monde, mais pourquoi pas ? Tonks et Remus sont fait pour être ensemble, qui nous dit que s'il ne se rencontre pas, l'un deux ira du mauvais côté ? Ca peut paraître insensé ou tout ce que vous voulez mais vous devez oublier ! Je n'ai pas le droit de vous obliger à sauver le futur….
-Tu ne nous oblige pas ! Le coupa James.
-Si ! D'une certaine manière si ! Vous n'êtes pas destiné à vivre cette vie, vous avez le droit de vivre heureux ! De ne pas vous souciez de ce qu'il va arriver ! En oubliant vous reprendrez une vie normale, peut être quelle ne sera pas longue mais au moins vous aurez vécu ! JE suis heureux même si dès fois c'est difficile, je vous en supplie, ne rendez pas la chose plus difficile qu'elle ne l'est déjà pour tout le monde. Je vous en supplie, prenez cette potion !!
Sa voix ce fit suppliante et quelques larmes scintillaient dans ses yeux mais il les ravala très vite ! Ce qu'il venait de faire lui avait demandé un grand effort, il savait qu'il le regretterait toute sa vie, mais il n'avait pas le droit de les priver d'une vie heureuse ! Même si son cœur criait sa douleur, Harry se tut et fixa son père droit dans les yeux ! Il devait accepter parce que sa vie n'était celle qui voulait faire, parce que sa vie s'était de vivre avec Lily ! De vivre une vie heureuse, une vie en compagnie de ses amis, une vie avec sa femme. Parce que sa vie, c'était de vivre heureux même pour un temps limité.
James acquiesça doucement de la tête puis alla prendre la fiole sur la table, suivi par Sirius et Remus. Ils se regardèrent un instant puis sans prononcer une parole de plus, ils avalèrent le contenu ! James fut étonné de la force de caractère de Harry mais c'était normal, c'était son fils et celui de Lily après tout !
Un silence étrange s'installa dans la pièce, il n'était ni pesant, ni désagréable, non, seulement reposant ! Ce fut Dumbledore qui coupa cette sérénité de sa voix grave mais douce à la fois.
-Je crois qu'il est temps de faire rentrer Peter, pour que vous puissiez partir enfin !
Personne ne dit rien mais tout le monde serra les dents. Peter pénétra dans la pièce, tous les regards étaient dirigés vers lui et il était tellement replié sur lui-même, qu'il paraissait plus petit que d'habitude. Remus et Sirius tenaient chacun dans leur main, un pan de la robe de James pour éviter que ce dernier fasse un massacre. Harry serrait fort sa baguette pour ne pas lui sauter dessus tandis que Ron et Hermione le regardaient près à agir. Peter ressenti immédiatement l'hostilité et baissa les yeux vers ses chaussures. Il alla se placer dans un coin mais tout de même assez près de la sortie, si par hasard, il avait besoin de fuir !
Dumbledore se plaça au centre de la pièce, et fit apparaître l'armoire. Elle n'avait guère changé, toujours aussi simple avec quelques petits motifs inconnus.
James prit une grande inspiration puis regarda Dumbledore !
-Je crois que c'est l'heure ! Déclara ce dernier.
Les quatre garçons opinèrent de la tête puis s'avancèrent vers Harry. Ron et Hermione se tenaient à l'écart. Ils savaient que Harry avait besoin de tranquillité, d'être seul avec son père, Sirius et Remus.
-Tu es décidément le portrait craché de James !S'exclama Sirius. Et le caractère, n'en parlons pas !! Dis-moi, Harry, chuchota t-il en se penchant vers lui pour qu'il soit le seul à entendre. Elle est plutôt mignonne, Ginny ! Si je peux te donner un conseil, surveille-la de près sinon, on va te la piquer ! En plus, tu as un avantage que James n'avait pas, elle t'aime déjà bien… Je suis heureux de t'avoir connu et fier d'avoir un filleul comme toi !
Il partit en jetant un dernier regard à Harry, puis, après son plus beau sourire, il rentra dans l'armoire.
-Professeur ? Questionna t-il en passant sa tête vers l'extérieur, je dois attendre qu'ils viennent maintenant, non ?
-Oui, Mr Black.
-C'est bien ce que je pensais. Au fait, laissez rentrer Peter en dernier car sinon il va devenir de la chair à saucisse !
Remus sourit devant la tactique de son ami pour détendre l'atmosphère puis regarda Harry.
-Merci, dit il. Merci pour être celui que tu es. Ne change pas Harry ! Reste comme tu es !
Il laissa sa place à James et rentra à son tour dans l'armoire.
James s'approcha de Harry et le regarda un moment sans rien dire.
-Je suis désolé de n'avoir rien pu faire, désolé que tu n'es pas pu me connaître en tant que père et je suis désolé d'avoir mieux que toi, connu ta mère. Tu l'aurais aimé, je peux te l'assurer ! Elle est merveilleuse ! Je suis fier de toi, Harry ! Fier de ce que tu es devenu ! Lily le saurait aussi ! Je sais que ce n'est pas facile et que tu n'es pas toujours heureux, même si tu me diras le contraire! Sache que tes choix seront toujours justes si tu les fais avec ton cœur. Si un jour tu dois en arriver à oublier qui tu es, souviens-toi, que moi, James Potter, je suis fier et heureux de t'avoir pour fils ! Je sais que tu es quelqu'un de bien ! Tu es ma chair et mon sang ! Tu es un Potter et parce que tu es, en plus le fils de Lily, tu survivras et vaincras ! Sache une chose, Harry, c'est que tu es maître de ton propre destin, personne ne peux te dicter ta vie, ni ta conduite. Il suffit de suivre ton cœur et tu réussiras tout ce que tu entreprendras !!
James prit Harry dans ses bras et les serra un moment.
« -Regarde comme il est beau, James ! dit la voix de Lily.
Elle était assise dans un lit et portait une chambre du nuit blanche. Dans ses bras, un petit bébé dormait paisiblement.
-Il est magnifique ! Tu as vu, qu'il avait tes yeux, Lily ? Souligna James avec sourire.
Leurs regards se croisèrent.
Ils étaient heureux.
Ils avaient un fils.
Un enfant !
Harry.
-Tu seras fort mon enfant, murmura Lily. Je t'aime Harry James Potter. »
James relâcha son étreinte et observa Harry. Lui, aussi avait vu. Il lui sourit et parti rejoindre ses deux amis. Il traversa la porte mais avant James se retourna et murmura : Je t'aime, mon fils puis il disparut. Sous un signe du professeur Dumbledore, Peter rentra à son tour. L'armoire se mit à s'éclairer. Une lumière éblouissante en sortait. Lorsque ce fut fini, Harry se précipita vers la porte qu'il ouvrit à la volée. Peut être qu'il espérait que cela est échoué mais malheureusement, ils n'étaient plus là. James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow étaient retournés dans leur époque, loin des soucis de la guerre, loin des trahisons, loin de Harry.
0µ0µ0µ0µ0µ0
-Ce n'est pas vrai ! Ne me dîtes pas qu'on s'est endormi ! S'exclama la voix de James. Dépêchez-vous ! On est en retard !
-Quoi ? Grogna la voix ensommeillée de Sirius. Laisse nous dormir, Cornedrue, S'il te plait, c'est pas le moment de faire le suave !
James réveilla Peter qui dormait encore dans un coin de la pièce tandis que Remus se leva en hâte et que Sirius continuait à grommeler ! Ils se situaient dans la salle sur demande qui était sous la forme de dortoir.
-Oh non ! S'exclama Remus. J'ai bien l'impression qu'hier soir, nous nous sommes endormis ici !
-Comment est-ce possible ? S'étonna Sirius. On essayait seulement de fuir Rusard ! Quoique je doive bien avouer que j'étais étonnamment fatigué !
-Peut importe comment ça se fait qu'on ce soit retrouvé là ! S'écria James. JE vous informe qu'il est huit heures quinze et que nous avons par conséquent quinze minutes de retard sur le cours de McGonagall !
-Aie, Aie, Aie ! Prononça Remus. Elle va nous tuer !
-Elle va nous détruire, tu veux dire, Lunard !
-Et on a loupé le petit déjeuné ! Dit Sirius.
Les quatre garçons se levèrent et sortirent donc de la salle commune.
-On devrait se dépêcher ! Conseilla Remus.
-On a pas le temps de passer par les cuisines ? Suggéra Sirius. JE meurs de faim!
-SIRIUS ! Grondèrent les deux autres !
-C'est bon ! Je rigole ! Il n'empêche que sans mon petit déjeuné, je ne peux rien faire de la journée ! C'est très important pour mon organisme !
Sans se soucier davantage des protestations de Sirius, ils continuèrent leur marche quand soudain James s'arrêta net.
-J'ai l'impression d'oublier quelque chose d'important ! Déclara t-il sérieux. De très important !
-C'est peut être ton estomac qui te rappelle que tu n'as pas déjeuné ! Proposa Sirius.
-Non…, j'ai le sentiment que j'oublie quelque chose d'important, de grave même…
Papa ?
-Vous avez entendu ? S'exclama James.
-Quoi ? Demandèrent Remus et Sirius d'une même voix.
-Cette voix d'enfant !
-Il n'y a pas eu de voix, James ! Informa Remus en regardant étrangement son ami. Tu es sur que ça va ?
-…oui…ça doit être parce que je n'ai pas mangé !
-Bien sur que c'est cela, Cornedrue ! S'exclama Sirius. Allez viens, on va au cuisine ! Que ce soit 15 ou 30 minutes de plus, l'humeur de McGo, sera la même, alors autant l'affronter le ventre plein !
James acquiesça et continua sa marche sans mieux s'occuper de cette petite voix. A l'écart, Peter arborait un petit sourire narquois. Il était jusqu'à maintenant resté silencieux, beaucoup trop désorienté parce qu'il se passait. Maintenant, il avait compris. Il se souvenait de tout, du rejet de ses soi-disant amis, de leur hostilité, de tout… Il était le seul à se souvenir… Pourquoi ? Pourtant, lui aussi avait prit de la potion, alors pourquoi se souvenait-il ? La réponse lui importait peu…désormais un seul objectif comptait à ses yeux…commettre le crime pour lequel ses amis l'avaient rejeté… Ils ne méritaient que cela…
Peter sourit puis rejoignit les trois autres maraudeurs savourant à l'avance sa vengeance !
-Ah ! Te voilà, Peter ! S'exclama Sirius. Que dirais-tu d'un bon gâteau au chocolat pour déjeuné?
0µ0µ0µ0µ0µ0
1998. Les élèves de Poudlard se levaient doucement, près pour une nouvelle journée. Harry, Ron et Hermione étaient déjà dans la grande salle et discutaient de maintes et une chose quand Ginny Arriva.
-Maman m'a écrit, dit elle, elle souhaite que vous veniez tous à la maison pour paques ! Lupin et Tonks seront là aussi !
Harry et Hermione opinèrent de la tête pour montrer leur accord.
-Harry? Demanda Ginny. As-tu fais quelque chose à Rogue?
-Pourquoi me poser cette question ? Car a part le fait que je le déteste, je n'ai rien fait de spécial !
-Et bien parce que, hier je l'avais en dernières heures et il a fait souvent allusion à toi. Il semblait te haïr encore plus que d'habitude !
-Parce que c'est possible ? questionna Ron
-Mais, il ne s'en ai pas pris seulement à Harry….il parlait aussi de…de…ton père et Sirius, hésita t-elle.
Harry regarda attentivement Ginny. Alors, elle aussi avait remarqué ? Ce matin, il avait croisé Rogue dans le couloir et son regard était encore plus dur et sec qu'avant ! Pourquoi ? Harry haussa les épaules et préféra penser à autre chose. Ses pensées se dirigèrent vers ses parents. Il ne savait pas pourquoi mais depuis ce matin, il avait l'impression de mieux les connaître, en particulier son père. Il se sentait près à se battre et à vaincre Voldemort lorsque ce jour arrivera. Soudain une voix parla dans sa tête, une voix qu'il connaissait, une voix qu'il avait entendu qu'étant encore un bébé !
« Si un jour tu dois en arriver à oublier qui tu es, souviens-toi, que moi, James Potter, je suis fier et heureux de t'avoir pour fils ! »
0µ0µ0µ0µ0µ0
Dans une des tours du château de Poudlard, et plus précisément dans le bureau du directeur de cette école, le professeur Rogue et le professeur Dumbledore parlait.
-Je dois vous accorder que l'idée de mettre la potion dans le repas, c'était brillant. Félicita Rogue.
- Je me doutais bien que les maraudeurs auraient tenter quelque chose.
-Si je peux me permettre, professeur, dit Rogue, pourquoi avoir effacé la mémoire de Potter et celle de tous les autres, aussi !
- Vous voulez savoir pourquoi je n'ai pas voulu laisser à cette époque le souvenir des maraudeurs ?
Rogue fixa Dumbledore.
-Se souvenir c'est bien et ça fait avancer dans certaine circonstance, je vous l'accorde mais dans certains cas, elle emprisonne et vous retient. Que ce soit pour Harry, Remus ou les autres, la présence des maraudeurs leur a tous rappelé que du jour au lendemain, votre meilleur ami peut vous trahir. Nous n'avons pas besoin de douter en nos proches, pas maintenant quand les temps sont si durs ! Avec l'oubli, on peut en finir par le passé et avancer… Nous devons avancer sans regarder derrière soi, sans regretter ses gestes. Hier, Harry a fait un beau geste mais un geste qu'il aura toujours regretté. Il a laissé son père partir, il lui a dit d'oublier alors qu'il avait la possibilité de sauver sa vie, à lui. Hier, Harry a fait preuve d'une grande sagesse. Il a préféré que ses parents vivent heureux même sans lui, il a préféré que ce soit Remus et Sirius qui connaissent ses parents mieux que lui. Il leur a donné la chance de vivre leur vie, aussi courte soit-elle. Peut être qu'un jour, je me rendrais compte qu'oublier n'était pas la meilleure solution mais jusqu'à maintenant, l'oubli est la condition indispensable de la mémoire. Et puis on oublie jamais vraiment tant qu'on ne meurt pas.
Dumbledore se dirigea vers la fenêtre et regarda dehors. Le soleil se couchait à l'Ouest tandis que la forêt se réveillait doucement. Les animaux s'éveillaient et, à Poudlard, huit adolescents s'endormaient paisiblement après avoir affronté une journée pleine en rebondissement pour chacun. Même vivant à des années différentes, ils étaient chacun liés par un souvenir enfoui loin dans leur mémoire, un souvenir qui les réunirait peut être un jour.
L'oubli est la condition indispensable de la mémoire. Citation de Alfred Jarry.
Je me suis inspiré de la citation de Alfred de Musset. Qu'est-ce donc qu'oublier si ce n'est pas mourir ?
J'ai fini ! Aurais-je pensé dire ça si vite ? En faite oui, car normalement, la fic ne devait pas dépasser trois chapitres, mais bon, le fait d'avoir vu qu'elle vous plaisez, ça ma donné envie de la rallonger un peu !!!
Je suppose que vous auriez aimé qu'elle soit un peu plus longue, non ? Dites-vous que toutes les bonnes choses ont une fin !!
Dites moi ce que vous avez pensé de ce chapitre !!! Votre avis est important !
Merci beaucoup pour toutes vos reviews qui m'ont fait énormément, énormément, énormément…plaisirs !!!!
Merci Merci beaucoup beaucoup !!!!!!!
Il y a beaucoup de personne qui ont dit aimé les histoires de retourneur de temps, je vous annonce, pour ceux qui ne le savent pas, que j'ai une autre fic en cours, elle s'intitule « Si on pouvait changer le passé.. » Vous la trouverez sûrement dans mon profil !!
Merci encore pour avoir suivi cette fic !
Gros bisous à tout le monde !!
Elsa
