10 ) John
Le major Sheppard quitta le bureau d'Elisabeth Weir et contacta immédiatement le sergent Bates. Il ne savait pas encore s'ils allaient donner l'assaut chez les genii mais il fallait qu'une équipe soit rapidement opérationnelle en cas de nécessité. Heureusement il n'aurait aucun problème de ce coté là. Les militaires de l'expédition avaient été triés sur le volet. C'étaient des professionnels bien entraînés et rompus à ce genre d'exercice.
A la grande surprise de Sheppard, Bates qui manifestait rarement ses sentiments montra une réelle émotion quand il fut informé de la situation. Le major put voir sur le visage du sergent de la colère à l'évocation de l'état de Ford.
John se souvint que Bates avait toujours fait montre d'une certaine estime pour le jeune lieutenant.
-Il faut nous rendre là bas, major, s'exclama Bates, leur montrer qui nous sommes et leur passer l'envie de recommencer!
-Nous ne pouvons pas agir tout de suite sergent mais rassurez vous, nous ne nous laisserons pas faire. Briefing ce soir dans le bureau du docteur Weir. Choisissez les meilleurs soldats et nous déciderons d'un plan d'action.
-A vos ordres, major.
John Sheppard quitta Bates, il hésita un instant puis se dirigea vers le laboratoire de Rodney. Il était au bout du couloir et l'entendait déjà crier. Pas de doute, quelqu'un était en train de se faire passer un savon par le grand génie. Malgré la gravité de la situation il ne put s'empêcher de sourire : Rodney avait vraiment un sale caractère et quand tout ne se passait pas comme il le désirait, ça faisait mal. Le scientifique n'avait aucune indulgence pour ses collègues et si ces derniers venaient à faire quelques erreurs ils en subissaient les conséquences, c'est à dire que s'abattaient sur leurs pauvres têtes les foudres du génie.
Le major passa une tête prudente dans l'entrebâillement de la porte. En d'autres circonstances il aurait trouvé la situation plutôt drôle : Le docteur Kavanaugh était encore en train de se faire engueuler. Quelques scientifiques observaient la scène, l'air blasé, attendant que l'orage passe. John remarqua Miko qui couvait son patron d'un regard admiratif : son idole était pris d'une sainte colère. En effet, la japonaise vouait une véritable adoration à McKay et cela avait toujours amusé John. C'était vrai qu'il ne la voyait pas comme une rivale.
-Hum, hum..émit le militaire. McKay tourna un regard courroucé vers la porte déjà prêt à s'en prendre à l'importun qui osait le déranger en pleine action mais s'adoucit instantanément quand il reconnu le militaire. Néanmoins sa langue acérée reprit le dessus :
-Euh, oui major, j'espère que vous avez une bonne raison pour nous déranger en plein travail parce qu'ici il n'y a que des gens occupés, vous savez. Bien que certains ne seront occupés pendant les trois jours à venir qu'à tenter de réparer leur négligence, ajouta t-il en jetant un regard de mépris au pauvre Kavanaugh qui le regardait avec des envies de meurtre dans les yeux.
-Allez vous autres, au travail ! s'écria t-il, la récréation est terminée.
Les scientifiques se remirent immédiatement à vaquer à leurs occupations. Calvin Kavanaugh passa devant le militaire et celui-ci vit des larmes briller au coin de ses yeux. A ce moment là il eut presque pitié pour lui. Rodney pouvait se montrer redoutable.
-Est-ce que je peux vous parler un moment, McKay ? En privé, s'il vous plait, ajouta t-il avant que ce dernier n'ouvre la bouche.
-Bien sûr major, répondit le scientifique en lui emboîtant le pas.
Le militaire l'entraîna dans un téléporteur. Une fois les portes refermées il le prit dans ses bras et le serra fort contre lui.
-Que t'arrive t-il John ? Demanda le scientifique étonné.
-J'en avais besoin, c'est tout, murmura le militaire en nichant sa tête dans son cou.
-Bon, voilà que le grand major Sheppard, celui qui nous protège tous, le dur à cuir a besoin d'un câlin, le taquina Rodney.
-Ne te moque pas et serre moi contre toi.
-Tu es sûr que tout va bien ? S'inquiéta le scientifique en le prenant dans ses bras.
-Oui, juste un instant comme ça. J'en ai besoin.
John ferma les yeux. Oui, il en avait besoin. Cela lui avait pris comme ça, la nécessité impérieuse de voir Rodney, de le toucher, d'écouter battre son coeur, peut-être de s'assurer qu'il était encore là, bien vivant alors qu'une menace planait sur lui.
Il soupira et se dégagea.
-Ca va mieux ? Demanda Rodney.
John eut un petit sourire et acquiesça.
-Nous en reparlerons ce soir si tu veux.
-D'accord, allez maintenant va travailler et sois un peu indulgent envers ce pauvre Kavanaugh, plaisanta le militaire en ouvrant les portes.
Rodney allait sortir une réflexion bien sentie sur les capacités du « pauvre Kavanaugh » mais le téléporteur s'était déjà refermé sur son amant. Il fronça les sourcils, quelque chose tourmentait John, il en était sûr. Bon, ce soir il l'obligerait à lui en parler.
Après tout, ils devaient partager le meilleur mais aussi le pire.
A suivre…