11 ) Briefing
Le major Sheppard était satisfait. Le briefing avait débuté depuis maintenant une vingtaine de minutes et ils avaient bien progressé.
Bates était un homme capable de réagir vite et bien, il l'avait démontré en ayant déjà en main toutes les informations nécessaires sur la planète des genii : La nature du terrain, le climat, la situation des installations souterraines etc.. Tous les renseignements qui deviendraient indispensables en cas d'intervention.
Le sergent n'avait eu aucun mal à composer une unité spéciale formée de tireurs d'élite, de spécialistes en explosif (s'il fallait forcer l'entrée du bunker ) et d'hommes habitués aux actions sur le terrain. Il n'avait même pas fait trop de difficultés pour intégrer Teyla à l'équipe. Le major et lui même en assuraient le commandement.
Ils étaient prêts à intervenir si cela s'avérait nécessaire.
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Sora arpentait d'un pas décidé les couloirs d'Atlantis. Elle avait une mission à effectuer et tout allait se jouer dans les quinze prochaines minutes, lors de l'entretien qu'elle aurait avec un certain scientifique. La jeune genii était impatiente, elle s'apprêtait enfin à quitter la cité. Elle n'y avait pas été maltraitée, non. Longuement interrogée mais elle se devait de reconnaître qu'elle n'avait subi aucune violence de la part de ceux qui se disaient des atlantes.
Mais partir devenait une urgence : chaque jour qui passait voyait augmenter le risque que l'on découvre sa petite installation radio dissimulée sous la jetée ouest, la moins fréquentée. Ses transmissions étaient relayées par un relais provisoire que les genii avaient installé sur le continent mais inévitablement un jour où l'autre un atlante capterait une transmission et là, elle ne donnerait pas cher de sa semi-liberté.
Oui, tout cela ne pouvait durer qu'un temps et aujourd'hui cette période touchait à sa fin.
La jeune genii s'arrêta devant le laboratoire et respira lentement. Il fallait qu'elle se détende, le docteur McKay devait la prendre au sérieux. Ce n'était pas le moment d'avoir les nerfs qui lâchent.
Elle ouvrit la porte et entra. L'homme se trouvait bien là, elle savait qu'il n'aimait pas trop s'éloigner de son laboratoire.
-Docteur McKay, pourrais-je vous parler un instant s'il vous plait ?
Le scientifique la dévisagea étonné, que pouvait bien lui vouloir la jeune genii ? Comme tout le monde ici il savait qui elle était mais n'avait pas de contact avec elle.
-Que voulez-vous ? s'enquit-il avec curiosité.
-Je dois vous parler en privé répondit la jeune femme d'un ton ferme.
Bon, c'était le jour !Mais il se doutait bien que Sora n'allait pas l'entraîner dans un transporteur pour un gros câlin comme John précédemment.
-Nous pouvons aller dans mon bureau, proposa le scientifique en se dirigeant vers une petite porte. Le sourire aux lèvres, il s'effaça pour laisser entrer la jeune fille.
Quinze minutes plus tard, quand ils ressortirent son sourire avait disparu.
Ooooooooooooo
Elisabeth Weir s'étira discrètement sur sa chaise et observa les hommes et les femmes réunis dans la pièce. Elle était présente au briefing en tant que dirigeante d'Atlantis mais n'intervenait pas. Il s'agissait ici de la préparation d'une action militaire. A chacun sa spécialité. Son regard se perdit dans le vague : elle se préparait mentalement au difficile entretien qu'elle aurait avec Kolya le lendemain.
Elle se laissa aller sur sa chaise, son esprit vagabonda. Elle imagina la prise d'otage. Comment Ford avait-il été blessé ? Peut-être en tentant de protéger Carson et Radek. Radek…Est-ce que quelqu'un était au courant de leur liaison, sur Atlantis ? Sheppard avait l'air de se douter de quelque chose. Elle espérait que Radek allait bien. Et Carson ? Dire que c'était elle qui avait insisté pour qu'il se rende sur cette planète. Elle se souvenait de leur entretien et du peu d'enthousiasme que le médecin avait manifesté à l'idée de quitter la cité. Il avait ses recherches, son infirmerie mais le docteur Beckett était un homme fondamentalement bon et Elisabeth était sure qu'il aurait soigné le diable en personne s'il l'avait fallu. Amis, ennemis, Carson dispensait ses soins à tous.
Ennemi…l'esprit d'Elisabeth se focalisa sur ce mot. Elle avait le sentiment que quelque chose lui échappait, ce n'était pas loin, à quelque part dans un recoin de son cerveau mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle se concentra.
Puis subitement la connexion s'établit et la lumière se fit, les pièces du puzzle commencèrent à s'assembler. Etait-il possible que..
Elisabeth saisit brusquement la radio posé sur la table devant elle, faisant sursauter le major Sheppard. Elle se connecta avec l'infirmerie et demanda à parler avec l'infirmière présente.
Cinq minutes plus tard elle mettait fin à la conversation. John la fixait, l'air interrogateur.
-Major, il se pourrait que nous tenions notre indicateur : Figurez-vous que Sora était présente à l'infirmerie quand le docteur Beckett a annoncé son départ pour la planète des enfants et pour peu qu'elle ait trouvé un moyen de communiquer avec les siens, cela répondrait aux questions que nous nous posons. Mais comment s'y serait-elle pris pour contacter Kolya ?
-Je n'en sais rien mais je pense que vous pourriez avoir raison, répondit le militaire, nous devrions l'interroger.
-Attendez, réfléchit la jeune femme, je ne comprends pas bien, elle devait tout de même se douter que les soupçons finiraient par se porter sur elle. Quelque chose ne colle pas. Elle se serait sacrifiée pour transmettre les informations puisqu'elle n'a aucun moyen de s'évader, d'ailleurs c'est pour cela que nous l'avons laissé libre de circuler dans la cité. Major, ça ne va pas ? Hé John !
Mais John Sheppard ne l'écoutait plus. A son tour il assemblait les pièces du puzzle et ses conclusions étaient pour le moins déroutantes. Si ce qu'il en déduisait s'avérait juste, alors Kolya était un des hommes les plus retors qu'il connaisse. Le genii aurait trouvé le moyen de mettre la main sur Rodney McKay tout en faisant sortir Sora de la cité. Et le pire c'était que ce serait Rodney qui aiderait à l'évasion de la genii parce qu'il n'aurait pas le choix. Kolya n'avait pas douté un instant que le scientifique se livrerait pour sauver ses amis. Et la cerise sur le gâteau, c'était que Rodney se sentirait trahi par son amant qui ne lui avait pas fait confiance.
Tout en courant en direction du laboratoire John songea amèrement qu'il s'était bien fait avoir. Kolya avait superbement manœuvré. Lui aussi était un génie à sa façon.
A suivre…