8 ) Vidéo

Rodney McKay sortit ruisselant de la douche. Il s'empara d'une serviette et commença à se sécher. Il tenta d'apercevoir son reflet dans le miroir de la salle de bain mais celui-ci était embué. Il l'essuya et saisit le rasoir posé sur une petite étagère et le rituel quotidien commun à tant d'hommes débuta. Il soupira : quelle plaie le rasage et quelle perte de temps ! Il pourrait bien se laisser pousser un peu la barbe mais manifestement cette idée ne plaisait pas mais alors pas du tout à John.

-Tu as un problème ?

L'homme de ses pensées venait justement de surgir derrière lui et Rodney pouvait distinguer son reflet entre deux traces d'humidité sur la glace. Une fois de plus il fut saisi par la beauté de son amant. Ce visage aux traits réguliers, le nez droit, les lèvres pleines, les yeux noisette et ce sourire ! Charmeur au possible.

Le scientifique qui connaissait son compagnon savait que ce dernier était bien conscient de son charme et qu'il en usait et abusait. Enfin, avec des limites tout de même. Il avait intérêt.

D'ailleurs John était encore plus jaloux que lui. Rodney s'en était aperçu avec étonnement. Le militaire avait un sens très fort de l'exclusivité en ce qui concernait le scientifique et la plupart de leurs disputes provenaient de la jalousie de John. Pourtant le militaire n'avait rien à craindre et Rodney avait beau le rassurer sur l'amour qu'il lui portait, il n'y avait rien à faire. John était comme ça, inquiet, nerveux, questionnant sans cesse son ami, cherchant à savoir ce qu'il avait fait et qui il avait rencontré. Et pour ce qui était de sa sécurité, le militaire était impossible. Il avait tenté d'empêcher son amant de participer aux missions parce qu'il avait peur qu'il soit blessé ou pire. Là le scientifique avait explosé. Il était entré dans une colère noire et il s'en était ensuivi une scène de ménage mémorable où Rodney avait rappelé à John qu'il était un adulte indépendant et non pas une geisha attendant patiemment son seigneur et maître à la maison.

Ils s'étaient réconciliés aussi vite qu'ils s'étaient disputés mais parfois Rodney avait l'impression d'étouffer.

-Non, je pensais à quel point c'est ennuyeux de devoir se raser tous les jours, expliqua Rodney, répondant à la question de son amant.

Le scientifique sentit des bras l'entourer et des lèvres déposer de petits baisers sur sa nuque, faisant se hérisser les petits épis à la base du crâne. Il se tortilla, essayant de se dégager.

-Tu es fou, il faut que j'aille travailler. Ils vont se demander ce que je fais les autres au labo. Je ne peux pas me permettre d'arriver en retard, je dois montrer l'exemple moi !

-Chuuut ! les mains se déplacèrent sur sa poitrine, tordant légèrement les pointes déjà très sensibles.

Rodney déglutit avec difficulté. John savait très bien l'effet que cette caresse provoquait chez lui. Mince, le patron des scientifiques allait vraiment arriver en retard ce matin. Très en retard même. Il se retourna et ses lèvres trouvèrent celles de son amant pour un baiser passionné. Ses mains glissèrent sur l'estomac du militaire, soulevant le tee-shirt noir, descendirent dans le pantalon et trouvèrent le point sensible de ce dernier. Il commença une caresse à la fois douce et ferme.

-Hum mm Rodney, continue, c'est bon..gémit John, ne t'arrête pas.

Rodney sourit. Les mains de John étaient partout sur sa poitrine, son visage, son dos, le caressant avec une douceur et une tendresse incroyable. Contrairement à toute attente, le militaire s'était avéré quelqu'un de très tendre en amour, doux et sensuel. Rodney n'aurait jamais osé lui dire mais il avait parfois envie de plus de force. Il aurait voulu quelque chose qu'il avait de la peine à définir où bien qu'il ne voulait pas reconnaître, une étreinte plus passionnée, brûlante, plus intense peut-être.

Rodney avait honte de ses envies. Il avait trouvé en John un amant fervent, attentif qui savait lui donner du plaisir et qui l'aimait passionnément. Il aimait le militaire lui aussi, plus que tout et il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser quand ces désirs l'assaillaient.

Mais pour l'instant ce qu'il voulait était que John le pénètre ainsi, debout dans la petite salle de bain, qu'il le fasse gémir de plaisir et…

-Colonel Sheppard, veuillez vous rendre dans mon bureau immédiatement.

La voix d'Elisabeth Weir, pressante et impérieuse surgit de la radio que John portait sur la hanche et coupa net leurs effets.

Les deux hommes se regardèrent étonnés puis John sourit.

-Bon, je crois que nous allons devoir remettre ça à ce soir.

-Tu penses qu'elle veut quoi ? Elle avait une voix bizarre, tu ne trouve pas ? répliqua Rodney.

Le militaire haussa les épaules :

-J'en sais rien mais je dois y aller tout de suite.

Rodney acquiesça. John avait raison, il ne devait pas perdre de temps. Elisabeth n'était pas d'un tempérament alarmiste et si elle exigeait la présence du colonel immédiatement elle devait avoir ses raisons.

-Va vite, enjoignit-il à son amant en lui plantant un baiser sur le bout du nez. A tout à l'heure.

Le colonel John Sheppard frappa à la porte du bureau de la dirigeante de la cité et entra. Il trouva Elisabeth assise devant un écran et fut frappé par l'expression de son visage. Elle avait les traits tirés et paraissait visiblement soucieuse. Mince,il devait se passer un événement grave.

-Elisabeth, commença t-il.

-Colonel Sheppard, asseyez-vous et regardez ça, lui enjoignit-elle en lui désignant une chaise. Nous avons un problème, comme vous allez pouvoir vous en rendre compte et peut-être devrez vous également me fournir quelques explications.

Le militaire s'assit étonné.

-Nous avons reçu cela ce matin. C'est un technicien qui m'a alerté parce qu'il était précisé que ce message nous était destiné personnellement à tous les deux. Après avoir visionné ce que vous allez voir, je lui ai demandé la plus grande discrétion. Vous allez comprendre pourquoi .

Elisabeth appuya sur la télécommande. Le visage du commandant Ascatus Kolya apparut dans le poste. L'homme présentait un petit sourire sardonique et semblait plutôt détendu.

John Sheppard se mordit la lèvre inférieure, il pressentait déjà la catastrophe.

-Docteur Weir, colonel Sheppard, cela fait longtemps n'est-ce pas ? Mais je suis toujours ravi d'entrer en contact avec de vieux amis. Mais je ne crois pas qu'il en soit de même pour vous. Dommage ! Tiens, au fait à propos d'amis j'en ai quelques nouveaux à vous présenter.

Au plan suivant le colonel dut prendre sur lui pour garder son sang froid : le lieutenant Ford était allongé au sol, la chemise en sang. Agenouillés à ses cotés se trouvaient le docteur Zelenka et le docteur Beckett. Ce dernier soulevait le visage du jeune soldat et le présentait à l'objectif.

-Il n'est que blessé, rassurez vous, reprit la voix grave et profonde du genii et nous sommes des gens civilisés malgré ce que vous pensez. Nous avons fourni au docteur Beckett de quoi le soigner. Mais la question n'est pas là. Colonel Sheppard, docteur Weir, si vous voulez revoir vos amis vivants, il n'y aura qu'une condition et je ne reviendrais pas là-dessus : Je veux en échange de mes prisonniers que vous me livriez le docteur Rodney McKay. C'est à prendre ou à laisser. Vous avez jusqu'à demain matin pour vous décider, je vous contacterais moi-même. D'ici là ne prenez pas d'initiative malheureuse, vos amis en payeraient le prix. Colonel Sheppard, reprit Kolya d'un ton amer, est-ce que je ne vous avait pas promis que ce jour viendrait ? Bientôt votre petit ami sera mon hôte et il m'appartiendra.

Le film s'arrêta brusquement. John Sheppard eut brusquement l'impression que les murs se mettaient à tourner autour de lui. Il fut ramené à la réalité par la voix d'Elisabeth.

-J'attends vos explications, colonel, lui enjoignit la diplomate sur un ton glacé.

A suivre…