Chapitre 6 : Renaissance
Lorsque Riza se réveilla, une douleur immonde s'empara de son bas-ventre. Elle gémit et se recroquevilla sur elle-même.
-Riza ?
Elle ouvrit les yeux et découvrit une chambre d'hôpital, Mustang se tenait devant elle, appuyé sur une béquille. Il avait un petit air de chien battu sur le visage et s'approcha doucement, se laissa tomber sur une chaise et se prit la tête entre les mains.
-Je suis désolé ! Dit-il. J'ai été lâche, j'ai eu peur de mourir et je me suis servi de vous pour me rassurer, tant qu'il vous …vous torturait moi j'étais à l'abri. Je ne…
Elle le coupa en lui prenant doucement la main.
-Combien de temps suis-je rester inconsciente ?
-Trois jours. Répondit-il penaud.
Ses lèvres s'illuminèrent d'un sourire affectueux.
-Je ne peux pas vous laisser deux minutes sans que vous ne perdiez l'esprit alors ?
Sa réaction fut plus que surprenante car il se laissa glisser à genoux devant le lit et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps.
-Pardon ! Pardon !
Elle le prit tendrement contre elle tandis qu'il craquait enfin après des jours de tension abominable.
-Merci d'avoir été là. Lui dit-elle alors qu'il ne pouvait s'arrêter de sangloter comme un enfant.
-Je …je n'ai rien fait pour vous protéger.
-Vous n'avez fait que votre devoir et j'ai fait le mien.
-Regardez où ça nous a conduit. Ne me dîtes pas que vous vous en remettrez parce que je ne le croirais pas.
Elle baissa les yeux sachant à quel point il avait raison, de plus qu'enrôlée dans l'armée très tôt et tout de suite éprise de lui elle n'avait jamais connu d'hommes avant cela. Quoi de pire que le viol pour sa première expérience ? Rien. Même si elle se savait assez forte pour ne rien laissez paraître, elle mettrait sûrement des mois pour s'en remettre et des années pour pouvoir se retrouver dans les bras d'un homme sans revoir les visages immondes de ses agresseurs et pour oublier le froid de sa cellule et la peur à l'écoute des pas résonnant dans l'allée de cette maudite prison.
-Riza !
Elle sortit de ses sombres pensées.
-Je n'aime pas quand votre regard est vague comme ça.
-Ça va. Le rassura-t-elle.
Il la regarda un long moment, voyant avec quelle force elle affrontait ce qu'un destin cruel lui avait affligé, à elle, si fragile, petite fille parmis un monde d'adulte. Il avait envie de la protéger, de ne pas commettre une deuxième fois l'erreur qu'il avait fait en la mettant en danger, pourquoi ne l'avait-il pas vu plus tôt ? Cette femme n'avait pas sa place dans l'armée.
-Lieutenant vous êtes renvoyée.
-Pardon ?
-Vous êtes renvoyée, dès que vous serez remise sur pied vous libérerez votre logement de fonction et votre bureau.
-Mais…
-Il n'y a pas de mais. Je resterais alchimiste d'état jusqu'à la fin de la guerre et après, si vous le voulez bien, j'aimerais que vous acceptiez de devenir la femme du misérable que je suis.
Elle resta un instant stupéfaite de sa tirade puis desserra enfin les lèvres.
-Colonel…
-Plus de colonel ! Coupa-t-il autoritairement.
-Et bien, Roy, je ne sais pas quoi répondre. Pourquoi voulez-vous m'épouser ?
-Parce que je ne veux plus risquer de te perdre. J'ai une petite maison de campagne au bord de la mer est-ce que tu accepterais de m'y attendre ?
-Certainement pas ! Je resterais ici jusqu'à ce que tu quittes l'armée.
-Non, tu es trop exposée au danger ici.
-Et alors ? On ne sait pas combien de temps mettra cette guerre pour se finir, je ne veux pas attendre des années loin de toi. Nous partirons de l'armée pour nous installer dans cette maison ensemble une fois que le conflit aura pris fin.
-Ça veut dire oui ?
Elle fit mine de réfléchir.
-Oui.
Ils se marièrent civilement dès la sortie de Riza de l'hôpital mais se promirent de faire un vrai mariage lorsqu'ils seraient installés. Ce fut une longue année pour eux mais ils ne perdaient jamais espoir, Riza reprenait peu à peu confiance en elle, même si Roy n'avait toujours pas eu le droit et le privilège de la toucher. Parfois pendant la nuit elle se réveillait en sursaut en hurlant ou sursautait au moindre frôlement, heureusement il était vraiment patient, surtout qu'il avait assisté à ce qu'elle avait vécu et pouvait donc mieux gérer ses crises d'angoisses. Lorsque enfin la guerre prit fin sur un traité de paix, ils donnèrent tous deux leur démission et partirent loin dans cette maison secondaire sur la côte. Riza mit deux autres années encore à se remettre doucement et à autoriser son mari à lui faire l'amour et les premières fois furent difficile bien sûr mais une fois la machine en route elle ne mit pas longtemps pour tomber enceinte. La naissance de leur fils marqua plus qu'une fin heureuse pour eux : un nouveau départ.
