NC 17
15 ) Mihran
Le visage de Kolya disparut de l'écran et John Sheppard se leva d'un bond, en rage.
-Je vais tuer ce salaud, cria t-il.. Je pars tout de suite et je l'étripe !
-Non, John, vous n'en ferez rien déclara froidement Elisabeth Weir en le retenant d'une poigne ferme, vous avez entendu Kolya ? Si un jumper se pose sur leur planète il s'en prendra à Rodney. Je suppose que ce n'est pas ce que vous voulez ?
Je sais que c'est difficile mais pour l'instant il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre que Kolya nous contacte de nouveau.
-Je ne peux pas Elisabeth, vous ne pouvez pas me demander de rester là à ne rien faire pendant que cet ordure retient Rodney.
Le militaire était blanc de rage.
-John, nous n'avons pas le choix répliqua la diplomate alors ne rendez pas les choses plus difficiles encore.
John Sheppard serra les poings, rageur. Il était impuissant, la suite des évènements dépendait de Kolya et ils étaient coincés, Elisabeth avait raison. Tenter une action aurait été mettre inconsidérément la vie de Rodney en danger mais rester là à ne rien faire lui était insoutenable. Il tremblait pour l'homme qu'il aimait. Il en avait vu de toutes les couleurs dans son existence mais là, c'était loin de tout ce qu'il aurait pu imaginer. Si on lui avait dit il y avait un an de cela qu'il serait mort de peur pour la personne qui partageait sa vie et qu'en plus cette personne était un homme il ne l'aurait jamais cru. Mais sur Atlantis, la donne n'était pas la même, tout était différent et les sentiments fleurissaient, exacerbés par l'urgence et les dangers nouveaux auxquels ils devaient faire face.
Il aimait Rodney, plus que tout..
-Voilà ce que je vous propose, argumenta la diplomate, nous allons attendre que Kolya se manifeste de nouveau. Il a dit qu'il le ferait et je le crois. Je pense, elle hésita puis se décida à continuer…ça va vous choquer mais je pense que paradoxalement c'est un homme de parole. Je parle d'expérience mais bien sur je peux me tromper. Je ne dis pas cela pour vous rassurer John, dit-elle précipitamment parant l'argument du militaire, je le sens, c'est tout, c'est mon métier vous savez.
John hésita puis finit par acquiescer. Et si Elisabeth avait raison ? Après tout les otages avaient été relâchés. Radek Zelenka les avait contacté il y avait un moment déjà pour annoncer leur libération et leur arrivée imminente. Sur ce coup là, Kolya avait tenu parole.
Il y avait peut-être un espoir.
-Activation extérieure de la porte des étoiles, grésilla une voix dans le haut parleur comme pour le conforter dans sa réflexion, les faisant tout deux sursauter, c'est le code du lieutenant Ford.
Le major Sheppard tenta de se rassurer, il y avait peut-être un espoir. Mais il ne pourrait attendre trop longtemps. Avec où sans l'accord de Weir il n'attendrait pas plus que ce qu'il était nécessaire pour agir.
Ooooooooooooooo
Sur la planète des genii l'après-midi touchait à sa fin. Dans une chambre sombre deux hommes en sueur s'ébattaient sur un lit, faisant l'amour.
Kolya ferma les yeux et jouit en criant. Mihran se laissa alors aller au plaisir soulagé que cette fois encore Kolya n'ait pas prononcé le nom de son ancien amant pendant l'orgasme. D'ailleurs cela n'arrivait presque plus et Mihran lui en était reconnaissant parce ce qu'il ne pensait pas supporter cela encore longtemps.
Sa réflexion lui arracha une pensée amère : Comme s'il avait le choix ! Cette situation c'était lui qui l'avait provoquée et il était maintenant pris à son propre piège. Il l'avait voulu, il s'était donné à Kolya afin de servir ses propres ambitions et le piège s'était refermé sur lui de toutes les manières.
Curieusement Mihran ne le regrettait pas : Sa relation avec Kolya lui apportait ce qu'il avait recherché : pouvoir et responsabilités au sein de l'état major. Il était le bras droit de son chef et son amant et sa vie sexuelle était certes tourmentée mais particulièrement excitante. Kolya était un amant exigeant et autoritaire mais leurs relations comblaient le jeune militaire. Dans les bras de son amant il découvrait un plaisir dont il ne soupçonnait pas l'existence et il s'y abandonnait sans réserve même s'il avait parfois la prescience de l'étau qui l'enserrait, comprimant ce qui lui restait de liberté et d'indépendance.
Et ce soir l'excitation du chef genii semblait décuplée par sa victoire sur les atlantes. Victoire sans livrer bataille mais victoire tout de même.
Mihran, épuisé et en sueur roula sur le coté et caressa la poitrine de son amant, jouant avec les boucles de duvet brun. Il leva la tête et examina le visage aux yeux sombres, il aurait donné cher afin de savoir quelles étaient les pensées de Kolya après l'amour.
Peut-être songeait-il à lui, Mihran ? D'ailleurs les doigts de Kolya venaient de s'enfoncer dans ses cheveux, les caressant négligemment et déclenchant des frissons sur sa nuque, le faisant gémir de plaisir. Il se blottit contre son amant.
-Mihran, t'es-tu assuré que le docteur McKay ne manque de rien ?
Le jeune genii crut à l'instant que son cœur venait de s'arrêter de battre. Il se raidit, bouillonnant de rage : Kolya pensait à ce..ce McKay alors que lui, Mihran venait une fois de plus de se donner sans restriction aucune, se soumettant sans broncher à tous les désirs de Kolya. Mihran avait tout de suite détesté le scientifique, pressentant sinon un danger, tout au moins une source d'ennui. De plus le jeune soldat trouvait que Kolya faisait preuve de bien des égards envers l'atlante. Si le jeune militaire en avait eu le pouvoir, le docteur McKay se trouverait à l'heure qu'il était dans une geôle au dernier sous-sol là où était sa place.
Le chef genii sentit le changement chez son jeune amant. Il se pencha au dessus de lui pour l'observer et Mihran eut la sensation que ce regard le transperçait, laissant entrevoir le fond de son âme et les sentiments qui l'agitaient.
Kolya se saisit des poignets de son amant et les ramena sur les draps au dessus de la tête, les emprisonnant dans l'étau des ses puissantes mains. Il durcit le ton :
-Je t'ai posé une question, Mihran et tu as intérêt à y répondre, exigeât-il tout en renforçant la pression sur les poignets du jeune militaire.
Mihran serra les dents :
-Oui, McKay a tout ce dont il a besoin, j'ai agi selon vos ordres, répondit-il d'une voix vibrante d'une colère qu'il tentait vainement de contenir.
Kolya l'observa un instant, curieux.
-Tu es jaloux Mihran, énonça t-il froidement et tu t'oublies. Ne désobéis jamais à mes ordres, tu sais ce dont ce je suis capable, n'est-ce pas ?
La contrainte sur les bras du jeune homme s'affermit lui arrachant cette fois ci un petit gémissement de douleur, Mihran hocha la tête, vaincu.
Sans attendre de réponse Kolya reprit possession du corps tremblant sous lui, l'amenant de nouveau vers l'envie et le désir. Mihran, de nouveau excité planta profondément ses doigts dans le dos de son amant et s'offrit encore. Un instant plus tard il criait de plaisir sous les assauts de son amant. Kolya le martelait avec force, affirmant son pouvoir et sa domination sur lui avant d'atteindre une nouvelle fois la jouissance dans de derniers et erratiques coups de reins. Puis il s'abattit, repu.
Sous lui son jeune amant émergeait lentement des brumes du plaisir. Kolya releva d'un geste qui aurait pu être de tendresse une mèche de cheveux blonds collés au front et approcha lentement ses lèvres de l'oreille de Mihran, frôlant intentionnellement les lobes sensibles.
-Ne me déçois jamais, murmura t-il de sa voix profonde et grave tout en déposant un baiser sur les lèvres tremblantes.
Le jeune homme acquiesça tout en entourant le torse puissant de ses bras, caressant le large dos ne sachant plus très bien dans l'instant présent s'il se trouvait au paradis ou en enfer. ( 1 ).
A suivre…1 ) Oui, je sais le paradis et l'enfer sont des notions terrestres.
